Une info intéressante sur cet auteur de bandes dessinées tant en vogue :
"Le Musée de la Franc-Maçonnerie de Paris rend hommage à Hugo Pratt et à son héros romantique, Corto Maltese, avec une exposition inédite baptisée "Corto Maltese et les secrets de l'initiation. Imaginaires et Franc-Maçonnerie à Venise autour d'Hugo Pratt" qui sera ouverte au public jusqu'au 15 juillet 2012.
Passioné (sic) par l'ésotérisme et les rites initiatiques et membre pendant vingt de la loge maçonnique Hermès de Venise, le célèbre dessinateur italien (1927-1995) a glissé dans ses albums (et notamment dans la Fable de Venise de 1977) de nombreuses références à la franc-maçonnerie, que cette exposition parisienne nous invite à décrypter dans le but d'appréhender et mieux comprendre cette création dense, complexe et envoûtante.
L'exposition présentera une quarantaine de planches originales d'Hugo Pratt (aquarelles, dessins, albums) – dont la plupart n'a jamais été présentée au public – mais aussi des ojets rituels: pièces et documents maçonniques illustrant son intérêt pour la démarche initiatique et sa vie en loge. On pourra ainsi y découvrir le tablier et le cordon maçonnique d'Hugo Pratt ou l'épée maçonnique dérobée par son père lors du pillage de la loge par les milices fascistes dans les années 20… et restituée par le Frère Pratt en 1977. Et encore deux masques africains proches de ceux qui ont inspiré le dessinateur pour "Les Ethiopiques" et un pectoral de Nouvelle-Guinée.
Les visiteurs découvriront ainsi une facette méconnue du génial Hugo Pratt, figure emblématique du 9ème art au XXe siècle".


Jean P.O.
Ce n’est pas vraiment un scoop. Ca n’a jamais été un secret, de même que ses sympathies communistes.
SD-Vintage
Corto Maltese est intéressant par son aspect exotique décrivant un monde en ébullition, fruit de la révolution industrielle qui avait ouvert le monde aux hommes et aux marchandises, ainsi qu’aux idées, provoquant nombre de bouleversements. Les observations brutes de Corto Maltese décrivant ce monde et les individus qui en sortent sont intéressantes à ce titre.
Son côté anarchiste et libre, semblable à celui de beaucoup d’explorateurs ou d’aventuriers de cette époque, est également séduisant.
Ensuite, la philosophie de Corto Maltese en elle-même n’a pas grand intérêt. il y a un côté nihiliste chez le personnage que l’on oublie grâce aux autres aspects de ses aventures.
XXX
Hugo Pratt a publié des bandes dessinées qui traduisent une fascination pour l’homicide et pour la mort de l’homme.
Jean P.O.
@ SD-Vintage
Tout à fait d’accord avec vous. Je continue à me régaler en relisant régulièrement ses aventures car c’est bien d’aventures qu’il s’agit plus que de professions de foi. Le principal danger est que justement son côté attachant peut amener des esprits faibles aussi à adhérer à son désabusement et son refus des “rédempteurs”
aramis
corto maltese nihiliste ? Hugo Pratt fasciné par homicide ? Lecture partiale, partielle et pour tout dire, erronée de l’oeuvre de Pratt.
Bien au contraire, si hugo Pratt est sans illusion sur la nature humaine, son oeuvre est toujours pleine d’espoir et à chaque page filtre la croyance dans les valeurs essentielles de l’homme : honneur, fidélité, solidarité, humanité.
Son désabusement est la marque du critique du monde moderne, certainement pas d’un quelconque nihilisme.
SD-Vintage
@ Aramis
Vous remarquerez dans nombre de volumes sa volonté de ne pas porter de jugements moraux, et de rester absolument neutre, contrairement au héros positif par excellence Tintin, en ne pensant qu’à ses intérêts.
“honneur, fidélité, solidarité, humanité”, mais uniquement dans son cercle, un peu comme le concept d’honneur dans la mafia, alors que si les mafioso manquent bien de quelque chose, c’est d’honneur.
C’est un cynique car il ne voit pas qu’est-ce que cela peut lui rapporter personnellement: c’est une logique d’hommes d’affaires, car c’est un homme d’affaires: par certains côtés, il me fait penser à Henri de Monfreid dont la moralité était assez mince. Pas d’altruisme. Il se veut plus un observateur qu’un aventurier, même si par la force des choses il vit des aventures.
En fait, je ne suis pas sûr que Pratt ait eu une idée bien précise de son personnage, qui tient souvent de postures esthétiques, à la base un antihéros un peu gitan, un peu vénitien, un peu anglais, ce qui en fait d’ailleurs le charme notamment visuel.
aramis
@sd-vintage
vous confirmez donc bien ce que je dis. Pas de nihilisme ni de fascination morbide, mais un personnage debout face à la tempête.
Cynique, oui, parce que sans illusion. Ça n’a rien à voir avec “une logique d’hommes d’affaires”, c’est le refus de la modernité.
Corto ne pense pas à ses intérêts, il défend sa vision du monde. Ce n’est pas la même chose. Et il n’est ni amoral ni immoral. Comme henri de monfreid, sa morale n’est pas de notre époque. Et elle est certainement plus proche de la morale des chevaliers du moyen-âge que des pudibonderies de chaisières de certaines paroisses…
SD-Vintage
@ Aramis
“Et il n’est ni amoral ni immoral. Comme henri de monfreid, sa morale n’est pas de notre époque”. Henri de Monfreid était un esclavagiste : business is business. Je préfère les “pudibonderies de chaisières de certaines paroisses”.
“sa morale n’est pas de notre époque (…) plus proche de la morale des chevaliers du moyen-âge”.
Les chevaliers du moyen-âge avaient un idéal qui les dépassaient, pas Corto. Le relativisme n’est pas un absolu, ni le je m’en foutisme. En fait, Corto, c’est d’abord un esthétisme creux, sans rien derrière, des postures comme chez chez certains “hussards”. En cela c’est du nihilisme esthétique. Mais Pratt est un artiste !
Refus de la modernité ? Mauser, canons, mitrailleuses, trains… et surtout : la modernité par excellence, le voyage.