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Cathophobie

Du blasphème d’Avignon : le ton juste

Excellente synthèse de Christine Sourgins reçue par mail. En tous points, remarquable :

"Le Piss-Christ, photo montrant un crucifix dans de l’urine, a été détruit dimanche par des individus armés d’objets percutants.  

 L’art contemporain cherche non pas la beauté mais le scandale et Piss Christ est emblématique à ce sujet : la photo diffuse une chaude lumière orangée,  qu’on pourrait qualifier de belle tant qu’on ignore la teneur de ce bain lumineux : urine agrémentée de sperme. Voilà une beauté scandaleuse, l’équivalent du baiser de Judas, signe d’amitié au premier abord, trahison en réalité. La tension entre esthétisation et intention déviée, fait partie de la construction de l’œuvre comme piège, selon les principes de l’art dit duchampien.

Que Serrano se disent chrétien ne devrait donc tromper personne : on ne s’autoproclame pas chrétien tout seul, mais on rentre dans une communauté enracinée dans l’histoire, dans une famille ; cracher sur qui vous accueille n’est pas le meilleur moyen de se faire reconnaître.

Pourquoi ce goût du scandale ? Le but de l'exposition actuelle est de" faire événement", à tout prix, donc le carême est la période indiquée, de même la ville d‘Avignon, ville des Papes ! Car engranger des retombées médiatiques fait monter les cotes de l’art financier qui excelle à récupérer l’indignation. Voir l’exemple plus ancien de « La nona ora » de Cattelan, montrant Jean-Paul II écrasé par une météorite (un don du ciel !) : exposée en Pologne elle déclencha la colère des catholiques. En salle des ventes elle atteignit alors des sommes astronomiques…l‘œuvre avait«  trouvé  son public » sic.

 
 Les naïfs qui se sont attaqués à la photo, ont été les jouets du système sans le savoir. Ils s’apercevront vite qu’ils n’ont rien détruit du tout, car l’œuvre est conceptuelle, ce qui compte c’est l’idée. Et une photo appartient à l’ordre du multiple… il y a fort à parier que le Piss Christ va renaître encore plus prisé qu’avant. L’opération est en cours, Libération nous apprend que  le musée rouvrirait ses portes dès mardi matin avec les «oeuvres détruites montrées telles quelles». C’est donc l’œuvre martyrisée (et une pièce voisine) avec les stigmates de l’agression qui sera exhibée. L’Œuvre sera christifiée, suivant les méthodes habituelles de l‘AC.

 

Récupération et discrimination

 En revanche, cet acte violent va être récupéré par le politiquement correct pour diaboliser tous les chrétiens blessés par Sérrano. Et tout futur protestataire sera suspect d‘intégrisme. Avant même de connaître l’identité des meneurs, la presse dénonce « un commando catholique » , terme militaire qui permet de mettre tout le monde dans le même sac, avec les islamistes. Pourtant les différences avec l’affaire des caricatures de Mahomet sont criantes. En Avignon, les protestations ont été pacifiques, puis, devant l’insensibilité des organisateurs à sa souffrance un petit groupe désespéré est passé à l’acte (NB, s’il s’agissait de « jeunes » commettant des exactions en banlieue, le politiquement correct leur trouverait toutes les souffrances existentielles, tous les désespoirs, toutes les excuses possibles …).

Mr Yvon Lambert n’a pas fatwa sur sa tête… mais il crie à la persécution : «Je suis persécuté au téléphone. J’ai reçu 30 000 mails, je n’exagère pas, 30 000 mails des intégristes (…) Cette ignorance, cette intolérance. C’est le Moyen-Age qui revient à grand-pas». Que lui, Lambert Yvon, ait fait violence aux consciences chrétiennes ne l’effleure pas un instant. C’est un homme de l’Art financier donc il est innocent des blessures infligées aux âmes car celles-ci ne sont pas quantifiables en monnaie sonnante et trébuchante, donc le dol n’existe pas. De même, ne lui dites surtout pas qu’il faisait de la provocation : montrer cette photo en Avignon, en temps de carême, relève juste d’une bonne stratégie de com. Mais qu’on ait troublé sa quiétude de business man, d’homme qui fait la seule chose en ce monde qui compte, du fric, voilà qui est intolérable ! Que le Christ ait sorti manu militari (mais sans blesser personne) les marchands du Temple, ne doit pas lui rendre sa religion sympathique non plus. Car le Temple, le seul, le vrai, c’est le Marché  (« la main invisible du marché » censée tout réguler dit bien qui est le Dieu providentiel de notre sainte laïcité….)

