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Valeurs chrétiennes : Culture

Hors Service : 3 questions à l’abbé Amar

Hors Service : 3 questions à l’abbé Amar

L’abbé Pierre Amar, prêtre du diocèse de Versailles, un des fondateurs du site Padreblog qui offre une parole de prêtres sur l’actualité, a été victime d’une péritonite aiguë, qui l’a cloué à l’hôpital durant quelques mois. Pour ce prêtre de 45 ans un peu suractif au quotidien, rester immobile et dépendant lui fait découvrir le monde de l’abandon, de la fragilité et de la dépendance. Il témoigne de cette expérience, qui peut tous nous arriver, dans un ouvrage intitulé Hors Service, lequel sort en librairie aujourd’hui.

Il a accepté de répondre à nos questions.

Tout d’abord, comment allez-vous en cette rentrée ? Après avoir été “Hors Service”, êtes-vous redevenu totalement “au service” ?

Merci ! Cela va beaucoup mieux mais je reviens de loin. Grâce aux médecins et à la prière de tous. Après une année de soin et de convalescence, ma reconstruction se poursuit lentement dans la paroisse Saint-Symphorien de Versailles. Au presbytère, la vie fraternelle est un vrai réconfort et la cuisinière me permet d’observer à la lettre la triple recommandation de mon évêque, Mgr Eric Aumonier : prier, dormir, grossir… et dans cet ordre-là ! Dans cet esprit, l’écriture est toujours un bon moyen d’occuper le temps libre. Voici donc « Hors service », publié chez Artège ce 11 septembre. C’est un livre que je n’aurai jamais cru écrire. Il parlera à tous ceux qui ont eu à passer par la « case » hôpital ou ceux qui y passeront un jour. Comment savoir ? Nul n’est sûr de rien.

Pensez-vous que ce qui vous est arrivé est lié à une certaine suractivité ? La baisse du nombre des vocations, entraînant la multiplication des apostolats pour chaque prêtre, n’est-elle pas source de risque ? Vous avez été nommé nommé au 1er septembre prêtre au service de l’aumônerie de la maison d’arrêt des femmes de Versailles mais aussi au service de la paroisse Saint-Symphorien de Versailles. Etes-vous toujours conseiller religieux des Yvelines pour les Scouts et Guides d’Europe ? Sans oublier le Padreblog. N’est-ce pas trop vous demander ?

Hélas, je crois que cette tumeur envahissante aurait pu envahir l’abdomen de n’importe qui. Cela dit, les prêtres sont effectivement bien occupés et tant mieux. Mais je connais des parents – pour ne parler que d’eux – qui jonglent avec des emplois du temps tout aussi denses que les prêtres, si ce n’est plus !

Mon état de santé me permet de conserver quelques missions, que vous citez. Quant à l’accompagnement de la Maison d’arrêt des femmes, elle est nouvelle et me touche profondément. Car j’ai moi aussi été prisonnier durant de longs mois, mais de mon corps. Ce fut une expérience bouleversante dont je ne reviens pas tout à fait le même. Au cours de ce voyage immobile, que j’ai vécu comme homme, comme chrétien et comme prêtre, Dieu n’a pas été absent. Le Seigneur m’a également permis de comprendre que ce que je vis comme prêtre est plus important que ce que je fais. Ce qu’Il réalise par l’intermédiaire de ses prêtres n’est-il pas plus important que ce que, nous, nous faisons, en nous lançant à corps perdu dans le ministère ?

Dans votre ouvrage, vous écrivez qu’au cours de votre hospitalisation, Internet a été un antidépresseur et un antalgique puissant. Plus largement, Internet peut-il selon vous être un outil (un médicament ?) pour toute personne qui souffre, pas seulement physiquement, mais aussi moralement, que ce soit de la solitude, mais aussi des inimitiés, des difficultés quotidiennes, au risque parfois de devenir une fuite dans le virtuel ?

Je me suis posé la question : mais comment faisaient les malades il y a 30 ans ? Leur isolement devait être vertigineux. On a deux envies à l’hôpital : ne plus avoir mal et en sortir. En ce sens, Internet est une fenêtre ouverte sur le monde, qui permet de s’évader, avec un accès immédiat à la presse, les chaînes thématiques, les blogs, les radios ou les podcasts. C’est un authentique soulagement : on oublie les perfusions, les soins, la douleur et la solitude. Les réseaux sociaux, les messageries de toutes sortes donnent aussi lieu à de précieux échanges avec l’entourage. Bien sûr, rien ne remplace la rencontre « en vrai » et les visites sont toujours attendues. Une occasion de mettre en pratique le commandement de Jésus dans l’Evangile : « J’étais malade et vous m’avez visité ».

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