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France : Politique en France / Valeurs chrétiennes : Famille

Dissocier résolument dans toutes les instances la politique familiale de la politique sociale

Suite à la publication du Livre Blanc de Famille et Liberté (évoqué ici), Le Salon Beige a interrogé le Président de cette association, Claire de Gatellier.

6a00d83451619c69e201b7c8d60ac8970bPourquoi un Livre Blanc sur la famille, alors que La Manif Pour Tous semble occuper ce "créneau" ?

Le Livre Blanc pour une Nouvelle Politique Familiale est la conjonction de plus de vingt années d’observation, d’études et de réflexion de l’association Famille et Liberté sur la place de la famille dans la société française et le rôle de la politique familiale, en France et ailleurs, et de l’actualité politique de notre pays qui réclame, maintenant, un projet de société solidement ancré dans la réalité.

La Manif Pour Tous occupe un créneau différent du nôtre, celui des grands rassemblements et événements populaires en quoi elle excelle, et son action, suscitée par la loi Taubira, est dirigée pour l’essentiel vers les questions du mariage homme/femme, de la GPA et autres problèmes de filiation essentiels pour l’enfant. C’est pourquoi nous avons, d’un commun accord, peu abordé ces questions dans notre Livre Blanc.

Nous nous sommes placés sur le terrain plus large de la politique familiale dans son ensemble. Pourquoi est-elle nécessaire au pays ? : la famille contribue-t-elle à l'épanouissement des personnes et à l'accomplissement des personnalités? Est-elle pour la nation source de prospérité économique et condition de son équilibre démographique? Favorise-t-elle la solidarité et la sociabilité ? Sur quels critères incontournables doit-elle reposer pour porter ses fruits ? Comment cela se passe-t-il dans les pays où existe, ou bien ou n’existe pas, une politique familiale ? Etc.

Avez-vous des retours, positifs ou négatifs, des personnalités, notamment politiques et ecclésiastiques, qui ont été destinataires du document ? Comptez-vous communiquer sur ces réponses ?

Notre document est paru début novembre et nous sommes encore dans la phase de prise de contact individuelle avec un certain nombre d’ecclésiastiques, d’homme politiques ou de journalistes. Il est encore trop tôt pour faire un bilan complet d’autant que nous attendons d’avoir la liste des candidats aux élections législatives pour communiquer auprès d’eux.

Néanmoins les premiers retours sont bons, même si le monde médiatique et politique ne semble s’intéresser actuellement qu’aux démêlés partisans entre quelques figures de proue et que l’ambiance n’est pas vraiment à aller sereinement au fond des choses. C’est le propre des campagnes électorales mais c’est aussi le meilleur moment pour essayer de peser sur quelques promesses…

Les réponses vont du cercle d’étudiants qui prend le Livre Blanc comme sujet d’étude commun, jusqu’à l’ecclésiastique qui le fait suivre à un cardinal, en passant par les encouragements d’un haut fonctionnaire européen (honoraire malheureusement) et de nombreux membres actifs de partis politiques qui le répandent largement auprès de leurs cadres.

Ne serait-il pas opportun, aussi, de proposer aux élus, clé en main, des propositions de loi pour mettre en œuvre ces propositions ?

Faire des propositions de loi clé en main est une bonne idée en soi et il n’est pas dit que nous n’y venions pas. D’autres sont plus spécialisés que nous pour le faire, comme par exemple les Juristes pour l’Enfance mais nous sommes prêts à participer à ce genre d’entreprise si nécessaire. Christian Vanneste, à l’époque où il était président de Famille et Liberté, a déposé, avec quelques autres députés, une proposition de loi pour protéger les enfants contre la pornographie sur internet (2011). Sans succès hélas.

Mais on peut observer premièrement que la France souffre déjà d’une inflation législative maintes fois dénoncée et qui fait partie de cette lourdeur technocratique et bureaucratique qui nous ruine et nous paralyse. Le législateur légifère sans cesse à partir de cas particuliers et rentre ensuite dans tous les détails de la vie des Français.

Les lois se contredisent les unes les autres et le Conseil d’Etat ou le Conseil constitutionnel finissent par être les arbitres, souvent difficiles à comprendre, de la vie politique. Quand ce n’est l’ONU ou l’Europe qui décide à notre place. Avant de rédiger de nouvelles lois, il faudrait commencer par en supprimer ou dépoussiérer certaines de leurs strates successives.

