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France : Politique en France

Face à la transgression des principes non-négociables, cultiver la vertu de dissidence

Dans Sous le signe d'Antigone – Les catholiques en politique au XXIe siècle, Rémi Fontaine prend appui sur les 3 principes non négociables définis par Benoît XVI (défense de la vie, de la famille et de la liberté d’éducation) pour donner une nouvelle approche à l'action politique. Parce que ces trois principes sont aujourd’hui transgressés, il est temps que surgisse dans nos Etats post-modernes ce qui a fait finalement la force et la victoire des opposants dans les pays communistes : la vertu de dissidence. Loin d’être un désengagement, cette culture de dissidence se veut au service du bien commun :

A"Dans son fameux discours de 1992 à l'académie des Scicences morales et politiques, intitulé "En attendant Godot", Vaclav Havel (rappelé à Dieu le 18 décembre 2011) nous aura justement laissé une magistrale leçon politique relative au passé communiste mais également au présent et au futur, soi-disant démocratiques, des nations modernes.

Sur son expérience du communisme avec son régime "(post) totalitaire" du mensonge institutionnalisé, il nous livre d'abord sa conviction, à l'instar de Soljenitsyne, qu'il n'y avait pas d'autre alternative que la dissidence d'abord individuelle :

"Une attente animée par la croyance que résister en disant la vérité est une question de principe, tout simplement parce qu'on doit le faire, sans calculer si demain ou jamais, cet engagement donnera ses fruits ou sera vain. Une attente forte de cette conviction qu'il ne faut pas se soucier de savoir si, un jour, la vérité rebelle sera valorisée, si elle triomphera, ou si, au contraire, comme tant de fois déjà, elle sera étouffée. Redire la vérité a un sens en soi, ne serait-ce que celui d'une brèche dans le règne du mensonge généralisé. Et aussi, mais en deuxième lieu seulement, une attente inspirée par la conviction que la graine semée prendra ainsi racine et germera un jour (…)"

Puis, sans aller aussi loin que Soljenitsyne dans la critique du modèle démocratique occidental et de ses structures, Vaclav Havel nous suggère aussi et déjà que cet autre monde d'illusionnistes libéraux est aussi totalitaire à sa manière, plus sournoisement totalitaire que le marxisme (comme diront Jean-Paul II et Benoît XVI), et qu'il mérite peut-être également "cette attitude que, pour simplifier, nous appellerons dissidence", laquelle suppose et cultive une vraie patience réaliste.

"Je succombais à cette forme d'impatience, ô combien destructrice, de la civilisation technocratique moderne, imbue de sa rationalité, persuadée à tort que le monde n'est qu'une grille de mots croisés, où il n'y aurait qu'une seule solution correcte – soi-disant objective – au problème ; une solution dont je suis seul à décider de l'échéance. Sans m'en rendre compte, je succombai de facto, à la certitude perverse d'être le maître absolu de la réalité, maître qui aurait pour seule vocation de parfaire cette réalité selon une formule toute faite. Et comme il revenait à moi seul d'en choisir le moment, il n'y avait aucune raison de ne pas le faire tout de suite (…) Je constatais ainsi avec effroi que mon impatience à l'égard du rétablissement de la démocratie avait quelque chose de communiste. Ou plus généralement, quelque chose de rationaliste, l'unité des Lumières. J'avais voulu faire avancer l'Histoire de la même manière qu'un enfant tire sur une plante pour la faire pousser plus vite."

[…] Cela dit pour les catholiques français qui, en cette année électorale, "attendent Godot" dans un régime laïciste où ils sont manifestement "encerclés, enserrés, colonisés de l'intérieur" mais où ils continuent à se mentir à eux-mêmes et à mentir à leurs proches en croyant et faisant croire que Jeanne d'Arc peut arriver sans dissidence de leur part, sans rompre avec l'accoutumance de ce relativisme subliminal (selon l'expression de Benoît XVI) qui les rend à la fois serfs et complices, victimes et supports de ce totalitarisme sournois, pantins de ce nouveau et subtil panthéon totalitaire."

C'est pourquoi nous vous invitons à signer notre lettre ouverte aux candidats, comme l'ont déjà fait de nombreuses personnalités comme Mgr Aillet ou Jean-Marie Le Méné.

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