Diocèse de Belley-Ars : quand le ringard prend le pas sur le liturgique [Voir addendum]

B16Surprenant en effet que ce soit ce diocèse qui propose pour la Pentecôte cette cérémonie qui replonge les catholiques dans les temps que l'on croyait révolus, celui des années sombres de l'histoire de l'Eglise qui est en France.

C'en est pourtant terminé de ces interprétations douteuses avec les prêtres et les fidèles de ces générations appelées du nom des grands papes Jean-Paul II et Benoît XVI. Le sens du sacré et le respect de Dieu sont retrouvés et particulièrement dans ce diocèse dont les prêtres, par la qualité de leur formation, leur jeunesse et leur nombre sont en grande partie l'avenir de notre pays.

Alors, qui, dans ce diocèse, a cherché à leur imposer l'épreuve de ce grand rassemblement de Pentecôte? Ces pseudos-liturgies retravaillées au siècle dernier par des ignares, ces musiques où le sensible (voire le sensuel) a remplacé le sacré, ces articifices du siècle dernier empreints d'une mode dépassée, les catholiques de France en ont assez!

"Les raisons qui mènent à la désobéissance aux normes de la liturgie sont multiples. Parmi elles, retenons une méconnaissance de l’histoire et de la signification théologique du rite, l’obsession de la nouveauté, la défiance dans la capacité de parler à l’homme par l’intermédiaire de signes et surtout le manque de confiance dans l’efficacité du sacrement qui reçoit de Dieu le pouvoir de faire ce qu’il signifie" (Mgr Nicola Bux, La foi au risque des liturgies, éd. Artège, 2011).

Addendum (30 mars 22h00): L'article ayant quitté la page visible du site Pro Liturgia (finalement remis en ligne le 30 mars soir), les lecteurs souhaitaient voir la source de mon post. Après que je lui ai demandé, l'auteur de l'article me l'a confié (les liens ont disparu, mais ils sont quasiment tous repris dans mon post). Le voici :

"La majorité des évêques de France – cardinaux y compris – sont très « romains »… Mais uniquement en apparence et quand ils sont à Rome, auprès du Saint Père. Mais dès qu’ils sont de retour dans leurs diocèses respectifs, ces mêmes évêques montrent sans vergogne qu’ils se moquent de ce que dit le Pape. C’est particulièrement flagrant en matière de liturgie où nos évêques cautionnent toutes les célébrations dès lors qu’elles ne sont pas conforment au Missel romain et encouragent tous les prêtres qui s’emploient à démolir ou à ignorer ce que transmet l’Eglise. Un exemple parmi beaucoup d’autres : dans le diocèse de Strasbourg, c’est le P. Michel Wackenheim, grand saboteur de la liturgie par le biais de sa publication « Signes d’Aujourd’hui » qui a été nommé par l’Archevêque Grallet Archiprêtre de la cathédrale et responsable de la liturgie diocésaine. On n’est plus à une incohérence près dans la pastorale d’un épiscopat qui, au fond, est demeuré très imprégné de l’esprit soixante-huitard.

Autre exemple : le diocèse de Belley-Ars passe pour avoir un évêque très classique. Pourtant, en cette année où il va prendre sa retraite, voilà que le pasteur en question propose un grand rassemblement à l’occasion de la prochaine Pentecôte avec, pour la Messe, un programme liturgique qui est en totale contradiction avec les enseignements de l’Eglise tels que le Saint Père nous demande de les recevoir, de les comprendre et de les appliquer. Qu’on en juge plutôt à la lecture de ce programme :

 « Procession d’entrée : « Souffle imprévisible
Monition présentant la procession puis : « Viens, Esprit de Sainteté
Mots d’accueil
Préparation pénitentielle (aspersion) : « Plonge-moi dans ta rivière d’amour » (« Ça devient franchement sensuel », disait malicieusement un prêtre…)
Gloria de la messe « Dieu est là
Liturgie de la Parole
Introduction à l’écoute de la Parole
Psaume : Chanté par le séminaire d’Ars (Patrick Clément)
Alléluia : « Alleluia Dieu » (3 couplets)
Evangile puis reprise de l’ « alleluia » après l’acclamation dialoguée entre le diacre et l’assemblée (sic)
Homélie
Liturgie de la Confirmation
Introduction à la prière pour les confirmands et appel par l’évêqu
Profession de foi ; interrogation baptismale des confirmands et une question à l’assemblée qui répond par le chant : « Oui Seigneur nous croyons ! »
Imposition des mains, recueillement, invocation de l’Esprit Saint sur la musique « Viens, Esprit de Sainteté » ; imposition des mains par tous les prêtres et prière de l’évêque ; remise du Saint Chrême par l’évêque aux prêtres
Mise en place des confirmands ; souffle ; litanie des Saints du « Chemin Neuf » ou du « Verbe de Vie » ; retour des confirmés et des prêtres sur le chant « Brille ô Jésus
Prière universelle
Liturgie eucharistique
Introduction à l’offrande de soi dans l’Eucharistie et présentation des offrandes sur le chant « Qui est l’homme ? » ; prière sur les offrandes
Préface et « Sanctus » de la messe « Dieu est là »
Prière eucharistique III et anamnèse de Gouzes
Notre Père de Rimsky-Korsakov
Agneau de Dieu de la messe « Dieu est là
Consignes de communion
Communion pendant le chant « Me voici » de la messe « Dieu est là
Action de grâce et méditation pour aider l’intériorisation
Postcommunion et rites de conclusion
Avis et annonces
Bénédiction et envoi avec « chants africains
Démontage de l’autel pour prendre les briques (sic) »

