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Culture

Finalement, nos ancêtres les Gaulois n’étaient pas si idiots

Finalement, nos ancêtres les Gaulois n’étaient pas si idiots

Coline Ruiz Darasse, épigraphiste chargée de recherche CNRS à l’Institut Ausonius (Université Bordeaux-Montaigne), met en cause le mythe selon lequel les Gaulois auraient boudé l’écriture.

« Ce cliché est hérité d’un passage de La Guerre des Gaules, de César, souvent lu trop rapidement. César rapporte que les druides voulaient conserver le secret de leur pratique, et donc qu’ils évitaient l’usage de l’écriture. Mais il est aussi explicitement mentionné dans ce même passage que les Gaulois écrivaient pour les affaires courantes, et qu’alors, ils utilisaient l’alphabet grec ».

Elle est à la tête d’un grand projet de recensement et de numérisation des inscriptions gauloises retrouvées en France. Il y en a aujourd’hui près de 800 (sans compter les inscriptions sur les pièces de monnaie), que les spécialistes ont commencé à étudier dès le 19e siècle.

« Je trouve ça à la fois incroyable et très émouvant de pouvoir lire ces noms écrits sur des objets du quotidien. Cela permet aussi d’avoir un accès direct à la langue gauloise. C’est un moyen privilégié d’en savoir plus sur ces populations celtiques, en contre-point de La Guerre des Gaules, qui est un récit de propagande écrit par César pour financer ses campagnes militaires ».

Les Gaulois pourraient avoir eu recours à l’écriture dès l’âge du Bronze. Quand les Grecs fondent Marseille vers 600 av. J.-C., ils apportent leur alphabet – mais les Gaulois mettront près de 300 ans à se décider à l’utiliser, sans que l’on ne sache vraiment pourquoi ils attendirent si longtemps.

« C’est une langue que l’on essaye toujours de décrypter. Par exemple, on ne connaît pas encore tous les cas des différentes déclinaisons. Certains mots ne sont pas totalement compris – même si on tente de trouver des parallèles avec l’irlandais, le gallois ou le breton. On a un grand puzzle avec des trous, et chaque nouvelle inscription nous permet d’avancer dans cette énigme ».

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1 commentaire

  1. Cela a été très émouvant pour moi également de trouver dans un champ (56) dont le propriétaire m’avait loué son gite et m’avait donné l’autorisation d’utiliser un détecteur, de trouver donc une pièce gauloise (celte ?) en or ou peut-être électrum de la fin du troisième siècle avant Jésus-Christ, copie des pièces de Philippe II de Macédoine, père d’Alexandre. Certes elle était an épigraphe (sans légende) mais elle prouvait bien les contacts du monde gaulois avec la sphère grecque notamment par les nombreux mercenaires qui allaient proposer leur combativité aux différents adversaires qui guerroyaient en Méditerranée orientale et retournaient en Gaule pour les RTT. Mais ma plus forte émotion m’a été donnée lorsque j’ai trouvé à la surface d’un champ, dans les premiers coteaux du Gers qui dominent la vallée de la Garonne, un magnifique biface en quartzite (matière beaucoup plus difficile à tailler que le silex) vieux d’au moins 300 000 ans et qui manifestement vu l’usure de la pierre a dû être utilisé très longtemps par son ou ses propriétaires successifs. J’avais presque l’impression que ce propriétaire m’observait et allait me demander de lui restituer son outil qu’il venait de perdre. Impression vraiment très forte et magique ! Les Gaulois étaient d’excellents artisans et notamment en métallurgie dans laquelle ils étaient plus performants que les romains.

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