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Sciences

Colloque privé pour le Pape sur “la création et l’évolution”

Du 1er au 3 septembre prochain, le Pape réunira à Castel Gondolfo plusieurs philosophes et théologiens allemands qui furent ses étudiants à Munich (le Schulerkreis, évoqué ici) sur le thème "la création et l’évolution".
C’est le cardinal Schoenborn, archevêque de Vienne qui l’annonce, ajoutant

"Je pense que le choix du thème est motivé par le débat en cours depuis plusieurs mois sur ce sujet".

Il fait ici allusion aux débats entre la théorie de l’évolution de Darwin (ou le "néo-darwinisme"), celle du "dessein intelligent", voire le "créationnisme" (cette dépêche AFP confond, à tort, les deux derniers). Le choix du Cardinal Schoenborn n’est pas fortuit si l’on se souvient de son intervention sur le sujet qu’Henri nous avait rapportée en janvier dernier.

Benoît XVI doit tenir ce sujet en grande importance car, dès le début de son pontificat, au cours de l’homélie de sa messe inaugurale, il prononça ces mots :

"Nous ne sommes pas le produit accidentel et dépourvu de sens de l’évolution. Chacun de nous est le fruit d’une pensée de Dieu".

Lahire

Addendum : pour le Daily Mail, le récent changement à la tête de l’Observatoire du Vatican s’expliquerait par l’opposition du précédent titulaire au Dessein Intelligent. Le Vatican ne confirme pas, donc prudence… HV

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14 commentaires

  1. Les nouvelles thèses créationnistes ont du succés. Elles sont consommables à souhait et apparemment confortables pour la plèbe…Cette dernière est ainsi mûre pour servir d’esclave des temps modernes. Esclaves donc qui s’ignorent et se croient libres et libérés.
    Car il n’y a pas plus esclave que celui qui s’ignore; ses maîtres s’en réjouissent aussi car la surveillance est ainsi trés allégée…

  2. voici un débat philosophique de la plus haute importance
    en amérique, il a eu lieu depuis longtemps et les deus théories sont exposées
    et ont leurs défenseurs, non censurés
    en France, je me demande si ça ne va pas aboutir à des accusations de déviationisme révisionniste! ( le pays est si timoré!)
    dans la plupart des religions, le problème des origines, ou des fins dernières ,(bilogie) est exposée sans complexe
    mais dans notre pays, s’y ajoute le projet d’un pouvoir politique, des évolutionnistes sur les créationnistes, dès lors accusés d’obscurantisme
    à l’arrière plan, en embuscade,les marxistes
    et tous les spcécialistes qui ont su concilier la grandeur de leur pensée et des avantages plus matérielles en termes de places et de fonctions au coeur du système
    (CNRS,Université, etc)

  3. Il serait intéressant de mieux comprendre comment l’évolution, qui pour tous les scientifiques sérieux n’est qu’une hypothèse, est devenue un dogme pour la plupart (dont notre ami Landeau semble-t-il).

  4. “Il y a des vérités qu’il faut croire car sans elles on ne peut plus rien comprendre” Il faut croire Dieu sur Parole et lui faire confiance.
    La Bible ne nous dit pas comment Il a fait le ciel, mais comment on y va..Je préfère savoir être enfant d’un Père très bon que le fruit hasardeux d’un ‘mécanisme auto déterminateur’Sic: l’Evolution qui ne vient de nulle part et ne va nulle part.Big bug.Jugez les doctrines et les théories à leurs fruits…