Les manieurs de marteaux auraient mieux fait de manier un argument que le Politiquement correct peut encore entendre : celui de la discrimination. La fondation Lambert ferait-elle la même chose avec une étoile jaune ou un coran ? On peut en douter : l’Art dit contemporain pratique la discrimination sans vergogne.

 

Double langage et escamotage

L'AC pratique aussi le double langage, audible dans la réaction fort prévisible du ministre de la culture : Frédéric Mitterrand a condamné une «atteinte à un principe fondamental, la présentation de ces oeuvres relevant pleinement de la liberté de création et d’expression qui s’inscrit dans le cadre de la loi», tout en reconnaissant que «l’une des deux oeuvres pouvait choquer certains publics». Il n’est pas sûr du tout qu’une œuvre qui bafoue la croyance et la sensibilité d’un nombre considérable de citoyens soit légalement exposable, surtout avec le montage financier qui est derrière, d’où la concession sur « pouvait choquer » alors que cela a bel et bien choqué, c‘est avéré.

Ce qui est escamoté, c’est le débat qui agita aux Usa, non pas comme il est rapporté faussement uniquement les "extrémistes américains". Car cette œuvre de Serrano qui date de 1987 avait en Amérique provoqué les « guerres culturelles » : une affaire nationale qui posa un problème politique devant le Congrés. Les USA, à la suite d’un procès qui dura presque dix ans, répondirent que la puissance publique ne pouvait pas financer des expositions blasphématoires ou choquantes avec l’argent du contribuable. Ce qui est pour beaucoup, chrétiens ou pas, l’aspect le plus choquant de l’affaire Piss Christ en Avignon. Dans une démocratie, c’est par procès que doit se régler ce genre de litige, précédé par un débat contradictoire et loyal.

Celui-ci sera difficile à organiser car le double langage règne. Ainsi pour L’Observatoire de la liberté de création, émanant de la Ligue des droits de l’homme, qui a dénoncé «ces actes de vandalisme» et rappelé: «C’est au public de juger les oeuvres, pas aux censeurs autoproclamés». Or le public qui pétitionne, proteste, défile…n’est pas pris au sérieux. Le public a droit de citée  uniquement s’il cautionne le choix des agents culturels au pouvoir. Sinon, il déchoit de sa qualité de public et devient censeur, grave injure.

 

 A l’intérieur de l’Eglise aussi le débat est mort-né, Mgr Rouet et quelques autres clercs ayant déjà donné leur bénédiction, écrivant ainsi le enième chapitre de la "trahison des clercs", pour reprendre le titre de Julien Benda. Parmi ces « clercs » figurent des intellectuels chrétiens qui fourbissent des arguments pour justifier Piss Christ. « Certes, la photo est réalisée avec un liquide ignoble, mais la belle lumière montre la puissance de la transfiguration « (sic) ! Voilà un argument de raisonneur, habile à jouer avec les mots mais incapable de voir ce qui est transfiguré : la banalité d’un objet proche de St Sulpice. Autre argument, avancé, paraît-il, par un philosophe : les secrétions corporelles, la sueur, la sanie, il y a du y en avoir lors de la crucifixion, alors pourquoi pas Piss-Christ ? Cette fois c’est la symbolique qui est perdue de vue par le raisonneur : tous les produits corporels n’ont pas même valeur, on est sauvé par l’eau et le sang, pas par l’urine qui est justement le liquide émis quand on a peur, ou qu’on crève de lâcheté. Or le Christ est mort par amour…

Que l’Art financier soit, en soi, une censure de tout art, de tout artiste différents de lui, nous entraînerait trop loin….et pourtant. Si cette censure féroce est si peu vue, c'est bien que l'Art officiel est un piège. Ne pas y tomber, nécessite un effort de compréhension et d'analyse, surtout parmi les chrétiens qu’ils soient tentés par les sirènes de l’art dit contemporain ou, au contraire, par une réplique musclée".

