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France : Politique en France

Il faut exfiltrer d’urgence M.Delevoye en plein burn-out

Il faut exfiltrer d’urgence M.Delevoye en plein burn-out

M. Delevoye, Haut-Commissaire du gouvernement aux Retraites fait le délice de quelques journaux pour avoir oublié de déclarer une fonction d’administrateur à l’Institut de la formation de la profession assurance (Ifpass) depuis 2016, pouvant conduire à un conflit d’intérêt avec ses responsabilités gouvernementales.  Les propos de M.Delevoye pour minimiser la portée de cet oubli sont instructifs :

« C’est une fonction bénévole, je n’y vais quasiment jamais, car je n’ai pas le temps. Je ne connais rien dans le domaine de la formation des assureurs» (Valeurs actuelles, 9/12/2019)

Au demeurant, ce ne serait, selon d’autres commentaires, pas une grande perte pour le gouvernement puisque des conseillers du Premier ministre diraient de M.Delevoye :

« On voit Jean-Paul Delevoye quasiment toutes les semaines depuis dix-huit mois et pourtant je ne comprends toujours rien à ce qu’il raconte… Quand il finit une phrase, il a introduit tellement de circonvolutions qu’on ne se rappelle plus le début et qu’on ne sait pas où il veut en venir…  Je ne suis pas sûr que les Français soient plus avancés après qu’avant un passage média de Jean-Paul Delevoye » (Le Figaro, 9/12/2019).

Ce qui manque de gentillesse.

Pourtant, M.Delevoye est un grand consciencieux. Se lamentant de ne pas rencontrer plus de jeunes lors de ses réunions publiques pour la préparation de la réforme des retraites, il en informa son collègue, le petit Gabriel Attal, secrétaire d’Etat auprès du ministre de l’Education nationale et de la jeunesse, qui lui concocta une consultation citoyenne le 29 novembre 2019 pour rencontrer environ 80 étudiants et jeunes actifs.

M.Delevoye expliqua alors à ses interlocuteurs que le système de retraite par répartition était extrêmement solide, pérenne (« péren » aime dire M. Delevoye sous l’influence sans doute d’une pratique genrée du vocabulaire…). Il expliqua même qu’il y a un fond de réserve de 150 milliards d’euros, représentant environ 6 mois de versements de retraite (c’est peut-être là qu’on retrouverait les réserves du régime AGIRC-ARRCO, celle des avocats et autres professions gérant actuellement leurs propres régimes et qui dénoncent un futur hold-up). Pour résumer

« Nous avons les moyens de faire face aux aléas économiques et démographiques avec l’utilisation des réserves et l’obligation ensuite de les reconstituer ».

Mais alors, pourquoi souhaiter, comme il l’a dit également, une immigration en Europe de cinquante millions d’immigrés ?

On sait aussi que M.Delevoye en a profité pour relayer la propagande des Frères musulmans, mouvement terroriste ambitionnant la conquête civilisationnelle de l’Occident pour y imposer la loi musulmane.

Enfin, face à cet auditoire, M.Delevoye est tombé en pleine crise de jeunisme, cette tendance à exalter la jeunesse, ses valeurs et à en faire un modèle obligé.

Que des jeunes adultes se préoccupent de comprendre la loi en préparation, qu’ils soient capables d’y consacrer trois heures de leur temps, de travailler en groupes puis de poser des questions souvent précises et astucieuses, c’est de bon aloi [précisons, pour les professeurs qui se désoleraient de n’avoir pas toujours avec leurs étudiants l’efficacité en travail de groupe souhaitée, que ces jeunes bénéficiaient du soutien de deux ministres, un préfet, trois députés, de facilitateurs et quelques adultes du ministère de l’éducation nationale ; ça aide]. Que deux ministres veuillent au surplus les encourager et contribuer positivement à leur formation humaine, c’est également parfait. Là où le bât blesse, c’est quand l’encouragement fait place à la flagornerie, voire à la bassesse.

Voilà donc notre Jean-Paul Delevoye qui s’enthousiasme au-delà du raisonnable pour flatter ses interlocuteurs (c’est encore de bonne guerre : « votre question est hyper-intelligente », « c’est hyper-pertinent » ; « je m’aperçois à chacune de vos questions, de leur pertinence et de leur intelligence, à quel point à mes yeux cette rencontre est extrêmement enrichissante ») mais culminer dans sa péroraison :

« Sur la forme, je suis impressionné par votre écoute, vous avez manifesté un sérieux qui vous honore. Dès la première question, j’étais d’abord assez bluffé par la maîtrise, leur élégance naturelle, leur vocabulaire et la pertinence et l’intelligence de vos questions. C’est nous qui devons nous adapter à vos nouvelles pratiques, à vos nouveaux langages. Je suis extrêmement malheureux quand je vois la violence de notre société parce qu’on est dans des cases, on n’aime pas le chômeur, on n’aime pas le malade, on n’aime pas le handicapé, on n’aime pas le black, on n’aime pas le blanc. Ca, c’est un combat sur lequel vous les jeunes vous allez nous apporter des solutions. Je vois, vous les jeunes, vous n’en avez rien à faire qu’il soit musulman, homosexuel etc… Vous êtes en train d’inventer de nouvelles règles du vivre-ensemble ».

Ce n’est plus la clause du grand-père, c’est la glose du grand-père gâteux.

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