Il faut réfléchir à la situation religieuse actuelle de la France, sans tabou, ni préjugés

Du père Michel Viot à propos du terrorisme islamiste :

Viot-b"[…] Certes, il y a eu des progrès : on est passé du « je suis Charlie. » au « pas d’amalgame. » « à l’islam dévoyé. » pour parler maintenant de « terroristes islamistes. » ! Mais est-ce suffisant ? Je ne le crois pas, en particulier parce que la France continue depuis un peu plus de deux siècles à être le seul pays civilisé au monde où l’on ne puisse pas parler librement des relations entre le politique et le religieux, j’entends par là sortir de l’intellectuellement correct, dicté, si l’on y réfléchit bien, par une coalition bien étrange. On y trouve en effet pêle-mêle, la franc-maçonnerie du Grand Orient de France, un certain catholicisme de gauche, des pêcheurs de voix dans tous les domaines où cela rapporte, inutile de les nommer, le tout figé dans une médiocrité intellectuelle qui n’a d’égale que sa sous-culture historique et philosophique, prête à se repaître de tous les syncrétismes et les relativismes. En fait, ce qui unit cet assemblage hétéroclite, c’est son adoration du progrès et son individualisme forcené, sans parler de sa furieuse envie d’être toujours à la mode, qui lui fait croire que le temps des religions est révolu ! Il y a toujours des chrétiens pour parler de christianisme areligieux, de post chrétienté et se croire autorisés à innover encore en matière liturgique !

Eh bien, le couteau va les rappeler à l’ordre. Et pour me faire comprendre je ne remonterai qu’à notre bonne vieille Bible, ce qui montrera au passage, que je mets en garde contre tous les fondamentalismes, juifs, chrétiens, et musulmans. Relisez, ou lisez cet admirable passage du livre des Juges, chef d’oeuvre d’humour noir, comme seule la Bible en a le secret : Juges 3 v 12-30. Vous y verrez comment Ehud, un des premiers Juges d’Israël se débarrassa du roi de Moab, Eglon, qui opprimait son peuple. Deux précisions importantes : Ehud était gaucher et Eglon très gros ! Le premier avait caché son poignard sous son vêtement, attaché à sa cuisse droite ! Et pour voir le roi seul, il lui avait dit « j’ai une parole de Dieu pour toi. ». Et là, surprise : de sa main gauche il le poignarda si bien au ventre que la poignée de la lame entra dans la graisse et que notre homme put sortir par le trou des latrines royales. Il ne fut pas poursuivi, car les serviteurs pensaient que le roi était occupé…! Mais il existe dans la Bible d’autres formes de pénétration de la Parole de Dieu.

Le prophète Isaïe (49 v2) parlant au nom du Seigneur disait « Il a disposé ma bouche comme une épée pointue », et le christianisme ne sera pas en reste pour reprendre ce symbole, certes spiritualisé, comme dans cette prophétie, mais n’effaçant jamais cependant complètement l’image de l’arme qui blesse ou qui tue (voir par exemple la prédiction de Siméon sur le glaive qui transpercera le cœur de Marie, Luc 2 v35). […]

Il faut alors réfléchir à la situation religieuse actuelle de la France, sans tabou, ni préjugés ! Et malheureusement nous en sommes très loin. Les relations entre les Églises et l’Etat restent marquées par les ambiguïtés de la loi de séparation de 1905, lesquelles ont tout naturellement déteint sur le dialogue inter religieux. […]"

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