Les principes non-négociables n’ont jamais été si attaqués. Aidez le Salon beige à contre-attaquer et à promouvoir la culture de vie !

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36 commentaires

  1. Je suis bien content qu’elle parle de dol, car j’ai l’habitude d’appeler l’art contemporain le “dol’art”.

  2. Il apert que cela commence à bien faire dans l’Eglise Catholique ou la Fraternité St Pie X est toujours diabolisée et considérée comme persona non grata alors que des clercs qui courent les rues comme l’évêque Rouet ne sont toujours pas sanctionés par le Pape comme suspens a divinis…

  3. Et si les justiciers autoproclamés étaient tout sauf des catholiques ? Faisant justement exprès de nous faire porter le chapeau ?
    Nous = tradis + non-tradis, car il y en avait, des non-tradis, peu, certes, mais ça dément les “accusations” faciles. De toute façon, d’où viennent les 80 000 signatures de la pétition ? sûrement de non-croyants aussi, simplement indignés.

  4. Analyse lumineuse, sublime !
    Inutile de chercher à dire autre chose ! TOUT EST DIT ! simplement et parfaitement dit.

  5. Très belle analyse de la situation.
    En effet, cet effort de compréhension et d’analyse est très difficile à fournir avant d’agir.
    Il est cependant, à mon sens, nécessaire d’agir.
    D’autres religions ont moins d’efforts à faire pour se faire entendre, comprendre et obtenir que les pouvoirs publics et/ou la justice intervienne.
    Pour les Chrétiens, surtout Catholique, l’effort à mener doit rechercher avant tout l’efficacité dans les domaines de la justice et du politique (sensible à l’effet “nombre”), et non dans les médias (aujourd’hui assez majoritairement anti chrétiens).
    Voilà pourquoi les “30 000 mails,…” devraient tout simplement être envoyés à MM Sarkozy et Fillon et non à l’organisateur qui en recoit une “gloire médiatique”. De même, la justice doit être saisie, les exemples de jugements favorables aux religions ne manquant pas (J’avoue avoir encore confiance dans la justice de notre pays).
    Enfin, rappellons nous que nous ne sommes pas seuls, surtout en cette semaine Sainte. Nous avons un bel exemple de prière, tel que je le relisais ce matin : Et Jésus disait : ” Père, pardonnez-leur, car ils ne savent pas ce qu’ils font. ” (Passion selon St Luc).
    La Foi peut déplacer les montagnes, alors imaginez un peu pour une photo !!!!

  6. La question est de savoir si la réponse musclée est venue de catholiques ou est une manipulation supplémentaire.
    Il est surprenant qu’on puisse entrer dans un musée avecdes masses avoir le temps de détruire une “œuvre” et repartir tranquillement, le tout a visage découvert et sans être arrêté dans les 48h.

  7. Ce texte est juste de bout en bout. Rien n’y manque, pas même la valeur aioutée par le scandale, démultipliée par les traces des coups de marteaux. En quelques sortes, les seuls “P. Christ” authentiques sont ceux-là qui portent la marque des blessures des chrétiens.
    Cependant, il ne faudra pas que ce texte serve d’excuse, de feuille de vigne lorsque viendra le procès des jeunes gens aux marteaux. Surtout s’ils sont issus de familles catholiques.
    Kyrie eleison ! Christ eleison ! Kyrie eleison !

  8. Bonne analyse effectivement. En détruisant cette “oeuvre d’art”, les naïfs l’ont légitimée. La réponse eut été d’utiliser la même “liberté d’expression” à l’endroit des exposants. Et en matière d’art con temporain, l’imagination est sans limites tant il est vrai que comme le disait le regretté Audiard, c’est à ça qu’on les reconnaît.

