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France : Société

Education : l’idéologie révolutionnaire de Sarkozy

Sky
C’est une très longue lettre que le président de la République a adressée aux professeurs en ce jour de rentrée et il y est question d’éducation. Beaucoup de promesses, beaucoup de rêves… le marchand de sable est passé et les envolées lyriques du chantre de l’Elysée devraient bercer les enseignants et couper pour quelque temps les velléités de grèves et de manifestations contre les non-renouvellement de postes par exemple.
Mais au-delà de cette poudre aux yeux et des habituelles phrases séductrices, l’idéologie qui sous-tend cette tirade angélique est particulièrement pernicieuse et dangereuse
: C’est à l’Etat, responsable de l’éducation, que tous les éducateurs ont des comptes à rendre.

Le mot famille n’apparaît que quatre fois dans ce document de 10 pages consacré à l’éducation. Deux fois pour parler des enfants issus de familles modestes, une troisième fois pour un détail et la plus intéressante dans un contexte surprenant :

"La famille joue bien sûr un rôle essentiel dans la
transmission de l’identité nationale. Mais c’est l’école qui est le creuset".

Quid des parents? C’est pire que tout, à se demander si ce n’est pas l’Etat, en lieu et place de Dieu, qui confie les enfants aux parents :

"Parents, vous êtes les premiers des éducateurs".
"Si vous les [les enfants] laissez manquer la classe, si vous les abandonnez à eux-mêmes, alors il est normal que la société vous demande des comptes, que votre responsabilité soit mise en jeu, que les aides qui vous sont accordées puissent être placées sous tutelle".

Enfin, le président Sarkozy évoque bien souvent "nos enfants" en parlant de ceux de tous les parents de France à qui il vole la paternité et la maternité.

L’idéologie est désormais mise à nue : l’Etat est seul responsable de l’éducation des enfants, la redéfinit lui-même et distribue les rôles. Celui des parents, premier maillon d’une chaîne manipulée par l’Etat, se limite à gérer la vie quotidienne des enfants de la nation pour qu’ils ne puissent rien manquer de l’éducation que l’Etat leur a concoctée. Il n’est donc pas besoin de ministère ou de secrétariat d’Etat à la Famille, celle-ci est réduite au gite et au couvert tandis que l’Education nationale se charge de tout le reste dans un carcan idéologique défini in fine par Sarkozy lui-même :

 "Chacun d’entre vous comprend que la révolution du savoir qui s’accomplit sous nos yeux ne nous laisse plus le temps pour repenser le sens même du mot éducation. Chacun d’entre vous est conscient que face à la dureté des rapports sociaux, à l’angoisse devant un avenir de plus en plus vécu comme une menace, le monde a besoin d’une nouvelle Renaissance, qui n’adviendra que grâce à l’éducation. A nous de reprendre le fil qui court depuis l’humanisme de la Renaissance jusqu’à l’école de Jules Ferry, en passant par le projet des Lumières. Le temps de la refondation est venu".

L’idéologie sarkosyste renie les engagements du candidat ("Nous voulons rendre l’école aux familles") mais surtout se heurte de plein fouet avec l’enseignement de l’Eglise développé dans ‘Familiaris consortio‘.
Rappelons simplement :

"Premiers responsables de l’éducation de leurs enfants, les parents ont le droit de choisir pour eux une école qui correspond à leur propres convictions. Ce droit est fondamental. Les parents ont, autant que possible, le devoir de choisir les écoles qui les assisteront au mieux dans leur tâche d’éducateurs chrétiens. Les pouvoirs publics ont le devoir de garantir ce droit et d’assurer les conditions réelles de son exercice".

L’appropriation par l’Etat des prérogatives naturelles des parents avait commencé avec le ministre Sarkozy. Elle se poursuit avec le président Sarkozy.
Jusqu’à quand les catholiques de son entourage et de France laisseront piétiner ce point non-négociable, qu’est la liberté d’éducation et dont le reniement conduit, comme l’histoire l’a montré, aux pires formes de totalitarisme?

Lahire

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10 commentaires

  1. Les catholiques qui ont soutenu N. SARKOZY, souvenons-nous, l’ont fait dès le premier tour au nom du moindre mal, c’est à dire pour barrer la route à la candidate du PS, favorisée selon eux par les candidatures FN et MPF qu’ils ont combattues. La Doctrine Sociale de l’Eglise était le cadet de leur souci : ils craignaient surtout la gauche pour des raisons matérielles, sur des sujets importants certes, fiscalité, économie, etc…Mais pour le reste ils avaient fait le pari que tout s’arrangerait tout seul, parce que c’était N. SARKOZY qui le laissait croire, avec qq propos de ”rupture”, soufflés par certains d’entre eux et complaisament portés au pinacle.
    Et à peine 3 mois après l’élection, nous avons droit aux Lumières, à Jules Ferry, à l’étatisme contre la liberté et la responsabilité des familles, à X. DARCOS désavoué sur l’abominable film roumain sur un avortement et obligé d’autoriser à nouveau la méthode globale, bref aux ”acquis” de la gauche syndicale enseignante et aux valeurs du Grand Orient.
    Merci d’avance aux cathos ”utiles” : la prochaine fois, c’est dans 5 ans.

  2. Le franc-macon se révèle dans toute sa dimension. Sans vouloir me focaliser sur une éventuelle appartenance de l’individu à ce système totalitaire, on retrouve là toute l’idéologie qui en émane. Et la technique du verbillage pour arriver à des fins bien déterminées et qui ne sont pas systématiquement celles annoncées en est caractéristique. Exemple: l’évolution dans l’approche des négociations pour l’admission de la Turquie dans l’Europe. J’attends de voir mais sans illusions…

  3. L’absence de la famille est vraiment très frappante dans cette lettre. D’ou sans doute un aspect glacé malgré les “envolées lyriques” que vous soulignez, sa lecture laisse un goût bizarre. Il manque y manque la vie.
    Le constructivisme (UE, éducation..) non par idéologie mais par pente logique d’une personnalité auto-centrée et toute puissante ?

