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Homosexualité : revendication du lobby gay

“Il est encore possible que le Parlement évite cette dérive libérale et néo-païenne. Sinon, nous devrons entrer en dissidence”

MhsMonseigneur Simon, archevêque de Clermont, apporte sa voix au concert des évêques de France contre la dénaturation du mariage. Extraits de sa longue intervention : 

"Pour ma part, je voudrais focaliser notre attention sur les conséquences de ce projet pour l’état civil, et donc pour l’identité de l’ensemble des citoyens. En effet, même si la demande vient de couples homosexuels, il faut bien voir que ce projet aura des conséquences importantes pour tout le monde.

Et pour commencer  je voudrais noter deux observations qui doivent nous interroger :

– Tout d’abord, au moment où le parlement vote des lois pour imposer partout la parité entre hommes et femmes, voici que l’on semble vouloir l’abolir là où elle est devenue la plus évidente : dans le mariage monogame. 2  Cela est un peu étrange !

– Par ailleurs, tous les jours, les Médias nous parlent de la violence à l’Ecole, et parfois de tragédies comme celle de Grenoble. A les entendre, il est clair que les jeunes générations souffrent en ce moment, en France, d’une carence de l’autorité, en particulier de l’autorité paternelle (…)

c’est bien à cette neutralisation de la paternité et de la maternité que va conduire le projet,  actuellement débattu, de « mariage pour tous.. ».

Le mariage pour tous !

L’expression  peut paraître sympathique et généreuse. Mais elle n’est pas juste. En fait, tout le monde ne peut pas se marier, car le code civil impose des conditions : être majeur, n’être pas consanguins, être libre de tout mariage antérieur, etc. (…)

Selon la Ministre de la Justice, une seule restriction du Code civil sera levée : celle qui exige que le couple soit composé d’un homme et d’une femme. On le voit, en apparence, il s’agit seulement d’une extension d’un droit, déjà acquis par 95% de la population, à une minorité de 5 % qui s’en trouve privée du fait de son orientation homosexuelle. Si le problème est posé de cette façon, il n’est pas étonnant que les gens se demandent pourquoi l’Eglise s’obstine à refuser à 5 % un droit dont bénéficient déjà 95 %…

Mais est-il vrai que l’extension du droit de se marier à une nouvelle catégorie de citoyens  restera  sans effets pour  ceux qui en bénéficient déjà ? En quoi le fait de l’étendre aux personnes de même sexe peut-il avoir des conséquences rétroactives sur le mariage ? Pour  bien voir ce point, qui est en réalité décisif, il convient de se focaliser non plus seulement sur le mariage, en tant que célébration proprement dite, mais sur les conséquences par choc en retour sur l'établissement de l'état civil. Aujourd'hui, lorsque des enfants naissent dans un foyer marié, le mari est automatiquement présumé père de l’enfant. Et  la  fiche d'état civil de ces enfants comporte les points suivants : nom du père, nom de la mère, nom de l'enfant… etc. Mais si les personnes homosexuelles ont accès au mariage, qui donne immédiatement accès à l'adoption, on pourra se demander ce que deviennent ces mentions de père et de mère sur la fiche d’état civil. Faudra-t-il écrire seulement parent 1, parent 2, comme on a décidé de le faire en Espagne, par exemple ?

Il conviendra aussi d'observer que, en réalité, les parents sont… trois.  Donc, il  faudra aussi ajouter parent  3,  pour noter quelle est l'origine complète de l'enfant. Car il n'est pas vrai qu'un enfant puisse naître de deux personnes du même sexe. Au-delà  d'un  « couple » de personnes de même sexe,  il y a nécessairement  une troisième personne qui fait partie des origines de l'enfant. Or, comme la société défend en même temps le droit pour tout enfant de connaître ses origines, il faudra donc bien mentionner trois parents sur la fiche d'état civil. Quels seront les droits respectifs de ces trois parents ?

Ainsi, sous couvert d’égalité entre tous les couples, on neutralise la paternité et la maternité dans une fonction parentale abstraite. Les 95 % de citoyens,  qui ont actuellement le droit de se marier, vont-ils accepter de  voir diminuer leurs droits à être considérés comme père ou comme mère, de leurs enfants, sous prétexte d'égalité avec les personnes de même sexe qui se seront mariées ? Il faut donc demander au gouvernement de préciser la manière dont il entend régler ces questions administratives, avant de procéder au vote de la loi. Car il va falloir réécrire de nombreux articles du Code civil 4. Et  il est impossible de laisser à des juristes le soin de régler ultérieurement, par de simples décrets d’application,  des questions aussi décisives pour la filiation, la paternité et la maternité, en un mot pour l’identité des individus.

