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Tribune libre

La «déculpabilisation» des cœurs par la «javellisation» des mots

La «déculpabilisation» des cœurs par la «javellisation» des mots

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L’être humain moderne (chrétiens tièdes inclus) veut pouvoir faire le mal tout en ayant l’impression de faire le bien. C’est qu’il s’agit de pouvoir donner libre cours à son égocentrisme sans pour autant s’embarrasser d’un quelconque sentiment de culpabilité. Évacuer la culpabilité, tout est là. À cette fin, l’aplatissement sémantique de tous les mots pouvant avoir un contenu négatif, est devenu une de ses armes favorites. Ainsi, pour prendre l’exemple de l’avortement, nous avons assisté à une « désincarnation », à une « dégringolade » du contenu sémantique de sa réalité, et cela en quatre phases : nous sommes en effet passés en quelques décennies du terme «meurtre» de l’enfant à naître à un terme déjà un petit peu plus flou qui est celui de «l’avortement» (plus flou donc moins culpabilisant), puis nous avons trouvé l’expression «interruption volontaire de grossesse» (terme encore plus anodin) pour finalement choisir ces immondes trois lettres maudites qui ne veulent plus rien dire et qui sont censées déraciner définitivement le mot de la réalité qu’il représente: «IVG».

Ce que les bonnes âmes oublient c’est qu’en voulant «ménager» la mère qui tue son enfant (et le père qui souvent l’y encourage) en javellisant le sens des mots, on affiche le plus grand mépris et désintéressement pour la victime qui est l’enfant-à-naître. Si le terme avortement est pour certains peu charitable car il renvoie la mère à ses responsabilités (donc à sa culpabilité), le terme «IVG», lui, écrase et déshumanise l’enfant-à-naître qui vient de se faire voler sa vie. C’est un peu comme si après lui avoir volé sa vie, on voulait aussi lui voler son âme (si c’était possible). La déculpabilisation de l’avortement est intrinsèquement liée à la négation de l’enfant à naître assassiné.

Bien évidemment, si ce processus de «javellisation sémantique» est particulièrement flagrant et insupportable pour l’avortement, il concerne aussi d’autres domaines. Citons par exemple l’atroce expression de «dégâts collatéraux» qui renvoie en réalité aux civils innocents tués par inadvertance dans une frappe militaire. Cette expression avait été inventée par les Américains à l’occasion du bombardement de Bagdad par Mr Bush senior. C’est que là aussi, il fallait coûte que coûte adoucir l’horreur.

Pensons aussi au terme « mariage du même sexe» (ou mariage «pour tous») qui en évitant l’adjectif «homosexuel» essaye de faire passer la pilule du déni du réel (le mariage homosexuel est bien sûr une agression frontale «contre Dieu et nature») plus facilement auprès des grandes masses.
La liste complète étant trop longue, nous nous arrêterons ici.

Jean-Pierre Aussant

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5 commentaires

  1. Si tant est qu’on puisse appeler cela un mariage. On oublie aussi le vrai sens du mot avortement : on dit d’une vache, d’une jument ou de toute autre femelle de mammifère qu’elle a avorté (c’est le sens propre du mot). Cela signifie qu’il lui est arrivé ce que pour l’Homme on appelle une fausse-couche : le veau ou le poulain n’est pas viable et meurt en cours de gestation; la Nature l’expulse : c’est un avortement. Nos contemporains l’appelleront « avortement spontané» pour le différencier du meurtre de sang froid des bébés comme des animaux de compagnie. L’inversion des valeurs est telle, que j’ai entendu l’autre jour une femme qui racontait qu’elle avait recueilli une chatte pleine, et qu’elle l’avait d’un seul mouvement fait avorter et stériliser définitivement par le vétérinaire. Et tous les assistants d’applaudir cette bonne action qui libérait cette pauvre chatte du poids de cette maternité ! Quand on a déjà vu le bonheur d’une chatte allaitant ses chatons, c’est totalement révoltant, même si bien sûr ce n’est pas comparable au meurtre d’un enfant. Ce n’est pas au même endroit sur l’échelle de la monstruosité, mais cela appartient à la même logique mortifère. Et une fois de plus, on a détourné le sens d’un mot, et d’un mot qui vient du monde animal, pour faire un glissement de sens de la bête vers l’Homme.

  2. Quand je vide un seau d’eau dans mon jardin, je me retrouve avec un seau vide.
    Mais quand un oeuf fécondé humain est détruit, vidé de l’utérus gravide, il ne disparaît pas dans les tuyaux des toilettes ou la poubelle ramassée des blancs et fiers hôpitaux. Non, son âme immortelle est indestructible, elle existe et est tendue pour retrouver sa plénitude qui est d’animer un corps humain. Montrer un coeur battant est une piste de prise de conscience, mais cette même conscience, ce vicaire du Christ, peut s’enflammer spirituellement en voyant clairement la vacuité et la fatuité d’une telle volonté abortive intramondaine qui rate sa fin. L’avortement avorté à l’insu de son plein gré, en réalité.

  3. Le premier résultat de l’avortement est de priver du Ciel un enfant mort sans baptême.

  4. Pour compléter cet article, intéressez-vous à la notion de ‘Fenêtre d’Overton’. Fenêtre du politiquement correct à l’instant imposé par les medias? Un bel exemple avec le cannibalisme comparé à ce qui s’est passé pour l’avortement, A VOIR sur Odysee Radio Quebec la vidéo d’Alexis ‘l’information nous libère ‘ (date d’il y a 4 mois, https://odysee.com/@Radio-Quebec:a/info:c1) voir à la 35 ° minute…EDIFIANT!

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