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Bioéthique

Experimentation hasardeuse dans une université dite catholique

Lu sur genethique.org :

"Une française a donné naissance à une petite fille le 8 mars 2011, à l'hôpital privé de Parly II-Le Chesnay, après une greffe de tissus ovariens prélevés sur sa soeur jumelle. Atteinte d'un syndrome de Turner (anomalie touchant le chromosome X), avec absence d'ovaires, la patiente présentait une ménopause précoce. Bien qu'ayant le même syndrome, suivant une forme dite "mosaïque", sa sœur a des ovaires normaux et est déjà mère de deux enfants. La greffe n'a pas requis de traitement anti-rejet, les deux sœurs étant jumelles monozygotes. Quelques mois après la greffe, réalisée en août 2009, la patiente avait récupéré un cycle normal et elle est tombée enceinte naturellement [….]

"C'est la première fois au monde qu'une telle greffe est faite entre jumelles ayant un syndrome de Turner", explique le Pr. Jacques Donnez, gynécologue à l'université catholique de Louvain à Bruxelles, qui a effectué la greffe".

Un médecin catholique, lecteur du Salon beige, nous transmet son analyse qui s'appuie sur l'enseignement de l'Eglise :

"Il faut savoir que le stock d'ovocytes dans les ovaires est déjà constitué dès la naissance et qu'à chaque cycle un seul arrive à maturité.
Dans cette expérience il y a donc pas eu greffe d'un organe classique ni fabrication d'ovocytes par la receveuse, mais une forme particulière de "don" d'ovocytes d'une jumelle à l'autre, ce que la morale catholique ne peut accepter.
La jumelle qui a accouché a servi "d'incubateur" pour une fécondation in vivo des ovules de sa sœur puis de "mère porteuse" pour l'enfant dont les parents biologiques sont bien son mari et sa sœur. Des moralistes trouverons peut-être cela "moins grave" que lorsque cela se passe in vitro, mais le résultat est le même et le fait que se soit entre jumeaux homozygotes ne semble pas changer la qualification morale de l'acte".

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12 commentaires

  1. Surtout que ce genre de technique n’a aucun intérêt dans l’absolu vue l’extrême rareté des vrais jumeaux.

  2. Comment cette jeune mère va-t-elle regarder sa fille-nièce ? comment la “tante” va-t-elle regarder nièce-fille ? Comment la fille les regardera-t-elles l’une et l’autre plus tard ?
    Bien sûr que les filles et femmes atteintes de ce syndrome n’en sont pas responsables, et c’est une souffrance pour elles (même si je connais de vue une jeune femme dans ce cas, heureuse de vivre pour Christ), mais la compassion ne doit pas conduire à ajouter de la souffrance à la souffrance. Ce n’est d’ailleurs pas de la compassion au sens premier, c’est juste se débarasser de la souffrance d’autrui.
    Mais si l’on facilitait les procédures d’adoption, la tentation serait peut-être aussi moins grande… Il y aurait toujours des dérapages, mais pas forcément toujours.

  3. Bon.
    Mais alors que dîtes vous de cette situation : soit deux jeunes femmes jumelles monozygotes; la première est mère et se porte à merveille, la seconde ne l’est pas encore car une réaction allergique violente lui a détruit les reins, elle ne pourra supporter une grossesse qu’après la greffe du rein que sa sœur s’apprête à lui donner. Là encore, pas de problèmes de compatibilité.

  4. D’autre part, vu que les deux sœurs sont jumelles homozygotes le formule chromosomique de l’ovule aurait potentiellement pu être générée par les ovaires de la sœur receveuse (si elle en avait eu). La mère receveuse et porteuse peut donc se considérer comme génétiquement mère de sa fille
    D’autre part, encore, la similitude physiologique et psychique de deux jumelles homozygotes, ainsi que leur attachement réciproque sont tels que la petite fille n’aura pas une mère qui lui soit “étrangère”…
    Je ne dis pas qu’il n’y ait là aucun problème de désobéissance à l’Église, Je sais aussi que si l’on commence à faire des exceptions… Je sais aussi que l’Université de Louvain est bien peu catholique… mais, sur le plan de la charité chrétienne, l’affaire ne me semble pas scandaleuse…(moins que l’annulation du mariage de Caroline de Monaco.)

