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France : Politique en France

De quelques ressorts du discours macronien appliqué à l’Afrique. Et à la fin, Macron est grand dans une France désagrégée

De quelques ressorts du discours macronien appliqué à l’Afrique. Et à la fin, Macron est grand dans une France désagrégée

Point de départ de cette réflexion : la phrase qui a été la plus fréquemment extraite du discours prononcé le 15 août 2019 par E.Macron à Saint-Raphaël pour le 75èmeanniversaire du débarquement en Provence : « La France a une part d’Afrique en elle ».

Cette part d’Afrique que la France est censée avoir en elle avait déjà été évoquée par E. Macron le 22 juillet 2019. Il recevait à l’Elysée les diasporas africaines, qui étaient en fait, à voir les participants, les diasporas de l’Afrique Noire ;  essentiellement des bi-nationaux. A cette occasion donc, il avait dit :

« la France a une part d’Afrique en elle, elle a une part d’Afrique en son sein, en son cœur ».

Le discours du 15 août a été rapproché d’autres discours macroniens à tonalité africaine : lors de cet échange du 22 juillet donc ; lors aussi d’un discours programme qui avait été prononcé le 28 novembre 2017 à Ougadougou et qui avait été un peu le pendant macronien du Discours de Dakar, prononcé par N.Sarkozy le 27 juillet 2007 ; enfin, le récent discours aux ambassadeurs de France le 27 août 2019. Pendant ce dernier discours, E.Macron avait prononcé plus de 40 fois le mot Afrique ou africain (à comparer avec deux fois le mot Asie/asiatique, quatorze fois le mot Amérique (4 fois avec Etats-Unis) ou américain, et 35 fois les mots Chine ou chinois).

Sept aspects ressortent de cette analyse.

  • Macron est un comédien de talent.

Il faut le souligner comme un point de départ : au-delà du prestige de la fonction, E. Macron a évidemment une présence, un sourire, une aisance, une vista, l’usage d’un vocabulaire recherché, tous aspects qui produisent un effet sur les auditoires. C’est un comédien de talent.

Il avait fallu du talent pour avoir tenu les 90 heures cumulées de Grand débat, dont plus de 8 heures passées avec  65 intellectuels français (qui s’étaient faits quand même plus rares vers la fin, la nuit avançant) le 18 mars 2019.

Lors de l’échange avec les diasporas africaines, E.Macron était accompagné par M. Nana Akufo-Addo, président du Ghana. Celui-ci essayant de s’éclipser au bout de près de deux heures de séance, E.Macron indiqua : « J’ai voulu présenter au Président Nana un échantillon du grand débat. Il comprendra que la prochaine fois, il faut prévoir 7 à 8 heures ». E.Macron aime les performances oratoires. Il sait qu’il y est à son avantage.

Et ses discours sont longs. Lediscours de Ougadougou, c’est 12600 mots (N.Sarkozy s’était contenté de 5400 mots à Dakar). Le 27 août 2019, face aux ambassadeurs, il a utilisé 17000 mots ! A titre de comparaison, le texte que vous êtes en train de lire, si vous arrivez jusqu’à sa fin, vous aura proposé 4150 mots.

  • Macron se la joue perso.

Le discours macronien est auto-centré. Cette hyperpersonnalisation du discours avait déjà été relevée par le Salon beige à propos de la rencontre avec V.Poutine à Brégançon : elle avait été caractérisée par l’emploi très fréquent du « je », écartant toute autre personne y compris ses ministres importants. Ainsi, le ministre de l’Europe et des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian (pourtant présent), n’a été cité ou associé aucune fois tant lors de la conférence de presse avec M.Poutine que lors de la rencontre avec les diasporas.

Dans le discours de Ouagadougou, le « je » est utilisé 256 fois. Dont quarante fois pour dire « je veux ».

Lors du discours aux ambassadeurs, le « je » est utilisé 316 fois.

A titre de comparaison, dans son discours de Dakar, N.Sarkozy avait utilisé 50 fois le mot « je ». En tenant compte de la longueur des discours, E.Macron utilise le « je » un peu plus de deux fois plus que N.Sarkozy.

