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France : Politique en France / France : Société

Il y a beaucoup à faire qu’aucun parti au pouvoir ne fera jamais

Un PM 161 Site1L'analyse d'Hilaire de Crémiers dans le numéro d'avril de Politique Magazine.

Les sycophantes mènent leur ballet. Institution éminemment démocratique qui sévissait déjà dans l’Athènes décadente. La dénonciation sort des officines de la Hollandie, file vers les salles de rédaction, excite les magistrats, incendie les réseaux sociaux. Chacun se croit en droit de juger. Le parti socialiste, toute la gauche dite de gouvernement qui joue les offusqués, oublie aujourd’hui les scandales qui ont défrayé la chronique de la Mitterandie pendant plus d’une décennie, après les premières révélations de l’affaire Urba en 1991.

Le passé, le présent et le futur

Ils ont enterré Henri Emmanuelli samedi 25 mars en grande pompe républicaine à Mont-de-Marsan. Tous les caciques de la Gauche installée, prébendée, rémunérée et nourrie – que de pauvres gens ! – étaient là, alignés sur leurs chaises, à côté de François Hollande. À quoi pensaient-ils, tous, avec ces regards perdus, comme affaissés sur de douloureux abîmes intérieurs. Ces beaux messieurs qui affectent avec condescendance l’affranchissement de toute foi religieuse, songeaient peut-être que ce serait, comme dit le poète, bientôt leur tour. Finie la vie ! Les confortables prébendes et la jouissive fièvre de la politique politicienne ! Eux aussi, mais oui, tout comme lui, ils y passeront ! Hollande s’est voulu bravache, selon son habitude. Braver Dieu, en se croyant drôle, c’est son truc depuis ses 18 ans. Comme ses compères, à peu près tous à son image, sortis des bons collèges ! « Si Dieu existe, et que Henri l’a rejoint, il aura fort à faire avec lui. Mais que Henri sache bien – tiens, mais comment pourrait-il savoir ? – que la République aujourd’hui le salue et ne l’oubliera jamais ». La République est-elle donc une divinité ? Parle-t-elle et voit-elle, ou est-ce Hollande qui la fait parler et voir avec son ton de prédicateur ? Ah, les idoles ! Le psalmiste déjà s’en gaussait : « Os habent et non loquentur, oculos habent et non videbunt ».

Mais cet Henri Emmanuelli dont Hollande a fait l’éloge, avait été condamné en 1997 à dix-huit mois de prison avec sursis et à deux ans de privation de droits civiques. En tant que trésorier du parti socialiste ! Péché pardonné donc. L’onction républicaine couvre tout. Il est bon de se sentir purgé. Les lois d’amnistie, d’auto-amnistie devrait-on préciser, de 1988–1990 sont censées avoir tout mis au net. Grâce soit rendue à la République et à l’efficace de ses sacrements ! Pourtant les faits peccamineux ont continué par la suite, tant du côté socialiste que du côté du RPR et de l’UMP. Faut-il reprendre la longue litanie des « affaires » ? Jusqu’à Cahuzac, Le Roux… ? Et les comptes de campagne pour les présidentielles validés par le Conseil constitutionnel pour le bon ordre républicain, ainsi que l’a révélé Dumas ?

Politique d’initiés

Hollande lui-même, avec tous ses réseaux, n’a-t-il pas pratiqué avec délectation ces arcanes du pouvoir, en mystérieuses initiations ? Tous les livres qui paraissent sur lui, écrits pour la plupart par des journalistes de gauche, prouvent sa suffisance autant que sa maîtrise en la matière. Il met toute sa vanité dans cette manière d’être : je suis celui qui sait. Le ridicule n’est pas loin.

Ce n’est pas pour rien qu’il est allé en pèlerinage rue Cadet le 27 février dernier, premier chef de l’État à rendre ainsi une visite officielle au temple des temples. Il s’agissait, bien sûr, de rendre grâce… à la « divinité », mais aussi d’appeler à l’aide avec grande imploration, selon la tradition des loges, dans l’implacable lutte contre toute résurgence dans la vie publique nationale du moindre soupçon de tradition française et chrétienne. Lutte acharnée qui autorise tous les coups et dans laquelle lui-même se dit, jusqu’en ses déplacements à l’autre bout du monde, totalement investi comme d’une mission supérieure et qu’il a bien l’intention de poursuivre après la fin de son mandat. Il n’est pas inutile d’écouter le baragouin de cet homme, par ailleurs profondément inculte et qui n’a réussi sa carrière qu’en ayant l’intelligence mécanique de réciter, aussi sottement qu’il le fallait, tous les poncifs de la croyance officielle.

