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Valeurs chrétiennes : Education

Instruction : l’intérêt du stylo plume

Annoncée sur Europe1 vendredi 12.09.2014, la disparition du stylo plume est inéluctable selon les personnes entendues dans le reportage. La journaliste évoque les taches d’encre, les fuites de cartouche, l’impossibilité de se corriger, la ringardise de l’instrument que seuls 2% des enseignants continueraient à exiger : des nostalgiques des pleins et des déliés… On lui préfère aujourd’hui les stylos billes en grande majorité, ou pour l’esthétique les rollers billes, plus simple à l’usage. Le tout étant un marché bien plus juteux pour les fabricants.

Le stylo plume appartient-il au passé ? Lisez ce qui suit, et vous serez étonnés des nombreuses vertus de cet « outil-scripteur ».

L’action d’écrire est une opération complexe qui consiste à une pensée mentale de se rendre visible et lisible sur un support. Pour cela, la pensée doit aller du cerveau à la main, dont les mouvements sont commandés également par le cerveau. Si le cerveau est fatigué, en sous-régime à cause de diverses tensions, préoccupé par d’autres actions lui demandant également un traitement, l’écriture sera moins aisée, voire impossible. L’enjeu de l’apprentissage de l’écriture est donc d’acquérir suffisamment de concentration, détente, aisance et maîtrise de soi, afin que le cerveau libéré d’autres contraintes parvienne à rendre cette action complexe totalement intuitive, et ainsi la pensée pourra avancer librement, sans être interrompue par l’action d’écrire. Vous passez vos vitesses en voiture sans quitter la route du regard, vous vous brossez les dents sans avoir à fixer votre brosse à dents pour en contrôler les mouvements. De la même manière quand vous écrivez vous ne vous demandez pas comment faire les lettres car votre pensée est déjà au niveau supérieur, celui du sens de ce que vous écrivez.

 

Le petit élève, jeune apprenti n’y est pas encore parvenu et c’est bien le rôle de l’école, en lui apprenant à écrire que de lui faire passer ce cap où il ne formera plus des lettres mais parviendra, d’un geste totalement naturel à faire avancer sa main au fil des idées qu’il aura à rendre lisible. Au début de cet apprentissage, sa concentration n’est fixée que sur la formation des lettres : a c’est un ventre en avant et une canne, i c’est une canne et je ne dois pas oublier le point, le m fait 3 ponts, le b a la même boucle ascendante que le l suivi d’une petite boucle, etc. Imaginez qu’à chaque fois que vous écrivez un mot vous ayez à vous souvenir de la formation de chaque lettre ! Quelle fatigue ! Quel découragement ! Il est donc indispensable que cette action soit parfaitement automatisée et contrôlée par votre cerveau, et le plus tôt possible.

Le meilleur moyen d’aller vite sans avoir besoin de réfléchir, c’est de prendre l’autoroute. Apprenons-donc aux enfants à quitter les chemins escarpés et fatigants et mettons-les sur l’autoroute ! Si l’élève se tient mal, colonne vertébrale tordue, si son poignet est « cassé », si sa manière de contrôler son crayon n’est pas fluide, il est sans GPS ! La pensée qu’il retient dans son cerveau aura toutes les peines à progresser avec efficacité jusqu’au papier, ou de manière partielle (les professeurs du secondaire sont de plus en plus nombreux à constater des oublis de lettres voire de mots dans les copies).

Pour que l’écriture ne soit pas une contrainte il faut en respecter quelques règles simples, qui ont une fonction réelle. Le fait qu’elles appartiennent de tout temps à l’enseignement ne devrait pas les faire passer pour désuètes, à l’heure des normes qualités, des process et de la recherche d’efficacité, elles sont au contraire, cela est un gage de fiabilité. Le problème est que la formation des enseignants ne dit plus rien de l’apprentissage de l’écriture, ni dans la forme, ni dans le fond. Or l’humain est incorrigible : s’il ne comprend pas quelque chose, il finit par s’en désintéresser, voire le critiquer.

Pour bien écrire, il faut 1) se tenir droit, 2) avoir un bon outil, 3) appuyer correctement sur cet outil. L’image de la scie est très éclairante : vous avez une scie en main et devez couper une bûche. Si vous appuyez trop fort vous risquez de vous fatiguer avant la fin de votre ouvrage et de vous blesser, si n’appuyez pas, il risque de ne rien se produire, ou bien ça sera tellement long que vous vous lasserez rapidement, épuisé par le mouvement. Une juste pression est nécessaire pour arriver à la fin de votre travail dans de bonnes conditions.

Le bon outil c’est le crayon et le papier. Du papier 80g n’est pas suffisant pour un enfant qui apprend à écrire. Il se découragera face au résultat, ou se persuadera qu’il est « mauvais en écriture ». Sur la bonne tenue, dos droit, pieds au sol (et non un au sol et un sous la fesse), bras le long du corps ne sont pas seulement des exigences de posture pour contraindre l’élève. Outre le fait que c’est un bon moyen de prévenir des croissances douloureuses dans l’avenir, c’est aussi nécessaire à ce que le corps ne soit pas un obstacle à la circulation de la pensée, qui rappelons-le doit aller du cerveau à la main, et que ce trajet ne se fait pas par magie mais emprunte le circuit du liquide-céphalo-rachidien.

Quel rapport avec le stylo plume ? Il faut absolument réaliser que tous les stylos, feutres, rollers, sont indépendants de toute forme de pression pour fonctionner. Une pression trop faible n’empêchera pas le crayon d’avancer, une pression trop forte, à moins d’être vraiment excessive, ne nuira pas à la lisibilité. On ne peut donc pas mettre ces outils dans les mains d’un enfant dont l’écriture n’est pas encore fluide, automatisée. C’est prendre le risque de ne jamais contrôler la tension qu’il exerce sur son crayon, alors il ne pourra jamais connaître la liberté de penser en écrivant.

Lorsque l’enfant est trop jeune pour manipuler avec les précautions nécessaires un stylo-plume, on lui apprend à écrire avec un crayon noir HB. S’il appuie trop fort le papier sera déchiré, s’il n’appuie pas assez il ne sera pas lisible. Le crayon à papier a aussi la vertu pour un jeune enfant d’être effaçable. A terme, pour l’encourager, pour lui permettre de conserver des documents dans le temps, le stylo-plume est le seul crayon qui retient toutes les caractéristiques nécessaires au bon apprentissage, celui qui permet au cerveau un fonctionnement optimal. Les résultats seront là dans la présentation, mais aussi dans la concentration et donc dans la réalisation des exercices. De là à dire qu’au stylo plume on fait moins d’erreurs, il n’y a qu’un pas que je n’oserais franchir, en revanche je suis certaine que lorsque l’écriture a été acquise au stylo-plume, on réfléchit plus vite et mieux.

Tous les autres crayons, pratiques, bon marché, ludiques ne sont pas à proscrire, mais ne devraient être réservés qu’à des utilisateurs expérimentés, ceux pour qui l’écriture n’est plus un obstacle mais un outil de communication.

Texte envoyé par C.C.

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