On retrouve aussi un adverbe clé de la pensée macronienne :  profondément. Fréquemment, E.Macron « croit très profondément » et donc nous en informe. Lors de son entretien avec V.Poutine, en environ 20/25 minutes, M. Macron avait utilisé à 15 reprises l’expression « Je crois ». Dont 6 fois en la complétant : « Je crois très profondément » [« La Russie est européenne, je crois très profondément à cela ; sur le plan économique, je crois très profondément que les choses avancent ; se tourner le dos, est-ce que ce serait notre intérêt ? Je crois très profondément que non… » ]. Lors du discours aux ambassadeurs, il dit 55 fois « je crois » et utilise 56 fois le mot profondément (« un travail important que je vous demande, mais que je crois profondément essentiel », « j’assume profondément la réforme de l’université »…).

E. Macron a le culte du moi profond.

  • L’incontournable appel aux valeurs, jamais définies

Le mot valeurs est cité sept fois dans le discours aux ambassadeurs :

« comment nous pouvons rendre l’ouverture qui je le crois est indispensable, bonne pour notre pays, conforme à nos valeurs » ; « qu’on arrive à retrouver ce que sont nos valeurs profondes » ; « Et je serai en tout cas toujours à vos côtés pour que la France soit au cœur de ces grands sujets, pour que nos concitoyens soient représentés partout avec force pour que nos intérêts soient défendus et qu’au-delà de nos intérêts, pour que nos valeurs soient partout »…..

Dans le discours anniversaire du débarquement, valeurs était cité quatre fois :

« la France renouait enfin un fil rompu quatre ans auparavant : celui de ses valeurs et de sa grandeur » ; « C’est en n’oubliant rien des sacrifices qu’ils ont consentis pour que triomphent nos valeurs » ; « En 1944 et en 1945, la France redevenait la France. Elle recouvrait sa liberté et sa souveraineté, elle renouait avec ses valeurset avec ses vertus » ; « C’est en n’oubliant rien des sacrifices qu’ils ont consentis pour que triomphent nos valeurs ».

Mot toujours utilisé au pluriel, donc. Mais l’oriflamme progressiste n’est jamais définie Et surtout, son emploi permet de paraître réduire à France à des notions certes importantes mais désincarnées, qui plus est universelles bien sûr ; et donc faisant de la France une sorte d’abstraction déracinée et sans limite. C’est ce qu’a si bien rappelé Pierre Mari dans son livre Un pays défait, livre dans lequel il interpelle les soi-disant élites :

« Tous les importants, tous les visibles se sont inscrits à ce concours général des valeurs, sur fond d’autodévaluation accélérée du pays. Valeurs en politique, valeurs à l’école, valeurs sociales, valeurs dans les entreprises et les administrations, valeurs de la République, valeurs de l’art et de la culture brandies contre la barbarie : le gavage a été décrété…L’emploi de certains mots provoque [chez nos concitoyens] des crispations immédiates. Et ils se hérissent dès qu’est embouchée la trompette des valeurs. Sans doute ont-ils deviné que cet instrument, trop bien accordé pour être honnête, servait à couvrir le bruit de leurs perceptions et de leurs expériences les moins réfutables, les plus accusatrices –autant dire à masquer le grand abandon auquel vous les avez condamnés ».

  • Macron dénonce l’obscurantisme mais évite de nommer l’islam

Dans le discours de Ougadougou, E.Macron liste les périls qui pourraient emporter la stabilité de l’Afrique mais aussi avec elle, celle de l’Europe. Le deuxième cité est le terrorisme, et à ce propos, il rappelle que les deux pays, Burkina Faso et France avaient été  frappés et meurtris par un terrorisme islamiste.

Mais ensuite, lors de l’évocation du quatrième péril, à savoir l’obscurantisme, l’emprise de l’extrémisme religieux sur les esprit,  et bien qu’affirmant mâlement « là aussi,je n’aurai aucune naïveté », il ne cite plus l’islam. Et pourtant :

« C’est une menace bien plus redoutable parfois que le terrorisme, car elle est massive, diffuse, quotidienne, elle s’immisce dans les écoles, dans les foyers, dans les campus, dans la vie politique…. Mais je vous le dis avec la même franchise, je regarde avec inquiétude, parfois dans certains quartiers de mon propre pays, la déscolarisation des jeunes filles progresser ».