 Mgr Bux demandait – c’est le titre italien de son dernier ouvrage – « comment aller à la messe sans perdre la foi ? »

C’est exactement cette question qu’on peut se poser en voyant le programme de cette poisseuse et verbeuse « (auto)célébration » qui ne respecte pas davantage la liturgie de l’Eglise qu’elle ne respecte la liturgie de la Pentecôte.

Les évêques – dont celui de Belley-Ars – qui organisent de telles cérémonies proprement « a-liturgiques » se rendent-ils compte que ça n’intéresse plus les nouvelles générations de fidèles ?

Au demeurant, plusieurs curés de ce diocèse ont décidé de maintenir les messes dans leurs paroisses respectives afin que les fidèles qui le voudront puissent participer à l’authentique liturgie de la Pentecôte ce jour-là. On ne peut que les en remercier et les féliciter pour leur attachement aux enseignements de l’Eglise".

Quand serons-nous délivrés, en France, de cet épiscopat qui, en liturgie, ne cesse de louvoyer maladroitement entre les compromis et la médiocrité pour éviter d’avoir à regarder la vérité en face ?

12 réflexions au sujet de « Diocèse de Belley-Ars : quand le ringard prend le pas sur le liturgique [Voir addendum] »

  1. senex

    La crise de la liturgie est avant tout une crise de l’intelligence.Le saint Curé d’Ars doit se retourner dans sa tombe…Mais il est vrai qu’il a déjà dû le faire plusieurs fois depuis la “réforme”….Parce Domine,ils ne savent vraiment plus quoi faire…

  2. Marie

    C’est en effet consternant de constater que l’église de France est souvent en total décalage avec les nouvelles générations. Ces “soviets” que sont les “équipes d’animation pastorale” se sont approprié la liturgie pour la transformer en show, se prenant pour des réalisateurs de spectacle.
    Certains prêtres n’osent plus s’interposer et les fidèles n’ont plus qu’à subir. Les jeunes ont compris. Ils préfèrent se rendre aux JMJ que de participer aux messes dénaturées qu’on leur propose. C’est un vrai gâchis et il suffirait finalement de peu de choses pour retrouver le sens du sacré.A commencer par s’inspirer des cérémonies présidées par notre Pape! Du recueillement, de la sobriété et de la beauté qui élèvent.

  3. Gégé

    Lahire
    On voit que vous ne connaissez ni Mgr Bagnard ni le diocèse de Belley Ars
    [Ah oui? Relisez bien mon post et vous verrez que cette attaque est injuste. JL]
    .
    Pour le lien que vous mettez pour cette musique que vous êtes libre de ne pas aimer (moi, le “Parle Commande Règne” ou “Etendard de la délivrance”, ça me fait le même effet, chacun son époque [Ca c’est facile… et faux! JL] ), il renvoie à la Paroisse de Montluel qui est une des plus respectueuses de la liturgie que je connaisse dans le rite ordinaire.
    Pour le rassemblement de Pentecôte du diocèse à Bourg en Bresse, il s’agit de ramener à la confirmation les adultes qui n’ont jamais reçu ce sacrement. Plus de 500 adultes seront confirmés ce jour là.
    Quant au site Pro liturgia que vous mettez en référence, qui recense les abus liturgiques(inadmissibles, je l’admets, ces “dream team” 68tardes sont tout de même en voie d’extinction)il est d’un pharisianisme incroyable. Là ce n’est plus une poutre, mais un madrier, voire une charpente que ses rédacteurs ont dans l’œil…

  4. Clément

    Désigner les Rameaux 2010 à SJBS comme un exemple de “grand n’importe quoi” post-conciliaire suffit selon moi à faire perdre toute crédibilité à ce site.
    On peut avoir du mal avec l’âne, mais il faut au moins avoir l’honnêteté de reconnaître que cette procession ne manque pas de classe.
    Rubriques respectées, moult servants d’autel… la station à la porte de l’Église (qui ne figure même plus dans le missel actuel)… alors certes on peut pinailler sur l’absence de dalmatique, mais à part cela…
    Ce n’est pas la première fois que je surprends le SB à flirter avec ce genre de sites consternants de mauvaise foi… c’est dommage, franchement.
    [Ce n’est pas la première fois que je surprends un lecteur à nous faire un procès sur des idées en avançant un fait comme seul argument. Votre histoire d’âne que vous seul connaissez ne peut pas être un argument pour démonter un site. Soyons sérieux, crédibles et gardons un niveau minimal dans ce genre de discussion.
    Et puis une chose : ce n’est pas parce que quelque chose vous a plus, qu’elle est bonne. Il y a loin du “j’aime” à “il est bon de”, aussi loin du relativisme à la vérité. Alors l’âne (?) de SJBS (?) ne tient pas face aux canons écrits de l’Eglise.
    JL]
    Bien sûr, ce n’est jamais tout blanc/tout noir, et ils ont malheureusement parfois raison… comme Golias… (bon, OK, c’était facile, mais quand on voit des blogs comme Perep, le rapprochement se fait assez spontanément)

