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Europe : politique

Euroscepticisme et souverainisme

Lu dans L'Action Française 2000 :

"Les élections européennes sont un peu cet angle mort des scrutins électoraux qui se tiennent tous les cinq ans depuis 1979, en même temps qu'elles constituent un formidable jeu de dupes quant à leurs finalités et à leurs enjeux.

Y penser toujours (au regard de nos engagements conventionnels), mais en parler le moins possible (pour ne pas désespérer le populo qui vote mal) et toujours en ayant l'air de la fustiger (pour faire endosser ses propres échecs par ceux auxquels on a soi-même donné les moyens qui les ont suscités) sans l'éreinter. Voilà à quoi se réduit, pour la classe dirigeante, en France, depuis vingt ans, la question européenne, ses politiques, son identité comme son avenir. Entre totem et tabou, "l'Europe" paralyse ses partisans incapables de se départir d'une vision religieuse et électrise ses contempteurs, unanimes sur le diagnostic mais divergent sur les remèdes. […]

L'Europe est un peu comme le sparadrap qui colle intempestivement aux doigts du capitaine Haddock. On voudrait bien s'en débarrasser mais elle survit obstinément, voire même s'élargit et se renforce. La classe dirigeante a tout intérêt à mettre la question sous le boisseau dans la mesure où, à Strasbourg, ses représentants, PS ou UMP, adoptent d'une même voix les mêmes textes. La grande majorité de nos concitoyens ignorent le fonctionnement d'une instance dotée pourtant d'un pouvoir de codécision "législative" avec le Conseil des ministres de l'Union européenne. S'y intéresser un tant soit peu, au-delà d'un euroscepticisme, souvent plus intuitif et superficiel que réellement réfléchi, est impérieusement nécessaire, à l'heure où notre pays est littéralement dépecé par ce suppôt du mondialisme. […]

Les 55 % recueillis par le "non" au référendum sur la "constitution" européenne, ont été, à l'évidence, préemptés par le FN qui peine à rassembler, sous sa seule bannière, tous les souverainistes de droite et de gauche, ce en dépit de son "ni droite, ni gauche" de façade. Le "souverainisme", incarné, un temps, par le MPF de Philippe de Villiers, s'est avéré, par la suite, incapable de fédérer audelà de ses fondateurs, de Chevènement (MRC), à Dupont-Aignan (DLR), en passant par Coûteaux (Siel) et Vanneste (RPF). Revendiqué à droite, aux marges d'une gauche qui en rejette toutes les implications logiques, il demeure inaudible pour l'ensemble des Français. Cette idée aussi éthérée et, finalement, étrangère au génie français, souffre d'une absence d'incarnation. Nous commémorons le huit-centième anniversaire de la naissance de saint Louis…"

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