Bannière Salon Beige

Partager cet article

France : Politique en France / Valeurs chrétiennes : Education

Education : Pour obtenir la confiance des parents et des enseignants, il faudra davantage que ces quatre circulaires

Dans Valeurs Actuelles, Jean-Paul Brighelli, a demandé à Pascal Dupré, membre du GRIP, auteur de manuels pour le Primaire, de donner son avis sur les quatre « circulaires Blanquer » sur l’enseignement en Primaire, et son Guide de 130 pages pour la lecture :

Capture d’écran 2018-05-03 à 21.21.54« Avec ces quatre circulaires pédagogiques publiées à l’orée du printemps comme en primeur à la « réforme » annoncée de l’enseignement pour la rentrée 2018-2019, Jean-Michel Blanquer nous rejouerait-il le coup du Guépard de Visconti à l’envers : « Il faut que rien ne change pour que tout change » ? 

En effet, si ce « retour aux fondamentaux » sent pour certains le marronnier — et d’ironiser sur « le retour du retour » tout en jurant leur grand dieu d’avoir toujours suivi les précieux préceptes dont regorgent les quatre circulaires — d’autres exultent sans oser y croire tout à fait en prévision d’un « retour au bon sens » trop longtemps attendu. Quoi qu’il en soit, on peut porter au crédit de ce ministre, qui jouit dans l’opinion publique d’une certaine réputation de sagesse, d’avoir su aborder sans provoquer de bouffées polémiques quelques-uns des dossiers qui, chaque fois qu’on a tenté par le passé même récent de les ouvrir, de la lecture au calcul élémentaire et à la grammaire, ont généré des batailles rangées entre « globalistes » et partisans de la « syllabique », entre pédagos égalisateurs et républicains élitistes etc.

Dont acte.

Mais bien qu’ayant passé trois mois au sein de la mission Torossian-Villani à écouter les dizaines intervenants tous sincères et compétents qui ont abouti aux 21 propositions pour la renaissance de l’enseignement des mathématiques, je ne puis me départir à la lecture des printanières consignes ministérielles d’un optimisme prudent sinon d’un scepticisme de bon aloi. Réelle volonté de changement ? Oui, sans aucun doute. Plan com’ soigneusement orchestré ? Oui, absolument — mais pourquoi la communication ne se mettrait-elle pas au service du progrès ? Mais alors, tout va changer ? Pas si sûr. Car dans la colonne Débit du ministre (le plus souvent il est vrai à son corps défendant), des obstacles à la renaissance de l’école ne manquent dans l’institution. Ni certaines ambiguïtés dans la communication ministérielle elle-même.

Ne craignons pas la métaphore : l’Éducation Nationale demeure la plus grande Zone À Défendre de France, mais, comme dans toute ZAD qui se respecte, on y côtoie de vrais résistants, des utopistes et des casseurs. Le camp du milieu, en général, finit par se dissoudre dans les deux autres. Dans la ZAD de l’Ed-Nat, c’est souvent côté casseurs que finissent les utopistes (sous le regard bienveillant des bureaucrates). « Penseurs de la destruction de l’enseignement élémentaire » écrivait Liliane Lurçat en 2000, « Assassins de l’école » surenchérit Carole Barjon en évoquant ces casseurs d’école. Difficile de croire que les malfaiteurs sont inconnus des services du ministère.

Pourtant, quand le ministre actuel lance l’offensive contre l’illettrisme, il commence par pourfendre… les « idées reçues » qui font malheureusement leur chemin dans le corps enseignant ! Mais sans voir ou en ne disant pas d’où sortent ces idées. Car nous les avons « reçues », ces idées, nous les enseignants du Primaire, souvent comme autant de coups de B.O. sur la tête, à grands renforts d’inspections, de conférences pédagogiques, de discours scientistes et de stages de rééducation. Idée reçue assenée pendant des années : « Le temps aidant, tous les élèves parviendront bien à entrer dans la lecture ». Bien sûr. Katherine Weinland, doyenne de l'Inspection générale des Lettres ne déclarait-elle pas dans L'Express du 14 mars 2002 : « 13% des élèves sont illettrés en 6e, ce n'est pas grave, ils n'ont pas fini leurs études ».

Et que croire quand la circulaire ministérielle concernant la lecture, qui s’appuie, nous dit-on, sur les nombreux travaux de chercheurs, nous enjoint d’« éviter de confronter l’élève au déchiffrage des graphèmes qui ne lui ont pas été enseignés. »… mais qu’on découvre parmi ces chercheurs un Roland Goigoux (co-auteur de Lire au CP, document d’accompagnement des programmes de 2002, et professeur à l’ESPE de Clermont-Ferrand) qui nous recommandait en 2005 d’entraîner les enfants dans une véritable aventure "à la Champollion" pour déduire de textes connus le fonctionnement du système linguistique écrit ?" [lire la suite]

 

Partager cet article

1 commentaire

  1. Pauvre M. Jourdain, il ne saurait plus où il en est

Publier une réponse

Nous utilisons des cookies pour vous offrir la meilleure expérience en ligne. En acceptant, vous acceptez l'utilisation de cookies conformément à notre politique de confidentialité des cookies.

Paramètres de confidentialité sauvegardés !
Paramètres de confidentialité

Lorsque vous visitez un site Web, il peut stocker ou récupérer des informations sur votre navigateur, principalement sous la forme de cookies. Contrôlez vos services de cookies personnels ici.


Le Salon Beige a choisi de n'afficher uniquement de la publicité à des sites partenaires !

Refuser tous les services
Accepter tous les services