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Culture de mort : Euthanasie

Comment le lobby de l’euthanasie avance en France

Etape n°1 : l'Association pour le Droit de Mourir dans le Dignité (ADMD) commande un sondage à BVA sur l'euthanasie.

Ce sondage est rendu public le 24 septembre et montre que 75% des Français seraient "favorables" à l'euthanasie.

Etape n°2 : le président de l'ADMD, Jean-Luc Romero, présente son nouveau livre dont l'objet est la défense de l'euthanasie (Les voleurs de liberté) .

Le décryptage du sondage est intéressant :

  • Tout d'abord, la question posée n'est pas celle que les médias reprennent (favorable ou non à l'euthanasie) mais elle est plus complexe :

"Lorsque des personnes atteintes d’une maladie incurable en phase terminale le réclame, êtes-vous favorable ou opposé à ce que des euthanasies soient pratiquées, même si elles ne sont pas autorisées par la loi ?"

Cette formulation (maladie incurable en phase terminale, réclame) permet de réveiller immédiatement la pitié et la compassion chez la personne interrogée d'autant plus efficacement qu'elle n'est pas confrontée à ce problème et qu'elle n'a pas le temps d'y réfléchir.

  • Ensuite, il faut noter l'introduction du terme "euthanasie clandestine", qui est le titre du sondage sur le site de BVA : "Les Français et l'euthanasie clandestine". Nous sommes là au coeur de la manipulation des esprits. La méthode est la même que pour l'avortement : il ne s'agit pas de légaliser l'euthanasie mais de la dépénaliser puisque l'on évoque son existence clandestine.
  • Enfin, le seul point positif de ce sondage est qu'il montre que, chez les catholiques, plus la pratique est importante moins ils y sont favorables. Ainsi les catholiques seraient favorables à l'euthanasie à 79% lorsqu'ils sont non pratiquants, à 76% lorsqu'ils sont pratiquants occasionnels et "seulement" à 45% lorsqu'ils sont pratiquants réguliers. En outre, l'ADMD montre clairement sa cible car le premier graphique du sondage qui détaille les résultats est justement celui concernant les catholiques, les considérations régionales et politiques venant ensuite.

Les chiffres concernant les catholiques ne sont pas pour autant satisfaisants et montrent une présence insuffisante des catholiques sur ce terrain. Il ne faut donc pas hésiter à faire lire ou relire à vos proches ce que dit le catéchisme de l'Eglise catholique au sujet de l'euthanasie :

"2276 Ceux dont la vie est diminuée où affaiblie réclament un respect spécial. Les personnes malades ou handicapées doivent être soutenues pour mener une vie aussi normale que possible.

2277 Quels qu’en soient les motifs et les moyens, l’euthanasie directe consiste à mettre fin à la vie de personnes handicapées, malades ou mourantes. Elle est moralement irrecevable.

Ainsi une action ou une omission qui, de soi ou dans l’intention, donne la mort afin de supprimer la douleur, constitue un meurtre gravement contraire à la dignité de la personne humaine et au respect du Dieu vivant, son Créateur. L’erreur de jugement dans laquelle on peut être tombé de bonne foi, ne change pas la nature de cet acte meurtrier, toujours à proscrire et à exclure.

2278 La cessation de procédures médicales onéreuses, périlleuses, extraordinaires ou disproportionnées avec les résultats attendus peut être légitime. C’est le refus de " l’acharnement thérapeutique ". On ne veut pas ainsi donner la mort ; on accepte de ne pas pouvoir l’empêcher. Les décisions doivent être prises par le patient s’il en a la compétence et la capacité, ou sinon par les ayant droit légaux, en respectant toujours la volonté raisonnable et les intérêts légitimes du patient.

2279 Même si la mort est considérée comme imminente, les soins ordinairement dus à une personne malade ne peuvent être légitimement interrompus. L’usage des analgésiques pour alléger les souffrances du moribond, même au risque d’abréger ses jours, peut être moralement conforme à la dignité humaine si la mort n’est pas voulue, ni comme fin ni comme moyen, mais seulement prévue et tolérée comme inévitable. Les soins palliatifs constituent une forme privilégiée de la charité désintéressée. A ce titre ils doivent être encouragés."

On pourra aussi se reporter à l'encyclique de Jean-Paul II, Evangilium Vitae, 64 à 67.  

Les principes non-négociables n’ont jamais été si attaqués. Aidez le Salon beige à contre-attaquer et à promouvoir la culture de vie !

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3 commentaires

  1. Le problème n’est pas de savoir si on est pour ou contre l’euthanasie car en soi cela ne veut rien dire. Personne sous condition qu’il soit normal, est pour la mort et contre la vie. Il s’agit simplement de considérer que les progrès de la médecine permettent de maintenir en vie des malades en phase terminale d’une maladie qui seraient décédées au même stade il y a vingt ans ou plus. D’autre part, la raison invoquée par les partisans de l’euthanasie est le rapport à la souffrance et la liberté de choix. Cette notion ne peut s’inscrire dans un cadre législatif car cela n’est pas rationnel. Chaque cas est différent car chaque sensibilité est propre à l’individu concerné ou à ses proches le cas échéant. L’euthanasie si cela en est une se pratique déjà couramment dans les hopitaux français mais on pourrait appeler cela accompagnement à la mort. Cette question est tellement intime qu’elle ne pourra jamais s’inscrire dans un cadre de loi.

  2. tels sont les flibustiers de la mort, qui
    piratent impunément l’opinion publique depuis l’IVG, en passant par le marché des embryons , celui des pièces de rechange humaines et désormais l’heuthanazie.

  3. Non seulement le pourcentage de Catholiques “pratiquants” (45%, 45%! presque la moitié!) n’est pas satisfaisant, mais il est même terrifiant. Presque la moitié des Catholiques accepteraient l’idée qu’on tue une personne à cause de sa souffrance.
    Je sais que le problème est complexe et qu’il est facile d’avoir un avis tranché de loin, mais malgré tout, le diable doit se réjouir d’être accueilli ainsi, même sur nos parvis… Nous ouvrons nous-mêmes la porte au mal et à la mort, parce que nos consciences modernes ne savent plus donner sens à la souffrance.
    “Dieu voudra que tout nous lâche, afin que nous ne trouvions plus d’appui qu’en Lui” Lettre de Bernanos à Amorosa Lima, Juin 1940.
    Et Bernanos savait de quoi il parlait, lui qui fut toujours terriblement angoissé par l’idée de la mort!

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