  5. La qualification morale de l’acte n’est pas du tout la même que dans le cas de la fécondation in vitro !!!! Mais pas du tout.
    En effet :
    1) dans la fécondation in vitro, il y a à la base au moins un acte mauvais en soi, c’est l’émission (et le recueil) de la semence virile en dehors du “vas naturalis”. Et ensuite il y a le “tripatouillage” dans l’éprouvette, et donc en fait l’absence de “coitus naturalis”.
    2) dans le cas ici rapporté, il n’y a rien de tout cela. L’acte conjugal est accompli normalement et sainement. Ce qui “pose problème”, c’est le “don” entre les deux sœurs (et partant l’identité de la mère biologique).
    Les deux cas sont donc moralement d’une espèce distincte. Autant la malice du premier est évidente, autant celle du second est difficile à affirmer. A supposer que le second soit mauvais, en tout cas il s’agirait d’une malice différente dans son espèce de celle du premier cas, et nécessairement moindre. En effet, la malice fondamentale dans ce domaine, c’est la perversion de l’acte sexuel (voire sa disparition pure et simple), perversion commise par Onan que Dieu a fait mourir pour le punir (ce sont les Saintes Ecritures qui le disent).
    RIen n’est plus nocif pour le bon combat, que les mauvais prétextes pour le mener. En toutes choses il faut PENSER CLAIREMENT.

  6. @ Maïe : il n’y a aucun rapport entre la greffe d’un organe et le don d’ovocytes
    @ Exupéry : votre raisonnement est pour le moins “hasardeux” … comme cette expérience menée sans une réflexion approfondie au sein de l’Église. Depuis quand la morale chrétienne repose t-elle sur la “similitude physiologique et psychique” et la “formule chromosomique” que vous invoquez ? La nature intrinsèque du don d’ovocyte est la même quelque soit la parenté entre les femmes, fussent-elles jumelles homozygotes. Certes dans ce cas ca ne se voit pas dans le génome des enfants, mais ce ne sont que des apparences.
    @ Bergstein :
    Je vois bien que vous invoquez “Humanae Vitae” et “Donum Vitae” mais vous tombez dans le piège. L’acte des époux doit garder sa double signification d’union des époux et de procréation et bien malin qui dira qu’elle atteinte à un des deux est le plus grave.
    Ce qui ne change pas, qu’il y ai un “tripatouillage dans l’éprouvette” ou “coitus naturalis”, c’est que la femme n’apporte pas sa propre semence mais celle de sa sœur et donc, même si elle s’unit légitimement à son époux, on ne peut pas dire qu’elle procrée avec son corps. Ils ont beau faire les gestes du don des époux, il y a bien dissociation entre les deux significations de l’acte conjugal qui “par sa structure intime […] en même temps qu’il unit profondément les époux, les rend apte à la génération de nouvelles vies, selon les lois inscrites DANS L’ÊTRE MÊME DE L’HOMME ET DE LA FEMME.” (Humanae Vitae)
    Certes Paul VI ne pouvait pas en 1968 parler du don d’ovocytes, mais il y a bien dans son raisonnement la nécessité du lien indissoluble entre le don des cœurs et des corps ouvert à la procréation par le don de sa propre semence. Selon la Congrégation pour la Doctrine de la Foi, dans l’Instruction sur le respect de la vie humaine naissante citée dans le Manuel de Bioéthique d’Elio Sgreccia, “le recours aux gamètes d’une tierce personne, pour disposer du sperme ou de l’ovule, constitue une violation de l’engagement réciproque des époux et un manquement grave à l’unité, propriété essentielle du mariage”.
    En conclusion : je vois autant de “malice” à “singer” la procréation en utilisant les ovocytes d’une autre qu’à le faire in vitro avec ses propres ovocytes. Et je ne parle même pas du droit de l’enfant à être conçu par ses père et mère biologiques.

  7. Je découvre que l’Université Catholique de Louvain est pionnière dans le domaine et a déjà procédé à cette même greffe d’ovaire entre sœurs non jumelles.
    http://blog.lesoir.be/jour-apres-jour/2011/01/25/un-bebe-ne-d%E2%80%99une-greffe-d%E2%80%99ovaire/
    Mgr Leonard va-t-il intervenir pour arrêter ces expérimentations moralement hasardeuses ?