  5. Les différentes hypothèses sur l’évolution naturelle font l’objet d’études scientifiques sérieures. Le problème n’est pas tant les tentatives d’explication qu’elles proposent que leur tendance, parfois, à empiéter sur le champ de la philosophie et de la théologie.
    La question de l’évolution de la création dans l’histoire peut-être abordée sous un angle théologique, philosophique et scientifique (sciences naturelles, archéologie…). Ces trois approches, employant des méthodes différentes ne peuvent être “confrontées” ou “confondues”. Chaque discipline a des méthodes qui lui sont propre. On n’a pas à viser une “cohérence” ou concordance parfaite entre elle. Ce serait une erreur épistémologique.
    Les théories scientifiques de l’évolution sont respectables en soi et peuvent approcher de nombreux aspects de la vérité tant qu’elles ne prétendent pas à présenter une philosophie universelle expliquant l’origine et la fin de toute chose (cf. texte du card ratzinger ci-dessous).
    De même, la théologie, si elle étudie la création d’un point de vue religieux, ne prétend pas expliquer l’évolution de tout le vivant à partir de la Bible. Ce serait une approche fondamentaliste. De plus, la question de la création ne se résume pas qu’aux origines de la vie sur terre. En théologie, la création est continue, permanente… Dieu crée en permanence l’univers et cette création passe forcément par des lois qui peuvent être comprise, en partie, par la raison.
    Ci dessous : Extrait d’une intervention passionnante du card. Ratzinger lors d’un colloque organisé, du 25 au 27 novembre 1999, par l’Université de Paris IV-Sorbonne à Paris sur le thème « 2000 ans après quoi ?
    “Personne ne pourra mettre sérieusement en doute les preuves scientifiques des processus micro-évolutifs. R. Junker et S. Scherer disent à ce propos dans leur « manuel critique » (kritisches Lesebuch) sur l’évolution : « De tels événements (les processus micro-évolutifs) sont bien connus à partir des processus naturels de variation et de formation. Leur examen au moyen de la biologie de l’évolution amena à des connaissances significatives concernant la capacité géniale d’adaptation des systèmes vivants. » Ils disent en ce sens que l’on peut caractériser à bon droit la recherche des origines comme la discipline royale de la biologie. Ce n’est donc pas à cela que se réfère la question qu’un croyant se posera face à la raison moderne, mais à l’extension d’une philosophia universalis qui veut devenir une explication générale du réel et tend à ne plus laisser aucun autre niveau de la pensée. Dans la doctrine elle-même de l’évolution, le problème se signale lors du passage de la micro à la macro-évolution, passage au sujet duquel Szamarthy et Maynard Smith, l’un et l’autre partisans convaincus d’une théorie englobante de l’évolution, admettent eux-mêmes : « Il n’y a pas de motif théorique qui laisserait penser que des lignes évolutives croissent en complexité avec le temps ; il n’y a pas non plus de preuves empiriques que cela se produise ».” (card. J. Ratzinger).

  6. Simples remarques en passant :
    1. “Les théories scientifiques de l’évolution”: c’est justement cela qui fait débat : l’idée d’évolution est elle une hypothèse scientifique ou une idée philosphique qui chercher à s’appuyer sur des éléments scientifiques ? la différence n’est pas mince mais il n’est pas correct de la résoudre a priori sans le dire.
    2. “De même, la théologie, si elle étudie la création d’un point de vue religieux, ne prétend pas expliquer l’évolution de tout le vivant à partir de la Bible…” Et pour cause ! Il faudrait que l’évolution soit un fait avéré : ce qui est justement en débat.
    3. “… ce serait une approche fondamentaliste.” En quel sens ? Oui s’il s’agit de distinguer les ordres du savoir avec leur autonomie propre. Non s’il s’agit de refuser que ces ordres sont disposés en degrés et que la lumière qui leur permet de ne pas être aveugle, la clef de leur intelligence est dans la Révélation : savoir que Dieu a de lui meme et de son oeuvre et qu’il communique. Il est faux de penser (dixit Léon XIII) de penser que parce que la Bible est un livre religieux elle n’aurait de contenu que purement religieux sans contenu d’histoire ni de ‘philosophie de la nature’ (science malheureusement abandonnée depuis la Renaissance comme l’a remarqué le C. Schönborn)
    4. “En théologie, la création est continue, permanente…” Ce n’est pas vrai. S’il existe bien un concept théologique de création permanente , il n’épuise pas le concept théologique de création. Par soi et premièrement, le concept théologique de création désigne l’acte initial divin tirant hors du néant le monde dans sa totalité et dans la particularité de ses élements (‘selon son espèce’ précise par ex la Genèse pour les vivants). C’est ce que refusent exactement les tenants de l’hypothèse philosophique de l’évolution, hypothèse de plus en plus ébranlée par les observations expérimentales et scienfiques. L’astuce des évolutionnistes consiste à extrapoler des cas de transformation létale et régressive à l’intérieur d’une espèce, appelés d’ailleurs improprement ‘microévolution’, à une idée de ‘macroévolution’ qu’aucune observation scientifique ni expérience ne postule et encore moins ne confirme. Ce que rappelle très bien le cardinal Ratzinger.
    “Chaque discipline a des méthodes qui lui sont propre. On n’a pas à viser une “cohérence” ou concordance parfaite entre elle. Ce serait une erreur épistémologique” est ambigu. Il ne faut évidemment pas confondre les méthodes de l’esprit qui aborde une réalité donnée : reste que la réalité est unique et qu’il est indispensable de postuler une unique cohérence dans la réalité sous peine de finir schizophrène.

