Bannière Salon Beige

Partager cet article

Bioéthique / Culture de mort : Eugénisme

Débats sur la bioéthique : l’Eglise à l’Assemblée

Outre la question de l'avortement, toujours très présente dans les débats, c'est l'Eglise qui a été souvent mentionnée hier, notamment par le socialiste Philippe Tourtelier (favorable à toutes les transgressions), qui ferait bien de réviser :

T "Pour déterminer ma position, je me suis inspiré en particulier de deux livres qui s’opposent sur cette question : le premier, Bioéthique, questions pour un discernement, rédigé par Mgr d’Ornellas et un groupe d’évêques catholiques, le second, intitulé L’embryon est-il un être vivant ?,de Francis Kaplan, professeur émérite de philosophie à l’université de Tours. C’est effectivement la réponse à cette question qui détermine ensuite notre position. […] La position de l’Église considérant l’embryon comme une personne est assez récente, elle date de la fin du XIXe siècle [ce qui est absolument faux, NDMJ]. Notons que l’Église n’a jamais exigé de baptême ou d’enterrement en cas de fausse couche. […] Considérant l’embryon comme une personne, l’Église remet d’abord en cause les embryons surnuméraires, dont on admet facilement, puisqu’ils sont de toute façon voués à la destruction, qu’on puisse faire des recherches sur eux. C’est donc leur destruction qu’il faut éviter, quitte à remettre en cause l’efficacité de l’AMP. Un peu plus loin dans le texte, c’est l’AMP elle-même qui est remise en cause au profit de l’adoption et des recherches sur la naprotechnologie, procréation naturelle médicalement assistée. […]

Quant aux recherches sur la naprotechnologie, qui font appel, entre autres, aux courbes de température comme la célèbre méthode Ogino, ne sont-elles pas, comme cette dernière pour la contraception, un moyen d’éviter le débat sur le statut de l’embryon ? Rappelons que la méthode Ogino est, avec l’abstinence, la seule réponse proposée par l’Église à la demande de contraception, et que ce statu quo se traduit par la naissance en Afrique de milliers de bébés atteints du sida. [on admire le raccourci… MJ]

[Addendum 16h15 : Voir la mise au point de Vini Ganimara.]

A l'inverse, on lira avec intérêt l'intervention de Christian Vanneste, dont voici un extrait :

"On mesure la valeur d’une civilisation humaine à sa capacité de protéger les plus faibles. Eugénisme et euthanasie, ce dernier mot à la rime si riche de sens, sont des processus où se retrouvent les partisans de l’efficacité sociale à tout prix et les libertaires les plus irresponsables.

Le député socialiste Philippe Vuilque prend soin de condamner :

"je voudrais insister sur deux dispositions. L’une était presque passée inaperçue même si elle vient d’être évoquée, mais elle aurait des conséquences catastrophiques si elle était maintenue : l'alinéa 4 de l'article 22 qui limite la fécondation des ovocytes à trois. Monsieur le rapporteur, c'est une énorme erreur. […] Cette offensive menée par quelques députés UMP ultraconservateurs, proches des milieux catholiques intégristes, n'est pas acceptable."

Saluons en revanche ces propos de Philippe Meunier (UMP) :

M "La question de l’élimination quasi-systématique des enfants trisomiques à naître est une question trop grave pour ne pas l’aborder. […] Les parents d’un enfant à naître dont la trisomie 21 a été détectée doivent pouvoir réfléchir librement, sans aucune pression sociale, avant de prendre une décision. C’est la raison pour laquelle il est important qu’une liste d’associations agréées pour expliciter comment il est possible de vivre avec un enfant trisomique soit remise aux parents lors de l’annonce de la trisomie 21 de leur enfant à naître. À l’issue du vote de la loi, l’État devra également financer les recherches sur la trisomie 21. Au nom du respect que nous avons tous de l'homme, je souhaite également, à titre personnel, que les expériences soient interdites sur l'embryon humain ainsi que sur les cellules souches embryonnaires. […] Le 8 mai 1945, nous avons mis à bas le nazisme pour abréger les souffrances physiques de l’homme, mais aussi au nom de valeurs morales qui différencient l'homme de l'animal."

Ce genre de propos tranche singulièrement avec ceux tenus par les députés Bernard Debré (UMP) et Jean-Marie Le Guen (PS), tous les deux favorables à une aggravation de la loi, le deuxième étant même favorable à l'euthanasie.

Partager cet article

11 commentaires

  1. merci à Messieurs Vanneste et Meunier d’avoir établi la comparaison avec le nazisme qui s’impose.

  2. le député Tourtelier lit deux livres a priori contradictoire mais comme l’évêque d’Ornellas fait venir à Rennes un franc-maçon et un libre penseur (Axel Kahn) pour former les évêques à la bioéthique, le député Tourtelier lit au final un seul et même point de vue: celui des pro-morts.

