Etre chrétien dans la péninsule arabe

Mgr Paul Hinder, de l’ordre des frères mineurs capucins, est Suisse et vit à Abou Dhabi. Il est l’archevêque du Vicariat apostolique d’Arabie (6 nations) Dans un entretien il déclare :

 

H"En un sens, c’est vrai que nous n’avons pas de chrétiens locaux, mais nous avons beaucoup de chrétiens, en particulier des catholiques, qui sont des migrants venant du monde entier, plus spécialement des Philippines et d’Inde. La plupart d’entre eux devraient être là pour un temps relativement court, bien qu’un bon nombre soit ici depuis 30 ou 40 ans. Ils ont tous besoin de permis temporaires pour vivre ici. Et bien sûr, la pratique religieuse publique est limitée. […] La liberté de religion, au sens où l’entendent les droits de l’homme, n’est pas accordée, en tous cas pas totalement puisqu’ici il n’est pas question qu’un citoyen musulman devienne catholique, ou protestant, ou qu’il change de religion, d’une manière ou d’une autre, mais nous sommes libres, au moins dans certains pays, de pratiquer notre foi.

Comment se passent les relations entre les chrétiens et la communauté musulmane ?

Je dirais qu’il s’agit plus d’un « vivre à côté » que d’un « vivre avec », à cause de la situation civile, ou sociale, des personnes qui vivent ici. Les chrétiens font leur travail. Ce sont des migrants parmi d’autres migrants. Dans certains pays, ils représentent une grande majorité de la population  et ils ont, je dirais, une relation professionnelle avec les musulmans, mais dans la vie ordinaire, ils préfèrent avoir des relations avec leur propre peuple ou à l’intérieur de leur propre communauté religieuse. […]

Il faut se souvenir qu’il y a eu des églises ici dès 1939 au Bahreïn, et à la fin des années 60 et 70 dans les Emirats arabes unis et dans le sultanat d’Oman. Sans parler de la toute première église de la péninsule, à Aden, où a commencé la mission au XIXème siècle. C’est un signe d’espérance pour les chrétiens qui vivent dans ce pays. Je me souviens de ce jour ; c’était émouvant et j’ai vu des gens pleurer de joie en voyant enfin leur église, disons un lieu où vivre leur foi et c’est très important d’avoir un signe de visibilité, un endroit où les gens peuvent se rassembler pour des célébrations sans courir de risque."

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