Bannière Salon Beige

Partager cet article

L'Eglise : Vie de l'Eglise

Construire une belle cathédrale pour donner à Dieu la première place

Mgr Schneider, évêque auxiliaire du diocèse de Karaganda, où une
nouvelle cathédrale sera consacrée dimanche 9 septembre 2012, déclare à Zenit (suite de l'entretien) :

S"La construction d’une nouvelle cathédrale avec une véritable
esthétique sacrée et des œuvres d’art est aussi une proclamation du
premier devoir de l’Eglise : donner à Dieu, au Dieu qui s’est incarné,
la première place
, une place visible, parce que Dieu s’est rendu visible
dans l’Incarnation et dans l’Eucharistie ; donner à Dieu la première
place dans le sens où l’on offre en son honneur une œuvre artistique qui
est belle, parce que Dieu est l’auteur de toute la beauté et mérite de
recevoir en son honneur de la part des croyants quelque chose de
vraiment beau.

Par ailleurs, une telle cathédrale peut être une manifestation
concrète de l’amour plein de tendresse de la communauté croyante,
l’épouse du Christ, envers le Corps du Christ
 : elle offre, en l’honneur
de ce Corps du Christ, d’une certaine façon, la sainte prodigalité de
la femme pécheresse qui a offert, en l’honneur du Christ, le vase de
parfum précieux d’un prix extrêmement élevé (« plus de trois cents
deniers », cf. Mc 14, 4). Pour oindre le corps du Christ, la femme
pécheresse a dépensé une somme avec laquelle on pouvait faire vivre une
famille pendant une année. Les personnes présentes se sont indignées
devant un tel gaspillage. Mais Jésus a loué ce saint gaspillage en
disant : « C'est une bonne œuvre qu'elle a accomplie sur moi » (Mc 14,
6). Il faut encore ce « saint gaspillage » pour Jésus.

Beaucoup de personnes ont visité la nouvelle cathédrale. La majorité
était des personnes non catholiques, et souvent non chrétiennes. Elles
ont été attirées par la beauté. Elles ont exprimé leur admiration
visiblement
. Quelques femmes non chrétiennes ont même pleuré d’émotion
en ma présence
. Une fois, j’ai passé une demi-heure à montrer et à
expliquer la cathédrale à un jeune couple non chrétien, avec tous ses
détails artistiques et ses objets sacrés. Lorsque j’ai terminé, nous
sommes sortis de la cathédrale et la femme m’a dit : « Pendant cette
demi-heure, j’ai purifié mon âme. Puis-je revenir seule ? Parce que je
veux admirer toutes ces belles choses en silence 
». J’ai répondu :
« Certainement, vous pouvez venir autant de fois que vous le voulez ».
En une demi-heure, à travers l’explication d’un art sacré qui est beau,
j’ai donné une leçon sur la vérité de la foi catholique
. La réaction de
presque toutes les personnes qui ont visité la cathédrale jusqu’ici, en
particulier celles qui ne sont pas chrétiennes, est toujours aussi
spontanée : admiration, silence, ouverture au surnaturel. J’ai constaté
dans ces situations cette vérité que l’âme humaine est naturellement
chrétienne, comme le dit Tertullien
, c’est-à-dire que Dieu a inscrit en
elle la capacité de le connaître et de le vénérer. Les catholiques ont
le devoir de guider ces âmes ouvertes vers la foi et l’adoration
surnaturelle, vers la foi et l’adoration du Christ, de la Sainte
Trinité, de mener les âmes au ciel. Sur les grandes portes de bronze de
l’entrée de la cathédrale, ces paroles de l’Ecriture sainte sont
inscrites : « C’est ici la porte de Dieu, c’est ici la porte du ciel »
(Domus Dei – porta caeli). Ces paroles sacrées sont une devise tout à
fait adaptée à cette cathédrale, pour ce travail d’évangélisation
visible, comme pour l’œuvre d’évangélisation tout entière
."

Partager cet article