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France : Société / Valeurs chrétiennes : Culture

De la contre-culture à la subversion trotskiste

De Philippe Fretté sur les 4 vérités :

"À la fin des années soixante s’est développé aux États-Unis un mouvement de contestation, auquel le sociologue Théodore Roszak a donné, en 1969, le nom de « contre-culture », fondée sur une opposition délibérée à la culture dominante.

La critique de tout système politique est porteuse de dynamisme. Ce fut le cas de la « contre-culture » dont les effets devaient se propager dans l’ensemble du monde occidental à partir des années 1970 : le courant antipsychiatrique a ouvert la voie à de nouvelles thérapies ; la « révolution sexuelle » a accentué l’émancipation des femmes et l’émergence des minorités sexuelles ; la critique du système productiviste et du gigantisme, a abouti à de nouveaux modes de production… Après le tiers-mondisme, le néo-ruralisme, le commerce dit « équitable », le développement dit « durable », l’écologie en tant qu’enjeu politique n’auraient pas vu le jour sans ces remises en cause radicales de la société de consommation.

De grands noms ont marqué cette période : Ernst Friedrich Schumacher et son best-seller « Small is beautiful » paru en 1973 ; William Reich et ses développements psychanalytiques, en marge du freudisme officiel, et, plus près de nous, René Dumont et son inoubliable profession de foi : « L’utopie ou la mort », aussi de 1973.

Dans la sphère privée, le courant hippie entendait même substituer à la cellule familiale la vie en communauté, où les enfants n’appartiendraient à personne. Cet humanisme néo-rousseauiste ne s’est pas affirmé sans con­séquences désastreuses pour ses adeptes : beaucoup ont sombré dans la drogue, la marginalité, la pauvreté…

En France, ce nouveau souffle idéologique a fait irruption dans un contexte fortement politisé, hérité de ce qu’il est convenu d’appeler « le système de 1945 ». Très vite, les forces de gauche et d’extrême gauche (principalement trotskistes) ont compris que la « contre-culture » pouvait être avantageusement utilisée pour en finir avec le système capitaliste.

On a donc assisté à une instrumentalisation en règle des grands thèmes de la « contre-culture » dans le combat politique afin de faire plier le pouvoir en place. Avec l’aide active des médias politisés, la fiction d’une alternative à la droite, imprégnée des idées de mai 68, s’est peu à peu imposée au Français moyen, pour aboutir au succès de la gauche en 1981.

Toutefois, l’extrême gauche ne devait pas se contenter de ce nouvel ordre mitterrandien. Rapidement écartée du pouvoir, elle a vite réactivé le moteur de la contre-culture dans les années 1990, dans l’espoir d’infléchir plus à gauche encore la direction politique du pays" (suite).

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12 commentaires

  1. Bonjour,
    Je crois qu’on touche ici un des points forts des gauchos qui est l’un de nos points faibles:
    Le combat culturel.
    Les gauchos ont plein d’artistes de toutes sortes et nous presque rien.
    un petit exemple est
    http://swordofpeter.blogspot.fr/
    ou sont nos chanteurs? dessinateurs? humoristes et autres artistes?
    vu l’époque absurde que nous traversons, et tous les les deux poids deux mesures existants. il y a matière a travailler à ceux qui ont du talent.
    j’imagine un “guignols de l’info” de notre tendance ferait un carton.
    C’est une lacune que je pense doit être traitée en priorité.
    Cdt

  2. C’est quoi ce salmigondis ? Mettre dans le même sac le ” Small is beautiful ” de Schumacher fortement inspiré par la doctrine sociale chrétienne et la révolution sexuelle qui repose sur une volonté de s’affranchir des lois de la création, ça mène à quoi ?
    Benoît XVI nous dit – le SB nous l’a fort judicieusement rappelé hier –
    nous dit que nous chrétiens devons avoir une force de contestation. Toute contestation n’est pas forcément révolutionnaire.

  3. Mais la contre culture aujourd’hui est catholique. et la critique “radicale” de la postmodernité est portée par la théologie de la Radical Orthodoxy que je suis entrain de découvrir actuellement.
    Ce courant théologique d’origine anglicane “High Church” mais repris par de jeunes théologiens catholiques britanniques ou américains est surprenant, décoiffant, parfois dérangeant. en tous cas gagnant à être découvert.
    Pdc