  7. C’est amusant, j’ai passé toute l’année à contredire mon prof de bio sur l’évolution (je suis partisan de l’intelligent design), et lui à me contredire 🙂
    Enfin, heuresement le sujet de bac n’est pas tombé sur l’évolution, mais sur la procréation (19/20 :p )

  8. Landeau de trompe. Ce sont les thèses évolutionnistes, auréolées du prestige des datations absolues, qu’on nous impose aujourd’hui et qui servent de litière à l’esclavage moderne par le biais du suffrage universel dans les régimes dits démocratiques. Je ne parviens pas à comprendre comment le Vatican peut encore soutenir que nous descendrions des singes par une évolution progressive qui se serait produite au cours de millions d’années alors qu’aussi bien les Ecritures que les données de la science moderne le démentent . Le “schülerkreis” de Benoît XVI est composé de philosophes et de théologiens. Aucun d’entre eux ne semble connaître la physique moderne, notamment les fondements des datations absolues et les lois de l’entropie. Il est urgent que le Vatican organise un colloque où les vrais spécialistes pourront enfin s’exprimer!Pour ma part,je suis prête à parler du manque de signification chronologique des datations absolues.
    M.C. Van Oosterwyck-Gastuche, Dr. Sc. Professeur des universités.

  9. A Héli Trottincas
    Merci pour vos commentaires et précisions. C’est à dessein que j’ai parlé au pluriel de “théories de l’évolution”, pour signifier que plusieurs hypothèses étaient en concurrence. Cela relativise leurs prétentions à tout expliquer. Concernant les limites de l’approche scientifique, il me semble avoir été assez clair, notamment dans le troisième paragraphe (« Les théories scientifiques de l’évolution sont respectables en soi et peuvent approcher de nombreux aspects de la vérité tant qu’elles ne prétendent pas à présenter une philosophie universelle expliquant l’origine et la fin de toute chose. »).
    Si vous me relisez bien, vous verrez que l’approche fondamentaliste que je dénonce consiste à vouloir “tout” expliquer à partir de la Bible. Si la révélation nous donne la clé de l’intelligence des différents ordres de savoir, elle ne prétend pas non plus se substituer à eux. L’observation scientifique de la nature créée est nécessaire pour une meilleure compréhension de l’univers.
    L’expression “l’évolution du vivant” n’induisait pas, à mon sens, une adhésion à “la” théorie de l’évolution mais simplement le fait que, le monde vivant étant inscrit dans le temps, ce dernier est inévitablement un facteur à prendre en compte dans l’analyse. Le monde est en mouvement et ce mouvement est aussi signe du don continu de la vie fait par Dieu aux hommes.
    Quand je mentionne le concept de création permanente, il est évident que je ne lui donne pas un sens exclusif et surtout que je ne rejette pas l’initiative divine au commencement de toute chose. Merci d’avoir préciser les choses.
    Je crois qu’il faut surtout éviter de présenter ce débat apparaisse comme un match de boxe entre évolutionnistes et créationnistes, avec pour enjeu l’explication ultime et complète de l’histoire de l’univers. C’est malheureusement ainsi que cette question complexe est trop souvent comprise et proposée dans les médias. Avec pour conséquence un rejet en bloc de la science ou de la foi.
    Ci-dessous, un autre document d’Eglise (Jean-Paul II, 1996) sur la question.
    L’Église et l’évolution
    Message du pape Jean Paul II à l’Académie Pontificale des sciences
    AUX MEMBRES DE L’ACADÉMIE PONTIFICALE DES SCIENCES, RÉUNIS EN ASSEMBLÉE PLÉNIÈRE.
    C’est avec un grand plaisir que je vous adresse un cordial salut, à vous, Monsieur le Président, et à vous tous qui constituez l’Académie pontificale des Sciences, à l’occasion de votre Assemblée plénière.
    J’adresse en particulier mes vœux aux nouveaux Académiciens (1), venus prendre part à vos travaux pour la première fois. Je tiens aussi à évoquer Académiciens décédés au cours de l’année écoulée, que je confie au Maître de la vie.