  9. Le ton juste serait de commencer à ne plus prononcer à l’envie le nom de cette production (je me refuse à appeler cela une oeuvre!). Ce nom est par lui même blasphématoire.
    Arrêtons donc de prononcer ces deux mots ensemble, afin de ne pas laisser ce blasphème se propager.
    [Je vous rejoins TOTALEMENT. D’ailleurs, vous ne trouverez pas cette expression écrite de ma main sur le SB ou ailleurs. Lahire]
    Juste une autre réflexion. Cette production a bien rempli son but destructeur. En effet, combien de fois le nom blasphémateur de cette production a-t-il été prononcé, même par ses opposants les plus virulents? Par combien d’yeux, souvent innocents cette production a-t-elle été vue grâce à la polémique soulevée? Pour preuve les reportages télés qui en parlaient en faisaient des gros plans, sous toutes les coutures, n’oubliant aucun détail.
    Ne vous méprenez pas à mon sujet, j’étais dans les premières à vouloir aller directement à Avignon pour faire connaitre mon indignation. Mais la meilleure manière de remédier à l’insulte faite à Notre Seigneur est bien sur de prier en réparation mais aussi d’abord de ne plus prononcer le nom de cette production.

  10. Oups… lire “nom blasphématoire” et non “blasphémateur”

  11. Collector:
    Au débouché du parking du Palais des Papes, deux dames sont surprises par la foule. Elles lisent les banderoles, comprennent la raison de notre présence et la commente sans enthousiasme. Puis, à propose de l’exposition, l’une d’entre elles assène:
    – Pour une fois qu’il y avait quelque chose d’intelligent!

  12. à propos

  13. Je ne vois pas ce qu’il y a de naïf à s’être attaqué à coups de marteau à cette oeuvre blasphématoire.
    Au contraire, c’est un acte courageux, qui pour moi s’apparente au voile de Ste Véronique qui essuie la face de Jésus.
    Nous faisons une fausse interprétation du (trop) fameux “… tends la joue gauche.”

  14. Merci Madame pour cette analyse intéressante, qui renvoie dos à dos les sectateurs de l’AC, les blasphémateurs professionnels, les idiots utiles du clergé, et les imbéciles qui ont donné une publicité inutile à cette exposition.
    Ceci nous change des élucubrations de Monsieur de Plunkett qui, une fois encore, au lieu de nous proposer une réflexion, se précipite sur l’évènement comme un chien sur un os, pour écrire et faire écrire que la “Sainte Ligue” a encore frappé et qu’elle est à l’origine de tout cela; allant même jusqu’à remettre en cause l’entretien donné par Mgr Cattenoz à un journaliste qu’il abhorre par principe sans le connaître.
    Merci enfin au SB de proposer de telles contributions extérieures. J’espère que celle-ci suscitera un débat, des réactions, peut-être même un début de polémique, le tout modéré avec bienveillance dans un esprit de charité fraternelle et chrétienne !

  15. Voici mon analyse
    http://www.patriotes-francais.fr/content/des-chr%C3%A9tiens-exemplaires-contre-loppression
    et je suis surpris par la position de ce site!

  16. tout à fait d’accord avec l’article

  17. Très mauvaise tactique, le bulldozer! Ce type d'”artistes” sont avant tout des commerçants. Leurs productions ne valent que par les discours qu’elles suscitent.Elles ont besoin de blabla pour exister, contrairement à l’art authentique qui se suffit à lui-même.Quand on contemple Fra Angeliso, pas besoin de commentaires pour y accéder. C’est beau et ça suffit. Un certain art contemporain a besoin de se justifier en permanence, parce qu’il est informe et laid. Ce commando sert la stratégie de Serrano. C’est ce qu’on appelle des idiots utiles, de la même veine que ceux qui ont mis le feu au cinéma qui diffusait le film “Le dernière tentation du Christ”. On peut peut protester, il faut le faire même, mais la meilleure arme contre cet art d’imposture, c’est le silence, le mépris et l’oubli. Des tarés, il y en aura toujours parmi nous. Je trouve pitoyable que des catholiques se sentent menacés par les délires morbides et scatologiques d’un artiste qui vit du scandale.Cet “art” vit du chaos moral et conceptuel.La preuve, c’est qu’une fois détruites, endommagées, ces productions gagnent en valeur sur le marché de l’art officiel et stipendié. En fait , les imbéciles qui ont martelé la photo ont participé avec Serrano à l’amélioration de l’oeuvre. Franchement, pendant la Semaine sainte, il y a d’autre chose à faire que de se transformer en justiciers picturaux. Sans ce remue-ménage, personne, en-dehors de la clique habituelle des bobos, n’aurait pris connaissance de cette exposition à la noix. Maintenant toute la France est au courant!

