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Valeurs chrétiennes : Education

De la sensibilisation à l’éducation

De la sensibilisation à l’éducation

Chronique du père Danziec dans Valeurs Actuelles :

« Tes mains sur la table ». Disons-le tout de suite. Sans nous mentir : il y a recommandation plus agréable. Injonction plus appétissante. Ce parental rappel à l’ordre a pourtant bercé l’enfance de nombreuses têtes blondes, bien nées ou non. Élever, ce n’est pas seulement montrer la voie, c’est aussi tirer vers le haut. Fût-ce au prix de sentences, de corrections, voire de réprimandes. Les orphelins de contrainte ne vont jamais bien loin. Mufasa auprès de Simba dans le Roi Lion, Philippe Lucas avec Laure Manaudou au bord d’une piscine, Bigeard au côté de ses paras dans les rizières ou le djebel, Leonardo dans les coulisses d’un PSG en mal de discipline : pourvue qu’elle soit sensée, la rigueur porte toujours du fruit. Et si la sagesse proverbiale enseigne que « la vie appartient à ceux qui se lèvent tôt », nous serions tentés d’ajouter désormais « la réussite à ceux qui possèdent des repères ».

La réussite d’une communauté, qu’elle soit nationale ou paroissiale, se retire justement de la capacité de celui qui la dirige à agir en vérité. L’homme d’État ou le ministre du Seigneur n’est pas là premièrement pour plaire aux hommes mais pour remplir une mission auprès d’eux. Je ne suis pas prêtre d’abord pour contenter mes ouailles, mais pour les conduire au Ciel. Assurément, j’aime mes fidèles. Ils sont beaucoup pour moi, la raison de mon quotidien et le motif de mes efforts. Je me lève pour eux le matin et les conserve dans ma prière chaque soir. Cependant mon rôle ne consiste pas à « sensibiliser » mes paroissiens au Christ. En somme, à leur tenir des propos convenus ou sympathiques. A me rendre intéressant ou singulier. À faire l’original ou jouer au saint. Il s’agit de leur parler en chef et en père, tout en vivant en serviteur. Ma fonction relève davantage de la corne de brume que d’une voix d’hôtesse SNCF. Mon devoir, c’est de secouer les oreilles distraites. Indiquer à ceux qui veulent bien m’écouter le chemin de la vie éternelle, comme le petit berger Antoine Givre dirigea Saint Jean-Marie Vianney sur la route d’Ars.

A cet égard, une revue de presse sommaire de ces derniers jours permet de constater combien certains ont dû manquer d’éducation durant leur jeunesse. Manifestement de tuteurs et d’exemples pendant leur adolescence. Sans doute même de fessées au cours de leur enfance. De la pollution sur les plages à la recrudescence des féminicides : les litanies de l’incorrection, de l’incivilité et des outrages sont multiples à l’ère de l’évangile du « vivre-ensemble ». Ainsi, après la canicule durant laquelle chacun a pu constater le degré d’infantilisation dans laquelle la société française a été plongée, l’heure est à la « sensibilisation ». Brune Poirson, secrétaire d’Etat à la transition écologique, annonçait il y a peu que le gouvernement vise le zéro plastique sur les bords de mer. Elle invite les villes à signer une charte verte et se propose de distribuer des labels aux plus zélées. Marlène Schiappa, ministre des tweets indignés selon l’hebdomadaire Marianne, admet que les résultats ne sont pas encore à la hauteur dans le domaine des violences conjugales, mais elle se félicite de la minute de silence mise en place par le Président de la République pour toutes les femmes tuées par leur conjoint.

Bien évidemment, rien qu’à voir certains hommes d’Eglise ou le personnel politique, force est de constater qu’il n’existe pas de communautés parfaites ici-bas. Le mal, hélas, semble lié à notre pesanteur terrestre. La bonne éducation s’évertue cependant à le contenir au mieux. Aussi, renoncer à l’exigence de transmettre des principes, refuser d’indiquer des barrières à ne pas franchir, s’abstenir de corriger les erreurs, s’affranchir de punir les désobéissances, voilà probablement différents sentiers qui mènent au délitement d’une société. Ou tout au moins à sa désunion. Pour le philosophe Rémi Brague, l’éducation occidentale : « c’est avoir : en amont de soi un classicisme à imiter, en aval de soi, un barbarisme à soumettre. » Le verbe sensibiliser semble-t-il n’apparaît pas dans la méthode.

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Guillaume de Thieulloy
Directeur du Salon Beige

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