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Homosexualité : revendication du lobby gay / L'Eglise : L'Eglise en France

Homélie du Père Bernard Domini ce matin à Paris : “Ne nous trompons pas de combat en ce jour. Nous sommes chrétiens et Français”

2013-01-13 09.46.53Le modérateur de la Famille Missionnaire de Notre-Dame célébrait ce matin une messe à 8h45 dans la Basilique Notre Dame du Perpétuel Secours à l'occasion de la manif pour tous (Photo de la messe du jour) :

"Bien
chers amis, nous vivons un jour historique pour la France, Fille aînée de
l’Eglise 
et nous sommes très heureux d’être rassemblés en cette Basilique
Notre-Dame du Perpétuel Secours pour célébrer en notre Messe dominicale le
Baptême du Seigneur, notre propre baptême et le baptême de notre Nation, la
France !
En outre, en cette année de la Foi, nous pouvons obtenir en cette
Basilique, chaque jour, l’indulgence plénière. Nous vous invitons donc à bien
disposer vos cœurs afin de recevoir toutes les grâces que, par l’Eglise, Dieu
veut vous donner.

Pourquoi Jésus a-t-Il voulu recevoir
le baptême de Jean-Baptiste dans le Jourdain ? Il est bien évident qu’Il
n’avait pas besoin d’être baptisé puisqu’Il est le Fils unique de Dieu qui
s’est fait homme et qui n’a jamais commis le moindre péché. Les Pères de
l’Eglise ont réfléchi sur ce mystère et ils ont compris que ce n’est pas pour
Lui que Jésus a reçu le baptême mais pour nous. L’eau du Jourdain n’a pas
sanctifié Jésus, c’est Jésus qui a sanctifié l’eau. En sanctifiant l’eau du
Jourdain, Il a sanctifié la source par laquelle nous sera communiquée la grâce
du baptême : la purification du péché originel, de nos péchés personnels
et le don de grâce sanctifiante, de l’adoption filiale en tant que fils et
filles de Dieu ! Des Pères de l’Eglise ont rapproché le baptême du
Seigneur de la traversée de la Mer Rouge. La Colonne de Feu qui précède le
Peuple traversant la Mer Rouge annonce le Christ descendant dans le Jourdain et
précédant les Peuples qui vont recevoir le baptême de leur renaissance
spirituelle. Que signifient la Parole de Dieu le Père et la manifestation du
Saint-Esprit sous la forme d’une colombe ? Jésus ne serait-Il devenu
« Fils de Dieu » qu’au jour de son baptême ? Les Pères de
l’Eglise ne pensaient pas cela, bien évidemment. L’Eglise ne professe pas cela
en cette année de la Foi. Au premier instant de sa conception, Jésus est le
Verbe incarné ! Il n’est pas l’homme qui est devenu Dieu, mais le Fils de
Dieu qui s’est fait homme, le Verbe incarné dans le sein immaculé de la Vierge
Marie. Si, en ce jour, le Père dit : « Moi, aujourd’hui, je T’ai
engendré », Il fait référence à l’engendrement éternel du Verbe. Dieu est
éternel, ne l’oublions jamais. Il n’y a pas en Lui un avant et un après. Cet
aujourd’hui du Père peut donc être l’aujourd’hui divin. Mais cet aujourd’hui
peut aussi être notre aujourd’hui humain. C’est bien ainsi que le comprenait
Saint Cyrille d’Alexandrie. Aujourd’hui, la nature humaine que Jésus a adoptée
est élevée, dans et par le Baptême du Seigneur, à un degré d’être supérieur :
la nature humaine participe à la nature divine. Ce mystère du baptême du
Seigneur révèle le « sens » du mystère de l’Incarnation : Dieu
s’est fait homme pour que l’homme devienne Dieu ! Réjouissons-nous en ce
jour ! Jubilons de joie, rendons grâce à Dieu : nous, pauvres
pécheurs, pauvres mortels, nous sommes devenus en Jésus fils et filles de Dieu.
Nous sommes frères et sœurs de Jésus. Dieu le Père nous fait, par Son Esprit,
dans sa grande Miséricorde, participer à l’héritage de Son Fils Unique. Nous
pouvons, dans l’Esprit, appeler Dieu le Père du nom familier de
« papa ». Cette grâce du baptême ne concerne pas seulement des
personnes, elle concerne aussi les peuples, les Nations.