  18. La perversité de l’humanité blessée par le péché originel rend cette analyse plus que plausible. Mais pour un chrétien il faut aller plus loin et considérer que si le Christ a publiquement défendu l’honneur de son Père, d’aucuns ont publiquement défendu l’honneur de Notre-Seigneur. Une justice immanente a frappé et il nous faut TOUS, sans ratiociner, considérer ce fait sans plus de commentaires. “Ils hochent la tête et profèrent des mots” (St Mathieu) et nous nous continuons à prier… pour eux. Maintenant nous savonsque le Seigneur a dit : “A moi, la vengeance !”
    Gare à eux !

  19. Excellente analyse en effet.
    J’acquiesce totalement à ce que dit Victoria.
    Mais j’ajouterais qu’au delà de l’impact médiatique et autres retombées, la destruction était nécessaire, pour l’honneur de notre Dieu. Reste à savoir si la destruction totale était possible. Dans le cas contraire, l’acte de Dimanche ne me parait pas complètement sage car il était voué à l’échec pour l’essentiel: la disparition de l’horreur.
    Ceci dit, la réaction des vengeurs de l’honneur de leur Père, Créateur, Roy et Sauveur est parfaitement compréhensible, et il convient de saluer leur courage.

  20. Dans tous les régimes totalitaires, il est de tactique courante pour le pouvoir, face à la montée d’une contestation, de commettre un acte violent ou scandaleur et de l’imputer aux protestataires.
    Je ne sais si tel est le cas ici, mais comment l’exclure :
    -si le musée est doté d’une système de télévision en circuit fermé, les vandales auraient dû déjà être identifiés et arrêtés
    – à supposer qu’il y ait eu des menaces de mort (???), la police aurait commis une grave faute professionnelle en ne mettant pas, dès le début des incidents, la ligne du musée sur écoute. Les dangereux auteurs de ces menaces auraient dû déjà être sous les verrous.
    A moins que ….

  21. Oui ! Tout cela est bien joli. Lorsque ce sont des Catholiques, toute réponse musclée est condamnée. Il faut réfléchir. Il faut laisser faire la Justice, et bla-bla-bla.
    Imaginez un seul instant qu’au lieu d’avoir « Piss-Christ », vous ayez Piss-Coran, ou mieux, Piss-Shoah. Croyez-vous que les musulmans ou les jeunes juifs du Bethar seraient restés le petit doigt en l’air, discutaillant autour d’une tasse de thé avec des propos du genre « j’ai confiance en la justice de mon pays » ? Croyez-vous que notre Ministrion de la Culture aurait appelé au « respect des oeuvres » ? Croyez-vous que l’excellente Mairesse UMP d’Avignon aurait conservé sa « belle indifférence », que la Ligue des droits de l’homme aurait regardé ailleurs ? etc.
    La réaction aurait été autrement violente et pas seulement en France, avec sans doute de nombreuses victimes humaines s’il s’était agi des musulmans tout particulièrement.
    Alors cela suffit ! Nos jeunes Résistants ont bien eu raison car, à force de ne pas exister, à force de subir, on finira par se demander s’il ne restera encore suffisamment de courage pour nous cacher. Car il n’y a pas que « Piss-Christ » (puisqu’il faut appeler ainsi cet immondice). Il y a aussi des profanations d’églises autrement plus conséquentes que quelques graffitis (au demeurant tout à fait condamnables) sur quelques portes de mosquées ou de synagogues. Dans le second cas, nous avons droit à l’indignation médiatique toutes les cinq minutes pendant deux jours au moins sur France Intox, avec tout ce que l’Etablissement compte de relais, avec un grand renfort de condamnations ministérielles. Dans le premier cas, celui des églises profanées, heureusement qu’il y a « Le Salon Beige » pour informer et dénoncer. Cela n’indigne personne d’autre, pas même la majorité silencieuse de notre épiscopat, qui se donne une occasion supplémentaire de se taire.
    Alors, oui, cela suffit !

