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Valeurs chrétiennes : Culture

Il n’est de réel que l’idée : conséquences de l’IDEALISME bourreau du particulier, de la personne et des peuples !

MPour l’idéaliste, comme Vincent Peillon par exemple, seules comptent les idées que l’on se fait des choses. Désincarnation, dépersonalisation, mondialisme, universalisme s’imposent alors… pour changer le monde et conformer tous les hommes à une certaine idée…C’est toujours l’homme particulier qu’il faut combattre, le « franchouillard » qui ne comprend rien, le réactionnaire trop attaché à son existence particulière et à ses libertés concrètes contre la grande liberté promise à l’homme nouveau …grâce au transhumanisme etc…et autre rêve prophétique de Jacques Attali : « Pour rendre le peuple heureux, il faut le renouveler, changer ses idées, changer ses lois, changer ses mœurs, changer les choses, tout détruire, oui, tout détruire, puisque tout est à créer. »

Dans son livre « Fondements de la Cité » (page 36), Jean Ousset explique comment l’IDEALISME est le complice du NOMINALISME  pour prétendre changer le monde…en un monde ORWELIEN…

Tous les acteurs du « mouvement social » travailleront avec intérêt le nouvel ouvrage de formation publié par le Collectif Jean Ousset : La Dictature du Relativisme (200 pages – 12€ et 8,4€ en version numérique).

Ichtus propose des formations inspirées des méthodes développées par Jean Ousset. « Anthropologie et Politique »  à l’école de JP II avec Bruno de Saint Chamas, «  Faire aimer la Civilisation »  par l’Art avec Nicole Buron, «  Les ateliers de l’Histoire » avec Martin Dauch. 

Jean Ousset :

… « Le nominalisme (étudié la semaine dernière) n’est pas la seule réponse faite au problème des universaux.

Dès les premiers siècles de l’histoire de la philosophie, ce qu’on devait appeler plus tard l’idéalisme s’opposa au « nominalisme ».

Héraclite étant considéré comme un des maîtres de ce dernier, il est classique de lui opposer Platon. Le R.P. Garrigou-Lagrange l’a fait en un dialogue aussi plein d’enseignements que de souriante bonhomie[1]. Ecoutons-le donner la parole à Platon.

« Il faut avouer que dans l’ordre des choses sensibles, tout se meut. La matière reçoit perpétuellement des modifications nouvelles… MAIS qui sont comme un reflet des Idées intelligibles… Car nous devons admettre l’idée de Bien, la partie la plus brillante, la plus belle de l’Être, puis la Vérité, prise en soi, la Sagesse, la Justice… Et pourquoi pas aussi les essences[2]éternelles des choses ? S’il y a une science de l’homme, elle doit avoir un objet intelligible et immuable du sensible individuel et contingent[3], toujours variable. Pourquoi n’y aurait-il pas une idée éternelle de l’homme et du lion ? Les lions individuels naissent et meurent, mais l’essence du lion reste toujours la même comme celle du cerf, et celle de la rose ou du lis… »

On voit le ton…

Il est indéniable qu’une grande élévation d’âme peut l’inspirer, un vif amour des choses de l’esprit. Et l’on comprend la séduction exercée par Platon pendant tant de siècles sur les penseurs chrétiens.

Quelle valeur accorder à ce qui passe ? L’important n’est-il pas de s’attacher à ce qui demeure, à l’essentiel, aux idées ?Qu’importe au fond le grain de cette réalité sensible, instable par nature ? La suprême réalité n’est-elle pas commandée pratiquement par l’intelligence ?

Soit, par exemple, cette table où j’écris… et que mille autres, aussi solides, aussi belles pourraient remplacer. Le pratique autant que l’essentiel n’exigent-ils pas que je m’attache à avoir surtout une table, une table qui me convienne, comme celle-ci, mais comme aussi bien les mille autres possibles, sans plus m’arrêter à ces riens (authentique néant) qui permettraient à peine de distinguer ces tables entre elles.

Ce qui compte, c’est l’idée de table, puisque c’est elle qui préside, si l’on peut dire, à la création, à la fabrication de toutes les tables qui se construisent chaque jour dans le monde.

Aussi devine-t-on ce qu’est, au moins dans ses très grandes lignes, l’idéalisme[4].