Ce que voudrait la France

La question aujourd’hui, à quelques jours maintenant de l’élection présidentielle, est parfaitement claire. Le peuple français, dans la mesure où il en reste encore un, est majoritairement dans un état d’esprit que l’analyse électorale qualifie de droite. Il veut l’ordre, la justice, la paix sociale, l’arrêt de la submersion migratoire, le respect des libertés, la sauvegarde des familles, la protection du patrimoine tant public que privé, l’intégrité du territoire national et la garantie des frontières, la fin de la bureaucratie inutile, la liberté d’entreprendre, de vivre et d’éduquer, le changement radical dans la conception même de l’Europe dont l’anniversaire du traité fondateur n’a suscité aucune liesse, la sortie des filets contraignants de Bruxelles, la relance économique pour en finir avec le chômage de masse. Bref une France souveraine et fière qui retrouve son indépendance et capable d’effectuer au-delà des partis les réformes indispensables ; et il y en a beaucoup à faire qu’aucun parti au pouvoir ne fera jamais.


Voilà ce que pense au fond une bonne partie des Français qui, sans le dire ni même sans se le dire de manière consciente, ne croient plus dans les institutions telles qu’elles fonctionnent aujourd’hui ; il est, d’ailleurs, quelques enquêtes d’opinion – rares mais sûres – pour le manifester clairement.

Ce qui se passe en Guyane est sur ce point révélateur. Le gauchisme taubiresque n’a rien à voir avec le problème qui, toutes proportions gardées, ressemble à celui de la France et de toute son outre-mer. Territoires abandonnés, au motif de politiques aussi stupides que prodigues en gabegies insensées ! Telle est la réalité partout. Ça commence à se savoir et à ne plus se supporter. La dérisoire visite des deux ministres de l’Intérieur et des Outre-mer, deux fantômes du moment aux noms inconnus, Fekl et Bareigts, ne changera rien au fond de la situation guyanaise.

Alors cette France va voter. Et comme prévu, mécaniquement, elle va se diviser ou s’abstenir par dégoût. La simple addition des chiffres montrera mathématiquement qu’elle est, selon la terminologie partisane, profondément de droite. Fort mal représentée et encore plus mal gouvernée. Et tout est fait en ce moment pour que ça continue. Comme avant. Le poids du régime écrasera toutes les velléités d’en sortir. Macron qui prétend s’en libérer, n’y arrive pas plus que les autres : les ralliements à son En marche ! sont autant d’entraves pour demain. Tout le monde veut être de la partie qui se jouera avec les législatives. Les vieux apparatchiks tentent de se refaire une jeunesse. Aucun candidat à l’élection présidentielle – si déterminé soit-il – n’est en état de dominer la situation. Ne parlons ni d’Hamon ni de Mélenchon qui ne songent qu’aux recompositions futures. Macron n’est flou que de son incapacité totale de gouverner et d’avoir une majorité. Fillon se heurtera aux obstacles de la machine républicaine dont les premiers seront dressés par son propre camp : composer ou se casser. Marine Le Pen aura contre elle tout l’établissement qui tient l’administration et enserre presque la totalité de la vie politique et culturelle du pays.

C’est littéralement sans solution. S’imaginer que le système changera parce qu’on en prendra la tête – à la place des autres, bien sûr – est un rêve. Il va encore coûter cher. La désillusion et le désespoir qui s’ensuivront, et désormais très vite, aggraveront la crise de régime. Car, maintenant, la question politique se pose avec une violente acuité : ce n’est plus une question de système comme l’affirment tous les candidats ; c’est une question de régime.

Nous vivons un changement civilisationnel dont le moteur est culturel. La famille dite traditionnelle - qui est simplement la famille naturelle - diminue massivement en nombre et en influence sociale. Le politique est de plus en plus centré sur la promotion de l’individualisme a-culturel, a-religieux et a-national. L’économique accroît des inégalités devenues stratosphériques et accélère et amplifie le cycle des crises. L'Église est pourfendue; clercs et laïcs sont atterrés.

Une culture nouvelle jaillira inévitablement de ces craquements historiques.
Avec le Salon Beige voulez-vous participer à cette émergence ?

