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France : Société

Dévoilement d’une plaque à la mémoire d’Augustin Jordan, Commandeur de la Légion d’Honneur, Compagnon de la Libération

DefaultLe dévoilement de la plaque aura lieu demain jeudi 14 Juin au 3 place d’Iena à Paris.

Augustin Jordan est né à Paris, le 10 décembre 1910. Après des études secondaires au collège Stanislas, il est licencié ès-lettres et en droit, puis diplômé de l'Ecole libre des Sciences politiques ainsi qu'en droit public et en économie politique. Il fait son service militaire dans la cavalerie (1931-1932) au 4e Dragons Portés à Verdun puis devient le collaborateur de Louis Joxe au Centre d'Etudes de politique étrangère et de Pierre Brossolette à l'Europe Nouvelle de 1934 à 1937. En décembre 1937, il devient à Casablanca Secrétaire général du Comité central des Industriels.

En 1939, il est mobilisé à Marrakech comme maréchal des Logis au 2e Régiment de Spahis Marocains qui prend position dans les Ardennes de novembre 1939 à janvier 1940. Augustin Jordan suit un cours d'aspirant à Saumur et promu aspirant est envoyé à Marrakech. Le 18 juin 1940, il entend l'Appel du général de Gaulle au cercle des officiers et il obtient d'être rapidement démobilisé. Après l'obtention d'un visa espagnol, il rejoint, via Gibraltar, les Forces françaises libres à Londres le 19 septembre 1940, après un voyage de trois semaines.

Jusqu'en février 1941, il travaille d'abord aux services civils de Carlton Gardens (QG des FFL), où, avec Joseph Hackinet Pierre-Olivier Lapie notamment, il œuvre au développement des premiers comités de la France libre qui sont apparus un peu partout dans le monde, dès l'été 1940, en soutien à l'action du général de Gaulle.Il souhaite une affectation dans une unité combattante et rejoint en mai 1941 le 2e Bureau de l'Etat-major de la 1ère Brigade FFL placée sous les ordres du général Legentilhomme. Il participe à la campagne de Syrie en juin 1941. De juillet à décembre 1941, il fait partie de l'Etat-major Sud Syrie (Damas) puis rejoint ensuite les rangs de la 1ère Compagnie de Chasseurs Parachutistes des Forces aériennes françaises libres (futur 2e Régiment de Chasseurs Parachutistes) comme lieutenant, officier en second. Après un stationnement à Beyrouth et Damas, l'unité s'installe, le 2 janvier 1942, à Kabret, sur les rives du canal de Suez. Elle est intégrée à la Special Air Service Brigade (SAS brigade) britannique commandée par le Major Stirling. Les SAS français deviennent le French Squadron et ils se distinguent par des raids violents, sur les arrières ennemis et sur les aérodromes allemands, obtenant des résultats très importants ; en Crète, en juin 1942, et, simultanément, en Libye où opèrent Augustin Jordan et ses hommes en attaquant les aérodromes de Derna-Martuba. Le mois suivant, sous ses ordres, les SAS français opèrent en Cyrénaïque, détruisant au sol de nombreux appareils allemands et des dépôts de munitions. En août 1942 il est promu capitaine.

En septembre il commande le détachement français qui doit opérer sur le port de Benghazi. Mais, détectée par les services de renseignements ennemis, l'opération échoue. En Tunisie, le 27 janvier 1943, au cours d'un raid sur les arrières de Rommel, le capitaine Jordan est fait prisonnier en tentant de regagner les lignes alliées. Envoyé en Allemagne à la forteresse de Colditz, il y retrouve le Major Stirling et le capitaine Bergé premier chef des parachutistes français capturé en Crète en juin 1942. Jordan est libéré en avril 1945 et termine la guerre avec le grade de commandant.

Après guerre, il entre au ministère des Affaires Etrangères en qualité de premier secrétaire et termine sa carrière de diplomate comme ambassadeur de France à Varsovie (1970-1973), puis à Vienne (1973-1975). 