  22. Le Monde parle même de catholiques intégristes pour les manifestants, au-delà de l’emploi de la force contre cette “oeuvre d’art”… Simplement manifester pour dire son attachement au Christ, c’est de l’intégrisme… Mais quand des musulmans tuent une soeur pour protester contre un extrait du discours de Benoît XVI à Ratisbonne, discours qui parlait de la violence de leur prophète, là il s’agit juste de sensibilité musulmane offensée… Allez comprendre !
    A noter que le Salon Beige est également cité parmi les intégristes : http://www.lemonde.fr/societe/article/2011/04/18/qui-sont-ces-catholiques-integristes-mobilises-contre-le-piss-christ_1509277_3224.html

  23. Il faut essayer, je crois, de regarder le vrai enjeu. Il n’est certes pas dans cette affaire médiocre de pseudo art, mgr Cattenoz l’a souligné assez clairement. Il s’agit de savoir si les chrétiens peuvent obtenir d’être respecté, peuvent revendiquer une dignité propre dans la sphère publique. Mais aussi de montrer que le temps des carpettes est enfin terminé.
    Nous ne voulons ni imposer une censure ni blesser qui que ce soit. Nous voulons juste que la société reconnaisse comme normal le respect de notre foi. C’est pourquoi je pense qu’il faut enfoncer ce clou -et Solidarité va participer à le faire- de manière à faire un exemple. Et marquer un tournant.
    Il faut le faire au nom de la dignité et sans tomber dans une réthorique sur “l’honneur de Dieu”, qui sans être fausse est totalement identitaire et donc socialement mal perçue. Il faut le faire au nom de la dignité de l’homme, au nom du droit d’une partie de la population a être respectée dans sa foi. De même que nous ne trempons pas le Coran dans du porc, ni les textes védiques dans de la viande de boeuf, on ne trempe pas un crucufix dans de l’urine.

  24. Pour une fois, je serais plutôt en accord avec Axel DE BOER.
    En ce sens que la tribune de C. SOURGINS tourne autour de la question du sens de l’art contemporain, dont on sait depuis longtemps en particulier par les articles de l’artiste peintre et graveur Aude de KERROS, que l’art contemporain véritable, authentiquement artistique, est quasiment ignoré du marché financier de l’art. Et que la vraie question n’est pas celle de l’art contemporain, concernant cette photo scandaleuse, mais celle de la manière dont les catholiques doivent réagir face à ce scandale.
    Or comme le remarque A DE BOER, C. SOURGINS aborde ce sujet en termes de communication : on ne pourrait selon elle se soustraire au terrorisme intellectuel de l’art-happening financiarisé que par une quête de sens sur ce qu’est l’art authentique. Renvoyer les ”iconoclastes” dans l’espace de la communication c’est en effet condamner leur geste comme ”incompréhensible” et irrecevable si on accepte de demeurer dans la réflexion sur l’art. A trop vouloir sauver la représentation comme forme et valeur en soi, C. SOURGINS oublie le contenu.
    Car à AVIGNON il s’agissait de tout autre chose : celle la place du christianisme dans la société française, celle de sa reconnaissance comme référence fondatrice de civilisation autant que religieuse, et celle celle du respect qui lui est du.
    Nul ne serait approuvé de tracer les rayures du pyjama des déportés du nazisme sur la photo de ses victimes : le manque de respect apparaîtrait comme une ”évidence”, la transgression du tabou comme insupportable, comme excluant du champ social, donc comme punissable.
    C’est donc le rétablissement d’une ”évidence” comparable, de même intensité si ce n’est plus, que demandaient les catholiques mais aussi certainement des non croyants quand ils ont protesté par pétition et manifestation à AVIGNON : qu’ils n’aient pas été entendu, ni même jugés dignes d’être écoutés, là est le second scandale de cette affaire.
    L’iconoclasme a partiellement rétabli cette audience, en faisant de leur questionnement une question posée devant l’ensemble du corps social français, par le biais des médias, même hostiles : en rapportant le geste iconoclaste, ceux-ci ont contribué à lui donner un sens. Ce n’est pas le geste qui est important, mais le fait qu’il ait eu lieu.
    Et c’est là où C. SOUGINS se trompe totalement : le but n’était pas de convaincre le petit monde de l’art contemporain, ni même les médias de la pertinence artistique ou non de cette oeuvre, mais de rappeler qu’aucune société ne peut exister sans qu’elle ne fixe des limites, et celles-ci avaient été franchie par cette exposition qu’on pourrait symétriquement nommer négationniste du fait chrétien occidental.
    La modération réelle de cet acte réside d’ailleurs dans le fait que les personnes responsables dorment encore dans leur lit, et que contrairement à d’autres protestations contre d’autres négationnismes, la violence physique n’a pas été utilisée, ce dont il faut se féliciter.
    La ”victime” n’était pas que le morceau de papier support de cette ignominie, et sa plaque protectrice brisée, mais le fait chrétien lui-même, l’historicité de l’Homme-Dieu, le Salut par la Croix : il a été ainsi remis au centre du questionnement.
    Il est désormais clair que certains Français n’acceptent plus ce révisionnisme sur leur histoire : le sang mêlé à cette urine est celui de leurs martyrs.

