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France : Société

Jean Madiran : l’hommage de Caroline Parmentier

La journaliste a été accueillie à Présent par Jean Madiran pour un stage de 3 mois. 27 ans après, elle est toujours au journat et témoigne :

"L’appel de Michèle Madiran hier après-midi. Ces trois mots : « Jean est mort. » C’est fini. Elle ne s’y attendait pas, aucun de nous ne s’y attendait. Après une mauvaise chute, il était entré à l’hôpital debout, lucide, droit comme un I, faisant l’admiration des médecins lorsqu’ils ont constaté qu’il avait 13 côtes fracturées ou fêlées. Il se battait depuis des semaines pour écrire, marcher, lire. Pour se relever. C’était un battant. Aucun de nous ne l’a jamais vu diminué. Il n’aurait pas aimé.

Jusqu’à la fin il a écrit, envoyant des SMS, cette drôle d’écriture qu’il appréciait particulièrement et à laquelle il s’était initié avec des trouvailles phonétiques et abrégées qui faisaient mon bonheur. La dernière chose que je garde de lui, c’est son dernier SMS.

Jusqu’à cette année 2013, il galopait, grimpait les escaliers, allait au cinéma, partageait volontiers, après le journal, un Chablis et des huîtres spéciale n°3 qu’il m’avait fait découvrir. Même ses génuflexions à la messe étaient sportives et énergiques. Ce matin au journal, son bureau est vide. Tout est en place. Sa croix, sa tasse à café « I am the boss » offert par quelques plaisantins de la rédaction, son pull qu’il laissait là pour les petits matins frisquets, le courrier à son nom. Et l’ouvrage de Jean-Paul II dont le titre résonne spécialement : « Entrez dans l’espérance ».

C’est dans un bureau semblable à celui-ci, mais à l’étage du dessus, que le boss m’a reçue il y a 27 ans. Le regard bleu comme un ciel grec, transperçant : « Puisque vous voulez devenir journaliste, je vous propose un stage. Quatre-vingt-dix jours, c’est une bonne distance pour savoir si vous nous convenez et si nous vous convenons. » Je ne suis plus jamais partie. Ce jour-là, Madiran m’a donné la chance de ma vie. Il m’a tout appris du plus beau métier du monde. Il a eu l’idée d’une école sur le tas, d’une école de journalisme, de journalisme quotidien qui ne s’apprend pas sur les bancs d’une école, justement. C’est en forgeant qu’on devient forgeron et en écrivant, encore et encore, en rewritant des tonnes de dépêches, en écoutant les « anciens », en allant sur le terrain, dans les meetings, dans les manifs, dans les conférences de presse, en interrogeant, en interviewant des récalcitrants ou des charmants, en tirant des sonnettes, en se faisant raccrocher au nez que l’on devient journaliste à Présent.

Jean Madiran nous a appris à être des réfractaires en utilisant l’incroyable espace de liberté unique qu’est notre quotidien. Des réfractaires aux idéologies et aux institutions qui viennent dénaturer la nation, la vie intellectuelle, la vie culturelle, la vie religieuse. Des réfractaires aux régimes politiques en place. Il a formé notre esprit critique et rebelle. Il nous a redonné la vertu d’insolence. Il était un témoin à charge contre son temps. Et comme il avait coutume de le dire, « les charges sont graves » (suite).

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Guillaume de Thieulloy
Directeur du Salon Beige

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2 commentaires

  1. Je suis triste pour cette disparition d’un grand chef journalistique qui avait une sacrée plume pour dire son point de vue sur les évènements nationaux et internationaux. Voilà, un homme qui avait encore de la foi quand on voit que certains journalistes actuels l’ont perdu.
    Je suis doublement peinée car ce matin en revenant d’une course, j’ai appris le décès d’une de mes tantes âgées de 84 à 85 ans. Elle est partie ce matin rejoindre l’être cher qu’elle aimait depuis fort longtemps : son mari qui était le frère de ma défunte mère.
    J’adresse toutes mes condoléances à la famille de Jean Madiran et à mes cousins qui eux aussi sont dans la peine et la douleur.

  2. C’est la disparition d’un génie du verbe au service du Verbe . Un combattant courageux
    dévoué à la Bonne Parole . Un polémiste de talent , défenseur et avocat de l’Evangile . H.C

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