De la gestion du patrimoine de l’État

Au vu des exigences drastiques qu'impose l'État aux entreprises et aux particulier en terme de gestion, on pourrait s'imaginer qu'il s'appuyait sur son propre exemple ou mieux sa propre éthique. Mais que nenni, les biens de l'État sont l'objet d'une gestion des plus scandaleuses et des plus honteuses. Extraits d'un bien triste état des lieux :

"Du côté des ventes, l’immobilier de l’Etat
est pour le moment en retard
par rapport aux prévisions de 2008, 395
millions d’€ par rapport à une prévision de 600 millions d’€. Pour
2009, l’objectif affiché de 1,4 milliard d’€ semble donc plus que
jamais incertain, d’autant qu’il comprenait la cession de 1 milliard
d’€ d’actifs fonciers du ministère de la Défense.
Le climat baissier de
l’immobilier doit donc conduire l’Etat propriétaire à changer son fusil
d’épaule et se lancer dans un actif programme de location en dépit de
programmes de cessions symboliques importants : la cession du château
de Nainville-les-Roches par le ministère de l’Intérieur, et l’une des
cinq résidences du Président de la République, le domaine de
Souzy-la-Briche.

Du
côté des locations, tout reste à faire.
Une telle opération est
cependant importante parce qu’elle évite le « gel » de l’immeuble par
transfert à une foncière en attente d’être vendue. Une opération qui ne
gêne pas la réduction des surfaces occupées par les fonctionnaires et
permet une valorisation en continu du foncier cessible. Celle-ci doit
se traduire en priorité par une imputation des travaux de rénovation à
ces immeubles, ce qui va, à terme, accroître leur valeur marchande donc
locative. Or, sur le volet rénovation pour le moment, l’Etat piétine (…)

Du côté des questions mobilières, les mêmes causes semblent produire
les mêmes effets.
Nul ne connaît le nombre total des œuvres d’art du patrimoine mobilier de l’Etat
français.
Les institutions destinataires d’œuvres d’art issues de fonds
du Mobilier National, du fonds national d’art contemporain, du Musée
national d’art moderne ou de la manufacture nationale de Sèvres n’ont
pas été suffisamment attentives au mobilier qui leur était confié. Les
services spéciaux de ces ministères se sont révélés particulièrement
négligents. Pour un volume d’œuvres prêtées de 300 000 dont seulement
51% a été récolé, pas moins de 37 000 pièces manquent à l’appel,
occasionnant le dépôt de plus de 1000 plaintes
[seulement! NDL] (…) Comme il n’existe aucune évaluation de l’ensemble du patrimoine
mobilier de l’Etat ou de ce qui a été prêté aux ministères, le montant
des pertes et vols ne peut même pas être évalué avec précision
".
Lahire (merci à PG)

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