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L'Eglise : Vie de l'Eglise

La créativité pastorale ne serait rien d’autre que de la confusion généralisée

Nouveau billet du père Ade, secrétaire général de l’Université Catholique d’Afrique Occidentale, sur le synode :

A"Le jour où le Pape Jean-Paul II devait annoncer la création du Conseil Pontifical de la Famille et de l’Institut Pontifical Jean-Paul II, il tombait sous les balles, place Saint Pierre, a récemment rappelé un Prélat africain dans « L’Afrique, la Nouvelle Patrie du Christ ». Ce n’est peut-être pas un hasard quand on voit toute la pression que le monde postmoderne exerce aujourd’hui sur la famille chrétienne pour la détruire, du dehors et de l’intérieur même de l’Eglise. Bien plus que d’autres thèmes pastoraux, celui de la famille constitue un enjeu spirituel majeur. Lorsque le Pape François invitait l’Eglise à entreprendre une marche synodale en deux étapes autour de la question de la famille, il ne l’invitait certainement pas à une promenade de santé, mais sur un champ de combat spirituel.

Tous ceux qui se sont mis en prière depuis lors savent bien qu’il s’agit de combat spirituel ; oui, de combat, mais pas entre deux camps qui s’affronteraient au-dehors (de l’Eglise ou dans l’Eglise), mais à l’intérieur de chaque fidèle du Christ, qu’il soit Pasteur ou simple fidèle laïc. C’est au-dedans de nous que la vérité de l’Evangile nous requiert, nous attire et en même temps nous est présenté comme un poids impossible à porter. C’est au-dedans de nous que nous sentons la miséricorde de Dieu nous solliciter à toujours aller plus loin et en même temps sentons la complicité avec une part peccamineuse de notre être qui crie à la compassion, cherchant ainsi à attendrir le médecin pour qu’il ne nous soigne pas vraiment. C’est au-dedans de nous que le publicain devient pharisien et le pharisien voudrait devenir publicain. Ce sont ces combats intérieurs que nous extériorisons, que nous voudrions ériger en « doctrine pastorale ». Et nous ne reculons devant rien : scandale médiatique la veille du Synode, tweets pendant le Synode pour en appeler à l’arbitrage du monde, remise à la presse de lettres privées destinées à conseiller dans la discrétion qui exerce l’autorité suprême, etc. Que se passe-t-il donc ?

Comment subitement en sommes-nous arrivés à oublier les règles de discernement que St Ignace a léguées à l’Eglise comme héritage spirituel et que tant de pasteurs ont eu à s’appliquer pendant les Exercices spirituels ? Les pasteurs devraient inviter tous les fidèles du Christ, de par le monde entier, à se mettre davantage en prière, car ce n’est pas contre la chair et le sang que nous avons à lutter mais bien contre les principautés, les dominations, contre le Prince de ce monde qui, parce que « menteur et homicide » ne voudrait pas que la vérité de Dieu sur l’homme soit manifestée et ne voudrait que la vie de Dieu fasse son œuvre de salut en l’homme. Ne nous laissons pas distraire par le Malin. Une de ces distractions peut être le nouveau leitmotiv qui circule depuis quelques jours dans les rangs des Pères Synodaux : « la créativité pastorale » !

Dans un article sur « les attendus du Synode sur la famille », nous avions annoncé il y a quelques mois comme un piège la manœuvre qui consisterait à tendre à l’extrême l’opposition factice entre les tenants de la doctrine et les partisans de la novation pastorale afin de chercher par voix de conciliation mais dans un climat confus un moyen terme qui pourrait malheureusement être source de toutes les ambiguïtés.  Il est aujourd’hui reproché aux tenants de la doctrine de ne faire aucune proposition pastorale, même quand ils donnent des indications précises comme le fait le Président de la Conférence des Evêques de Pologne : « Ils (les divorcés remariés civils) doivent être exhortés à écouter la Parole de Dieu, à assister au Sacrifice de la messe, à persévérer dans la prière, à apporter leur contribution aux œuvres de charité et aux initiatives de la communauté en faveur de la justice, à élever leurs enfants dans la foi chrétienne, à cultiver l'esprit de pénitence et à en accomplir les actes, afin d'implorer, jour après jour, la grâce de Dieu. Que l’Eglise elle-même se montre une mère miséricordieuse et qu’ainsi elle les maintienne dans la Foi et l’Espérance. »

Ces indications sont présentées comme insuffisantes et doivent faire place à une créativité pastorale. Par ce nouveau concept, on voudrait entendre : plus d’autonomie aux conférences épiscopales, plus d’autonomie aux évêques et plus d’autonomie aux curés. On dit ainsi vouloir promouvoir une plus forte subsidiarité en matière de pastorale.

