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Liberté d'expression

Quand le ministère de la culture censure un historien

Tn_90405_terrorisme_et_gurilla_de_la_toussaint_rouge__la_tragdie_des_harkis_confrence_donne_le_21_fvrier_2002_par_guy_pervilleContacté en novembre 2010 par le directeur chargé des Archives de France, afin de rédiger un article, le plus objectif possible, sur la fin de la guerre d’Algérie dans la publication annuelle du Ministère de la culture et de la communication, intitulée "Commémorations nationales 2012", l'universitaire Guy Pervillé accuse le ministère de l'avoir censuré en amputant son texte des quatre cinquièmes sans avoir été consulté. C'est, pour l'universitaire, le premier acte de censure subi en plus de quarante ans de carrière.

On peut lire ici le texte publié et ci-dessous des extraits des passages censurés ou jugés trop historiquement incorrects selon l'expression de Jean Sévilla :

"(…) Cependant le FLN profita des accords d’Evian pour reconstituer ses forces armées et pour étendre leur autorité sur une grande partie du pays et de sa population. L’armée française s’y opposa jusqu’au 8 mai, puis dut y renoncer. A partir du 17 avril 1962, le FLN déclencha une vague d’enlèvements contre la population française, supposée complice de l’OAS (…) Le 14 mai la Zone autonome d’Alger, dirigée par Si Azzedine, rompit ouvertement le cessez-le-feu en déclenchant une série d’attentats (…) D’autre part, des enlèvements et des massacres avaient été commis après le 18 mars contre d’anciens "harkis", en violation flagrante des clauses d’amnistie des accords d’Evian ; des tracts de l’ALN saisis par l’armée française faisaient craindre qu’une épuration systématique soit déclenchée après le référendum. Le respect de ces accords par le FLN semblait de moins en moins assuré (…)

Le 3 juillet, la France reconnut l’indépendance de l’Algérie sous l’autorité de l’Exécutif provisoire, qui devait organiser au plus vite l’élection dune assemblée constituante souveraine (…) En même temps une lutte pour le pouvoir, jusqu’au bord de la guerre civile, se déclencha entre deux coalitions issues du FLN (…)

Les accords d’Evian, voulus par le gouvernement français comme la "solution du bon sens", se révélèrent donc une utopie, qui échoua à ramener une vraie paix en Algérie. Le "rapatriement" des Français d’Algérie, et celui de "Français musulmans" (que le général de Gaulle ne considérait pas comme de vrais Français) s’imposèrent comme des nécessités (…)"

(via Secours de France)

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4 commentaires

  1. Ce qui est grave c’est que c’est connu et que l’on ne peut pas le dire, mais qu’en face ( y compris en France avec l’argent public), ils font des films et de la propagande.
    C’est terrible à supporter quand on a dans sa famille ou ses proches connaissances quelqu’un de disparu ou de tuer dans les conditions indiquées dans l’article. Pour les plus jeunes quand on l’apprend, on a du mal à le croire.

  2. cela est la première manifestation de ce que va être la formidable entreprise de « négationisme » de l’oeuvre française en Algérie:il faut à tout prix effaçer cette page de l’Histoire de France.Le but est clair:il est indispensable de « renouer » commercialement avec l’Algérie qui représente des débouchés pour le commerce et l’industrie.
    Peu importe alors de gommer nos 130 ans de présence et tout l’apport à un pays qui n’existait pas auparavant.
    Une »mission » vient d’être confiée à Mr Colin de Verdière ,ancien ambassadeur à Alger,qui s’est à plusieurs reprises battu la coulpe en Algérie sur le passé exécrable de la présence française,mission qui a pour célébrer les 50 ans d’indépendance et la « paix » du 19 mars 1962…
    Il est curieux de constater que c’est en France que tout cela se passe avec semaine du film pro-fln actuellement organisé à Paris.
    On serait curieux de savoir si la réciproque serait envisageable à Alger où l’on continue dans les milieux du pouvoir à réclamer un tribunal pour juger les « crimes »perpétrés par le colonialisme français.
    On sait que M.Hollande a choisi son camp en allant célébrer le jour de son investiture le »massacre » des fln émeutiers d’Octobre 1961 à Paris.
    M.Sarkozy,malgré des effets d’appel,Grand Croix de la légion d’honneur au Cdt Hélie Denoix de Saint Marc,présence à la journée de reconnaissance aux harkis(25/9)navigue à vue en envoyant M.Guéant et Jeannette Bougrab à Alger…
    L’héritage historique que nous léguerons aux générations futures se joue indubitablement pour une grande part en 2012.
    Soyons en persuadés et faisons le savoir autour de nous et à toutes les instances souvent très ignares dans ce domaine ou ne voulant pas voir ce qu’a été une forme de turpitude de « l’amère patrie »!

