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France : Société

Faut-il reconstruire la flèche de la basililque Saint-Denis ?

NLa façade de la basilique de Saint-Denis vient d'être rénovée. Elle a retrouvé la blancheur de ses pierres, ses inscriptions dorées et cette incroyable horloge en forme de serpent que le temps lui avait enlevés.

Néanmoins, jusqu'au XIXe siècle, deux flèches culminaient à 86 mètres au-dessus du parvis. Frappés par la foudre puis déstabilisés par une petite tornade, ils avaient dû être démontés en 1846. Viollet-le-Duc, qui récupère un temps la responsabilité de la basilique, envisage de reconstruire deux flèches identiques pour donner un aspect symétrique à la façade, mais le projet est abandonné.

Plusieurs acteurs ont lancé l'idée de rebâtir la tour et sa flèche. Un comité de parrainage du projet, présidé par l'académicien Erik Orsenna été mis en place, et les pouvoirs locaux ont décidé de s'impliquer. Didier Paillard, le maire PCF de Saint-Denis, explique :

«Cette basilique fait partie de notre histoire. Elle est inscrite dans les gènes d'une ville qui s'est édifiée autour d'elle. C'est l'une de nos grandes fiertés, et il est temps de lui redonner le visage qu'elle a eu pendant des siècles.» 

Si les communistes se mettent à promouvoir les racines chrétiennes de la France, alors il y a de quoi se réjouir.

L'État, propriétaire du monument, est décisionnaire. Le ministère de la Culture n'a pas donné son aval à un projet qui rencontre nombre d'opposants. Didier Ryckner, directeur de la rédaction de La Tribune de l'art et opposant au projet, explique :

«Je suis contre dépenser de l'argent pour reconstruire une flèche qui n'existe plus. Elle a disparu au XIXe siècle, la rebâtir serait reconstruire un faux. C'est du vandalisme que de vouloir ainsi faire du neuf sur de l'ancien. Ce qui intéresse les partisans de ce projet, ce n'est pas le patrimoine en lui-même, mais la mise en place d'une attraction de style Disneyland. Il s'agit de pousser au sensationnalisme. Sans compter que l'échafaudage en lui-même va défigurer la basilique pendant de nombreuses années et que ce projet se ferait au détriment d'autres cathédrales et de monuments qui ont besoin de restauration.»

En effet, pour développer la fréquentation de l'édifice, la municipalité et les parrains du projet veulent installer un chantier médiéval en pleine ville, visible dans des conditions modernes. Le visiteur serait ainsi plongé dans les techniques de l'époque, sur un site à 150 mètres de la cathédrale. Il y découvrirait comment sont façonnés les éléments de la tour, en observant le travail des artisans (tailleurs de pierre, forgerons, charpentiers, etc.). Le touriste cheminerait dans la rue avec les éléments à monter sur le monument, découvrant les méthodes de transport de l'époque. Il grimperait sur un échafaudage gigantesque pour observer le chantier en cours. En marge du volet touristique, le chantier serait mené dans une optique de formation aux métiers artisanaux. Le tout ne coûterait pas un centime au contribuable, le projet ne nécessitant que des fonds de départ pour monter l'échafaudage. La suite serait entièrement financée par les montants des entrées des visiteurs.

Nous vivons un changement civilisationnel dont le moteur est culturel. La famille dite traditionnelle - qui est simplement la famille naturelle - diminue massivement en nombre et en influence sociale. Le politique est de plus en plus centré sur la promotion de l’individualisme a-culturel, a-religieux et a-national. L’économique accroît des inégalités devenues stratosphériques et accélère et amplifie le cycle des crises. L'Église est pourfendue; clercs et laïcs sont atterrés.

Une culture nouvelle jaillira inévitablement de ces craquements historiques.
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Guillaume de Thieulloy
Directeur du Salon Beige

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13 commentaires

  1. ” Le tout ne coûterait pas un centime au contribuable, ” C’est sans doute pour cela que l’État n’est pas favorable. Dire que c’est du “vandalisme” de vouloir reconstruire ce qui était à l’origine, révèle le vandale révolutionnaire. Une autre idée ; reconstruire la Bastille avec les techniques de l’époque, formation de jeunes…..et nouvel espace d’accueil de type historique.

