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L'Eglise : L'Eglise en France

Joyeux Anniversaire Notre-Dame de La Salette ?

Joyeux Anniversaire Notre-Dame de La Salette ?

Par Antoine Bordier

« Ne pleurez plus…Vos enfants vont se convertir, ils vont, bientôt, retourner en masse honorer le Jour du Seigneur. Ils vont, bientôt, cesser de blasphémer, de jurer, de mentir. Les avortements, les euthanasies, les manipulations génétiques, vont, bientôt, cesser. Vos fils et vos filles, qui ‶ sont devenus des cloaques d’impureté ″, vont, bientôt, se purifier. Les couples divorcés, séparés, vont, bientôt, se retrouver. Les liens sacramentaux vont, bientôt, se ressouder… »

Ne pleurez plus Notre-Dame de La Salette ?

Etonnante cette diatribe, cette déclaration de ce jeune Arthur, 18 ans, qui risque de faire du bruit et qui semble atteindre dans le mille, la cible des maux actuels. Quelle maturité. Il se rend pour la première fois dans le sanctuaire, le bac en poche. Il vient du nord de la France. Il n’a toujours pas décidé de son orientation future. Exagère-t-il ? Autour de nous, ne serait-ce pas le collapse généralisé ? « Il y a plus de 400 conflits, actuellement, dans le monde, nous n’en parlons que d’une quarantaine », disait il y a quelques semaines un confrère d’une grande chaîne de télévision. Certes, les guerres sont les plus visibles, et, font la une des médias, qui recherchent le scoop de la « bad news ». En 2017, il y avait près d’une centaine de conflits armés, selon l’UCDP, un programme de recherche de l’université Uppsala en Suède. C’est l’une des meilleures universités d’Europe. Elle existe depuis le 15è siècle. Son programme fait référence. A cela, il faudrait, peut-être, rajouter les conflits climatiques, les conflits sociaux, les famines et les persécutions religieuses. Dans nos contrées encore épargnées (tant mieux, mais pour combien de temps ?) par les guerres, les famines et les persécutions religieuses, les conflits sont ailleurs. Ils sont politiques, sociaux et familiaux. En France, la désintégration du lien social est en marche. Les banlieues, pour ne citer que cet exemple, sont devenues des lieux de non-droit. Pas toutes ! Et, la séquence des gilets jaunes n’est toujours pas, totalement, derrière-nous, au moment où défilent, encore, des centaines de milliers de manifestants contre le « pass sanitaire ».

Les familles et l’Eglise en danger ?

Du côté des familles, elles s’effondrent. Elles qui faisaient le ciment des fondations de la société. Selon plusieurs sources croisées, comme celles de l’Express, du Figaro et de l’Insee, 55% des mariages se termineraient en divorce. Et, un mariage, en moyenne, durerait moins de 13 ans. En Suisse, selon l’OFS, il dure 15 ans et des poussières. Et, en Espagne 20. Il y a 5 ans, un article de Madame Figaro, Divorce : l’amour dure cinq ans pour les couples mariés, plantait ce décor mortuaire. Collapse familial, donc. Jusqu’à quand ? A quand la « remontada » ?

Du côté de l’avortement, sainte Mère Teresa avait prévenu :

« Le plus grand destructeur de la paix aujourd’hui est le crime commis contre l’innocent enfant à naître. Si une mère peut tuer son enfant, dans son propre sein, qu’est-ce qui nous empêche, à vous et à moi, de nous entretuer ? ».

Que dirait-elle aujourd’hui de l’euthanasie, des manipulations génétiques et des lois mortifères ?

Et l’Eglise ? En France, « la fille-aînée de l’Eglise » n’a plus que 3 à 4% de pratiquants fidèles au jour du Seigneur – chiffres les plus optimistes. Ils sont les plus bas d’Europe ! Le nombre de prêtres ordonnés chaque année est passé de plus de 1000 en 1950 à 130 en 2021. Les scandales des prêtres accusés de pédophilie (il y a plusieurs milliers de dossiers en souffrance au Vatican) n’a rien arrangé à cette chute. 

Une déchristianisation en marche

Existera-t-il bientôt un « pass-sacramentel » obligatoire pour les Français qui veulent aller à la messe ? Ce qui est certain, déjà, c’est qu’il n’y a plus d’eau-bénite dans les églises. Pour quelle raison ? Pour des raisons sanitaires. « L’eau bénite expulse les démons, mais pas la Covid-19 », confie le jeune Arthur, qui se pose la question de la vocation à 1 800 mètres d’altitude. C’est certain ! Il faut, aussi, chercher les raisons de cette déchristianisation dans les ravages de l’entre-soi, et, du « poison mortel de la comparaison et de la jalousie », comme le rappelait un jeune prêtre de Saint-Sulpice, à Paris, lors de la messe de rentrée des étudiants. Les fumées de l’apostasie, de l’indifférence et du relativisme s’épaississent de plus en plus dans l’Eglise. Il est, d’ailleurs, étonnant, la plupart du temps, hormis les exceptions, de voir les églises de France, en semaine, soit fermées, soit vides !