Comme son nom l’indique, il sert à désigner l’ensemble des systèmes (fort divers) qui professent (peu ou prou) la réalité des universaux qu’expriment nos idées. Autrement dit, à la question (déjà posée au nominalisme) quelle valeur devrons-nous accorder au caractère universel et perdurable des idées (surtout des idées dites générales) ? L’idéalisme répond en affirmant que ce qu’elles désignent est non seulement réel, mais plus réel même que cette forme (sensible) d’un réel singulier, contingent, mouvant, toujours en train de se faire et de se défaire, aussi fugace et insaisissable qu’un courant d’eau entre les doigts. Idéalisme au point que certains systèmes iront jusqu’à prétendre qu’il n’est de réel que l’idée. Cas de l’idéalisme dit absolu de Hegel.

L’idéalisme philosophique bourreau de tout ce qui est personnel

Le monde sensible (comme nous l’avons dit en étudiant le nominalisme) étant essentiellement le monde du concret, du multiple, du divers ; le monde en mouvement, le monde des changements lents ou brusques ; le monde de nos progrès ou de nos chutes, le monde des traditions historiques, des variétés de race, de civilisation ; le monde des peuples montagnards ou marins ; le monde des pays riches ou pauvres ; tropicaux ou glacés ; monde d’intérêts contradictoires ; monde de cette incarnation des êtres et de cet « enracinement » si cher à Simone Weil…, il est normal qu’en méconnaissant ou niant l’univers de ces choses-là, l’ « idéalisme » ne vienne à mépriser ou écraser, avec elles, tout ce qu’elles représentent ou impliquent.

Si donc l’on peut et l’on doit reprocher au nominalisme ce refus du « général » et de « l’universel » qui conduit pratiquement à désagréger, à « atomiser » ce qu’il touche, un reproche inverse, tout aussi grave, peut être fait à l’idéalisme. Exclusivement attaché au général et à l’universel, l’idéalisme méconnaît, avec le grain des choses, l’ordre des cas particuliers, des exceptions éventuelles. Quoi d’étonnant à ce qu’il soit si souvent le bourreau de l’individuel et du personnel ?

Convergences néfastes du nominalisme et de l’idéalisme

L’erreur est d’un côté comme de l’autre. Car en dépit de leur opposition littérale, les deux systèmes, bien loin de se neutraliser, excellent à se compléter pour mieux détruire.

Même irréalisme.

Si le nominalisme nie les réalités du monde intelligible, l’idéalisme, lui, nie les réalités du monde sensible et matériel.

Mais que peuvent être la raison et l’intelligence ainsi coupées de ce monde sensible et matériel ? Privées de cette référence, de ce contrôle, qui savent si bien jouer un rôle de frein ou de correcteur, l’intelligence et la raison ne peuvent que s’enivrer d’elles-mêmes. Spécialistes, en quelque sorte, de l’universel et du général, elles généraliseront et universaliseront en toute liberté, autant dire à tort et à travers… Raison et intelligence désincarnées ! La frénésie logique, désormais, sera leur seule loi. Et nous aurons, et l’on a eu, tous les excès de la raison dite raisonnante.

Folie rationaliste du XVIIIe, aussi désastreuse, aussi révolutionnaire que le nominalisme.

D’où mille schématisations hasardeuses ou manifestement insensées. Saturé d’abstractions, l’idéaliste (philosophique) « suit son idée », comme le dit le bon peuple, sans prendre garde à ce qui l’entoure. Toujours en quête de quelque système « idéal », il est planificateur par essence. Et c’est à lui qu’il faut remonter si l’on veut connaître la cause de la prolifération des textes constitutionnels à notre époque. Toute déclaration solennelle et universelle de quelque chose le trouve favorable. Incapable de saisir la réalité de ces faits particuliers que sont les nations, s’il légifère, c’est pour le monde entier

« Les Droits de l’Homme et du Citoyen » furent son œuvre. Toute vie provinciale l’inquiète. La multiplicité des corps intermédiaires est désordre à ses yeux. Il n’est à son aise que dans l’internationalisme.

Système d’abstraction inhumaine et d’une logique forcenée, il est l’âme des planismes désincarnés qui se disputent l’univers. Cette « ère des organisateurs » dont a parlé James Burnham, est la sienne ; comme est à lui, et de lui encore, l’esprit technocrate d’organisation planétaire qui anime la synarchie autant que les diverses internationales…

Depuis « la République » de Platon en passant par « l’Utopie » de Thomas More, la « Cité du Soleil » de Campanella pour aboutir au « phalanstère » de Fourier et à « l’église » saint-simonienne, on ne compte plus les descriptions de ces « cités », réputées « idéales » bien qu’impossibles, inspirées par une forme d’esprit idéaliste, consciente ou non .