Le Salon Beige se bat chaque jour pour la dignité de l’homme et pour une culture de Vie.

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On ne lâche rien, jamais !

Guillaume de Thieulloy
Directeur du Salon Beige

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8 commentaires

  1. Ce que voudrait la France… Etes vous sûr qu’il s’agit de la France ?
    Je crois plutôt qu’il s’agit d’une partie de la population vivant en France, très majoritairement soucharde, et certainement plus BCBG qu’autre chose…
    Il y a malheureusement une autre partie de la population vivant en France, en partie soucharde, et vraisemblablement plus populaire que bourgeoise… et cette partie-là hélas a peur de devoir un jour travailler plus, plus longtemps, a peur de perdre ses “droits acquis”, a peur de devoir un jour se bouger au lieu d’attendre tranquillement que les allocs tombent, en buvant un coup au bistrot ou pire, en regardant les programmes abêtissants de la télé !
    Et cette partie là votera pour Mélanchon, pour Hamon, pour Macron, pour Poutou et pour Artaud ! Parce qu’ils sont depuis la nuit des temps les gens qu’il faut toujours border dans leur lit et apporter la lettre-chèque signé par le Trésor Public, sans se soucier de savoir comment et grâce à qui les allocs leur tombent toutes cuites dans leurs becs toujours plus nombreux et insatiables…
    Si nous avions des lois et un système social intelligents et responsables, toute personne étant pris en charge devrait avoir réintégré le circuit dans les 3 ans !
    Au lieu de ça, nous avons une floppée de gens (allant des véritables démunis jusqu’aux bras cassés patentés) qui vivent sur le dos :
    – de tous ceux qui bossent,
    – de tous ceux qui essaient d’élever leurs gosses,
    – de tous ceux qui traversent dans les clous,
    – de tous ceux qui se saignent aux 4 veines pour transmettre un patrimoine,
    – de tous ceux qui se démènent pour que la France continue malgré tout !
    Alors constater que cette énième et ruineuse élection présidentielle (vivent les monarchies héréditaires !) propose encore et toujours des Artaud, des Poutou, des Mélanchon, des Hamon, des Macron…
    ARRRGGGHHH ! (C’est pas mieux à droite…)

  2. L’Esprit, quand on l’appelle, vient faire la vérité…

  3. Le peuple français est victime depuis plusieurs siècles de la vengeance des marranes contre l’Eglise: on ne comprend rien au sort de notre pays sans cette persécution sectaire et xénophobe.

  4. Ce que veulent les Français c’est voter Macron. Leurs ancêtres ont voté Blum-Daladier. De la modération avant tout. Priorité à la mollesse.

  5. beau discours mais la conclusion brève mériterait d’être plus précise.
    vous voulez dire Système républicain contre régime parlementaire.. je ne vois pas bien l’intérêt d’opposer deux notions complémentaires.

  6. Bien dit, Monsieur Hilaire de Cremier,conclusion amère mais réaliste.
    Il faut absolument lire et relire l’analyse magistrale de Ch.Buffin de Chosal ” LA FIN de la DEMOCRATIE ” et oeuvrer ,chacun selon son pouvoir et sa volonté, pour ce nouveau régime salvateur.

  7. “dont l’anniversaire du traité fondateur n’a suscité aucune liesse”
    Curieusement, si les Français commencent à comprendre que l’Union européenne fut un miroir aux alouettes, il y a fort à parier qu’ils continueront à voter pour que l’homme d’état qu’ils éliront ne demande pas le frexit . D’ailleurs ne sont-ils pas 10 candidats sur 11 à ne pas le vouloir ? Par contre ils promettent des réformes impossibles puisqu’elles demandent l’unanimité des 27 partenaires européens.
    Le mensonge règne donc à 100% dans ces élections. Le Français n’a décidément pas l’audace britannique.

  8. en tant que président de département
    Henri Emmanuelli avait offert, avec
    l’argent du contribuable,
    un ordinateur portable à
    chaque collégien,
    s’il m’en souviens bien,
    avec résultat nul
    sur les notes scolaires.
    désormais son département des landes
    expérimente le “collège sans notes”,
    contre l’avis de pratiquement
    tous les intéressés, des profs
    élèves aux élèves
    et leurs parents.
    landais cachez Vos gosses !
    l’idéologie bouge encore !

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