Ah bon ?  Et pourquoi la déscolarisation des jeunes filles progresse-t-elle en France ? L’influence des églises chrétiennes peut-être ? Une extension inattendue de la religion bouddiste ? Et après avoir regardé, le Président, il fait quoi ?

On ne le saura pas. Par contre, E. Macron s’émerveille : « Toutes les religions sont des religions construites sur un message d’amour et d’espoir » ; elles sont donc toutes mises sur un pied d’égalité :

« vous pouvez être musulman, évangéliste, ne laissez jamais la religion dans laquelle vous croyez faire ce pourquoi elle n’a jamais été faite, ne laissez jamais la religion vous convaincre que c’est une aventure de destruction de l’autre ».

Attention à l’animiste radicalisé, tout le monde sait qu’il est dangereux. Attention au message de l’Evangile : tout le monde sait qu’il annonce la destruction de l’autre (à propos de l’Autre et de l’islam, on peut se référer d’ailleurs à un autre article du Salon beige).

Ca, c’est seulement  quand E. Macron parle sans aucune naïveté et en toute franchise…

  • Macron oublie le passé pour paraître novateur

Qu’on se le dise, E. Macron est un pionnier. Il casse les codes (ah, cette gestion communicatoire du dernier G7 à Biarritz, avec ses invités spéciaux, son joker iranien, son entretien bilatéral préalable avec W.Poutine, cette proximité physique avec ses interlocuteurs, ses éclats de rire répétés : une vraie démonstration), il innove et fait en quelque sorte œuvre de justice et de vérité.

Pensez donc : le 15 août, il l’a bien dit à propos des combattants français engagés dans le débarquement en Provence : « Honorés à juste titre par leurs camarades de l’époque, ces combattants africains, pendant nombre de décennies, n’ont pas eu la gloire et l’estime que leur bravoure justifiait ». Avant Macron, rien.

Et pourtant, de façon un peu contradictoire, lui-même précise dans son discours qu’il y a eu, dans cette armée française d’Afrique 17 hommes, arabes ou noirs,  nommés Compagnons de la Libération. Ce qui n’est pas rien. L’Ordre des Compagnons de la Libération précise que 15% des 1038 Compagnons de la Libération étaient nés hors métropole dans les anciens territoires coloniaux français ou à l’étranger ».

On a retrouvé les patronymes de 15 (des 17) Compagnons de la Libération d’origine africaine et leur pays d’origine. Pour les Arabes, deux, un en Algérie et l’autre au Maroc (le roi Mohamed V) ; pour l’Afrique Noire, 13 (un Sénégalais, un Centrafricain, deux Béninois, un Malien, un de Haute-Volta, cinq Tchadiens). De plus, sur les dix unités combattantes de l’armée de terre honorées de cette décoration, cinq appartenaient à ces troupes d’Afrique : Régiment de marche du Tchad, 2èmerégiment d’infanterie coloniale, 1eret 3èmerégiments d’artillerie coloniale et 1errégiment de marche de spahis marocains. Les troupes coloniales avaient donc reçu un témoignage de la gratitude de la France sans attendre M.Macron.

D’autant plus que N.Sarkozy avait déjà célébré lors de son discours du 8 mai 2009 tous les combattants ayant participé aux deux débarquements, en Normandie et en Provence : « ils étaient dignes, ils étaient courageux, ils étaient généreux, ils étaient fraternels ». Il avait prononcé son discours à Sainte-Maxime « pour rendre un hommage particulier à ces héros qui débarquèrent sur les plages, vos plages, ces plages le 15 août 1944 », rappelant les 250 000 soldats français, les troupes coloniales, les Spahis, les Tabors marocains, les tirailleurs sénégalais. Certains lui ont même reproché ensuite de ne pas avoir cité les Pieds-Noirs d’Algérie (cités par E.Macron). Et N.Sarkozy de conclure : « Les troupes coloniales montrent un courage admirable. La France n’oubliera jamais leur sacrifice ».