Deuxièmement, de nouvelles lois doivent obligatoirement être préparées et accompagnées par un changement culturel profond. Nos adversaires ne s’y sont pas trompés qui ont préparé loin en amont dans les Loges et autres officines leur plan sans faille de démolition de la famille. Les lois se sont ensuite enchaîné les unes après les autres tout naturellement selon une logique toute gramscienne.

Une application pratique ? Le décret Azoulay sur la classification des films pornographiques :

L’article 227-24 du code pénal punit de trois ans d’emprisonnement et 75 000€ d’amende la fabrication, la diffusion ou le commerce de messages par quelque support que ce soit « à caractère violent ou pornographique lorsque celui-ci est susceptible d’être vu par un mineur. La loi est donc bien là, depuis des décennies. Mais elle ne précise pas ce qu’est un message ou un film pornographique. Qui va décider d’autoriser un film aux mineurs ou non ? Qui va définir ce qui relève du porno ou de la création artistique » ? Le ministre de la culture, assisté d’une commission ad hoc. Hier, Fleur Pellerin, aujourd’hui madame Azoulay. Et lorsque celle-ci, est lasse de se voir parfois désavouée par la justice saisie par des associations comme Promouvoir qui prend la défense des enfants, elle signe un simple décret, comme celui du 8 février dernier, pour assouplir la loi en jouant sur les définitions. Et en prime, son conseiller dans cette affaire, Jean-François Mary, est nommé en même temps membre du CSA.

Dans une société convertie à la culture des « droits sexuels et reproductifs » où l’Education nationale elle-même veut enseigner aux enfants dès le primaire l’art et la manière de « jouir sans entraves » tout en décidant de son sexe, toute proposition de loi sera vaine si elle ne s’accompagne d’une reconquête culturelle intelligente, raisonnée, lucide, courageuse et ferme. Cette reconquête est en marche ; Famille et Liberté comme le Salon Beige en sont des acteurs.

Quel est, selon Famille et Liberté, la première chose à faire en matière de politique familiale ?

Revenir au réel. Convenir que l’homme n’est pas un enfant trouvé, ne dépendant de personne et n’ayant aucuns liens. L’homme naît d’un homme et d’une femme et il a besoin d’une famille, d’abord absolument pour grandir mais ensuite tout au long de sa vie.

La famille est donc constitutive de la personne humaine. Il faut symboliquement le réaffirmer en dissociant résolument dans toutes les instances politiques et réglementaires la politique familiale de la politique sociale. Portefeuilles ministériels distincts et Code de la Famille distinct du Code d’action sociale… La politique familiale n’a pas pour but d’aider une catégorie sociale en difficulté mais de faire vivre la nation en confortant et soutenant le tissu familial.

Revenir au réel c’est aussi laisser les femmes être des femmes, ne pas leur confisquer leur féminité en prétendant faire leur bonheur malgré elles. Le féminisme tel qu’il est prôné, c’est bon pour les femmes riches belles et jeunes qui s’en sortiront toujours. Mais les autres ? Rêvent-elles vraiment toutes de se suffire à elles-mêmes ?

Encourager les hommes à reprendre leur place. Pas de pères, pas de civilisation disent les psychologues. A trop dévaloriser l’homme, le père, on voit que, faute d'avoir des hommes à qui s'identifier, les jeunes en quête de virilité restent de perpétuels adolescents ou, pire, deviennent des proies idéales pour les recruteurs du Djihad.

Foin des théories du genre, à l’école et ailleurs. Elles sont tellement contraires au réel qu’on est obligé de multiplier les lois, décrets, circulaires, quotas, tracasseries sans nombre pour faire rentrer dans la tête et la vie des gens qu’une femme et un homme c’est rigoureusement pareil et qu’une femme est beaucoup plus heureuse à conduire une pelleteuse qu’à élever des enfants.

Ne volons pas leur enfance aux enfants. Ce ne sont pas des adultes miniatures et il ne faut surtout pas les laisser, au nom des « prétendus droits sexuels des enfants » avilir et blesser gravement par une éducation sexuelle à l’école aujourd’hui perverse si l’on n’y prend garde, et par une exposition à la pornographie et à la violence.

Pour le côté plus technique d’une politique familiale, nos propositions se résument à cinq mots : subsidiaire, universelle, cohérente, stable et positive. On trouvera le détail de ces cinq critères dans le Livre Blanc Pour une Nouvelle Politique Familiale.

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