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L'Eglise : Benoît XVI

Face à la terreur : retrouver le christianisme

Voici des extraits d’une conférence donnée par l’ex-Cardinal Ratzinger – aujourd’hui Benoît XVI – en juin 2004, sur le terrorisme.

"On ne peut pas venir à bout de la terreur, c’est-à-dire de la force opposée au droit et coupée de la morale, par le seul moyen de la force. Un pacifisme absolu qui dénie au droit tout moyen coercitif, serait la capitulation devant l’iniquité, sanctionnerait sa prise de pouvoir et livrerait le monde au diktat de la violence. Mais pour que la force du droit ne devienne pas elle-même iniquité, il faut qu’elle se soumette à des critères stricts qui doivent être reconnus comme tels par tous.

Elle doit interroger les causes de la terreur qui prend très souvent sa source dans une situation d’injustice à laquelle ne s’opposent pas des mesures efficaces. Surtout il est important d’accorder toujours à nouveau une caution de pardon, afin de briser le cercle de la violence.

Mais dans la collusion actuelle entre les grandes démocraties et la terreur à motivation islamique entrent en jeu des questions dont les racines sont plus profondes encore. Il semble qu’on assiste ici à la collusion entre deux grands systèmes culturels – l’“Occident” et l’Islam. Cependant, qu’est l’Occident ? Et qui est l’Islam ? Il est faux d’opposer ainsi globalement l’Occident et l’Islam. Certains tendent cependant à creuser plus profondément l’opposition : la raison éclairée ferait face ici à une forme de religion fondamentaliste-fanatique. Il s’agirait alors d’abattre avant tout le fondamentalisme sous toutes ses formes et de promouvoir la victoire de la raison pour laisser le champ libre aux formes éclairées de la religion, mais en les qualifiant bien d’éclairées, parce que soumises en tout aux critères de cette raison.

Il est vrai que, dans cette situation, le rapport entre la raison et la religion est d’une importance décisive et que la recherche du juste rapport entre elles est au cœur de nos efforts en matière de paix. Il ne peut y avoir de paix dans le monde sans la véritable paix entre la raison et la foi, parce que sans la paix entre la raison et la religion, les sources de la morale et du droit tarissent.

Pratiquement cela signifie que nous, chrétiens, nous devons nous efforcer, avec tous nos concitoyens, à donner au droit et à la justice un fondement moral s’inspirant des idées chrétiennes fondamentales. Mais pour que de telles convictions rationnelles communes soient possibles, pour que la "droite raison" ne perde pas la faculté de voir, il importe que nous vivions avec énergie et pureté notre propre héritage, afin qu’il soit rendu visible et efficace, avec toute sa force intérieure de persuasion, dans l’ensemble de la société.

Je voudrais conclure par un mot du philosophe de Kiel, Kurt Hübner, qui laisse apparaître clairement ce souhait : "Nous pourrons éviter le conflit avec les cultures qui nous sont aujourd’hui hostiles, à condition seulement de démentir le reproche véhément de l’oubli de Dieu, en redevenant pleinement conscients du profond enracinement de notre culture dans le christianisme. Certes cela ne suffira pas à écarter le ressentiment que la supériorité de l’Occident provoque en beaucoup de domaines façonnant largement la vie aujourd’hui, mais cela pourra contribuer de façon importante à éteindre le feu religieux qui, à y regarder de près, alimente naturellement sa flamme… " C’est un fait : si nous ne faisons pas mémoire du Dieu de la Bible, du Dieu qui s’est fait proche en Jésus Christ, nous ne trouverons pas le chemin de la paix."

Face au terrorisme, le rationnalisme est en échec.

Michel Janva

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