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L'Eglise : L'Eglise en France

De la rue du Bac à Fatima, en passant par l’Ile-Bouchard et Lourdes

De la rue du Bac à Fatima, en passant par l’Ile-Bouchard et Lourdes

D’Antoine Bordier :

Le mois de décembre est le mois de l’Immaculée Conception, de Saint Joseph, et de l’Enfant-Dieu qui naît à Bethléem. L’Immaculée Conception, celle qui « retenait tout dans son cœur ». Celle qui est le modèle de la mère et de l’épouse parfaite. Celle qui dit Oui, et, qui prononce le Fiat à l’Annonciation. Celle qui chante le Magnificat à la Visitation. Celle qui donne naissance à l’Emmanuel. Fidèle jusqu’au bout de la croix. Avant de refermer l’année 2020, partons en pèlerinage virtuel sur ces hauts-lieux d’apparition mariale. Pour cela, direction rue du Bac, là où en 1830 la Vierge Marie est apparue à sainte Catherine Labouré. Puis, plein sud, arrêtons-nous à l’Ile-Bouchard. Le 8 décembre 1947, Marie sauve la France de troubles révolutionnaires, et, du communisme. Ensuite, reposons-nous dans la grotte de Lourdes, où Marie déclare en 1858, son Immaculée Conception. Enfin, terminus à Fatima, au Portugal, où le 13 octobre 1917, la dernière apparition mariale se termine par la danse du soleil, et, un changement climatique instantané.

Nous sommes le 14 août 2020. C’est jour d’affluence, au numéro 140 de la rue du Bac, dans le 6è arrondissement de Paris. La rue est fermée pour l’occasion et rendue aux piétons. Les centaines de pèlerins masqués attendent la Vierge Marie entrée en procession la veille dans la Chapelle de la Médaille Miraculeuse, pour un temps d’adoration, de louanges et de prières avec l’archevêque de Paris, Mgr Michel Aupetit. C’est le M de Marie qui réunit ces pèlerins d’un jour. Un pèlerinage qui est parti le 1er juin 2020 de deux lieux différents : Lourdes et La Salette. L’objectif, inédit, est de relier ces lieux d’apparition mariale, avec ceux de Pontmain, de la rue du Bac et de Pellevoisin. Il s’agit de former un M géographique sur la carte de France. Objectif réussi lorsque les deux routes se rejoignent à Pellevoisin les 12 et 13 septembre 2020. Pendant ces 100 jours, plusieurs milliers de pèlerins de toute la France se sont joint, chapelet à la main, chapeau sur la tête, aux calèches qui traçaient le M. Ce 14 août, Mgr Michel Aupetit sort de la Chapelle de la Médaille Miraculeuse en compagnie de la Vierge pèlerine. Avec Mgr Chauvet et d’autres prêtres, il se dirige vers la cathédrale Notre-Dame de Paris. Là, dans un instant solennel et religieux, sur l’esplanade de la cathédrale, l’archevêque de Paris, après la prière du chapelet, relit le Vœu de Louis XIII. L’histoire de France est intimement liée aux apparitions mariales, comme si la Vierge Marie protégeait elle-même notre vieux pays judéo-chrétien.