On  le  voit, si l’Eglise catholique s’engage dans ce débat, ce n’est pas pour des raisons qui lui seraient particulières, mais en vertu d’une conception de l’être humain qui est en cohérence avec la perspective chrétienne, mais qui n'exige pas comme préalable l'appartenance à la confession de foi chrétienne. Sur ce terrain nous ne serons pas seuls. Il est probable que bien des maires de petites villes et de villages accepteront difficilement de  célébrer des unions homosexuelles 5. Il est donc intéressant de noter ici que l’Eglise catholique défend la République contre une dérive « libérale-libertaire ». Mais ce n’est pas la première fois, et ce n’est étonnant qu’en apparence….

Alors, que faire devant les revendications qui se font jour actuellement, et que le gouvernement semble décidé à satisfaire ? Pour sortir de la difficulté soulevée par le projet de loi sur « le mariage pour tous », certains préconisent un referendum. Pourquoi pas ? Ceci relève de la responsabilité des citoyens et des politiques. Mais il faut bien noter, comme le  souligne avec force le Cardinal Vingt-Trois6, que la vérité ne dépend pas du nombre des voix qui la soutiennent. Aussi, comme évêques, nous ne pouvons pas nous référer seulement aux résultats d’une consultation populaire. Il est question aussi d’organiser des manifestations. Comme tous les citoyens, les catholiques peuvent aussi prendre leurs responsabilités de cette manière. Mais il convient d’éviter de faire de ce débat un affrontement confessionnel et de  bien le situer sur le seul terrain qui soit commun à tous les citoyens : celui de l’état civil et de la filiation.

Il convient aussi d’éviter le « tout ou rien » qui caractérise trop souvent les débats dans notre pays. Il me paraît nécessaire d’entendre ce qu’il peut y avoir de légitime dans la volonté de protéger les droits des enfants qui sont, de fait, élevés par un couple de personnes de même sexe. Il doit être possible  de garantir à ceux-ci le droit d’être pris en charge et élevés par des tuteurs légaux, sans entrer dans les catégories de la filiation. Ce qui conduirait donc à une adaptation partielle des dispositions du PACS. A cet égard, les gens qui se sont précipités, en 1998, contre le PACS, ont peut-être commis une erreur d'appréciation. Il faut d’abord observer que ce combat a été perdu, et que le PACS a été institué. Il eût sans doute  été de meilleure pédagogie de prendre au mot les demandeurs et de dire : « vous réclamez le PACS. Vous avez raison.  C'est un contrat qui concerne la défense des intérêts de deux personnes majeures. Mais ce n'est pas une institution. » La différence, en effet,  c’est que le mariage est une institution parce qu'il est fait d'abord pour protéger la filiation, et donc l’identité,  des tiers potentiels qu’il peut donner, c'est-à-dire les enfants. En refusant le PACS parce qu'il pouvait conduire au mariage, on a entretenu la confusion entre contrat et institution. Et l’on se prive aujourd’hui de pouvoir dire : vous avez le PACS et cela doit  suffire, sous réserve d’adaptation.  Ce qui serait pourtant le chemin de la sagesse et garantirait la valeur du mariage.

En toute hypothèse, le mieux à faire est sans doute que toutes les associations et que toutes les familles qui se sentent concernées écrivent à leurs élus, ou demandent à les rencontrer, pour les alerter avant le vote de la loi. C’est à cela que se  comprend l’utilité d’un débat démocratique.

Reste encore une question, plus directement religieuse : actuellement, l’Etat exige le mariage civil avant la célébration du mariage religieux. Certains suggèrent d’enlever cette obligation. Mais ce serait une erreur grave. Le mariage civil n’est pas une contrainte pour les chrétiens, il est une garantie quant à la liberté des candidats au mariage. Lever cette obligation du mariage civil comme préalable au mariage religieux pourrait ouvrir la porte à des absurdités, Car qui pourrait empêcher des fondamentalistes d’officialiser des  situations où la liberté des femmes, par exemple, ne serait pas respectée ?

