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Europe : politique

La BCE rachète de la dette italienne et espagnole

B Face à la panique des marchés boursiers, la Banque centrale européenne (BCE) a racheté de la dette italienne et espagnole. C’est une grande première : jusqu’à présent, l’institution de Francfort s’était toujours interdit de mener ce genre de programme. La Banque centrale européenne achète des obligations italiennes et espagnoles aux investisseurs privés (essentiellement des grandes banques) qui en détiennent et veulent s’en débarrasser. Certains courtiers évoquaient lundi un montant d’un à plusieurs milliards d’euros, par paquets d’une vingtaine de millions. Jacques Le Cacheux, économiste à l’OFCE, explique :

"La BCE, comme les autres banques centrales, dispose d’un privilège unique : elle a la capacité de créer de la monnaie. Pour mener ces opérations, elle crédite donc simplement les comptes des vendeurs du montant qu’elle leur doit. Techniquement, elle dispose donc de moyens illimités."

Politiquement, en revanche, ce genre d’opération est beaucoup plus compliqué, car les gouverneurs sont divisés sur l’efficacité et le bien-fondé de ces programmes de rachat obligataires. Résultat, personne ne sait aujourd’hui jusqu’où – ni jusqu’à quand – la BCE est prête à poursuivre son programme de rachat. En rachetant ainsi des obligations, la BCE injecte des liquidités dans le secteur bancaire privé, qui les réinvestit ailleurs. Cela risque donc d’avoir un effet inflationniste, voire de créer des bulles spéculatives, dans l’immobilier ou les matières premières. Néanmoins, tous les économistes le reconnaissent : l’intervention de la BCE ne résout rien sur le fond, elle ne permettra pas à l’Europe de sortir de la crise.

"Lundi, la BCE a fait baisser la fièvre mais n’a pas guéri le malade. Ce sont les États, ensuite, qui devront prendre la main."

D’abord en rachetant, à leur tour, des obligations italiennes et espagnoles, si la BCE décidait de mettre un terme à son intervention. Encore faut-il, pour cela, qu’ils en aient les moyens. Or, le Fonds européen de stabilité financière (FESF), mis sur pied fin juillet, ne les a pas. Less Allemands ont indiqué, lundi, qu’ils ne souhaitent pas élargir ses capacités, malgré les pressions de la BCE. Les États doivent en outre accélérer le redressement de leurs finances publiques et retrouver aussi vite que possible le chemin de la croissance. 

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