E.Macron a longuement souligné ce culte du nouveau, de la rupture, de temps nouveaux, lors de l’échange avec les diasporas africaines. Deux extraits :

« C’est la première fois qu’un président français convie la diaspora pour parler aux Français de l’importance majeure de l’Afrique » ; « On a essayé de prendre un nouveau pli. Et ce nouveau pli, c’est de dire : la France doit penser en quelque sorte un nouveau pivot vers l’Afrique, c’est-à-dire comment on repense la relation en s’appuyant sur la jeunesse, sur le fait que ce continent réinvente lui-même son destin… avec ce qui fait parfois la créolisation des cultures, les métissages qui se sont engagés, repenser différemment les choses » (sic !).

  • La partition de la France dans la concurrence des communautarismes 

E. Macron aime bien fractionner la France en parts. C’est évident dans la phrase déjà retenue « Parce qu’elle a une part d’Afrique en elle, parce qu’elle a une part d’Afrique en son sein » ; on le retrouve aussi dans cette assertion lors de l’échange avec les diasporas :

« Pour la 1èreGuerre mondiale, l’armée noire a sa part aussi. J’ai toujours eu à cœur qu’il y ait cette part de l’histoire française, de sacrifices, fait partie de cette mémoire, de notre histoire ».

Ce partage de la France en morceaux n’est pas, dans la pensée macronienne, associée uniquement aux personnes noires. Le 20 février 2019, devant le Conseil représentatif des institutions juives de France, il avait déclaré : « Cette part juive de l’âme française, cette histoire des Français juifs qui a contribué à faire de notre nation belle et grande ». Et le 5 février 2019, devant le Conseil de coordination des organisations arméniennes de France : « Et ces enfants d’Arménie sont devenus français, et ont fait l’histoire de notre pays. Chacun à leur mesure, chacun à leur façon, et dans chaque famille, vous portez une part de cette dette, mais la nation tout entière porte unepartde ce viatique (sic !)».

L’individualisation d’une part africaine noire (à l’intention de ceux qui s’étonneraient de voir de parler de noirs, citons textuellement le président du Ghana lors de cet échange avec les diasporas : « Toutes les personnes noires, où qu’elles se trouvent dans le monde, leur destin est lié à l’Afrique ») amène E. Macron à faire une observation curieuse : « 70 ans après la libération de Paris où effectivement il n’y avait pas de trace de la population noire ». Une constatation ? Un regret ? Un reproche ? Une suggestion pour retoucher des clichés historiques façon soviétique ?

Et puis, est-on sûr que la première urgence pédagogique de l’école française est le « travail aussi qu’on doit faire dans les programmes scolaires et qui doit continuer car on n’est pas au bout de celui-ci et des parties de notre histoire ne sont pas toutes intégrées à nos programmes scolaires » en parlant de la fondation sur laquelle travaille J-M.Ayrault, Mémoire de l’esclavage, des traites et de leurs abolitions (sic) ?

Est-on sûr qu’il soit du niveau d’un Président de la République de dire à propos du porte-parole de son gouvernement « Vous avez cité Sibeth, qui se fait injurier parce qu’elle est noire, à cause de ses cheveux », paraissant endosser le fait que le pays dont il est président est peuplé de racistes et comme si, du fait que Mme Ndiaye est noire, il serait impossible dorénavant de critiquer sa tenue dans sa fonction de ministre ?

  • La dissolution de l’identité française dans un grand tout commun avec l’Afrique

L’Afrique est une priorité diplomatique de la France. Et E. Macron ne perd pas une occasion d’associer des chefs d’Etat africains à ses manifestations. On l’a vu avec le président du Ghana pour la rencontre à Paris avec les diasporas d’Afrique Noire ;  lors de son discours à Saint-Raphaël, il était accompagné des présidents de Côte d’Ivoire et de la République de Guinée. Lors du G7, il avait invité huit pays supplémentaires dont cinq d’Afrique : l’Afrique du Sud, le Burkina Faso, l’Egypte, le Sénégal et le Rwanda.

Et d’ailleurs, on comprend bien que le développement équilibré de l’Afrique est un sujet d’importance. A la condition que les élites locales une fois formées, et que les capitaux investis localement soient, dans leur ensemble, dédiés au développement des nations d’Afrique et non pas rapatriés dans les pays riches.