Il a terminé sa carrière de diplomate par un geste d'une grandeur qui l'honore au moins autant que ses courageux combats passésAlors qu'il était en poste à Vienne, une loi sur l’avortement était en discussion au parlement autrichien. Simone Veil a été invitée par le SPÖ (Sozialdemokratische Partei Österreichs) pour faire une conférence. Il a alors envoyé un télégramme au quai d’Orsay pour dire que cette visite était malvenue puisqu’elle interférait avec un débat de politique intérieure et que au cas où elle serait maintenue, il n’assisterait pas à la conférence. Quelques jours plus tard, il reçut un avis que la visite était annulée.

Par ailleurs et plus tard, il a fait partie du comité scientifique qui entourait Jean-Marie Le Pen dans les année 80 et une partie des années 90…

Augustin Jordan est décédé le 24 mars 2004 à Saint-Léger-sous-Beuvray (Saône-et-Loire) où il est inhumé.

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6 commentaires

  1. Donc cet homme a, sous le drapeau britannique ou celui d’un rebelle, a, en Syrie sous mandat français, porté les armes contre les forces régulières françaises commandées par un officier général et gouverneur mis en place et en légitime autorité par un gouvernement régulièrement désigné et reconnu par tous les États souverains, la SDN et le Vatican à la seule exception de de sa tres perfide majesté britannique. Désolé, mais la doctrine sociale que je crois devoir inspirer la nécessaire recherche d’un consensus politique aujourd’hui ne peut être obtenu sans la Vérité et la Justice. La miséricorde est promise au repenti mais pas à l’obstiné.

  2. Certes les temps ont changé et le danger aussi… Mais ce sont des soldats comme Augustin Jordan qu’il nous faut en France, des résistants mais nous avons plutôt des collaborateurs dans une France de plus en plus préoccupée. Occupée à quoi ? L’avenir nous le dira !
    Heureusement, nous avons eu récemment le geste héroïque et admirable d’un militaire pour servir d’exemple. En attendant, je pense à mon père qui fit partie des FFI, les Forces Françaises de l’Intérieur lors de la dernière guerre, et aux autres, rebelles, réfractaires dont le seul désir était de sauver la France.

  3. Elle est ou cette plaque??
    [3 place d’Iena à Paris. MJ]

  4. @ Olivier Picard Destelan,
    Monsieur,
    Vous me trouverez toujours contre vous pour m’élever contre l’attitude insultante qui est la vôtre vis à vis de tous ceux qui ont refusé le déshonneur et la servitude en 1940, et qui ont continué la lutte pour la libération de la France occupée par une armée au service d’une barbarie totalitaire parce que anti-chrétienne !
    A partir de juin 1940, des hommes comme le Maréchal Pétain, le Général Weygand, l’Amiral Darlan, Pierre Laval, Pierre-Etienne Flandin (la liste est hélas trop longue) n’ont cessé d’humilier la France en acceptant et même en encourageant la collaboration avec l’ennemi !
    En 1940, seule la Grande-Bretagne, sous la direction du peu commode mais intraitable Churchill, sous le règne des courageux et dignes Georges VI et la reine Elizabeth, restait en lutte contre la barbarie nazie…
    Alors que le régime dit de Vichy et en premier lieu son chef déshonorait la France en se soumettant servilement à l’envahisseur, les Français Libres, les français combattants, venus de tous horizons, ont permis de garder haut levé l’honneur et le renom de notre Patrie !

  5. Bel exemple de courage .
    Une nouvelle Antigone

  6. @Olivier Picard Destelan et Irishhman : il serait peut-être temps d’enterrer la hache de guerre. Le FN de JMLP a permis aux anciens combattants authentiques de se retrouver. Christian de La Mazière et Michel de Camaret ont pu échanger leurs souvenirs apparemment contradictoires. L’affaire de Syrie de 1941 a été un épisode malheureux de lutte fratricide. La page doit être tournée. Malheur à ceux qui rouvrent les plaies en permanence.

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