Arthur s’est amusé à le faire : « J’ai fait beaucoup de balades à vélo cet été, et, je m’arrêtais souvent pour prier dans une église. Les églises étaient la plupart du temps fermées. Sauf, dans quelques régions comme la Bretagne, le sud-ouest, et, le Var. Mais, quand elles sont ouvertes. Elles sont vides ! » Vides d’évêque, de prêtres et de fidèles ? Paris et sa couronne restent des exceptions.

Arthur feuillette les pages de sa Bible. Il tente une explication de ce phénomène de déchristianisation, avec saint Jean, qui relate une parole du Christ, au sujet de l’amour fraternel entre les chrétiens : « À ceci, tous reconnaîtront que vous êtes mes disciples : si vous avez de l’amour les uns pour les autres. » Pour Arthur, cet amour est « une des clefs de voûte de l’Eglise. »

Il rejoint le pape François, lorsque ce-dernier affirme en juin 2018 :

« L’amour fraternel, c’est la plus grande évangélisation. C’est beau de voir une communauté qui avance unie, dans laquelle les membres prient et s’aiment ; l’amour fraternel, c’est la plus grande évangélisation… Le monde, tout comme l’Eglise, a besoin de toucher cet amour fraternel nonobstant la diversité ».

 

La montagne de Dieu et de Marie 

Une question taraude Arthur : « pourquoi la Vierge est-elle apparue en montagne, si haut ? Peut-être a-t-elle voulu imiter son Fils, qui se retirait des nuits entières dans la montagne. La montagne est le lieu de Dieu par excellence. Dans l’Exode, combien de fois est citée la « montagne de Dieu, la montagne de l’Eternel » ? Et, le Sinaï n’est-il pas un mont ?  Arthur ouvre, de nouveau, sa Bible. Dans le chapitre 22 de la Genèse, Abram, devenu Abraham est mis à l’épreuve. Dieu lui dit : « Prends ton fils, ton unique, celui que tu aimes, Isaac, va au pays de Moriah, et là tu l’offriras en holocauste sur la montagne que je t’indiquerai ». Moïse, lui-même, se rend sur la montagne de Dieu, à l’Horeb. Puis, il se rend sur la montagne du Sinaï. Dans la Bible, le mot montagne est cité plus de 300 fois. Elle fait, la plupart du temps, référence à Dieu qui invite l’homme, l’humanité toute entière, à Le rencontrer. Dans l’Apocalypse, elle est citée 3 fois.

Arthur trouve que « la montagne de La Salette ressemble au mont Horeb, au mont Sinaï, au mont Sion ». Il a peut-être raison. Dès lors, l’apparition et le message de la Vierge Marie serait à prendre très au sérieux. Ce qui est certain c’est qu’elle succède, en France, à celles de Lourdes (1858) et de Paris (1830). Elle précède celles de Pontmain (1871) et de L’Ile-Bouchard (1947). Et, elle a une résonnance particulière indéniable avec celles de Fatima (1917), d’Akita (Japon, 1973) et de Kibeho (Rwanda, 1981). Marie y pleure des larmes de sang.

Ce 19 septembre 1846

Le recteur du sanctuaire, le père Antoni Skalba, est inquiet. Il parle des violences contre la vie, contre la nature, contre l’humanité, contre la famille, contre l’Eglise. Il évoque la pédophilie, la crise dans l’Eglise. Il parle de ses divisions. Il explique :

« le monde rejette de plus en plus Dieu, à cause des catastrophes. Alors que c’est lui-même qui en est le responsable. C’est pour cela que Marie est apparue ici en 1846, le 19 septembre. Les hommes travaillaient sept jours sur sept. Ils ne venaient plus à la Messe le dimanche. Sur les routes mal-entretenues, il y avait des ornières et le foin tombait souvent de leurs charrettes. Ils injuriaient alors le Bon Dieu. Marie se plaint de tout cela, en pleurant, devant deux enfants ignorants : Maximin et Mélanie. Et, aujourd’hui, pensez-vous que les choses se soient améliorées ? Non, c’est pire. »

Plus loin, sur l’esplanade du sanctuaire, le père Michel Faillon attend ses pénitents. A la suite d’une longue maladie, il découvre le sanctuaire en 1974. Il vient de Cambrai. Pendant 30 ans, il passera toutes ses vacances au service du sanctuaire. En 2003, il entre définitivement dans la communauté. Il raconte ce 19 septembre :

« Ce samedi après-midi, Maximin voit une Dame qu’il prend pour quelqu’un venant du village voisin, de Valjouffrey. Il ne sait pas qui Elle est. Elle est habillée comme une villageoise de l’époque. Avec Mélanie, ils font paître leurs vaches. Ils ont pris peur car Elle leur apparaît dans une boule de lumière. Marie leur dit : avancez mes enfants, n’ayez pas peur. Ils descendent le vallon et se retrouve près de la Dame. Ensuite, Elle pleure et Maximin essaye de La consoler, en disant : ne pleurez plus Madame, on va vous aider. Mélanie voit aussi les larmes qui coulent, pendant quinze à vingt minutes. »