De la même façon, on comprend bien l’intérêt qu’il y a à mobiliser des bi-nationaux franco-africains pour établir des ponts entre les pays, au bon niveau, en vue du bien de chacun des pays concernés en particulier dans le cadre de relations d’affaires.

Ce qu’on comprend plus difficilement, c’est le rôle joué par le Président de la république française. Ce pourrait en effet être le rôle d’un secrétaire d’Etat au commerce, ou bien d’un bureau au ministère de l’Europe et des Affaires étrangères, voire avec le soutien d’un bureau du ministère de la Culture. Et à ce niveau-là, la question de l’identité nationale ne se poserait pas.

Parce que, dès que c’est le chef de l’Etat qui s’occupe directement de ce domaine, le sens donné à ces propos est perçu bien sûr différemment.

Que comprendre à la phrase qui conclut le discours de Ouagadougou : « Je vous propose non seulement de nous retrouver, mais de ne plus nous séparer…. Marchons ensemble sur ce chemin si vous en êtes d’accord et apprenons à nous aimer fort de notre histoire partagée et de notre devenir commun » sinon qu’il annonce une grande association franco-africaine ?

Comment interpréter la phrase dite aux membres des diasporas :

« Je pense qu’il y a dans cette politique au sens profond du terme qu’on est en train de mener, une partie de la réconciliation française. Je pense que si on n’arrive pas à changer et à réussir complètement cette conversion du regard avec l’Afrique, la France ne sera jamais réconciliée avec elle-même. Parce qu’elle a une part d’Afrique en elle, parce qu’elle a une part d’Afrique en son sein, en son cœur et donc on doit réussir à penser ce nouveau pivot, de rééquilibrage » ?

Que comprennent les jeunes burkinabés quand ils entendent le Président de la république française leur dire :

« Et je suis aussi convaincu, comme nombre d’entre vous dans cette salle, que nous ne pouvons simplement nous regarder comme étant à des milliers et des milliers de kilomètres, mais comme étant aussi souvent de sang, d’Histoire et de destins mêlés. La jeunesse française est aussi pour partie une jeunesse sénégalaise, ivoirienne, guinéenne, burkinabé, nigérienne, malienne ; elle est aussi tout cela. Et donc lorsque je vous parle de vous, je vous parle aussi de moi » (NDLR : voilà un moi sans doute bien significatif ! Il aurait peut-être pu dire « de la France », ou bien « de nous ») ?

A propos de mobilité, que comprennent les jeunes burkinabés quand ils entendent le Président de la République française leur dire :

« La révolution de la mobilité, c’est celle qui nous permettra de repenser nos liens, mais aussi la circulation des femmes et des hommes en Afrique, et entre l’Afrique et l’Europe. La mobilité, c’est d’abord celle des étudiants, et je sais ici vos attentes. La France est bien souvent la première destination, je veux qu’elle soit la première destination, non pas par habitude, mais par choix, par désir…   cela veut dire aussi offrir les conditions d’une véritable circulation dans la durée. Et j’en prends devant vous l’engagement aujourd’hui.

Je souhaite que tous ceux qui sont diplômés en France puissent y revenir, quand ils le souhaitent et aussi souvent qu’ils le souhaitent…  Ce visa de circulation de longue durée, c’est celui qui permettra ces allers retours choisis, organisés c’est celui qui permettra cette mobilité de liberté plutôt que cette mobilité de nécessité, et ces chemins terribles que j’évoquais tout à l’heure », sinon la possibilité prochaine de venir en France en toute liberté ?

Et que comprennent les participants à l’échange avec les diasporasen entendant : « On reviendra sans doute beaucoup sur le sujet des mobilités ou des migrations. Moi, ce qui m’importe, c’est que ce soit choisi et pas subi » sinon, là encore, la possibilité individuelle de choix pour venir en France dans un cadre migratoire ? 

