La casuistique ne s’est jamais aussi bien portée

Selon Thibaud Collin, qui analyse le petit livre « Une morale souple mais non sans boussole » des Pères Alain Thomasset et Jean-Miguel Garrigues, le premier jésuite et le second dominicain, qui se veut une réponse aux dubia des cardinaux. Le père Thomasset est déjà connu de nos lecteurs pour contester certains aspects du magistère de l'Eglise (voir ou ). Extrait :

C"[…] En refermant le livre, force est de constater que ces « dubia » n’ont pas disparu. On pourrait même dire qu’ils sortent, malheureusement, renforcés tant les arguments utilisés pour les dissiper produisent l’effet inverse. Il ne s’agit certes pas de s’en réjouir car le doute est une indétermination douloureuse de l’esprit. Et la matière concernée ici, la vie morale et sacramentelle des fidèles, est suffisamment grave pour estimer que la charité porterait à les dissiper de toute urgence. Comme on le sait, le Saint-Père n’a pas encore jugé bon de consentir à poser un tel geste.

En attendant la détermination pontificale, le débat continue et la division croît. Et plus le temps passe, plus il est clair que la réception d' »Amoris laetitia » va croiser les 50 ans d' »Humane vitae » et les 25 ans de « Veritatis splendor ». Or l’encyclique de Jean-Paul II répondait aux objections adressées à l’encyclique de Paul VI en remontant à leurs racines les plus profondes. Or lorsqu’on lit aujourd’hui nombre de textes consacrés à « Amoris laetitia », on a l’impression que l’histoire se répète. On éprouve un sentiment étrange devant une telle régression. Les quatre cardinaux, et en première ligne le cardinal de Bologne pour des raisons historiques évidentes, ont justement pointé en quoi le chapitre 8 d' »Amoris laetitia » semble avoir été écrit comme si « Veritatis splendor » n’avait jamais existé. […]"

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