  8. Petite précision : les 300 000 ovocytes qui forment le stock présent dans les ovaires à la naissance, ne sont pas encore des gamètes. Ils sont bloqués à un stade précoce de la méiose.
    En clair, aucune séparation des paires de chromosomes n’a encore eu lieu : chaque ovocyte I contient donc le même patrimoine génétique que toutes les autres cellules du corps humain.
    Il ne s’agit donc pas ici d’un don d’ovocytes que l’Eglise condamne, puisque ce sont alors des ovocytes matures (qui ne le deviennent que quelques heures avant l’ovulation), et donc des gamètes.
    Dans ce cas précis, il n’y a pas de don d’ovocytes matures mais bien de tissu ovarien

  9. @ Agnes :
    Sophisme ! Quelque soit leur stade de développement au moment de la greffe, ce sont bien les cellules de la donneuse qui deviendrons des ovocytes matures chez la receveuse.
    Rien à voir avec une greffe de cellules souches qui deviendrons des cellules adultes chez le receveur : ici il s’agit de cellules qui donnerons la vie et deviendrons un embryon.
    Ce n’est pas un raisonnement scientifique qui se veut exagérément pointilleux qui remettra en cause la morale de l’Église.
    Ici on touche à un domaine sacré car il s’agit de pro-créer : créer avec Dieu. En gros (je simplifie sûrement trop) on peut dire que les parents participent à la création du nouvel être en lui donnant leurs corps quand Dieu lui donne son âme.
    Donner le corps d’un tiers extérieur au couple (une jumelle n’est pas échangeable par une autre, même homozygote !!!!) est étranger au plan de Dieu sur la procréation humaine. Il n’y a pas besoin d’un doctorat en théologie morale pour comprendre cela.

  10. C’est cela JCM
    Continuez à faire l’ayatollah, coupeur de cheveux en 4, et vous filtrerez le moucheron tout en laissant passer le chameau.
    Agnès ne fait absolument pas de “sophisme” et vous semblez ignorer ce que ce mot veut dire….Et vous l’utilisez pourtant !
    Elle est, au contraire, au plus près de la réalité et donc de la vérité.
    Il s’agit , ici, d’une greffe d’organe et pas d’un don d’ovocyte.
    Il n’y a pas dissociation entre union et procréation.
    Voilà pour éclaircir un débat qui devient obscur et où l’on se délecte dans l’obscurité comme on se plait à patauger dans la boue en éclaboussant…
    Je crois que la sophistique n’est pas là où vous le pensez

  11. Trouvé dans cet article de Gènethique en 2005 (USA : greffe de tissus ovariens entre jumelles) :
    http://www.genethique.org/revues/revues/2005/juin/09_06_05.htm#1
    ” L’agence de biomédecine rappelle, par la voix de sa directrice, Karine Camby, que cela serait interdit en France, car cette technique “s’apparente au don d’ovocytes entre soeurs”.
    Mais visiblement pas dans les universités catholiques de Belgique !
    Ce n’est pas moi qui le dit, ni un ayatollah !
    J’enverrai maintenant les commentaires de théologiens avisés si j’en trouve.
    (Lahire : ce commentaire peut remplacer mon précédent)

  12. Réponses DEFINITIVES pour ceux qui n’ont pas encore compris :
    1) au plan médical la greffe d’ovaire est un don d’ovocytes (voir commentaire précédent)
    2) au plan moral le Catéchisme de l’Église Catholique dit :
    2375 Les recherches qui visent à réduire la stérilité humaine sont à encourager, à la condition qu’elles soient placées ” au service de la personne humaine, de ses droits inaliénables, de son bien véritable et intégral, conformément au projet et à la volonté de Dieu ” (CDF, instr. ” Donum vitæ ” intr. 2).
    2376 Les techniques qui provoquent une dissociation des parentés, par l’intervention d’une personne étrangère au couple (don de sperme ou d’ovocyte, prêt d’utérus) sont gravement déshonnêtes. Ces techniques (insémination et fécondation artificielles hétérologues) lèsent le droit de l’enfant à naître d’un père et d’une mère connus de lui et liés entre eux par le mariage. Elles trahissent ” le droit exclusif à ne devenir père et mère que l’un par l’autre ” (CDF, instr. ” Donum vitæ ” 2, 1).

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