Quelle est la nature de cette dette que E.Macron mentionne à plusieurs reprises, contractée vis-à-vis des acteurs du débarquement du 15 août 1944 (« Vous devez porter [cette histoire], en réaliser les promesses et en mesurer la dette ») ? Un papier sur le site Boulevard Voltaire titrait : Dette de reconnaissance ou reconnaissance de dette ? Et d’ailleurs, le journal Le Monde ne s’y trompe pas qui envoie un tweet « Tirailleurs sénégalais : on les a forcés à s’engager et aujourd’hui on laisse leurs petits-fils se noyer dans la Méditerranée », comme si au demeurant les Sénégalais pouvaient exciper du droit d’asile, au moment même où, pour le G7, E.Macron a invité leur Président Sall au titre de président du Nouveau Partenariat pour le développement de l’Afrique !

Et pourquoi s’appesantir encore plus sur les mémoires de l’esclavage ? D’autant plus qu’on se rappelle que la loi portée par  C.Taubira tendant à la reconnaissance de la traite et de l’esclavage en tant que crime contre l’humanité et votée le 21 mai 2001 avait omis la traite négrière arabo-musulmane au motif, donné par Mme Taubira, qu’il fallait que les « jeunes arabes ne portent pas sur leur dos tout le poids de l’héritage des méfaits des Arabes ». Les dettes, c’est donc bon pour la jeunesse française (c’est-à-dire blanche ?) uniquement ?

Finalement, où se situent maintenant les frontières de la France ? Y a-t-il même encore une frontière entre l’Afrique et la France. Et quelle Afrique ? Noire ? du Maghreb ?  Quelles conséquences a cette phrase prononcée devant les ambassadeurs :

« Car quand on parle de la rive sud de la Méditerranée comme de l’Afrique, on parle aussi de fait, de la France. J’ai été amenée à le redire lors des commémorations du mois d’août. La France a une part africaine en elle parce que des combattants de ce continent ont sauvé notre pays et notre liberté. Et nos destins sont liés » ?

Et E.Macron ne dit-il pas aussi :

« L’Afrique fait partie non seulement de l’histoire de la France, mais de la France d’aujourd’hui. Parce que la géographie est ainsi faite et parce que notre peuple est ainsi fait. Le destin français se joue dans et pour l’Afrique aussi » (Echange avec les diasporas) ?

Et puis, il y a les mots d’E.Macron concernant la langue française. A Ouagadougou, il affirme :

« En nous retrouvant ensemble par ce qui nous unit par-delà ou par avant la culture et le sport dans cet amphithéâtre même le ciment principal qu’il y a entre nous, celui tellement évident qu’on finit par ne plus le mentionner, c’est la langue, j’allais dire la langue française. Oui, c’est bien la langue française mais à vrai dire il y a bien longtemps que cette langue française, notre langue, n’est plus uniquement française…. Je vais vous faire une confession, le français que nous avons appris les uns et les autres a été un moment figé par une académie comme un instrument de pouvoir  ».

Ivan Rioufol rappelait sur son blog :

« en 2018, E.Macron avait dit :”Quand je parle de langue française, je parle de nos langues françaises. Son épicentre n’est ni à droite ni à gauche de la Seine. Il est sans doute dans le bassin du fleuve Congo » (le 19 aout 2019).

Sorte de ponctuation finale, le 28 août, le député macronien Vincent Ledoux a remis au Premier ministre un rapport qui lui avait été demandé : Ouvrir nos territoires à la priorité africaine de la France ! Le même Vincent Ledoux qui dans un tweet du 23 août se félicitait que E.Macron donnât à la France le caractère d’une nation vraiment cosmopolite….. !

Peut-être un élément de réponse est-il contenu dans une autre pensée confiée par E.Macron aux membres des diasporas :

«on a un problème dans le débat public. C’est qu’on a une surreprésentation des dénonciateurs en quelque sorte d’une perte de l’identité française. Moi, j’entends ce débat. J’aime le terme de personnalité française. J’ai toujours défendu l’idée que la France est avant tout un projet qui repose sur un peuple, une culture qui lui est propre, qui a toujours un rapport à l’universel géographique et de valeurs qui est très particulier ».

Pour E.Macron, le problème n’est donc pas la perte de l’identité française, c’est le fait qu’on la dénonce. La culture française n’existe pas, la France est un projet et l’Afrique est une partde ce projet.

A part ça, la France se porte au mieux et E. Macron est grand.

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Guillaume de Thieulloy
Directeur du Salon Beige

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