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L'Eglise : Vie de l'Eglise / Valeurs chrétiennes : Famille

La casuistique ne règlera pas le problème de l’éclatement des deux fins du mariage

Mgr Michel Schooyans, consulteur au conseil pontifical pour la famille, écrit dans L'Homme Nouveau :

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"[…] Nous sommes en effet arrivés à une époque de l’Histoire de l’humanité où, sans doute pour la première fois, on assiste à une mise en question radicale du mariage et de la famille. La cible qui est en ligne de mire, c’est le mariage et la famille, avec leur double finalité : la fin unitive et la fin procréative de l’union de l’homme et de la femme. Leur destruction débouche sur la désagrégation de toute la société humaine. […]

Une fois que l’on a vanté la seule fin unitive, on arrive vite à toutes sortes de pratiques sexuelles : homosexualité, lesbianisme, fornication, etc. Il n’y a plus de place pour la fidélité, parce que ce qui importe c’est uniquement le plaisir, l’intérêt de chaque individu. Cet homme n’est plus une personne, un être capable de s’ouvrir librement à une autre personne ; il est un individu qui cherche sa propre jouissance. 

Si par contre on exalte uniquement la fin procréative, on arrive à d’autres conséquences, dont, par exemple, la procréation médicalement assistée, la gestation pour autrui, la technicisation de la transmission de la vie au point qu’on en arrive à la modification génétique de l’être humain. L’homme ne se construit plus dans un foyer d’amour. Il n’y a plus ni maternité, ni paternité ; par conséquent, il n’y a plus de filiation ; la consanguinité est en péril. Avec l’arrivée annoncée de l’utérus artificiel, il ne sera bientôt plus nécessaire que la femme abrite un enfant en son sein. […]

Toutes ces questions nouvelles ne peuvent être résolues par une casuistique comme celle-ci : « Dans tel cas on peut avorter, dans tel cas on ne peut pas avorter ; dans tel cas on peut euthanasier, dans tel autre cas, on ne peut pas euthanasier ». On se borne à trancher des cas de conscience ponctuels sans se référer aux principes fondamentaux de la morale. Cette casuistique est en quelque sorte le précurseur de la morale de situation. Ce qu’il faut, c’est aller vraiment au fond du problème et retrouver dans l’éclatement des fins du mariage, les racines de l’action de Satan, aujourd’hui, dans l’Histoire de l’humanité et dans le cœur des hommes.

Il convient d’ailleurs d’ajouter une réflexion à propos de la casuistique que nous venons de mentionner. L’Église se trouve dans une situation étonnante. De hauts prélats, venus surtout de nations opulentes, s’emploient à apporter des modifications à la morale chrétienne concernant les divorcés-remariés et d’autres situations problématiques dont quelques-unes ont été citées ici. Ces gardiens de la foi devraient cependant ne point perdre de vue que le problème fondamental posé par l’éclatement des deux fins du mariage est un problème de morale naturelle. C’est au plan naturel que l’homme et la femme sont appelés à s’unir pour se témoigner de la tendresse et pour procréer. C’est cette réalité naturelle que le Seigneur a élevée à la dignité d’un sacrement. Face aux puissances qui ébranlent actuellement la famille, l’Église devrait se découvrir la vocation d’être la seule instance qui soit en mesure de sauver la sexualité humaine et l’institution naturelle du mariage et de la famille. Il ne s’agit pas seulement de sauver la morale chrétienne ; il faut sauver et protéger la morale naturelle. Il ne faut donc pas que, par leurs procédés casuistiques captieux, des catholiques de tout rang et de tous âges contribuent à la destruction de la morale naturelle. Les grandes dérives ont surgi lorsque certains intellectuels catholiques ont commencé à dire et à écrire : « Feu vert pour l’avortement, pour les unions homosexuelles, pour l’euthanasie, etc. ». Or à partir du moment où des catholiques surfent sur cette vague fatale, ils contribuent à la destruction de l’institution naturelle du mariage. C’est toute la communauté humaine qui se trouve fissurée par cette nouvelle « trahison des clercs ». […]"

Nous vivons un changement civilisationnel dont le moteur est culturel. La famille dite traditionnelle - qui est simplement la famille naturelle - diminue massivement en nombre et en influence sociale. Le politique est de plus en plus centré sur la promotion de l’individualisme a-culturel, a-religieux et a-national. L’économique accroît des inégalités devenues stratosphériques et accélère et amplifie le cycle des crises. L'Église est pourfendue; clercs et laïcs sont atterrés.

Une culture nouvelle jaillira inévitablement de ces craquements historiques.
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On ne lâche rien, jamais !

Guillaume de Thieulloy
Directeur du Salon Beige

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