Ceci étant, il n’est pas vrai que la réciproque soit vraie : le mariage civil ne confère aucun droit automatique au mariage religieux, pas même à des chrétiens, C’est pourquoi, nous, catholiques, nous pourrons dire publiquement que nous ne pourrons pas célébrer d’unions entre personnes du même sexe. Car, selon nous, la culture ne peut totalement abolir la nature. Elle l’assume, la dépasse et la transfigure mais ne la nie pas. Or, depuis les origines de l’humanité, et selon l’immense majorité, sinon la totalité des sociétés, le mariage est l’alliance entre deux êtres humains différents, un homme et une femme. Un couple, en effet, suppose la différence des sexes. Ceci nous est enseigné aussi bien par la nature que par les Ecritures qui ne s’opposent pas mais s‘éclairent  mutuellement : « Dieu créa l’homme à son image, à l’image de Dieu il le créa ; mâle et femelle il les créa.» (Gn1…. )

Il est encore possible que le Parlement évite cette dérive libérale et néo-païenne. Sinon, nous devrons entrer en dissidence. Alors si, d’aventure, nous sommes condamnés pour discrimination, nous ferons objection de conscience et nous ferons valoir que le sacrement de mariage n’est pas un droit civil, car nul n’est obligé d’être chrétien. Le mariage est une responsabilité librement assumée, en conscience, devant Dieu et devant les hommes. La République pourrait-elle imposer comme un droit universel une responsabilité qui engage devant Dieu ?

+ Hippolyte Simon,
Archevêque de Clermont

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17 commentaires

  1. Très bel exposé. Nos évêques en ce moment se surpassent! Deo Gratias!

  2. Oui mais attention. Il est faux d’écrire qu’actuellement 95 % ont le droit de se marier et 5% pas. Tout le monde a le droit de se marier. Personne ne vous demande à la mairie votre orientation sexuelle. Donc le droit est bien le même pour tous. Personne n’est exclu du mariage. Si certains ne le veulent pas, parce qu’ils préfèrent vivre autre chose, c’est leur droit. Mais c’est leur choix. On ne leur retire aucun droit. Ce qu’ils vivent n’est pas constitutif d’un mariage. C’est tout. J’ai le droit de vivre avec ma soeur, mon père, mon frère si je veux. C’est pas un mariage. Mais c’est le même droit pour tout le monde. Ne nous laissons pas piéger.

  3. Finalement, nos évêques n’avaient besoin que d’un bon coup de pied au derrière pour redevenir des pasteurs…
    On pourra au moins remercier le socialiste : grâce à eux, le ciment commence à prendre…
    La Providence utilise parfois les moyens les plus curieux pour arriver à ses fins..

  4. A-t-il bien compris que c’est du mariage civil dont il s’agit?
    [Oui, il en parle tout le long de son texte. JL]
    Où a-t-il vu qu’on allait obliger l’Église à célébrer des mariages homosexuels?
    [C’est justement là qu’il ne fallait pas décrocher… Si un jour l’Eglise est accusée de ne pas suivre la loi en refusant de marier des homosexuel(le)s, Elle devra objecter qu’il s’agit d’un sacrement, etc.
    JL]
    [La suite est non avenue, car sans argument. JL]

  5. […]

  6. Il me plait cet eveque ! Bravo ! C’est excellement bien construit. Retenir ses argumentations et les utiliser pour témoigner de nos valeurs et de nos convictions, voilà un plan d’action qui me plait.

  7. Bravo à cet évêque, c’est ce j’ai lu de plus clair et de plus intelligent, il faut mettre sa démonstration en avant, cet homme est à suivre!

  8. [email protected] bien vu et bien dit.Merci.Dans Le droit , c’est comme dans la boucherie, il faut savoir trouver la jointure pour bien désosser…

  9. Déclaration intéressante, surtout venant de Mgr SIMON, qui se joint aux nombreuses autres (peut-être va-t-on arriver à une unanimité chez les évêques français ?), avec néanmoins deux réserves importantes :
    1) comme le dit le premier commentaire, il n’y a pas de discrimination sur le mariage :
    tous, “homo” et “hétéro” ont le droit de se marier, avec une personne du sexe opposé, les droits des deux catégories sont strictement les mêmes. Dire que les “homo” seraient discriminés, c’est déjà tomber dans le piège sémantique.
    2) Pas d’accord sur son refus de lever l’obligation du mariage civil avant la célébration du mariage religieux.
    L’argument de la garantie quant à la liberté des candidats au mariage, soi disant donné par le mariage civil, n’est pas suffisant, le mariage religieux, au moins chez les chrétiens, en particulier les catholiques, respecte scrupuleusement cette liberté, bien plus que le mariage civil justement …
    Si cette loi passe, il sera fondamental, pour montrer que ces deux mariages n’ont plus rien à voir ensemble, que le religieux devienne indépendant du civil.
    Je pense même que si cette loi devait perdurer par la suite (j’espère que non), il faudra changer de mot pour désigner le mariage religieux. Union, alliance éternelle, ou un mot, une expression à inventer …
    Car si pour nous les choses sont claires, pour les nouvelles générations, la confusion sémantique entraînera peu à peu la confusion des notions (c’est bien ce que veulent effectivement les promoteurs …), et ils ne comprendront plus pourquoi le mariage religieux n’est pas possible pour les gens de même sexe.
    Et la manoeuvre aura réussi, les destructeurs de la famille auront gagné …

  10. Merci Monseigneur!
    Nous avons besoin que nos Pasteurs montent en première ligne et nous guident avec courage. Nous les suivront bien volontiers jusqu’au bout et nous les épaulerons.