Jésus, avant de monter
au Ciel, ne l’oublions pas, a envoyé ses apôtres pour baptiser toutes les
Nations.
Les apôtres se sont efforcés d’obéir à ce commandement. La première
Nation baptisée, en tant que Nation, a été la France. C’est parce qu’elle a été
la première Nation baptisée qu’elle est « la Fille aînée de
l’Eglise ». C’est un fait historique qu’aucun historien ne peut contester.
Le nom de France vient des Francs et renvoie au baptême de Clovis et de ses
Francs
. L’Eglise, cependant, existait bien chez nous avant Clovis :
l’évangélisation de notre Nation a commencé dès les premiers temps de l’Eglise.
La Gaule sous domination romaine n’est devenue la France qu’après le baptême de
Clovis et de ses Francs. La majorité des princes, seigneurs et évêques ont
alors fait confiance en ce nouveau Roi chrétien, la France est née ! Notre
France a connu bien des vicissitudes tout au long de notre histoire
. Depuis
plus de deux siècles, elle est divisée au sujet de ses racines chrétiennes.
Pourtant elle garde dans ses idéaux la marque indélébile de son baptême :
liberté, égalité, fraternité. Aucune Nation n’aurait pu choisir de tels idéaux
sans racines chrétiennes
.

Ne nous trompons pas de combat en ce jour. Nous
sommes chrétiens et Français,
nous sommes membres de la République française,
nous sommes fiers de nos idéaux de liberté, d’égalité et de fraternité.
Aujourd’hui, nous marchons pour le réveil de la France, Fille aînée de
l’Eglise, pour que les lois de notre Nation aux racines chrétiennes soit en
accord avec la Loi naturelle.
Jean-Paul II, au Parlement européen en 1988,
avait dit que la séparation des pouvoirs temporel et spirituel était une bonne
chose : A César ce qui est à César, à Dieu ce qui est à Dieu
. Nous
reconnaissons l’autorité politique légitime de l’Etat français.

Nous
reconnaissons la laïcité de l’Etat, mais la Nation, la France, elle n’est pas
laïque, elle est composée d’hommes de toutes religions et d’incroyants.
Cette
Nation ne peut pas gommer les racines chrétiennes qui ont fait son histoire et
qui lui ont donné tant de prestige dans le monde. Jean-Paul II, ici à Paris en
1980, a posé une double question à la France : « France, Fille aînée
de l’Eglise, es-tu fidèle aux promesses de ton baptême ? Es-tu fidèle à Ton
alliance avec la Sagesse éternelle pour le bien des peuples ?
 »

Marcher aujourd’hui contre le projet de loi qui dénature le mariage c’est
affirmer qu’un tel projet de loi est en grave contradiction avec l’alliance de
la France avec la Sagesse éternelle. Nous marchons pour le vrai bien de la
France, pour le vrai bien de tous et nous voulons dire, avec Benoît XVI :
l’Eglise et les religions ne sont pas des menaces pour les démocraties
européennes, elles sont au contraire la solution
. Nous voulons nous adresser
aux gouvernants politiques de notre pays dont plusieurs ont été baptisés et
sont marqués par le caractère du Christ : nous vous en supplions,
respectez le plan de Dieu sur la famille et comprenez que notre Nation
française n’a d’avenir que dans le respect de la Loi naturelle qui doit fonder
ses lois positives
. L’Eglise ne cessera pas de rappeler que sa doctrine sociale
se fonde sur la liberté, la vérité, la justice et l’amour ! Confions notre
démarche de ce jour à la Reine de France et à ses Saints Patrons"
.

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3 commentaires

  1. Notre clergé a quand même trop tendance à user et abuser du terme religion(s) d’une manière générique ; si, les religions autres que le catholicisme posent certains problèmes, à divers degrés.
    Dans la sphère religieuse, il faut clairement distinguer.