  3. J’apprends en lisant le site de Jean MONNERET historien, que Mme Nicole Guiraud qui a perdu un bras en automne 1956 à la suite d’un attentat commis par le FLN au Milk-Bar à Alger -à l’époque c’était une petite fille- a été invitée à témoigner au 7ème Collogue de l’Association Française des Victimes du Terrorisme à Paris.
    Fureur du FLN algérien qui craint d’être ainsi stigmatisé comme une organisation terroriste. Il a donc fait donner quelques associations satellites pour dénoncer l’invitation de Mme Guiraud.
    A cette occasion, il est intéressant d’examiner l’argumentation employée par le FLN et ses sympathisants pour nier le caractère terroriste de son activité durant la guerre d’Algérie. Mme Flici, secrétaire générale de l’ONVT (Organisation Nationale algérienne des Victimes du Terrorisme) reproche à l’association française de ne pas faire de « distinction entre le terrrorisme et les actions de lutte pour la libération du peuple algérien du colonialisme criminel et barbare « . Un peu auparavant, elle avait écrit dans son communniqué: « En tant que fille de chahid (cad de combattant du FLN tombé au combat) je n’accepterai jamais qu’on cite le FLN comme organisation terroriste alors que la lutte armée durant la guerre de libération était sacrée et noble… »
    IL Y A LA UNE CONFUSION CARACTERISTIQUE.
    Je ne pense pas personnellement que la lutte du FLN était sacrée et noble. Mais peu importe en l’occurrence. Cette dame, elle, le croit. Il n’en demeure pas moins que son raisonnement repose sur un syllogisme grossier: La cause était sacrée et noble DONC les moyens utilisés ne peuvent pas avoir été ignobles. On pourrait sourire si la matière n’était grave. Car, la plus sacrée des causes (et celle du FLN reste ouverte à bien des contestations de ce chef) sera ,en tout état de cause, discréditée par le recours au Mal.
    En d’autres termes,la fin ne justifie pas les moyens.
    Il y a belle lurette que cette thèse a été réfutée dans notre vieille Europe par tous ceux, écrivains, prêtres, théologiens, philosophes qui se sont préoccupés de morale…….
    Albert Camus leur a jadis prêté sa voix: « Quelle que soit la cause que l’on défend, elle restera toujours déshonorée par le massacre aveugle d’une foule innocente où le tueur sait d’avance, qu’il atteindra la femme et l’enfant. »
    Nicole Guiraud est donc l’incarnation vivante du déshonneur du FLN.


    Une certaine Mme Benhabylès, ex-ministre algérienne, a également publié un communiqué sur le même sujet. Elle, s’insurge: « Ils qualifient, dit-elle « nos résistants et moujahidines de terroristes ».
    Or, le tueur qui sait d’avance qu’il atteindra la femme et l’enfant, et agit ainsi peut bien être appelé « résistant » par des idéologues, il reste un tueur.
    La même dame pose plus loin une étrange question: « Dit-on de Jean Moulin qu’il était un terroriste? »
    Non, évidemment, car J. Moulin n’a jamais commandé d’attentat comme ceux du Milk Bar, de la Cafétéria ou comme le massacre de Mélouza. La Résistance française a commis des erreurs. Elle n’a jamais eu recours au terrorisme en faisant périr sciemment des civils innocents visés en raison de leur origine ethnique ou religieuse.
    JEAN MONNERET
    Historien
    1er août 2011

  4. Ce qui est encore plus ignoble et révèle bien la complicité coupable des gouvernants français aussi bien en 1962 qu’actuellement, est l’abstention de l’Etat Français à saisir la Commission de droits de l’homme aux Nations Unies pour dénoncer les disparitions forcées de Français d’Algérie (PN et Harkis)notamment, en 1962, considérées par la commission, comme crimes de guerre voire comme génocides. La France n’a pas dénoncé ces exactions à la commission bien qu’étant un des premiers états à avoir signé la convention de droits de l’homme aux Nations Unies si bien toutes ces disparitions sont ignorées de la dite commission (voir le livre de JJ Jordi « un silence d’Etat » page 14. Mais qu’attendent-ils, nos gouvernants pour dénoncer ces crimes contre l’humanité et jusqu’à quand vont-ils pouvoir nous imposer le silence?

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