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France : Politique en France

Entretien avec Sébastien Meurant

Entretien avec Sébastien Meurant

Le sénateur LR Sébastien Meurant a annoncé son soutien à Éric Zemmour. Le Salon beige l’a interrogé:

Alors que vous êtes sénateur LR, vous avez choisi de soutenir Eric Zemmour. Pourquoi ?

Militant de droite depuis 30 ans, je souhaite que nous battions Emmanuel Macron en avril prochain. J’aurais pu envisager de soutenir Valérie Pécresse malgré ses positions macron-compatibles (je rappelle qu’elle a quitté LR quand Laurent Wauquiez a fait un tract appelant à ce que la France reste la France !). Mais tous les observateurs la donnent perdante. Et bon nombre d’élus LR parient si bien sur sa défaite qu’ils rejoignent Emmanuel Macron avant même le premier tour. Rien ne me retenait donc de faire campagne sur mes convictions – qui n’ont pas varié depuis le programme RPR-UDF de 1990, auquel Eric Zemmour se réfère lui aussi constamment.

En faisant ce choix, ne craignez-vous pas que LR vous fasse battre aux prochaines sénatoriales ?

Nous verrons bien. Les sénatoriales sont encore loin. J’ai été élu maire de Saint-Leu, puis sénateur du Val d’Oise sans le soutien du parti – qui avait préféré soutenir une ligne beaucoup plus centriste que la mienne – et j’ai une certaine expérience des combats politiques. En tout cas, il me semble qu’un mandat (ou un parti) n’est pas une fin en soi : notre but, c’est la grandeur de la France. Je préfère largement être battu sur mes idées que gagner sur celles des autres. Et je ne pourrais pas me regarder dans la glace si, pour un mandat, je détournais le regard quand mon pays s’enfonce dans le déclin. De toute façon, il faudra bien que toutes les droites apprennent enfin à travailler ensemble !

Christian Jacob, président des LR, a annoncé que vous étiez de fait exclu des Républicains…

J’ai effectivement vu son tweet. J’attends de voir le courrier qui devrait suivre et que je n’ai pas reçu. En toute hypothèse, un parti n’est pas une zone de non-droit. Il y a des règles. On ne peut pas exclure quelqu’un sans procédure. Jusqu’à plus ample informé, je considère donc que je suis toujours membre du groupe LR du sénat (d’autant que notre président Bruno Retailleau est, lui aussi, sur une ligne conservatrice et qu’il ne doit pas vraiment être convaincu par Valérie Pécresse !) et président de la fédération LR du Val d’Oise. Si les instances dirigeantes du parti veulent m’exclure, je verrai bien quels sont leurs arguments. Mais je serais surpris que cela arrive : comment pourrait-on exclure un sénateur qui se contente de rester fidèle à ses convictions, alors que tant de mes collègues ont rejoint Emmanuel Macron sans être inquiétés, que tant d’élus sont en infraction avec le règlement du parti en ne payant pas depuis des années leur propre cotisation, que la candidate LR elle-même nous critiquait copieusement voici quelques années à peine ?

Comment voyez-vous la fin de la campagne ?

D’abord, je pense que rien n’est joué. Emmanuel Macron ne pourra pas indéfiniment refuser de débattre et il faudra bien que la question de son bilan catastrophique soit posée. Après cinq ans, il laisse la France plus appauvrie, plus divisée, plus soumise à un Big brother technocratique, plus avilie aussi, qu’en 2017. Rien n’a été fait pour résorber le déficit, la dette de l’Etat, pour restaurer la sécurité, renforcer nos frontières, limiter l’immigration… Nous pensions qu’il serait impossible de faire pire que François Hollande. Cela a pourtant été fait ! Il faut marteler ce bilan. D’après les réactions de collègues parlementaires, d’élus, de militants à ma décision, je pense aussi que beaucoup d’électeurs de droite s’interrogent. Ils voient bien les changements de cap de Valérie Pécresse. Ils voient bien qu’Eric Zemmour n’est pas le candidat extrémiste caricaturé par les médias : il est vrai que, comme Vladimir Poutine voit en Volodimir Zelensky un juif nazi, nos médias de propagande sont prompts à dénoncer en Zemmour un autre « juif nazi » – étrange absurdité qui devrait faire hurler de rire tous les observateurs s’ils avaient une once de culture historique ! Surtout, la constance d’Eric Zemmour contraste avec les mensonges de tant de politiciens qui ont promis tout et le contraire de tout. Bref, traçons notre sillon : dénonçons le bilan d’Emmanuel Macron, proposons les solutions de la droite classique, accueillons toutes les bonnes volontés et préparons enfin l’union des droites et, au-delà, l’union de toutes les bonnes volontés au service de la France ! C’est à cela que je veux travailler et c’est à cela que j’invite tous mes amis.

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