  25. Quel dommage que nous n’ayons pas tous lu le texte de Christine Sourgins avant de prendre nos marteaux !
    Pour moi, une oeuvre d’art est unique. Je n’avais rien compris au système de reproduction automatique.
    Donc le remède fut pire que le mal. Que faire ?

  26. Cette analyse est très intéressante et tout à fait judicieuse.
    Qu’elle ne nous fasse toutefois pas oublier que nous allons voter bientôt.
    Il n’y a que çà que l’UMP, les socialistes, les centristes et tous leurs alliés objectifs comprennent.
    A nous de les jeter dehors sans états d’âme
    Nous en aurons les moyens si nous ne dispersons pas.

  27. Il est pronfondément regrettable de traiter de naïfs ceux qui ont eu le courage de casser cette œuvre blasphématoire de bas-étage.Je rejoins ceux qui ont salués ici dans cette discussion cet acte de justice.
    Il est vrai que l’ennemi se sert de cette opération commando pour se légitimer lui-même en arguant hypocritement la non violence,mais en désavouant les commandos, on se range malgré soit aussi du côté de l’ennemi.
    Il faut savoir user de la force à bon escient, et si l’ennemi réexpose cette œuvre,il faudra changer de stratégie, car il est prévenu des maintenant des opérations commandos.Une telle action pourrait alors devenir un échec, et devenir une revanche pour lui qu’il faut à tous prix lui éviter.

  28. Cette analyse me semble donner le ton juste effectivement… et va très loin.
    Derrière l’affaire, se cache un diable habile et qui sait tirer gain de ce qu’on croyait lui ravir.
    Quel est le sens des prières publiques pour les victimes de l’avortement rassemblant 10 ou 20 personnes ? L’intention est louable mais les conséquences publiques et médiatiques sont désastreuses.

  29. Assez d’accord.
    Autant la manifestation de protestation de samedi était nécessaire et courageuse, autant l’action commando de destruction de “l’oeuvre” de Serrano était à mon sens malvenue.
    En effet, toute la publicité a été faite sur l’agression “sauvage” et “l’extrémisme des intégristes”, tentant par là de disqualifier toute l’action précédente (manifestation, mailings, pétition, etc.).
    On aurait pu espérer que la raison retiendrait l’envie de répliquer pphysiquement à l’exposition, mais non malheureusement.
    On se consolera en disant que ce n’est pas un mal de voir la photographie insultante réduite en miette…

  30. bravo Lusso : pourquoi,donner tant d’importance à une soi-disant oeuvre d’art qui ne mérite aucune attention. Voila bien de la pub pour du néant et ceux qui ont cassé la photo sont des “imbéciles” dans le sens étymologique du mot. D’ailleurs, qui sont-ils ? La police parait peu diligente..
    Bonne semaine sainte et joyeuses Paques (et, pour les esprits chagrins, relisez l’Evangile, cela vous calmera…, le Christ avait tout prévu…)

  31. Heureuse de vous lire Victoria: je n’ai jamais pu prononcer le mot, le nom de cette “oeuvre n’a jamais franchi mes lèvres..Pet-être que le plus grand mal que ce genre de saloperie puisse nous faire est de nous entraîner à blasphémer sans même nous en rendre compte!

