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Histoire du christianisme / L'Eglise : Le Vatican / L'Eglise : Vie de l'Eglise / Valeurs chrétiennes : Culture

En relisant nos maîtres

XNous évoquons aujourd’hui un géant de la lutte entre l’Eglise et la Révolution, Sa Sainteté le pape Saint Pie X. Le lecteur peut approfondir les brefs éléments ci-dessous ici, et , notamment.

On retient habituellement de lui ses origines modestes, sa profonde connaissance et sa pleine restauration du chant grégorien, son catéchisme, loué encore récemment par Benoit XVI, son souci de voir les âmes accéder plus tôt à la Sainte table (première communion à 7 ans).

Mais il illumine plus encore l’histoire moderne de l’Eglise par sa lutte déterminée et sans concessions contre les fléaux du modernisme et du progressisme. Signalons notamment qu’il s’oppose avec la plus grande fermeté aux lois de séparation de l’Eglise et de l’Etat (encyclique vehementer nos).

Aujourd’hui nous vous proposons ce qui demeure un texte majeur du Magistère, tant il explicite par avance la crise profonde, essentielle, dans laquelle l’Eglise catholique se débat (sans fin ?) depuis 60 ans. Il s’agit de la Lettre Encyclique « Notre charge apostolique », dite aussi « lettre sur le Sillon », qui condamne sans appel les fondements philosophiques et la praxis du mouvement de Marc Sangnier (sur celui-ci, voir notamment ici et ).  

C’est un texte assez court, que nous ne pouvons que vous inciter à lire, tant il stimule les anticorps contre les hérésies modernes. En voici quelques extraits, pour aiguiser votre appétit (les numéros sont ceux des paragraphes de l’encyclique, le gras est de nous).

Description des symptômes

31. D'abord, son catholicisme  (celui du Sillon, NDPC) ne s'accommode que de la forme du gouvernement démocratique, qu'il estime être la plus favorable à l'Église, et se confondre pour ainsi dire avec elle ; il inféode donc sa religion à un parti politique. Nous n'avons pas à démontrer que l'avènement de la démocratie universelle n'importe pas à l'action de l'Église dans le monde ; Nous avons déjà rappelé que l'Église a toujours laissé aux nations le souci de se donner le gouvernement qu'elles estiment le plus avantageux pour leurs intérêts.

33. Il fut un temps où le Sillon, comme tel, était formellement catholique. En fait de force morale, il n'en connaissait qu'une, la force catholique, et il allait proclamant que la démocratie serait catholique ou qu'elle ne serait pas. Un moment vint où il se ravisa. Il laissa à chacun sa religion ou sa philosophie. II cessa lui-même de se qualifier de « catholique » et, à la formule « La démocratie sera catholique », il substitua cette autre « La démocratie ne sera pas anticatholique », pas plus d'ailleurs qu'antijuive ou antibouddhiste. Ce fut l'époque du plus grand Sillon.  (…)

36. Voici, fondée par des catholiques, une association interconfessionnelle, pour travailler à la réforme de la civilisation, œuvre religieuse au premier chef, car pas de vraie civilisation sans civilisation morale, et pas de vraie civilisation morale sans la vraie religion : c'est une vérité démontrée, c'est un fait d'histoire.  (…) les réalisations pratiques revêtent le caractère des convictions religieuses, comme les membres d'un corps jusqu'à leurs dernières extrémités reçoivent leur forme du principe vital qui l'anime. (…)

Que penser, enfin, d'un catholique qui, en entrant dans son cercle d'études, laisse son catholicisme à la porte, pour ne pas effrayer les camarades qui, « rêvant d'une action sociale désintéressée, répugnent de la faire servir au triomphe d'intérêts, de coteries ou même de convictions quelles qu'elles soient » ?

38. Mais, plus étranges encore, effrayantes et attristantes à la fois, sont l'audace et la légèreté d'esprit d'hommes qui se disent catholiques, qui rêvent de refondre la société dans de pareilles conditions et d'établir sur terre, par-dessus l'Église catholique « le règne de la justice et de l'amour », avec des ouvriers venus de toute part, de toutes religions ou sans religion, avec ou sans croyances, pourvu qu'ils oublient ce qui les divise : leurs convictions religieuses et philosophiques, et qu'ils mettent en commun ce qui les unit : un généreux idéalisme et des forces morales prises « où ils peuvent ».  (…) Qu'est-ce qui va sortir de cette collaboration ? Une construction purement verbale et chimérique, où l'on verra miroiter pêle-mêle et dans une confusion séduisante les mots de liberté, de justice, de fraternité et d'amour, d'égalité et d'exaltation humaine, le tout basé sur une dignité humaine mal comprise. Ce sera une agitation tumultueuse, stérile pour le but proposé et qui profitera aux remueurs de masses moins utopistes. Oui, vraiment, on peut dire que le Sillon convoie le socialisme, l'œil fixé sur une chimère.

