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France : Laïcité à la française

La basilique du Sacré-Coeur classée monument historique

La basilique du Sacré-Coeur classée monument historique

Le Sacré-Coeur va être classé au titre des “monuments historiques”. Mardi, au Conseil de Paris, les élus ont donné leur feu vert pour demander à l’Etat d’octroyer à la célèbre basilique cette reconnaissance qui lui confère le niveau de protection le plus élevé.

Construit au sommet de la butte Montmartre au nord de la capitale, cet édifice de pierres blanches de style romano-byzantin, haut de 85 mètres, est à la fois un monument familier des Parisiens et une étape incontournable des touristes, avec “près de 11 millions de visiteurs chaque année”, selon son recteur, le père Stéphane Esclef.

Sa construction a été lancée trois ans après la défaite de la France face à la Prusse (1870) et deux ans après la Commune (mars à mai 1871), épisode insurrectionnel sanglant qui a débuté par la prise de canons à l’emplacement de l’édifice. En 1873, l’Assemblée nationale déclare la basilique d’utilité publique, permettant ainsi que le terrain soit affecté à la construction d’une église.

Dans une lettre adressée aux curés de son évêché nantais le 4 septembre 1870, jour de la déclaration de la Troisième République, Mgr Félix Fournier attribue la défaite de la France dans la guerre franco-prussienne de 1870 à une punition divine après un siècle de déchéance morale depuis la révolution de 1789. Cette lettre a pu inspirer un vœu prononcé en décembre de la même année par Alexandre Legentil devant son confesseur le père Gustave Argand, dans la chapelle du collège Saint-Joseph de Poitiers dont ce dernier était le recteur. Avec son beau-frère Hubert Rohault de Fleury, peintre parisien, il entame les démarches qui doivent aboutir à la réalisation de la basilique du Sacré-Cœur plusieurs décennies plus tard. Tous deux sont des disciples de Frédéric Ozanam, fondateur de la Société de Saint-Vincent-de-Paul. Voici le texte du voeu :

« En présence des malheurs qui désolent la France et des malheurs plus grands peut-être qui la menacent encore.

En présence des attentats sacrilèges commis à Rome contre les droits de l’Eglise et du Saint Siège, et contre la personne sacrée du vicaire de Jésus Christ.

Nous nous humilions devant Dieu, et réunissant dans notre amour l’Eglise et notre patrie, nous reconnaissons que nous avons été coupables et justement châtiés.

Et pour faire amende honorable de nos péchés et obtenir de l’infinie miséricorde du Sacré Cœur de Notre Seigneur Jésus Christ le pardon de nos fautes, ainsi que les secours extraordinaires qui peuvent seuls délivrer le Souverain Pontife de sa captivité et faire cesser les malheurs de la France nous promettons de contribuer à l’érection, à Paris, d’un sanctuaire dédié au Sacré Cœur de Jésus. »

Le monument a été achevé en 1923.

Concrètement, le classement aux monuments historiques permettra que d’éventuels travaux soient pris en charge “jusqu’à 40% du budget” par la Drac (Direction régionale des affaires culturelles), contre 20% pour une inscription, le niveau de protection inférieur obtenu en 2020. Parmi les principaux chantiers, figurent un accès facilité pour les personnes à mobilité réduite mais aussi des travaux de rénovation de l’orgue Cavaillé-Coll, dans un état déplorable depuis six ans. A plus long terme, le recteur aimerait ouvrir la crypte aux visiteurs, chose impossible actuellement car en matière de sécurité, les moyens d’accès ne sont pas adaptés.

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5 commentaires

  1. Et contrairement à ce que veulent croire, ou faire croire certains, sa construction n’a absolument rien à voir avec la dite “Commune” ; n’en déplaise à Mr Melenchon.

  2. C’est Ian Brossat, le coco qui voudrait bien la voir démolie, qui va pouvoir se brosser. deo gratias !

  3. Un très beau monument en lui-même, qui se voit de loin. Il est magnifique quand on l aperçoit par exemple depuis le jardin des Tuileries.
    Les Soeurs de la Basilique Notre-Dame des victoires font le lien. Des marches pour La Vie ont lieu depuis la Basilique jusqu’au Sacré-Cœur. Petites lumières en mains, chants et prières en passant avenue de l’Opéra, de grands moments !

  4. Enfin une bonne nouvelle. A qui la devons-nous ? Peut-être à la mairie de Paris pour des raisons budgétaires, qui va se voir soulager d’une partie des travaux, par l’Etat qui en prendra désormais 40 % à sa charge ?
    Jospin voulait faire démolir la basilique qu’il trouvait laide … En revanche il devait trouver beau Beaubourg puisqu’il ne parlait pas de démolir cette horreur réalisée sur décision d’un couple bobo avant l’heure, à la tête de l’Etat.

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