  2. Le pape JEAN-PAUL II, le 11 octobre 1988, dans son Discours ( § 9 ) au Parlement européen, a évidemment parlé de ”la distinction” entre les pouvoirs temporel (CÉSAR) et spirituel (DIEU), et non de ”séparation”. Nuance très importante, on le comprendra.
    Bon dimanche! Bien fraternellement.
    Jean-Marie MATHIEU

  3. Cher Père Bernard,
    Vous nous avez rappelé à partir du mystère du Baptême du Seigneur, les engagements de notre propre baptême et celui de la France, fille aînée de l’Eglise, et je vous en remercie. C’était exactement ce qu’il nous fallait entendre avant de nous mettre en marche. En revanche, je ne partage pas votre optimisme républicain: je pense même que la République est intrinsèquement inapte à l’intégration du droit naturel dans les lois que nous appelons de nos voeux. Car les grands idéaux qu’elle proclame ne sont pas les fruits des racines chrétiennes de la France, mais des abstractions des Lumières, plaquées pour se soumettre la réalité ou la détruire afin qu’advienne l’homme nouveau, pensé par l’Illuminisme. Je ne crois pas non plus que la France elle-même soit divisée: elle est plutôt occupée par un régime qui a investi l’Etat, et n’a cure du pays réel, de son histoire, de sa civilisation, de sa culture, ni même de son peuple et de sa vie. De sorte qu’il y a bien, en effet, un abîme entre la folie mensongère des pouvoirs et des lois, et la France: il aura fallu deux cents ans pour en piller les richesses et lui faire mordre la poussière.
    Car le déni de réalité marque aussi deux axiomes de base du régime: que le relativisme moral soit le corrélatif nécessaire de la démocratie, et que l’apostasie publique soit l’unique expression de la neutralité de l’Etat. Là, le déni se fait mensonge: « comme si Dieu n’existait pas »; alors que tout le monde sait bien qu’il existe. Jean Paul II a démonté le mécanisme totalitaire du système qui en découle nécessairement: « D’une part, les individus revendiquent pour eux-mêmes la plus entière autonomie morale de choix (…); d’autre part, on considère que, dans l’exercice des fonctions publiques et professionnelles, le respect de la liberté de choix d’autrui impose à chacun de faire abstraction de ses propres convictions (..). Dans ces conditions, la responsabilité de la personne se trouve déléguée à la loi civile, cela supposant l’abdication de sa conscience morale au moins dans le domaine de l’action publique » (Evangelium Vitae, n° 69). Ce court-circuit permanent sur la société, du à l’usurpation des prérogatives divines, a pour effet majeur une profanation sans précédent: l’Etat, lui-même pervertit par le régime, se substitue à la conscience et avance sa prétention sur les âmes.
    Il n’est pas vrai, d’ailleurs, que le Peuple soit souverain. Tout pouvoir m’a été donné au ciel et sur la terre, dit le Christ. Or il lui a plu dans sa miséricorde de s’associer les clercs pour l’exercice de son pouvoir spirituel, et les fidèles laïcs pour l’exercice de son pouvoir temporel, instituant les uns et les autres, ceux-ci par les sacrements de l’Initiation Chrétienne, et ceux-là par l’ordination sacerdotale. Le pouvoir temporel n’appartient donc, en réalité, ni au Peuple ni à ses représentants, mais aux fidèles du Christ qui l’exercent selon le droit naturel et chrétien, nous dirons aujourd’hui selon la Doctrine Sociale de l’Eglise, pour le plus grand bien de tous; et le souverain est l’un d’entre eux. Pour ce qui est de la France, comme il y a un droit naturel pour régir la famille, il y a pour la France un droit qui lui est connaturel. Vous avez vous-même rappelé qu’elle est née du baptême de Clovis: l’Histoire manifeste aussi les quelques lois fondamentales qui font sa grandeur ou son abaissement, parce qu’elles s’enracinent non pas dans ce qu’elle fait ou dans ce qu’elle subit, mais dans ce qu’elle est. Or parmi ces lois, il en est qui assurent la nature du régime qui gouverne la France et sa stabilité, parce qu’elles désignent qui est le chef, quelles que soient les péripéties. On a dit que le pouvoir appartient aux fidèles catholiques: parmi eux il en est un qui est devenu le roi à la mort de son père, parce qu’il était le fils aîné. C’est actuellement Louis XX. C’est ainsi, en France, tout simplement, providentiellement. Et c’est une magnifique espérance. Nous n’avons jamais été orphelins ni abandonnés; nous n’avons jamais été perdus ni livrés à nous-mêmes ou aux loups.
    Voici que nous assistons de nos jours à un sursaut improbable dont l’axe principal est simplement le principe de réalité. Mais alors, en réalité il ne s’agit pas du tout simplement de faire retirer un projet de loi, ni même de faire tomber un homme. Il est temps de changer un régime délirant, pour nous retrouver nous-mêmes et nos lois; pour restaurer ce que nous sommes encore et n’avons jamais cessé d’être: la France.

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