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Culture de mort : Eugénisme

De l’avortement à l’eugénisme quotidien

Docteur en pharmacie, directrice de la formation et de la recherche pour Alliance Vita, Blanche Streb vient de publier Bébés sur mesure. Le monde des meilleurs. Elle explique dans Présent :

9129-p6-streb-couv-194x300"L’émergence de techniques visant à modifier le génome a été un véritable électrochoc pour moi : j’ai tout de suite compris ce que cela impliquait. A l’époque peu de personnes s’intéressaient à ces sujets et cela n’a pas soulevé beaucoup de réactions malheureusement. Le deuxième électrochoc a été la naissance du premier bébé génétiquement modifié, issu d’une « FIV à 3 parents ». […] Nous nous laissons aveugler par la technique. Tout n’est pas issu de mauvaises intentions, loin de là, et c’est justement ce qui est pernicieux. Ceux qui se trouvent dans un délire scientiste ou transhumaniste ne sont finalement pas si nombreux que cela. Mais il s’opère une sorte d’aveuglement tranquille : des changements majeurs sont en train de s’opérer sans que l’on ne s’en rende vraiment compte. C’est une acclimatation progressive à l’eugénisme. Les parents n’ont pas forcément le désir d’avoir un enfant parfait mais ils sont quand même entraînés dans cette sélection lorsqu’ils engagent une procédure de PMA. Cela finit par avoir un impact et contribue à changer les mentalités. Et peu à peu le marché et la technique s’imposent. Et comme notre regard éthique et le regard que l’on pose sur l’homme ne sont plus ajustés, cette mentalité s’insinue tranquillement et doucement dans nos vies, ce qui est très préoccupant.

Pouvait-on prévoir toutes ces dérives dès la légalisation de l’avortement qui introduit l’idée que certaines vies valent d’être vécues et d’autres non ?

Certains le pensaient certainement. Ce qui est sûr c’est que certains ont vu les conséquences assez vite. Le combat pour l’avortement est nourri d’un vrai aveuglement sur ses conséquences. On nie la souffrance des femmes qui l’ont subi et la souffrance de l’enfant qui est tué. C’est une forme d’obscurantisme puisque c’est un refus de regarder le réel en face. Mais à partir du moment où l’on considère que l’on peut supprimer une vie, que l’on a un bébé quand on veut, si on veut, on est dans la logique de ce qui se passe actuellement. […]"

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