  2. Au départ défavorable, mais finalement oui, car le projet présenté aurait pour résultat de reconquérir les alentours de la basilique.
    En 2005, réaction d’enfants de 10-12 ans à la sortie du métro, devant la population : “Papa, je croyais que Saint-Denis était en France”.
    Autour de la basilique des Rois, cela sonnait curieux…

  3. L’État recontruira la flêche avant de céder la basilique pour en faire une mosquée : comme ça elle aura un beau minaret.

  4. un vrai travail de réhabilitation a été fait, et le résultat est magnifique: réjouissons-nous ! et les visiteurs sont au RV
    quant à savoir s’il faut reconstruire la 2 eme tour, c’est aux professionnels de s’exprimer, architectes et ingénieurs

  5. Le même processus de financement à marché et marche toujours à Gué de l’on preuve.Se servir de l’argent genere par le tourisme pour construire ou restaurer du beau est un dans l’ordre du Bien et Gué de l’on est la preuve que quand L’Etat est juste sollicité pour aider “les fondations vertueuses” à démarrer, celles ci sont parfaitement capables de s’autosuffire ensuite.

  6. C ‘est le moment de relire le sac de la basilique de Saint Denis dans “Sire” de Raspail …
    Fulgurant effrayant dantesque infernal … et vrai !
    l’un des plus beaux morceaux du “Raspail inspiré “!

  7. En pleine guerre, il y a encore des rêveurs…Il y a tout de même plus urgent….N’est-il pas ????

  8. Didier Ryckner a peut être déjà promis l’aide financière aux futures acquéreurs qui n’auront pas besoin d’un clocher , mais d’un minaret ….
    PFFF !!!
    Reconstruisons d’abord notre Eglise et notre cœur qui est aussi une petite église .
    Et puis , la nouvelle cathédrale de Créteil va être inaugurée bientôt , alors , n’en demandons pas de trop …

  9. Il faut rebâtir tout comme nos ancêtres le faisaient, n’en déplaise à Didier Ryckner, si reconstruire c’est faire du faux, alors il n’y a pratiquement que cela dans notre patrimoine architectural! Seule compte la notion de réversibilité dans les travaux ce qui permet plus tard de revenir sur des fautes de goût ou de techniques obsolètes. Quant à l’argent l’État sait en trouver, et souvent en gaspiller, dans des projets électoralistes.

  10. Un projet de restauration d’un édifice chrétien promu par une municipalité communiste me semble “aller dans le bon sens” ; rare et “progressiste” ; à soutenir.

  11. Les flèches de la plupart des cathédrales se sont effondrées et ont été reconstruites au fil des siècles.
    Certaines étaient même en bois avant d’être refaites en pierres.
    Notre Dame de Paris avait elle même une flèche disparue à la révolution…

  12. Donc, Guédelon serait un Disneyland…
    Moui moui moui…
    Sur le papier en tous cas (je me méfie toujours des pouvoirs publics dans ce genre de choses…), c’est une formidable idée.
    Nous avions monté des projets par chez nous de reconstruction de maisons typiques de Bresse au XVème avec des bénévoles, pour notamment des jeunes y compris en “réinsertion”, ça avait formidablement marché… Pour les bénévoles, pour les historiens, pour le public…
    Est ce donc le fait que l’on touche à une église qui font se dresser les cheveux sur la tête d’un certain nombre de lecteurs ?

  13. L’idée est intéressante, mais je comprends aussi la critique ici formulée, d’éviter à tout prix de transformer un lieu solennel, religieux en premier lieu, en un super parc d’attraction.
    Quant à la flèche, si la reconstruire ne me choque pas vraiment, là encore je suis d’accord pour dire que nous ne devons pas avoir pour seul objectif, dans un tel projet, d’effacer le passé de l’édifice.
    Quand, après guerre, on a reconstruit certains monuments, les artistes ne se sont pas contentés de “refaire” le passé, comme si les bombes allemandes n’avaient rien endommagé. Ils ont apporté leur “touche” et cela a fait beaucoup de bien.
    Il me semble que procéder pareillement pourrait s’avérer salutaire.
    Quant au financement, je pense qu’il serait plus pertinent de fonder celui-ci sur des “rentrées” plus stables et d’impliquer ce faisant la population locale…Que d’espérer toujours et encore des touristes.
    Pourquoi (pour le coup) ne pas restaurer une ancienne pratique, le temps du projet de restauration – ou de renouveau architectural – à savoir octroyer à St Denis une partie des “droits” pris par la mairie, pour l’organisation des marchés ? Le produit desdites “taxes” étant utilisé pour ce projet.

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