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L'Eglise : Vie de l'Eglise

Il ne s’agit plus d’expliquer le mal, mais d’y répondre

Il ne s’agit plus d’expliquer le mal, mais d’y répondre

L’abbé Matthieu Dauchez, ordonné en 2004, a répondu à la demande de l’archevêque de Manille d’être prêtre diocésain au service des plus pauvres. Ainsi a-t-il créé la fondation ANAK-Tnk qui accueille en foyer les enfants des rues de Manille. Extrait d’un entretien dans la Nef :

La question du mal, et tout particulièrement la souffrance des enfants, demeure pour beaucoup un obstacle majeur pour s’approcher de Dieu ; c’est également une question sur laquelle les réponses de la théologie, si justes soient-elles rationnellement, paraissent dérisoires quand on est brutalement confronté à l’irruption du mal : pourquoi s’être attaqué à un sujet si délicat ?

Plus encore qu’un obstacle, aussi majeur soit-il, la question du mal semble être une impasse. Elle est souvent brandie comme l’objection imparable à l’existence de Dieu. Et combien plus scandaleuse est-elle lorsqu’elle touche les plus innocents, les plus fragiles, les plus vulnérables ! La question posée par Glyzelle, enfant de la rue, au pape François lors de son voyage apostolique aux Philippines en 2015 a marqué les esprits. La jeune fille de 12 ans a posé la question du mal en ces termes : « Mais pourquoi Dieu permet-il cela ? », avant de fondre en larmes. Le Saint-Père lui a fait alors une réponse un peu laconique : « Tu as posé la seule question qui n’a pas de réponse », puis a serré la jeune fille affectueusement dans ses bras. La scène fut très émouvante et a fait le tour du monde, mais j’avoue que j’ai accueilli cette réaction du pape avec une certaine réserve, car si le mystère du mal dépasse assurément notre raison, les mots du Saint-Père me laissèrent toutefois une impression de résignation. Il a pourtant parfaitement raison, c’est une question sans explication, mais cette réponse résonnait dans mon cœur comme une abdication. Elle ne pouvait me satisfaire car le mal continue de sévir, et les plus petits souffrent toujours.

Qu’est-ce que les enfants des rues que vous aidez depuis plus de 20 ans vous ont apporté sur cette question du mal ?

Ils apportent la réponse justement… ou plus précisément faudrait-il dire les réponses. En tentant d’approfondir cette question si terrible, je me suis d’abord dit que les exemples puisés au cœur de l’enfer que vivent les enfants des rues de Manille, pourraient nous apporter quelques éclairages sur le mystère. Finalement je me suis aperçu que les réponses héroïques qu’ils donnaient ne levaient peut-être pas le voile sur la dimension intellectuelle du mystère, mais nous offraient toutefois une clé essentielle : les armes du combat.

Et lorsque l’on voit les jeunes victimes de la misère, de la prostitution, de la drogue, que répondez-vous au titre de votre livre : « Pourquoi Dieu permet-il cela ? »

Rien. Ma réponse est lapidaire et volontairement un peu provocante, évidemment, mais les enfants des rues de Manille nous apprennent précisément à accueillir le mystère, c’est-à-dire s’affranchir de l’obstination rationnelle pour rechercher, non plus une explication à tout prix, mais les réponses à donner. Il ne s’agit plus d’expliquer le mal, mais d’y répondre. La nuance peut paraître ténue entre ces deux attitudes, elle est pourtant capitale car l’une capitule tandis que l’autre résiste. La première abdique devant le mal, la seconde le désarme impitoyablement. Ce ne sont donc ni des mots, ni des raisonnements, ni des hypothèses aussi savantes soient-elles qui éclairent les ténèbres du mal, mais une réponse proprement évangélique : la compassion, la joie, le pardon…

Vous écrivez « qu’en définitive, l’enjeu fondamental du problème du mal consiste à choisir entre la vie et la mort » (p. 132) : pourriez-vous nous expliquer cela ?

Pour comprendre le scandale du mal, il faut regarder la Croix. Or le Christ, innocent et crucifié, n’explique pas l’injustice suprême du mal qui lui est fait… il le pardonne. La Croix a l’apparence extérieure d’une défaite, elle est pourtant la plus grande victoire car au « sauve-toi toi-même, descends de la croix ! » (Mc 15, 30) qui intime au Christ de répliquer au mal par la puissance, Jésus répond par ce cri d’amour : « Père, pardonne-leur : ils ne savent pas ce qu’ils font » (Lc 23, 34). Il ne vient pas détruire le mal, nous dit Paul Claudel dans ses Dialogues avec la souffrance, il vient le remplir de sa présence, de son amour. Au désir humain de vengeance lâche, le Christ répond par une miséricorde inflexible et nous montre ainsi le chemin de l’exigence évangélique ! […]

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Guillaume de Thieulloy
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