La bête immonde a déjeuné avec le diable de la République

On imagine les frissons du journaliste de L'Express :

"Chez Drouant, on ne réfléchit pas seulement aux lauréats des prix Goncourt et Renaudot. Le 21 mars, dans ce célèbre restaurant parisien, sont attablés celle qui fut députée FN du Vaucluse, Marion Maréchal-Le Pen, et celui qui fut conseiller de Nicolas Sarkozy, Patrick Buisson. L'une et l'autre ont déjà échangé, sans jamais prendre le temps d'une discussion approfondie."

Patrick Buisson explique :

Images-7"Elle est en train de revisiter le mythe du sauveur cher à la droite. Air du temps oblige, la femme providentielle a supplanté l'homme dans cet emploi. Même les plus conservateurs sont prêts à faire cette concession à la modernité. Ça leur rappelle Domrémy et Vaucouleurs."  

 

"Laurent Wauquiez a beaucoup de détermination, mais peu de divisions, notamment dans la France périphérique, où son discours n'imprime pas. Inversement, Marion Maréchal-Le Pen dispose de gros bataillons potentiels, tant dans la France des invisibles que dans la bourgeoisie de droite séduite par sa maturité politique précoce, mais une grande indécision pèse sur ses choix futurs. Le premier se trompe à rejouer la stratégie de Sarkozy de 2007 quand il faudrait inventer autre chose. La seconde a compris que dans une société liquide comme la nôtre, les partis deviennent des obstacles. Si elle devait revenir sur la scène politique, elle disposerait d'un avantage sur ses éventuels concurrents. Elle a marqué les esprits en montrant son détachement à l'égard des mandats électifs, quand d'autres s'accrochent durant des lustres. Et sa capacité à dissocier le service du bien commun de son intérêt personnel. Par opposition, le discours de Laurent Wauquiez peut apparaître insincère et daté." 

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