  32. Même si cet horrible blasphème n’a pas été détruit, leur geste a une portée de réparation temporelle et spirituelle pour le Seigneur, puisque, même vous, vous les accusez d’avoir osé ce geste !

  33. Piss Christ: les traditionalistes déboutés
    Afp
    20/04/2011 | Mise à jour : 19:19
    Le tribunal d’Avignon a débouté en référé l’association catholique traditionaliste Agrif de sa demande de retrait du site internet de la collection Lambert et de tout support publicitaire d’une photographie montrant un crucifix dans de l’urine.
    Cette oeuvre photographique de l’artiste américain Andres Serrano, intitulée “Immersion Piss Christ”, datant de 1987 et exposée dans les locaux de la collection d’art contemporain Yvon Lambert à Avignon, avait été vandalisée dimanche par des inconnus, ainsi qu’un autre cliché de l’artiste new-yorkais.
    8000 euros pour le préjudice
    Le tribunal de grande instance a non seulement débouté l’Alliance générale contre le racisme et pour le respect de l’identité française et chrétienne (Agrif) de sa demande, mais celle-ci devra verser 8.000 euros à la collection Lambert en raison du préjudice constitué par la procédure, a indiqué l’avocat de l’Agrif, Me Hervé de Lépinau.
    “L’Agrif demandait uniquement le retrait de l’affiche, des documents publicitaires et du site internet reproduisant la photographie, sans aller sur le terrain de l’analyse de l’oeuvre”, a précisé l’avocat.
    “C’est sur ce terrain que s’est placé le tribunal qui a estimé que l’intention de l’auteur n’était pas de discriminer les catholiques. Il a également considéré que l’action intentée était constitutive d’un préjudice pour elle”, a ajouté Me Lépinau.
    “Un désaveu cinglant”
    Il a estimé que cette décision montre que “des chrétiens ne peuvent plus défendre judiciairement aujourd’hui ce qu’ils considèrent être une atteinte à leur dignité et à leur foi”. Il a fait part de l’intention de l’Agrif de faire appel de ce jugement.
    Me Agnès Tricoire, conseil de la collection Lambert, s’est félicitée de son côté de cette “condamnation très lourde”. “C’est historique et c’est un désaveu cinglant”, a-t-elle dit.
    La collection Lambert a fait part de cette décision de justice dans un communiqué sans la commenter, rappelant juste qu’elle présenterait au public les deux oeuvres vandalisées jusqu’au 8 mai dans le cadre de l’exposition “Je crois aux miracles”.
    Mercredi matin, une cinquantaine de personnes ont manifesté devant le palais de justice d’Avignon pour la défense de la liberté d’expression et en soutien au centre d’Art.

  34. si ça se trouve, l’honteuse agression de fascistes sauvagement armés d’ojets percutants (il n’y a bientot en France plus que les marteaux qui percutent) reste l’oeuvre d’un groupe télécommandé puisqu’à ce jour ils n’ont pas été identifiés. En tous les cas sans cette action dont la violence le dispute à l’odieux, peu de gens seraient au courant de l’affaire pas meme MGR Barbarin.

  35. Quand la crapule Polanski a été arrétée, toute la communauté médiatique juive a pris sa défense. Quand un gangster musulman a été arrété suite à l’attaque du casino d’Uriage à l’arme pour le coup percutante, du 357 magnum : ça vous tue un boeuf à 100 pas, tous les musulmans se sont mobilisés. A leur manière ! Passage à tabac nocturnes et quotidiens de passants , incendie de parking entier, au point que le juge a été obligé de relacher le suspect que la police était parvenue à arréter apres 10 jours de cavale.
    Quand 3-4 jeunes cassent une photo représentant la plus grande offense que l’on puisse faire au Christ personne ne prend leur défense , meme verbale.
    Surtout que je vois mal un croyant catholique frapper l’image d’une soeur en prière. L’erreur d’un nervis au cerveau de colibri ?
    Il me semble que la messe est dite.

  36. l’enfere n’est pas assé chaux pour mr yvon lambert,meme le diable en personne ne ferait pas ce qu’il a fait.

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