Les apparitions de la Rue du Bac

Le 18 et le 19è siècle sont marqués par de graves crises. La Vierge Marie va, une nouvelle fois intervenir. Nous sommes le 18 juillet 1830. Ce soir-là, la jeune Catherine Labouré, novice à la Compagnie des Filles de la Charité, dort. Elle se réveille soudain, pensant que quelqu’un l’appelle. Il est 23h30. Elle se lève et voit au pied de son lit un enfant, qui lui dit : « La Sainte Vierge vous attend ». Elle s’habille et le suit. Dans le chœur de la chapelle, elle s’arrête, et, comme elle le raconte : « J’entendis comme le froufrou d’une robe de soie ». Son petit guide lui dit : « Voici la Sainte Vierge ! » Catherine se précipite aux pieds de Marie, assise dans un fauteuil : « Là, il s’est passé un moment, le plus doux de ma vie. Il me serait impossible de dire ce que j’éprouvais. La Sainte Vierge m’a dit comment je devais me conduire envers mon confesseur, et, plusieurs autres choses. » Marie lui dit : « Venez au pied de cet autel. Là, les grâces seront répanduessur toutes les personnes qui les demanderont avec confiance et ferveur. » La mission de Catherine est lancée. Le 27 novembre, la Vierge Marie apparaît de nouveau, en lui présentant sous la forme de deux tableaux la future médaille miraculeuse. La prière : « O Marie, conçue sans péché, priez pour nous qui avons recours à vous » y est inscrite. A ce jour, la médaille a été diffusée à des milliards d’exemplaire dans le monde entier. Des conversions, des guérisons et des miracles y sont associés. En 1830, la France est touchée et sauvée d’une pandémie de « coronavirus ». L’histoire semble se répéter aujourd’hui. Après la rue du Bac, notre pèlerinage virtuel continue. Direction la région Centre à quelques kilomètres au sud de Tours.

« Je donnerai du bonheur dans les familles »

Nous sommes le 8 décembre 1947. De graves troubles économiques, sociaux et politiques secouent la France. Comme l’expliquent le recteur du sanctuaire de l’Ile-Bouchard, le père Philippe Marot, et, Jean-Romain Frisch, un habitant qui a écrit une vingtaine d’ouvrages, dont quelques-uns sur les apparitions. Jean-Romain Frisch tient à rappeler que « la France, en décembre 1947, est en situation de basculer vers une guerre civile. C’est la grève générale depuis avril. L’armée se tient prête à intervenir pour rétablir l’ordre, car une centaine de sabotages ont paralysé le pays. Pire, des grévistes ont pris d’assaut les arsenaux. En septembre, les cadres du parti communiste français sont en Pologne où se tient une réunion au cours de laquelle, une feuille de route dictée par Moscou est adoptée. Il s’agit de prendre le pouvoir partout en Europe, en France et en Italie, notamment. » Le père Philippe Marot (à droite sur la photo), installé en 2017 au sanctuaire, ajoute que « le 8, la Vierge Marie apparaît dans ce contexte de guerre civile, à quatre enfants, dans l’église paroissiale : Jacqueline Aubry (12 ans), Jeanne, sa sœur (7 ans), Laura Croizon (8 ans) et Nicole Robin (10 ans). Elle leur dit : ‶ Dites aux petits enfants de prier pour la France, car elle en a grand besoin ″. Il est important de noter, également, que la Vierge apparaît dans ce petit village où sont présentes des sœurs de la Congrégation des Servantes des pauvres, fondée par Jeanne Delanoue, béatifiée un mois avant par le Pape Pie XII. » Marie sous le vocable de Notre-Dame de la prière, en présence de l’archange Gabriel, fait mémoire de son Annonciation. Ses apparitions durent jusqu’au 14 décembre. Le 9 au soir, après de graves dérapages et des morts à Marseille et à Valence, le calme revient en France. Le 12, la reprise du travail est effective. La France est sauvée. La veille, le 11, Marie est apparue pour dire : « Je donnerai du bonheur dans les familles ». Pendant ces 7 jours, elle a appris aux enfants à prier le chapelet.

