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France : Société

De quelle guerre s’agit-il ?

De quelle guerre s’agit-il ?

De Jean-Pierre Maugendre sur Renaissance catholique :

Lors de son allocution télévisée du 16 mars le Président de la République l’a martelé à six reprises : « Nous sommes en guerre. » Il a repris à son compte la célèbre formule : « Ils ont des droits sur nous. » Autrefois elle concernait les anciens combattants de la guerre de 14 à propos des égards que le reste de la population leur devait. Aujourd’hui ce sont les personnels médicaux qui sont ainsi désignés et honorés. Le chef de L’Etat en a également appelé à l’union nationale en ces temps d’épreuve. Néanmoins Emmanuel Macron a tenu à rassurer les Français reprenant comme un leitmotiv : « L’Etat paiera » à propos des éventuelles faillites, du chômage partiel, etc.

En d’autres temps, somme toute objectivement plus dramatiques, un dirigeant européen, Sir Winston Churchill, avait tenu à son peuple un tout autre discours le 13 mai 1940 : « Je n’ai rien d’autre à offrir que du sang, de la peine, des larmes et de la sueur ». Il tint sa promesse et la résistance de la Grande-Bretagne permit, à terme, la victoire sur l’Allemagne nazie. Aujourd’hui l’ennemi est un minuscule virus de quelques nanomètres de long et les combattants sont l’ensemble du personnel médical.

Une guerre de retard ?

Il est assez classique au soir d’une défaite, fut-elle provisoire, d’affirmer que l’armée vaincue avait une guerre de retard. Il est à craindre que ce constat ne soit, encore une fois, d’actualité. Dans la guerre contre le coronavirus les forces combattantes ont été méthodiquement réduites et dispersées depuis plusieurs décennies.

Depuis 1971 le gouvernement fixe par décret le nombre d’étudiants- le numerus clausus- admis à passer en seconde année de médecine. Ce chiffre n’a cessé de baisser à partir de 1977 pour ne remonter qu’à partir de 1999. En 2015 ce numerus clausus était toujours largement inférieur à celui de 1971 alors que la population a sensiblement augmenté et vieilli. Le résultat est que s’est installé en certaines régions un véritable désert médical. Moins de médecins, moins de combattants.

La Fonction Publique Hospitalière doit faire face à un flot croissant d’étrangers souhaitant bénéficier des avantages sociaux qui font de notre pays l’hôpital, gratuit, de la planète. Ainsi, au nom de l’accès aux soins pour tous, parmi d’autres dispositions, l’AME (Aide Médicale d’Etat) prévoit la prise en charge de 100% des frais médicaux et hospitaliers pour les étrangers en situation irrégulière et leurs familles à condition qu’ils soient en France depuis 3 mois. Ce dispositif qui concerne chaque année plus de 300 000 personnes et coûte plus d’un milliard d’Euros donne lieu à un véritable « tourisme médical » engorgeant nos hôpitaux et leurs urgences.

La fonction médicale a toujours été fortement féminisée. Cependant aujourd’hui ce phénomène s’est amplifié. Ainsi il y a largement plus de jeunes femmes médecins que de jeunes hommes. Or, quoiqu’en pense Marlène Schiappa, il se trouve d’une part que ce sont plus les femmes que les hommes qui accouchent et d’autre part que les femmes sont plus à l’aise pour s’occuper de jeunes enfants que les hommes. Logiquement les services dans lesquels il n’y a quasiment que des femmes, cela vaut également pour la justice, sont sans cesse perturbés par des arrêts, certes justifiés, pour cause de maternités ou d’enfants malades. Ce n’est pas trahir un secret d’Etat que d’observer que la féminisation du corps des médecins militaires crée des difficultés quasiment insurmontables à la hiérarchie quand il s’agit de gérer les relèves des Opex.

Qui paiera ?

A l’issue de la première guerre mondiale le slogan était sur toutes les lèvres : « L’Allemagne paiera. » Dès 1920 dans « Les conséquences politiques de la paix » Jacques Bainville avait prévenu que l’Allemagne ne paierait pas. Effectivement elle ne paya pas et, afin d’honorer les dettes contractées vis-à-vis des USA et de la Grande-Bretagne, Raymond Poincaré procéda le 25 juin 1928 à une dévaluation du franc qui vit sa valeur divisée par 5. Le 24 juin vous aviez 1000 francs, le 26 il vous en restait 200. Nous y viendrons. Après de nouvelles épreuves ! La France n’a plus la maîtrise de sa monnaie. Il lui est impossible de procéder à une dévaluation qui lui rendrait, après la crise, sa compétitivité dans le concert des nations. L’Allemagne a besoin d’un Euro fort et n’a pas l’intention de payer les dettes de la France, notre pays étant dans l’incapacité, demain encore plus qu’aujourd’hui, de rembourser ses emprunts.

L’idéologie démocratique

Cependant, aux yeux des princes qui nous gouvernent, la bonne nouvelle est que la vie démocratique continue. Le premier tour des élections municipales a eu lieu. Les 19 et 20 mars se dérouleront les élections des maires pour les communes dans lesquelles une majorité a déjà été élue. Certains esprits chagrins feront peut-être remarquer que tout cela ne semble guère cohérent avec les mesures de confinement auxquelles sont astreints les Français. Que dans cette période de confusion ce n’est pas le moment de changer des équipes municipales, certes perfectibles, mais expérimentées pour les remplacer par de nouveaux venus. C’est oublier que pour un politicien l’enjeu est tout autre. Les élections en cours de 35 000 maires pèseront d’un poids déterminant sur les élections sénatoriales du mois de septembre prochain et donc sur le futur équilibre politique de la Haute Assemblée. Au regard de cet enjeu chacun comprendra que le reste est assez anecdotique…

Au lendemain de la défaite de juin 40 ministres et parlementaires se précipitèrent à Bordeaux pour embarquer à bord du paquebot Massilia à destination de Casablanca. L’équipage fit grève après avoir largement sifflé et conspué ses illustres passagers. Puis il refusa d’appareiller, voyant dans ces politiciens qui quittaient le territoire national, avec, selon les cas, leur famille ou leur maîtresse les responsables du désastre en cours. Quelques-uns étaient déjà célèbres, d’autres le devinrent. Citons Edouard Daladier, Pierre Mendès-France, Georges Mandel, Jean Zay – l’homme pour qui le drapeau français était de « la race vile des torche-culs. » Il est probable que, sous d’autres formes, c’est le sort auquel semble promis une bonne part de notre personnel politique, nos concitoyens se sentant plus à la veille du 10 mai 1940 qu’à celle d’Austerlitz. C’est du peuple de France, assisté de la grâce divine, qu’un fois encore viendra le salut. Le peuple qui choisit Jeanne contre Cauchon et qui à chaque génération, plus ou moins douloureusement, revit le constat désabusé de Jacques Bainville :  « A des sommes prodigieuses de dévouement et de sacrifice répondent des abîmes d’ignorance » et de morgue !

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