Maximin et le message

« Le 19 septembre 1846, nous avons vu une belle Dame. Nous n’avons jamais dit que cette Dame fut la Sainte Vierge, mais nous avons toujours dit que c’était une belle Dame…Voilà ce que cette Dame m’a dit : ‶Si mon peuple continue, ce que je vais vous dire arrivera plus tôt, s’il change un peu, ce sera un peu plus tard. La France a corrompu l’univers, un jour elle sera punie. La foi s’éteindra dans la France : trois parties de la France ne pratiqueront plus de religion, ou presque plus, l’autre la pratiquera sans bien la pratiquer. Puis, après cela, les nations se convertiront, la foi se rallumera partout. Une grande contrée dans le nord de l’Europe, aujourd’hui protestante, se convertira : par l’appui de cette contrée, toutes les autres contrées du monde se convertiront. Avant que tout cela arrive, de grands troubles arriveront, dans l’Eglise, et partout. Puis, après cela, notre Saint-Père le pape sera persécuté. Son successeur sera un pontife que personne n’attend. Puis, après cela, une grande paix arrivera, mais elle ne durera pas longtemps. Un monstre viendra la troubler. Tout ce que je vous dis là arrivera dans l’autre siècle, au plus tard aux deux mille ans. ″

Ce message, Maximin Giraud l’a adressé au pape Pie IX, le 3 juillet 1851.

Le message à Mélanie

« Mélanie, je vais vous dire quelque chose que vous ne direz à personne : Le temps de la colère de Dieu est arrivé ! Si, lorsque vous aurez dit aux peuples ce que je vous ai dit tout à l’heure, et ce que je vous dirai de dire encore, si, après cela, ils ne se convertissent pas, (si on ne fait pas pénitence, et si on ne cesse de travailler le dimanche, et si on continue de blasphémer le Saint Nom de Dieu), en un mot, si la face de la terre ne change pas, Dieu va se venger contre le peuple ingrat et esclave du démon. Mon Fils va faire éclater sa puissance ! Paris, cette ville souillée de toutes sortes de crimes, périra infailliblement. Marseille sera détruite en peu de temps. Lorsque ces choses arriveront, le désordre sera complet sur la terre. Le monde s’abandonnera à ses passions impies. Le pape sera persécuté de toutes parts : on lui tirera dessus, on voudra le mettre à mort, mais on ne lui pourra rien, le Vicaire de Dieu triomphera encore cette fois[-là]. Les prêtres et les religieuses, et les vrais serviteurs de mon Fils seront persécutés, et plusieurs mourront pour la foi de Jésus-Christ. Une famine règnera en même temps. Après que toutes ces choses seront arrivées, beaucoup de personnes reconnaîtront la main de Dieu sur elles, se convertiront, et feront pénitence de leurs péchés. Un grand roi montera sur le trône, et règnera pendant quelques années. La religion refleurira et s’étendra par toute la terre et la fertilité sera grande, le monde content de ne manquer de rien recommencera ses désordres, abandonnera Dieu, et se livrera à ses passions criminelles. [Parmi] les ministres de Dieu, et les Epouses de Jésus-Christ, il y en a qui se livreront au désordre, et c’est ce qu’il y aura de [plus] terrible. Enfin, un enfer règnera sur la terre. Ce sera alors que l’Antéchrist naîtra d’une religieuse : mais malheur à elle ! Beaucoup de personnes croiront en lui, parce qu’il se dira venu du ciel, malheur à ceux qui le croiront ! Le temps n’est pas éloigné, il ne se passera pas deux fois 50 ans. Mon enfant, vous ne direz pas ce que je viens de vous dire. (Vous ne le direz à personne, vous ne direz pas si vous devez le dire un jour, vous ne direz pas ce que cela regarde), enfin vous ne direz plus rien jusqu’à ce que je vous dise de le dire ! » 

175 ans, déjà !

Pour fêter les 175 ans de l’apparition de la Vierge Marie à La Salette, le père général de la communauté, Silvano Marisa, a fait le déplacement. Il sera entouré des évêques des diocèses avoisinants. Basé à Rome, il vient au moins une fois par an à La Salette, chaque 19 septembre.

« Pour nous, ces 175 ans sont très importants, car ils vont permettre de diffuser davantage le message. Le message de Notre-Dame de La Salette est un message d’espérance. Ici, Elle pleure pour toute l’humanité, qui oublie son Fils. Son message est très actuel et très moderne. Aujourd’hui, Elle pleurerait plus qu’en 1846. La Vierge Marie aime particulièrement la France. Avec l’Année Mariale nous redoublons de prières et d’intentions. Et, cette année ne concerne pas que la France. Les festivités ont lieu dans les 32 pays où nous sommes présents. Nous sommes 950 frères, et, 300 sœurs. Et, les vocations sont nombreuses, notamment à Madagascar. »

Les diocèses d’Annecy, de Gap, et de Grenoble, principalement, organisent un pèlerinage pour fêter ce 175è anniversaire. Plusieurs milliers de pèlerins sont attendus. Arthur ne sera pas seul pour consoler Notre-Dame !

Reportage réalisé par Antoine Bordier, consultant et journaliste Copyright photos Antoine Bordier

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