Diagnostic

40. Hélas ! (le Sillon) ne forme plus dorénavant qu'un misérable affluent du grand mouvement d'apostasie organisé, dans tous les pays, pour l'établissement d'une Église universelle qui n'aura ni dogmes, ni hiérarchie, ni règle pour l'esprit, ni frein pour les passions et qui, sous prétexte de liberté et de dignité humaine, ramènerait dans le monde, si elle pouvait triompher, le règne légal de la ruse et de la force, et l'oppression des faibles, de ceux qui souffrent et qui travaillent.

Rappel des réalités d’En-haut

42  Puis, si Jésus a été bon pour les égarés et les pécheurs, il n'a pas respecté leurs convictions erronées, quelque sincères qu'elles parussent ; il les a tous aimés pour les instruire, les convertir et les sauver. S'il a appelé à lui, pour les soulager, ceux qui peinent et qui souffrent, ce n'a pas été pour leur prêcher la jalousie d'une égalité chimérique. S'il a relevé les humbles, ce n'a pas été pour leur inspirer le sentiment d'une dignité indépendante et rebelle à l'obéissance. Si son cœur débordait de mansuétude pour les âmes de bonne volonté, il a su également s'armer d'une sainte indignation contre les profanateurs de la maison de Dieu, contre les misérables qui scandalisent les petits, contre les autorités qui accablent le peuple sous le poids de lourds fardeaux sans y mettre le doigt pour les soulever. Il a été aussi fort que doux ; il a grondé, menacé, châtié, sachant et nous enseignant que souvent la crainte est le commencement de la sagesse et qu'il convient parfois de couper un membre pour sauver le corps. Enfin, il n'a pas annoncé pour la société future le règne d'une félicité idéale, d'où la souffrance serait bannie ; mais, par ses leçons et par ses exemples, il a tracé le chemin du bonheur possible sur terre et du bonheur parfait au ciel : la voie royale de la croix. Ce sont là des enseignements qu'on aurait tort d'appliquer seulement à la vie individuelle en vue du salut éternel ; ce sont des enseignements éminemment sociaux, et ils nous montrent en Notre-Seigneur Jésus-Christ autre chose qu'un humanitarisme sans consistance et sans autorité.

Remède

44. l'Église, qui n'a jamais trahi le bonheur du peuple par des alliances compromettantes, n'a pas à se dégager du passé et qu'il suffit de reprendre, avec le concours des vrais ouvriers de la restauration sociale, les organismes brisés par la Révolution et de les adapter, dans le même esprit chrétien qui les a inspirés, au nouveau milieu créé par l'évolution matérielle de la société contemporaine : car les vrais amis du peuple ne sont ni révolutionnaires ni novateurs, mais traditionalistes.

Vous savez le rôle que le Salon Beige joue chaque jour dans la lutte contre la culture de mort et pour la dignité de l’homme; vous connaissez notre pugnacité à combattre chaque jour contre l’avortement, l’euthanasie, le mariage pour tous, la PMA, la GPA et toutes les dérives libertaires.

Le Salon Beige ne remplace pas votre rôle dans ces combats, il les facilite, les accompagne et les stimule<;

S'il vous plaît, faites un don aujourd'hui. Merci

On ne lâche rien, jamais !

Guillaume de Thieulloy
Directeur du Salon Beige

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4 commentaires

  1. Saint Thomas nous enseigne que la vérité est l’adéquation du discours au réel.
    En ce qui concerne les réalités sociales et politiques, elles évoluent, ne serait-ce qu’en raison du progrès technologique et de la démocratisation du savoir.
    En conséquence, puisque le réel change, le discours, pour demeurer vrai, doit également changer.
    Ainsi, les propos de Saint Pie X se placent dans un contexte de catholicisme majoritaire attaqué par une minorité laïciste. De nos jours, c’est la majorité laïciste qui cherche à écraser les minorités croyantes en général, et catholique en particulier.
    Il est donc tout à fait logique, cohérent, pertinent, et sain, que l’Eglise adapte son discours socio-politique à ses réalités nouvelles.
    Ainsi, on peut dire, sans être hérétique, que ces propos de Saint Pie X sont peut-être, en certains aspects, dépassés, car la réalité à laquelle ils font référence est elle-même dépassée.
    Et, pour prévenir d’éventuelles réactions outrées, il faut bien rappeler que la réalité sur Dieu et sur l’être humain, elle, n’a pas changé, et ne changera pas, d’où l’intangibilité de l’enseignement de l’Eglise en matière de foi et de morale. Mais la société, elle, change…

  2. “pas de vraie civilisation sans civilisation morale, et pas de vraie civilisation morale sans la vraie religion ” Tout est dit, cela doit être l’axiome préalable à toutes actions politique, qui rappelons-le, relève des actes humains et donc de la morale.Cela implique pas de faux oecuménisme.

  3. Texte splendide, visionnaire, si adapté à notre temps à notre pays.
    Sous les mots on voit s’agiter les bonimenteurs actuels.

  4. Formidable de remettre à l’honneur ce texte magistral, que nos évêques seraient bien inspirés de méditer et faire méditer à leurs prêtres et à leurs ouailles !

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