En suivant de tels raisonnements, on est bien surpris par leur logique déconcertante. On se demande si c’est vraiment de pastorale que l’on parle ou d’autre chose. S’il est bien question de pastorale, il s’agit donc de conduite des âmes et celle-ci ne se fait que d’une façon personnalisée pas de façon bureaucratique ou comme un phénomène de masse, à la manière de ces absolutions collectives que certains clercs se plaisent à donner à leur guise, au nom de la créativité pastorale.

S’il s’agit bien de conduite des âmes, elle requiert du temps et un véritable labeur ; elle est un accompagnement personnel. Mais puisque celui qui fait cet accompagnement tient la place de l’unique Bon Pasteur, il ne peut rien proposer d’autre que, dans le respect et le tact pastoral, que la vérité du Christ. Il n’y a ici aucune créativité pastorale qui puisse biaiser avec la vérité. Mais souvent nous prêtres avons peur de proposer la vérité ; nous avons peur qu’elle ne soit reçue ; nous ne croyons pas suffisamment en la grâce qui opère en l’autre que Dieu confie à notre sollicitude pastorale et nous cherchons des solutions en raccourcis. Voilà pourquoi nous sommes friands de créativité pastorale qui ne serait rien d’autre que de la confusion généralisée.

Aujourd’hui nous réagissons comme si l’Eglise n’a jamais été en pastorale familiale avant. Nous réagissons comme si l’Eglise n’a jamais été depuis deux mille ans une Mère miséricordieuse pour ses filles et fils. Et nous sommes à la recherche de solutions inédites, un peu « dans l’air du temps ». Les solutions pastorales aux défis actuels de la famille, le Seigneur ne nous les a-t-il pas déjà données depuis plusieurs décennies ? Avons-nous vraiment accueilli le Conseil Pontifical de la Famille et l’Institut Pontifical pour études sur le mariage et la famille pour ce qu’ils ont été dans l’intention du Souverain Pontife ? Ou les avons-nous simplement perçus comme une institution bureaucratique romaine de plus et une institution académique de plus comme toutes ces académies qui produisent des livres compliqués que personne ne lit ? Avions-nous vraiment compris que c’étaient des instruments pastoraux de premier plan que le Seigneur confiait à son Eglise pour les défis à-venir ?

En Afrique Francophone, l’Institut Pontifical Jean-Paul II – le même créé par Jean-Paul II et pas autre chose – a été accueilli par nous comme un instrument providentiel. Nos jeunes Eglises avaient aussi compris qu’il fallait créer dans tous les diocèses des commissions de pastorale familiale, à mettre en synergie avec l’Institut académique. Il reste sans doute beaucoup à faire dans ce sens, mais les résultats du peu qui est déjà fait sont probants. Nous avons de nombreux agents pastoraux, de nombreux couples chrétiens qui ont été formés et qui aident concrètement les curés dans la pastorale familiale.

Si la jeune Afrique a une question à poser à l’Occident qui semble aujourd’hui en grande difficulté dans sa pastorale familiale, ce serait de lui demander quelle partie il a su tirer de ce que le Seigneur a inspiré à Jean-Paul II. On ne peut faire l’économie de ce travail de reprise de l’éducation chrétienne et familiale à la base et espérer répondre adéquatement aux défis pastoraux qui sont les nôtres aujourd’hui. Pour continuer le travail pastoral de toujours, avons-nous besoin d’un nouveau décret pontifical ? Serait-ce pour parvenir à un tel résultat que nous nous serions livrés à tant de polémiques par médias interposés, donnant de l’Eglise une image douloureuse pour bien de ses fils. Mais il semblerait que dans l’histoire de l’Eglise les tensions ont été toujours vives. Peut-être bien. Mais au temps des Pères de l’Eglise, il n’y avait pas l’internet et les réseaux sociaux !

Nous ne le répèterons jamais assez : l’avenir n’est pas dans les solutions régionales à l’heure de la globalisation. On ne saurait cantonner la question de la polygamie à l’Afrique au moment où il y a tant d’immigrés polygames en Europe. Que feront les Evêques européens quand des polygames demanderont demain le baptême. Vont-ils les renvoyer en Afrique pour une solution pastorale ? On ne saurait non plus réserver la question des divorcés remariés civils et des unions homosexuelles à l’Europe au moment où la gouvernance mondiale impose aux pays africains des lois pro-homosexuelles et conditionne l’aide au développement à la promulgation de telles lois. Nous ne pouvons aller en rangs dispersés dans le combat. Si les Pasteurs européens donnent quelquefois l’impression qu’ils sont tétanisés devant l’opinion publique de leurs pays, dans les Jeunes Eglises, l’opinion publique, même quand elle n’est pas toujours d’accord avec l’enseignement de l’Eglise, recherche la parole des Evêques et l’écoutent. Ces Pasteurs peuvent dire à leurs dirigeants politiques de contester au plan international des lois qui détruisent la famille. C’est peut-être un atout que l’Eglise n’a pas à négliger et qui peut lui servir dans la mesure où nous sommes vraiment unis autour du Souverain Pontife. Nous ne pouvons pas et ne devons pas aller en rangs dispersés."

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