L’étatisme jacobin en procède, tout comme l’air qu’on respire dans « le Mémorial de Sainte Hélène ». Le prix en est la dépersonnalisation, la désincarnation, le déracinement des hommes vrais. Et l’on comprend que, dans son impatience, un Joseph de Maistre ait frôlé une terminologie nominaliste pour opposer à cet « humanisme » de robots sa fameuse boutade :

« Il n’y a point d’hommes par le monde, j’ai vu dans ma vie des Français, des Italiens, des Russes… Je sais même, grâce à Montesquieu, qu’on peut être Persan, mais quant à l’homme je déclare ne l’avoir jamais rencontré de ma vie ; s’il existe, c’est bien à mon insu. »

Dépersonnalisation, désincarnation, déracinement des hommes vrais, sinon terreur pour les récalcitrants, et la guillotine, les massacres, les camps de concentration, les bains de cerveaux pour ceux qui refusent de se plier au gré de « l’idéalisme » planifiant.

« Nous ferons un cimetière de la France, plutôt que de ne pas la régénérer à notre manière », disait Carrier, le bourreau de Nantes ;

et Jean Bon de Saint-André : « … il faut réduire la population de moitié ».

Autrement dit : périsse la nation et meurent les hommes plutôt que nos principes, plutôt que d’accepter l’échec du plan abstrait « idéal » que nous avons conçu.

C’est par là que l’idéalisme rejoint le nominalisme et fournit ce que ce dernier ne demande qu’à accepter : un projet d’organisation politique et sociale. Planification rationaliste que le nominalisme est heureux d’accueillir pour compenser l’effet désagrégateur de ses théories. AYANT ÉCARTÉ CET ORDRE ET CES LOIS QU’IL REFUSE DE VOIR DANS LE RÉEL INTELLIGIBLE, LE NOMINALISME NE PEUT QUE SUBIR LE JOUG D’UNE RAISON RAISONNANTE, D’AUTANT PLUS FÉROCE QU’ELLE EST DÉSINCARNÉE.

D’où l’évidence de ces deux erreurs dans une phrase comme celle-ci :

« Pour rendre le peuple heureux, il faut le renouveler, changer ses idées, changer ses lois, changer ses mœurs, changer les choses, tout détruire, oui, tout détruire, puisque tout est à créer. »

Proposition nominalisme certes, tant qu’on s’arrête aux changements qu’elle appelle, mais dont le dernier trait, « tout est à créer », est une invitation lancée à « l’idéalisme » planificateur et révolutionnaire, chargé d’opérer cette création.

Reprenant la phrase de Lénine :

« Les philosophes n’ont fait jusqu’ici qu’interpréter diversement le monde. Or, il s’agit de le changer… »

on conçoit aisément que pour opérer ce changement (aspect nominaliste), il n’est rien de tel que ces planifications (idéalisme) comportant au besoin déportation de peuples, écrasement des nations, camps de concentration… à la poursuite du plus grand succès d’une « Révolution permanente »… »

Après le NOMINALISME et l’IDEALISME … A suivre … la semaine prochaine : La vraie solution au problème de la connaissance…


[1] Cf. Le réalisme du principe de finalité, pp. 40 à 60, Desclée de Brouwer.

[2] Essence : ce qui est « essentiel » à un être, ce qui en détermine la nature, ce qui fait qu’il est ce qu’il est, quels que soient, par ailleurs, ses caractères particuliers. L’essence de « locomotive » désigne aussi bien le vieux « tacot » de nos campagnes que la motrice électrique du Paris-Lyon.

[3] Contingent : qui est mais aurait pu ne pas être. Dieu est un être nécessaire : il ne peut pas ne pas exister. Mais l’homme est contingent. Il aurait pu ne pas exister.

[4] Il ne saurait être question d’exposer ici, les divers systèmes qui relèvent de l’idéalisme. Un gros ouvrage y suffirait à peine. Comme nous l’avons fait pour le nominalisme, nous indiquerons seulement à gros traits ce qui est utile à notre étude, sans nous perdre dans la description de telles oppositions, différences, querelles d’écoles, rigoureusement superflues en cet endroit.

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Guillaume de Thieulloy
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