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Valeurs chrétiennes : Culture

Jean de Viguerie, RIP

Jean de Viguerie, RIP

De Bernard Antony :

Je viens d’apprendre ce dimanche soir le rappel à Dieu de Jean de Viguerie, maître et ami très cher, admirable défenseur de la foi catholique et de la contre-révolution, éminent historien du XVIIIe siècle, ancien doyen de la faculté de Lettres d’Angers, un des premiers conférenciers des Universités catholiques d’été du Centre Henri et André Charlier.

Né en 1935, agrégé d’histoire en 1959, il effectua son service militaire en Algérie en 1961-1962, où il fut employé par l’armée française « à enseigner à de jeunes Maghrébins des bidonvilles d’Alger ». Docteur d’État en 1973, ses travaux porteront notamment sur l’histoire de l’éducation et de l’Église au siècle des Lumières. Il a également contribué au Livre noir de la Révolution française en 2008. En 1992, Jean de Viguerie est membre du conseil scientifique du Front national.

Professeur honoraire de l’université Lille-III, il est membre de l’Académie des jeux floraux. Il anime également la Société française d’histoire des idées et d’histoire religieuse. Il a présidé l’association Magnificat. Revenant sur son parcours dans Itinéraire d’un historien (2000), il évoque la difficulté de faire carrière dans l’Université française sans se soumettre aux dogmes dominants, et ses déboires en tant qu’historien qui n’était pas marxiste, « et qui n’a jamais été non plus soumis aux dogmes du structuralisme et du sociologisme dominants ». Il avance que, pour de tels historiens, « les avancements [sont] exceptionnels » et que « les postes prestigieux de professeurs dans les grandes universités parisiennes ne sont pas faits pour eux ».

Dans Les deux patries, essai magistral, il évoque les deux patries, la terre des pères, l’autre issue des Lumières et de la Révolution. La première est la France. La seconde n’est pas la France, mais la France est son support et son instrument.

“Cet Etat qui “répond de la France”, en réalité la détruit. N’est-ce pas la détruire que légaliser l’avortement, manipuler sans cesse les esprits, fomenter la haine civile et tenir pour négligeable la sécurité des personnes et des biens ? Mais l’Etat ne peut que détruire la France. C’est sa pente naturelle depuis la Révolution. Sa mécanique fonctionne révolutionnairement : le “ressort principal” qui l’actionne, n’est pas l’amour de la France, mais celui de la patrie mythique, celui du mythe des droits de l’homme. On a écrit de l’Etat léniniste qu’il était ” un Etat contre son peuple”, mais on peut en dire autant du nôtre. Si l’on veut que l’Etat cesse d’être contre le peuple, il ne suffit pas de changer la Constitution, de modifier les institutions et les lois, ni même d’appeler au pouvoir des hommes honnêtes animés de l’amour du bien commun. Il faut changer la nature même de l’Etat. Il faut instaurer un autre Etat dont l’idéologie soit absente. Il faut que puisse naître enfin du corps social une nouvelle association politique. Avec l’Etat issu des Lumières et de la Révolution, on ne fera jamais rien. Les Vendéens et le comte de Chambord l’avaient compris. Un jour peut-être les Français le comprendront.”

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