  4. 9oo.ooo lettres de 10 pages pour tartiner son délire méprisant,quel gaspillage!!
    Pharaon, SVP, pas de publicité dans nos boites !!!

  5. Nous voilà revenu au bon (?) vieux temps des années 30 …

  6. [Préférez le mail pour ce genre de propos. Lahire]

  7. Excellente remarque à laquelle j’ajoute ce point extrêmement significatif, dont je m’étonne que vous ne l’ayez pas relevé, et qui en dit très long sur l’idéologie de Sarkozy, faux homme de droite et vrai socialiste mondialiste.
    Ces citations, prises dans le même discours de la “lettre aux éducateurs”, sont typiques de sa pensée mondialiste et multiculturaliste qu’on aurait pu trouver également chez les trotskistes, je cite :
    “L’apprentissage de la différence ne doit pas conduire à négliger la participation à une culture commune, à une identité collective, à une morale partagée. Eduquer c’est éveiller la conscience individuelle et la hausser par paliers jusqu’à la conscience universelle, c’est faire que chacun se sente une personne unique et en même temps partie prenante de l’humanité tout entière. Entre les deux il y a quelque chose d’essentiel que nulle éducation ne peut contourner.
    Entre la conscience individuelle et la conscience universelle il y a, pour nous Français, la conscience nationale et la conscience européenne. Entre la conscience de l’appartenance au genre humain et la conscience d’une destinée individuelle, l’éducation doit aussi éveiller des consciences civiques, former des citoyens. Nos enfants ne seront jamais des citoyens du monde si nous ne sommes pas capables d’en faire des citoyens français et des citoyens européens.”
    “Face à la menace d’aplatissement du monde, notre devoir est de promouvoir la diversité culturelle. Ce devoir nous impose de défendre d’abord notre propre identité, d’aller puiser ce qu’il y a de meilleur dans notre tradition intellectuelle, morale, artistique et de le transmettre à nos enfants pour qu’ils le maintiennent vivant pour tous les hommes. Car les héritages de toutes les cultures, de toutes les civilisations appartiennent à toute l’humanité. Nous sommes nous-mêmes les héritiers de toutes les conquêtes, de toutes les créations de l’esprit humain. Nous sommes les héritiers de toutes les grandes civilisations qui ont contribué à la fécondation réciproque des cultures qui est en train d’engendrer la première civilisation planétaire.
    Ouvrir nos enfants à l’universel, au dialogue des cultures, ce n’est pas un reniement de ce que nous sommes. C’est un accomplissement. De tout temps la France a placé l’universalisme au cœur de sa pensée et de ses valeurs. De tout temps, la France s’est regardée comme l’héritière de toutes les cultures qui dans le monde ont apporté leur contribution à l’idée d’humanité.”
    “Je ne suis pas pour le manuel unique, je ne suis pas pour la globalisation du savoir qui mène à la confusion. Mais je crois que l’interdisciplinarité doit trouver sa place très tôt dans notre enseignement parce que l’avenir est au métissage des savoirs, des cultures, des points de vue. Je crois que là se trouve l’une des clés de notre Renaissance intellectuelle, morale et artistique.”
    Tout est dans la lettre : http://www.elysee.fr/elysee/elysee.fr/francais/interventions/2007/septembre/allocution_du_le_president_de_la_republique_lettre_aux_educateurs.79338.html
    A s’étonner ensuite qu’il ne fasse pas de différence entre l’islam et la religion chrétienne qu’il place sur un pied d’égalité. En effet, toujours dans le même discours :
    “Si je veux que l’école, par-dessus tout, demeure laïque, c’est parce que la laïcité est à mes yeux un principe de respect mutuel et parce qu’elle ouvre un espace de dialogue et de paix entre les religions, parce qu’elle est le plus sûr moyen de lutter contre la tentation de l’enfermement religieux. Au risque de la confrontation religieuse qui ouvrirait la voie à un choc des civilisations, qu’avons-nous de mieux à opposer que quelques grandes valeurs universelles et la laïcité ? Pour autant, je suis convaincu qu’il ne faut pas laisser le fait religieux à la porte de l’école. La genèse des grandes religions, leurs visions de l’homme et du monde doivent être étudiées, non, bien sûr, dans un quelconque esprit de prosélytisme, non dans le cadre d’une approche théologique, mais dans celui d’une analyse sociologique, culturelle, historique qui permette de mieux comprendre la nature du fait religieux. Le spirituel, le sacré accompagnent de toute éternité l’aventure humaine. Ils sont aux sources de toutes les civilisations et l’on s’ouvre plus facilement aux autres, on dialogue plus facilement avec eux quand on les comprend.”
    (sic)
    On pourrait en dire beaucoup plus sur le discours. Quelle langue de bois tout de même !!!

  8. […]

  9. Cette “éducation nationale” est tout ce qui se fait de plus dangereux. On y endoctrine les enfants, ils y découvrent la drogue, la pornographie, y apprennent que la fornication est normale, que tout le monde il est beau il est gentil et au final, ils ne savent même plus écrire.

  10. Votre analyse n’est pas une interprétation mais une bonne lecture de ce texte. Bravo d’autant plus que vous savez une nouvelle fois opposer l’enseignement de l’Eglise à cette idéologie. Merco.

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