« Je suis l’Immaculée Conception »

Le chapelet ? Bernadette, le prie quotidiennement, lorsqu’elle se rend de chez elle, un ancien cachot, à la grotte de Massabielle. Nous sommes le 25 mars 1858. C’est la 16è fois que Marie apparaît à Bernadette. Il y aura, en tout, 18 apparitions. La petite Soubirous lui demande comment elle s’appelle. La dame lui répond : « “Que soy era l’immaculada Concepciou” (je suis l’Immaculée Conception). Bernadette n’a pas compris, elle ne sait pas ce que cela veut dire. Elle repart de la grotte en répétant la phrase afin de la dire au curé du village de Lourdes. L’abbé Peyramale l’écoute attentivement. Son étonnement est total. Désormais, il en est convaincu, Bernadette ne peut pas avoir inventé une telle histoire, un tel nom. Elle est bien la voyante de la Vierge Marie. Et, le dogme de l’Immaculée Conception est trop récent pour qu’il soit arrivé et enseigné jusqu’ici. Analphabète, Bernadette est, aussi, ignorante. Comme à la rue du Bac, Marie a choisi de confier son message à une innocente, une pauvre des pauvres. Le 19è siècle est un siècle tourmenté pour la France. Il n’est pas anodin, non plus, que Marie apparaisse ici à Lourdes. Le nom de Lourdes viendrait d’un Sarrasin, qui aurait conquis la petite ville et l’aurait défendu contre Charlemagne. Après la défaite de ce-dernier, devant les remparts, c’est l’évêque du Puy-en-Velay, Mgr Turpin, qui proposa à Mirat, le Sarrasin, de garder la ville à condition de rendre les armes à la Vierge Noire du Puy.

Il accepta, et, en posant les armes devant la vierge noire du Puy-en-Velay, il décida de prendre le nom de Louerda (la rose en arabe), en l’honneur de la Vierge aux roses. Dans la grotte, Marie fait jaillir une source d’eau miraculeuse. Depuis 1858, 69 des 7200 guérisons enregistrées sur les registres du sanctuaire ont été reconnues comme miraculeuses. La dernière miraculée s’appelle Sœur Bernadette Moriau.

Fatima et le miracle du soleil

Il faut 10 jours à pieds, ou 9h00 en voiture pour aller de Lourdes à Fatima, distants de 1033 km. A Toulon où il vit, Joseph de Belfont feuillette son ouvrage, Mystères et vérités cachées du troisième secret de Fatima. Ancien marin, profondément catholique, il a sillonné l’histoire des apparitions de Fatima, comme les mers, et, en connaît les moindres recoins. Tel un explorateur, il s’est plongé dans ce lieu qui se trouve à une heure en voiture au nord de Lisbonne. Les voyants que sont Francesco, Jacinta et Lucia l’émerveillent encore. Pour lui, « les apparitions de la Vierge Marie à Fatima, les secrets qu’elle a confié aux enfants, ne peuvent pas se résumer à la fin des temps. Il ne s’agit pas de la fin du monde. Il s’agit plutôt de la fin d’un temps. Marie nous dit : ‶ A la fin, mon Cœur Immaculé triomphera. ″ Elle nous parle de la conversion de la Russie, et, d’un temps de persécution. On le voit bien nous y sommes revenus à ce temps de persécution, au Proche-Orient, en Asie, et, maintenant en Europe avec ces atteintes à la liberté de culte. A Fatima, Marie montre l’Enfer à des enfants qui ont 7, 9 et 10 ans. C’est un moment d’horreur absolu où les enfants voient les âmes des pécheurs brûler. Heureusement, la présence de Marie leur voile l’intensité de ce moment. Dès 1915-1916, alors que la Première Guerre fait rage, l’Ange du Portugal apparaît aux enfants et les prépare à la venue de la Vierge Marie. Déjà, il leur parle de sacrifices. Marie apparaîtra les 13 de chaque mois, de mai à octobre 1917. Sauf en août où elle leur apparaît le 19, car ils avaient été arrêtés et empêchés de se rendre au lieu d’apparition. Elle leur livrera un secret que l’on appelle communément « les 3 secrets ». Lors de sa dernière apparition, le 13 octobre, elle y fait le miracle du soleil. Ce fameux 3è secret de Fatima a fait couler beaucoup d’encre. Le 3è secret ayant été plus ou moins révélé. Certains on dit qu’il s’agissait de l’attentat du Pape Jean-Paul II, le 13 mai 1981.