  11. Bof, c’est bien de prendre la parole, mais le texte de Mgr Simon pose plusieurs problèmes.
    Sous prétexte de ne pas s’opposer il donne des gages là où il n’en est nul besoin.
    La situation des enfants ? Elle est réglée par la loi de 2002 sur l’autorité parentale.
    Il y a le point, important, soulevé par entrepreuneur, avec lequel Mgr Simon fait sienne la dialectique des partisans du mariage des paires.
    Et le plus gros, son soutient au Pacs et son mépris condescendant pour ceux qui s’y sont opposés !!
    Il s’oppose là directement à Benoît XVI, qui, préfet de la congrégation pour la doctrine de la foi, avait publié en 2003 une note sur les projets de reconnaissance juridique des unions entre personnes homosexuelles, approuvée in forma specifica par le pape Jean-Paul II (ce document fait donc partie intégrale du magistère ordinaire), sous le coup duquel le Pacs tombe totalement.

  12. J’ai apprécié l’intervention de Mgr Simon, qui apporte beaucoup de bons arguments. Néanmoins, je suis en désaccord sur deux points :
    Tout d’abord, on ne peut se dispenser de tout discours moral. Donc, s’il n’est pas bon pour des personne d’entretenir des relations homosexuelles, l’état ne doit pas favoriser de telles unions en leur donnant une reconnaissance, que ce soit par le biais du PACS, ou par celui d’un “mariage”.
    Ensuite, je ne vois pas non plus en quoi ce serait une erreur de lever l’obligation du mariage civil pour les catholiques. La situation normale serait justement que l’état s’occupe de reconnaître les formes valables de mariage, et non pas qu’il impose à tous une forme précise, qui pose d’ailleurs déjà de sérieux problèmes, puisqu’elle est ouverte au divorce…

  13. tiré de famille chrétienne, cette citation de Jean-Marc Ayrault està diffuser : lisez plutôt: “Pour sortir de cette impasse, il n’est pas interdit non plus de prier pour que la conscience de nos dirigeants soit éclairée, et en particulier celle de Jean-Marc Ayrault. Lui qui affirmait en 2004, contre l’avis de François Hollande alors premier secrétaire du PS, qu’« on ne redéfinit pas le droit familial comme on baisse un taux de TVA. Rien n’est pire que de légiférer dans la précipitation et sous l’influence médiatique ».”

  14. “Il est encore possible que le Parlement évite cette dérive libérale et néo-païenne. Sinon, nous devrons entrer en dissidence.”
    Par définition, on entre en dissidence contre un régime, et là, Monseigneur Simon a omis de le spécifier. C’est bien dommage !
    Si l’on terminait sa phrase, il dirait “nous devrons entrer en dissidence contre la république.” , régime totalitaire qui instaure, en France, le “mariage” et “l’adoption” homosexuels à des fins déchristianisantes.
    Entrer en dissidence contre la république déchristianisante, c’est renverser la république pour instaurer une monarchie avec un roi qui a les mêmes pouvoirs qu’un président de la république actuel, ce que propose Alliance royale, qui a été l’un des premiers partis à se mobiliser clairement contre le “mariage” gay… et contre la république, car ne nous leurrons pas, si le “mariage” gay a pu être instauré en Espagne, c’est parce que le Roi n’y a aucun pouvoir. Quand il s’agit du bien public, un roi doit pouvoir dire “non” à un premier ministre révolutionnaire.
    (cf. http://www.allianceroyale.fr )
    En ce qui me concerne, je suis entrée en dissidence contre la république en 2004 en rejoignant Alliance royale, et j’invite les Français à le faire, et en tout premier lieu ceux qui disent qu’il faut entrer en dissidence. Il faut être cohérent avec ses idées.

  15. Je ne comprends pas le passage qui concerne le PACS.
    Il est encore temps de dire ” vous avez Le PACS”, non?

  16. Nous n’avons pas eu tort de nous opposer au PACS dans la mesure où: 1) il apparaît bien -comme nous le pensions- n’avoir été qu’une étape vers le “mariage” homosexuel 2) il pose comme modèle alternatif un modèle non souhaitable pour la survie de la société.

  17. Partir à la retraite ..eh! pourquoi pas !

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