La dévastation du tissu fondamental de la société

Jeanne Smits a traduit une conférence donnée par le cardinal Caffarra, archevêque de Bologne, sur le mariage. Extraits :

C"[…] Alors que jusqu’à un temps très
récent, le terme « conjugalité » était univoque, il n’avait qu’une
signification, et il véhiculait la représentation d’une seule réalité,
l’affection sexuelle entre homme et femme, il est devenu aujourd’hui
ambigu, car il peut signifier aussi une conjugalité homosexuelle. De
cette ambiguïté résulte une dissociation totale et objective du
commencement d’une nouvelle vie humaine depuis la conjugalité.
Voilà le
parcours que nous avons fait jusqu’ici : (a) le terme conjugalité a été
rendu ambigu ; (b) l’origine d’une nouvelle personne humaine a été
déconnectée de la conjugalité
. Réfléchissons maintenant un instant à
cette déconnexion.

Il s’agit d’un réel et véritable séisme dans les catégories de la
généalogie de la personne. C’est une chose très sérieuse
. […]

La catégorie de la paternité-maternité disparaît, supplantée par la
catégorie générique de la génitoralité. Disparaît aussi la dimension
biologique
comme élément (il n’est pas seul !) constitutif de la
généalogie, alors que la généalogie de la personne est inscrite dans la
biologie de la personne. La conception – l’événement qui constitue la
relation ontologique avec le père et la mère – peut être un fait
purement artificiel. La catégorie de la génération devient une option
dans le « récit de la généalogie ».

Qu’en est-il alors de la personne humaine qui entre dans le monde ?
C’est une personne intimement seule, car privée des relations qui font
qu’elle est.

Le fait de parcourir ce chemin que de nombreuses sociétés
occidentales sont en train de parcourir, nous mène à une conclusion.
C’est celle-ci : poser que la conjugalité soit un terme vide de sens,
auquel le consensus social peut donner la signification qu’il décide,
c’est la dévastation du tissu fondamental de la société humaine : la généalogie de la personne. […]"