Pour moi, le secret de Fatima ne s’est pas encore totalement réalisé. Mais, nous y sommes. Nous devons apprendre ou réapprendre à lire les signes des temps. Fatima est en quelque sorte une annonciation, un peu apocalyptique, il est vrai, des temps que nous sommes en train de vivre. A Fatima, Marie nous demande, aussi, instamment de nous convertir, de consacrer la Russie à son Cœur Immaculé, de réciter le rosaire en famille, de pratiquer la dévotion aux 5 premiers samedis du mois. Elle demande aux enfants, qui ont déjà commencé dès 1915, de faire des sacrifices pour obtenir la conversion des pécheurs. » Fatima se termine avec le miracle du soleil « qui danse, et, qui sèche en un instant les vêtements boueux et trempés des 70 000 témoins présents à Cova da Iria, le lieu d’apparition ». C’est un miracle d’actualité, à l’heure du réchauffement climatique et qui rappelle l’Apocalypse.

Le livre de l’Apocalypse

Pour bien comprendre ce périple éclair entre la rue du Bac et Fatima, il faut relire le livre de l’Apocalypse de saint Jean, les chapitres 12 et 13. Au chapitre 12, il est écrit : « Un grand signe apparut dans le ciel : une Femme, ayant le soleil pour manteau, la lune sous les pieds, et sur la tête une couronne de douze étoiles. Elle est enceinte, elle crie, dans les douleurs et la torture d’un enfantement. Un autre signe apparut dans le ciel : un grand dragon, rouge feu, avec sept têtes et dix cornes, et, sur chacune des sept têtes, un diadème. Sa queue, entraînant le tiers des étoiles du ciel, les précipita sur la terre. Le Dragon vint se poster devant la femme qui allait enfanter, afin de dévorer l’enfant dès sa naissance. Or, elle mit au monde un fils, un enfant mâle, celui qui sera le berger de toutes les nations, les conduisant avec un sceptre de fer. L’enfant fut enlevé jusqu’auprès de Dieu et de son Trône, et la Femme s’enfuit au désert, où Dieu lui a préparé une place, pour qu’elle y soit nourrie pendant mille deux cent soixante jours. Il y eut alors un combat dans le ciel : Michel, avec ses anges, dut combattre le Dragon. Le Dragon, lui aussi, combattait avec ses anges, mais il ne fut pas le plus fort ; pour eux désormais, nulle place dans le ciel. »

« A la fin mon Cœur Immaculé triomphera »

Ce pèlerinage éclair-virtuel prend fin à Fatima. Tous ces lieux d’apparition ont un point commun : Marie parle du chapelet, de conversion, de troubles, de sacrifices. Elle donne sa Médaille Miraculeuse, sauve la France du désastre communiste, souhaite donner du bonheur aux familles, déclare son Immaculée Conception, et, annonce sa victoire finale. Joseph de Belfont, en est persuadé : « nous allons vers des temps de plus en plus tourmentés. L’Eglise ne doit plus se taire. Seule la Vierge Marie nous sauvera des tourments à venir. ‶ A la fin, mon Cœur Immaculé triomphera. ″ ». Pour l’heure, en ces temps de pandémies, en ces temps de déchristianisation, en ces temps où les familles et la vie sont attaqués, manipulés, nos regards se portent vers la crèche. A Bethléem, Joseph et Marie ont bien du mal à trouver une chambre pour la naissance du Fils de Dieu. Finalement, c’est, en s’écartant de la ville, qu’il trouve cette pauvre étable. Et, là, dans la nuit étoilée, naît, ce 25 décembre, l’Emmanuel. Il vient nous sauver. Il est « le chemin, la vérité, et, la vie. »

Texte et photos réalisés par Antoine BORDIER

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