  3. M. Tourtelier est-il aussi ignorant que cela ? ne connaît-il pas la méthode Billings ? La différence entre la méthode Ogino et la méthode des températures ? N’a-t-il pas honte de faire dire à l’Eglise ce qu’elle ne dit pas ?

  4. Jean-Marie Le Guen est membre du PS et député de Paris… [oups ! corrigé. MJ]

  5. Voilà plusieurs fois qu’on remarque qu’il faut se méfier du docteur Debré.
    Entre les deux frères Debré, la distinction entre le médecin et le malade n’est plus aussi évidente qu’auparavant !

  6. Il ignore sans doute les développements concernant la personne dans Contra Gentiles de Saint Thomas d’Aquin.

  7. L’an dernier, à l’occasion d’un colloque au Sénat sur la révision de la loi de bioéthique, Bernard Debré avait tenté de disqualifier les chrétiens tout en s’affirmant catholique, ce que j’avais relaté :
    “Le grand sous-thème de la matinée s’est terminé avec l’intervention du Professeur Debré, médecin, député et ancien ministre de la Santé, précédant un débat avec le public. Bernard Debré a intitulé son exposé « Le choix de l’Homme ». D’emblée, il s’est présenté comme catholique avant de légitimer sa critique de l’éthique catholique concernant le vivant. Pour mieux défendre sa position, le médecin a dénoncé, via un exercice hors sujet, l’excommunication de l’équipe médicale qui a pratiqué l’avortement des fœtus de la petite fille violée et enceinte, au Brésil, et de sa mère. Le propos a pu davantage ressembler à une disqualification anticipée de la parole des catholiques dans le débat sur la révision de la loi de bioéthique qu’à une réelle démonstration intellectuelle. La verve et les effets de manche du député n’ont pas manqué de susciter des sourires mais aussi quelques passes d’armes avec d’autres intervenants. Bernard Debré a abordé la question des maladies rares en parlant de la leucodystrophie, tare d’origine génétique affectant le système nerveux central, pour justifier la sélection prénatale des embryons. Jouant sur les contradictions entre les Pères de l’Eglise catholique, M. Debré a affirmé que son Eglise laissait le choix en matière de conception du vivant puisque Saint Basile faisait remonter l’apparition de l’âme à la conception, « Saint Augustin à la naissance et Saint Thomas d’Aquin à trois ou quatre mois après la conception ». Pourtant, en dépit de sa croyance, l’Aquinate (qui parlait d’ailleurs seulement de quarante jours) n’a jamais défendu l’atteinte à l’embryon ou au fœtus.”

  8. Monsieur Tourtelier peut-il nous précier s’il est, comme nous tous, mortel?
    Si oui, il est de toute façon voué à la destruction, donc il admettra facilement que l’amas de cellules qu’il constitue a vocation à ce qu’on puisse faire des recherches sur lui.
    Voilà une superbe réhabilitation des expérimentations, sur des corps voués à la destruction, d’un certain Dr. MENGELE?

  9. Ces comparaisons avec le nazisme sont tout à fait étonnantes… Il n’aura pourtant échappé à personne que le propos de M Tourtelier est fondé sur une morale de la liberté humaine et sur une volonté d’accroître les possibilités de lutte contre la souffrance de quelque homme que ce soit, qui sont tout à fait incompatibles avec la morale nazie?
    [Non, il ne s’agit pas d’accroître les possibilités de lutte contre la souffrance, mais de sélectionner les embryons sains et de tuer les autres. Cela a un nom : eugénisme. D’où la comparaison logique avec les nazis, qui cherchaient à fabriquer des “sur-hommes” en laboratoire. MJ]

  10. Je conseille à Mr Tourtellier la lecture de la Didachè.
    Il pourra y voir que le respect de toute vie humaine depuis sa conception est attesté par l’Eglise depuis les temps apostoliques.

  11. à Ajax,
    lisez le livre de Sa Sainteté Jean-Paul II, Mémoire et identité , il avait tracé exactement- le même parallèle en invoquant les dérives de la démocratie usée: ne sommes nous pas dans ces abus de pouvoir mortifères, en pleine dérive d’une démocratie usée ?

Publier une réponse

Nous utilisons des cookies pour vous offrir la meilleure expérience en ligne. En acceptant, vous acceptez l'utilisation de cookies conformément à notre politique de confidentialité des cookies.

Privacy Settings saved!
Paramètres de confidentialité

Lorsque vous visitez un site Web, il peut stocker ou récupérer des informations sur votre navigateur, principalement sous la forme de cookies. Contrôlez vos services de cookies personnels ici.


Le Salon Beige a choisi de n'afficher uniquement de la publicité à des sites partenaires !

Refuser tous les services
Accepter tous les services