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L'Eglise : L'Eglise en France

Depuis la Réforme protestante, l’Église évolue dans un monde où son rôle de mère et maîtresse de vérité lui est dénié

Depuis la Réforme protestante, l’Église évolue dans un monde où son rôle de mère et maîtresse de vérité lui est dénié

Extrait d’un entretien de Jean-Pierre Maugendre à Boulevard Voltaire :

[…] Depuis la « fin de la chrétienté » qui correspond, en fait, à la Réforme protestante, l’Église évolue dans un monde où son rôle de Mater et magistra, mère et maîtresse de vérité, lui est dénié. Elle détenait la Vérité sur Dieu et sur l’homme et elle la transmettait aux peuples. Depuis la Réforme et la Révolution française, les paradigmes ont été inversés. La vérité ne vient plus d’en haut. Il n’existe plus d’ordre naturel des choses ni de « lois non écrites, immuables voulues par les dieux » (Antigone). S’impose alors ce que Benoît XVI avait appelé « la dictature du relativisme ». L’homme, d’abord, interprète, seul, sans l’Église, l’Écriture puis décide, seul, de ce qui est bien et de ce qui est mal. Enfin, il choisit lui-même ce qu’il veut être : homme ou femme. La pente logique est inéluctable. N’est-ce pas Bossuet qui observait « Dieu se rit des hommes qui déplorent les maux dont ils chérissent les causes » ?

Dans un ouvrage remarquable, L’Église occupée, Jacques Ploncard d’Assac a analysé comment l’Église peu à peu, depuis la Réforme, s’est ralliée aux valeurs d’un monde dont les principes fondateurs étaient en opposition radicale avec ses propres règles et fondements. Les termites mettent des années à ronger la charpente qui s’effondre en un instant. Si l’effondrement peut être très rapide, le travail de sape antérieur, lui, remonte loin dans le temps. Concernant Vatican II, ce concile « pastoral » s’inscrit dans le mouvement plus ancien décrit ci-dessus. Il formalise la volonté de l’Église de ne plus condamner le monde et ses valeurs mais de se rallier à lui afin de le convertir. Le Christ lui-même nous l’enseigne : « Un bon arbre ne peut pas porter de mauvais fruits pas plus qu’un mauvais arbre n’en peut porter de bons. Tout arbre qui ne donne pas de bons fruits est coupé et jeté au feu » (Mat VII, 18). À chacun de juger et d’en tirer les conséquences… Je conclurai, citant Dom Gérard, fondateur de l’abbaye bénédictine du Barroux et auteur du livre Demain la chrétienté, à l’arrivée du pèlerinage de Pentecôte à Chartres en 1985 : « Très sainte Vierge, rendez à ce peuple sa vocation de soldat, de laboureur, de poète, de héros et de saint. Rendez-nous l’âme de la France. »

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3 commentaires

  1. autrefois , la Révolution s’ attaquait à l’ Eglise depuis l ‘extérieur;
    maintenant la Révolution est installée au sommet de l’ Eglise et s’ emploie à couper tous les canaux par lesquels
    la grâce surnaturelle parvenait au peuple.
    la guerre faite par Bergoglio à la messe bimillénaire en est une effroyable illustration.

  2. Comment ne pas être d’accord avec vous sur ce point, Cadoudal !

  3. Nous étions prévenu. “Gardez-vous des faux prophètes. Ils viennent à vous en vêtements de brebis, mais au dedans ce sont des loups ravisseurs.”
    En termes modernes, c’est “l’Eglise profonde”, très bien décrite aux Etats-Unis qui savent ce qu’est l’Etat profond.
    https://www.patrickcoffin.media/300-the-deep-church-revealed-john-f-mcmanus/
    Les sombres Lumières et la révolution française sont largement citées, le cardinal Rampolla n’est pas oublié non plus.
    Il ne reste plus qu’à espérer avoir le pasteur capable de chasser le loup de la bergerie.
    En attendant, les brebis qui ne s’échappent pas, continueront de disparaitre.

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