  5. Denis Crouan

    En tant que président de Pro Liturgia je précise que:
    1. Quand dans une paroisse la liturgie est respectée, c’est généralement parce qu’un prêtre (souvent isolé) a à coeur de suivre le missel ; mais il n’a jamais le soutien de son évêque. Ou très rarement.
    2. Non, les messes bâtardes ne sont pas en extinction. Simplement elles ne choquent plus car les fidèles – ceux qui restent – sont habitués à n’importe quoi.
    3. Pharisianisme ? Et que dire du pharisianisme des évêques qui chantent les louanges d’un Concile qu’ils n’appliquent jamais, décourageant ainsi les fidèles d’aller à la messe et les obligeant, car c’est le seul moyen dont ils disposent, de se plaindre à Rome?
    4. Savez-vous le nombre de prêtres qui nous remercient pour notre action car, disent-ils, si des fidèles ne faisaient pas quelque chose, la situation serait pire ? Savez-vous le nombre de messages que nous recevons et qui expriment une véritable souffrance comme celle dont a fait état Benoît XVI ?
    5. Savez-vous que certains évêques auxquels nous nous sommes adressés pour leur faire remarquer de graves abus liturgiques allant jusqu’à des invitations faites à des enfants de concélébrer avec le prêtre, nous ont répondu qu’il ne saurait être question de suivre le missel romain ?

  6. quicray

    Nous avons eu affaire à des comploteurs plus qu’à des ignard.Il y a vraiment eu une volonté de tout mettre en l’air pour amener une relgion universelle mais non catholique, tout en faisant semblant…bien sûr.

  7. clovis

    Je dirige une schola grégorienne fondée il y a deux ans dans ma paroisse et qui est soutenue par notre curé d’une quarantaine d’années. Nous coopérons avec d’autres scholas des environs et chantons les messes en grégorien qui nous sont désignées par notre curé: il fixe les dates. Le dialogue avec l’assistance se fait sur les “ordinaires” les plus connus comme la messe des anges. Tout cela en forme ordinaire car nous voulons oeuvrer humblement à l’amélioration de la liturgie, en refusant toute polémique. Je dis cela non pour me vanter mais pour vous faire savoir que c’est possible et vous encourager à en faire autant!…allez sur le site gregorien-en-paroisse, et vous verrez de quoi il s’agit.

  8. Jo Lebout

    Franchement, après écoute, je trouve ces chants très louangeux et réussis, à coté de certains essais contemporains nettement moins convaincants (type Facerias). Choriste cathédral sur un registre plutôt classique (beaucoup de musique sacrée, Vittoria, Bach, Zelenka, grégorien, Villeneuve et Robert…) je ne vois rien qui me choque dans cette nouveauté bien faite… La musique est faite pour l’homme et sa Fin et non l’inverse.
    [Je crois que de là, tout diverge : la musique faite pour l’homme. Pas du tout… JL]
    Laissons à l’évêque sa responsabilité et jugeons l’arbre à ses fruits.

  9. perchè_no

    Quelques remarques :
    Je vis moi-même dans le diocèse de Belley-Ars, et serai présent à ladite cérémonie. Ce programme me surprend un peu, mais je garde entièrement confiance en un évêque qui, non seulement, est toujours là (y en a-t-il beaucoup ?) quand il s’agit de publiquement prendre position fermement, de participer aux marches pour la Vie etc. – le Salon Beige l’a déjà maintes fois signalé – mais aussi se déplace constamment dans le diocèse, et que chaque paroissien a l’occasion de voir au moins une fois par année (y en a-t-il beaucoup ?), à l’occasion de messes de secteur ou de nombreux rassemblements ou pélerinages à Ars ou ailleurs, cela malgré l’étendue du diocèse qui recouvre tout le département de l’Ain…
    @ Jeanduma
    Plutôt que d’aller chercher des recettes pour filtres à cantique (qui ne doivent faire rire que ceux qui cherchent avec triomphalisme la pa-paille dans l’oeil des chanteurs de messe), je vous suggère plutôt un site autrement plus sérieux, et surtout moins polémique :
    http://www.chant-liturgique-paroisse.fr/mus.livrets.tableaux.html
    Interpellé par ce post, je me suis permis donc de le signaler à Mgr Bagnard. Je n’ai jamais remarqué quoi que ce soit de niais, de tarabiscoté ou de faux dans les chants ou cérémonies de toutes les messes présidées par notre évêque, choses qui étaient hélas pain quotidien dans le diocèse que nous avons quitté il y a à peu près 12 ans.
    Aure remarque : Le prêtre malicieux en question (qui ?) s’en tient-il seulement au titre, ou a-t-il eu l’occasion de jeter les yeux sur les paroles de ce chant ?

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