  4. Oui, et entre autre, ladite “libération” des mœurs – c’est à dire non seulement un blanc seing accordé aux pulsions les plus primitives, mais leur surenchère dans une orchestration perverse – est une pièce essentielle dans cette stratégie.
    Raoul Vaneigem, (alors “situationniste”) et promoteur de mai 68 écrivait prophétiquement en 1967: “Le déchaînement du plaisir sans restriction est la voie la plus sûre vers la révolution de la vie quotidienne …” et encore: “Cette société marchande […] je soutiens qu’elle ne résistera pas aux guerriers du plaisir à outrance.” Il précisait de même (en employant le mot “amour” dans un sens très étendu… jusqu’à la dissolution): “Ceux qui parlent de révolution et de lutte de classes sans se référer explicitement à la vie quotidienne, sans comprendre ce qu’il y a de subversif dans l’amour et de positif dans le refus des contraintes, ceux-là ont dans la bouche un cadavre.”
    Ceci explique une grande partie de la politique des mœurs que nous vivons et vivrons.
    Cela remonte aux origines du trotskisme. Trotski, enfant, collectionnait les images pornographiques ; maintenant ce serait une banalité, cette sanie est partout, mais dans la Russie tsariste, pour qu’un enfant aille trouver les colporteurs spécialisés et réussisse incognito ses transactions, il fallait en vouloir! Ils en veulent plus que jamais!!

  5. ” En ce temps là ,il y aura de faux sauveurs et de faux prophètes” Trotsky EST typiquement un faux “MESSIE”Ses premiers compagnons Staline et Lénine le haîssaient car ils savaient qu”‘on ne bâtit rien sur du néant.Ils l’ont assassiné à coups de pioche,ce qui est une fin cohérente pour un démolisseur .Mais il a fait de nouveaux apprentis- messies,qui sont aujourd’hui ministres…ça promet

  6. a notre tour, de nous investir dans la contre-culture pour contrecarrer la culture ambiante !
    les mauvaises prises de position du gouvernement vont nous y aider, comme des coups de fouet… a nous de ruer dans les brancards

  7. D’accord, “Radical Orthodoxy” est intéressant (je pense entre autre aux critiques de W. Cavanaugh sur l’État voulant confisquer et assurer le ” Salut”)
    Cependant, La plupart des vérités de foi y sont encore largement “réformées”, et certaines affirmations sont ambiguës. Ainsi en va-t-il de certains propos de Catherine Pickstock, qui est l’âme du mouvement et dont les accents poétiques séduisent nombre de lecteurs. Passe encore qu’elle ne voit la Cité de Dieu qu’engagée dans le socialisme (cette réduction est tellement commune!), mais il est surprenant de la voir énoncer : ” par-dessus tout, nous avons besoin de nous pénétrer de ce sentiment que la charité […] n’est en fin de compte qu’un échange de dons; car si le travail humain produit plus que le nécessaire… etc. ”
    On peut se demander si cette optique transactionnelle, par son ambiguïté, ne risque pas de dévaluer la gratuité de l’Amour, et ce n’est pas en évoquant une quelconque “plus-value” aux accents marxiens que l’on pourra exprimer la surabondance, non de production, mais de cœur, que doit être la Charité…

  8. Cette contre-culture (Reich, Marcuse, Mai 68, révolution sexuelle, pilule, déclin rapide de l’éducation natinale avec nouvelles méthodes “pédagogiques”, déclin démographique, destruction de la cellule familiale etc.) a été souvent dénoncée mais rarement systématiquement critiquée point par point avec des contre-propositions. On trouve les analyses sociologiques d’Evelyne Sullerot sur la révolution sexuelle et ses fruits empoisonnés, aux USA, Allan Bloom avait il y a déjà un certain temps montré les conséquences désastreuses de cette culture sur les Universités et le système éducatif mais on peut dire que ce manque de combat culturel ou idéologique de la part de chrétiens dans les média permet à ce Philippe Fretté de sortir toutes ses contre-vérités sur les mal nommées 4 Vérités sans crainte d’être remis à sa place comme cela devrait être le cas. “Pour que le mal triompe, il suffit que les hommes de bien laissent faire” disait approximativement un pasteur au moment de la montée du nazisme.

  9. Il y a une analyse (au départ sur écologie, mais aussi gauchisme, américanisation) plus méthodique dans un article récent de Polemia
    http://www.polemia.com/article.php?id=4854

  10. J’ai dit une bêtise dans mon message précédent en critiquant Philippe Fretté sans lire son article jusqu’au bout. J’avais été heurté par la formule “De grands noms ont marqué cette période..” avant de parler de Wilhem Reich, un psychiatre obsédé sexuel qui a terminé fou, mas en fait, il s’agissait simplement d’une analyse, aussi je retire toute critique à l’égard de M. Fretté qui est sûrement quelqu’un de bien intentionné.

  11. @ Bernard, la citation est d’Edmund Burke et non du pasteur Niemöller, si c’est à lui que vous pensez. 🙂

  12. @Jean Merci pour la précision. Je ne connais pas grand chose de Burke mais en tout cas, cette citation est très vraie.

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