    1. En célébrant le soixantième anniversaire de la refondation de l’Académie, il me plaît de rappeler les intentions de mon prédécesseur Pie XI, qui voulut s’entourer d’un groupe choisi de savants en attendant d’eux qu’ils informent le Saint-Siège en toute liberté sur les développements de la recherche scientifique et qu’ils l’aident ainsi dans ses réflexions. À ceux qu’il aimait appeler le Senatus scientificus de l’Église, il demanda de servir la vérité. C’est la même intention que je vous renouvelle aujourd’hui, avec la certitude que nous pourrons tous tirer profit de la ” fécondité d’un dialogue confiant entre l’Eglise et la science ” (Discours à l’Académie des Sciences, 28 octobre 1986, n. 1).
    2. Je me réjouis du premier thème que vous avez choisi, celui de l’origine de la vie et de l’évolution, un thème essentiel qui intéresse vivement l’Eglise, puisque la Révélation contient, de son côté, des enseignements concernant la nature et les origines de l’homme. Comment les conclusions auxquelles aboutissent les diverses disciplines scientifiques et celles qui sont contenues dans le message de la Révélation se rencontrent-elles ? Et si, à première vue, il peut sembler que l’on se heurte à des oppositions, dans quelle direction chercher leur solution ? Nous savons en effet que la vérité ne peut pas contredire la vérité (cf. Léon XIII, Encyclique Providentissimus Deus).D’ailleurs, pour mieux éclairer la vérité historique, vos recherches sur les rapports de l’Eglise avec la science entre le XVI e et le XVIII e siècles sont d’une grande importance.
    Au cours de cette session plénière, vous menez une ” réflexion sur la science à l’aube du troisième millénaire “, en commençant par déterminer les principaux problèmes engendrés par les sciences, qui ont une incidence sur avenir de l’humanité. Par votre démarche, vous jalonnez les voies de solutions qui seront bénéfiques pour toute la communauté humaine.
    Dans le domaine de la nature inanimée et animée, l’évolution de la science et de ses applications fait naître des interrogations nouvelles. L’Eglise pourra en saisir la portée d’autant mieux qu’elle en connaîtra les aspects essentiels. Ainsi, selon sa mission spécifique, elle pourra offrir des critères pour discerner les comportements moraux auxquels tout homme est appelé en vue de son salut intégral.
    3. Avant de vous proposer quelques réflexions plus spécialement sur le thème de l’origine de la vie et de l’évolution, je voudrais rappeler que le Magistère de l’Eglise a déjà été amené à se prononcer sur ces matières dans le cadre de sa propre compétence. Je citerai ici deux interventions. Dans son Encyclique Humani generis (1950), mon prédécesseur Pie XII avait déjà affirmé qu’il n’y avait pas d’opposition entre l’évolution et la doctrine de la foi sur l’homme et sur sa vocation, à condition de ne pas perdre de vue quelques points fermes (cf. AAS 42 [1950], p. 575-576).
    Pour ma part, en recevant le 31 octobre 1992 les participants à l’Assemblée plénière de votre Académie, j’ai eu l’occasion, à propos de Galilée, d’attirer l’attention sur la nécessité, pour l’interprétation correcte de la Parole inspirée, d’une herméneutique rigoureuse. Il convient de bien délimiter le sens propre de l’Écriture, en écartant des interprétations indues qui lui font dire ce qu’il n’est pas dans son intention de dire. Pour bien marquer le champ de leur objet propre, l’exégète et le théologien doivent se tenir informés des résultats auxquels conduisent les sciences de la nature (cf. AAS 85 [1993], p. 764-772 ; Discours à la Commission biblique pontificale, annonçant le document sur l’Interprétation de la Bible dans l’Église : AAS 86 [1994], p. 232-243).
    4. Compte tenu de l’état des recherches à l’époque et aussi des exigences propres de la théologie, l’Encyclique Humani generis considérait la doctrine de l’” évolutionnisme ” comme une hypothèse sérieuse, digne d’une investigation et d’une réflexion approfondies à l’égal de l’hypothèse opposée. Pie XII ajoutait deux conditions d’ordre méthodologique :qu’on n’adopte pas cette opinion comme s’il s’agissait d’une doctrine certaine et démontrée, et comme si on pouvait faire totalement abstraction de la Révélation à propos des questions qu’elle soulève.
    Il énonçait également la condition à laquelle cette opinion était compatible avec la foi chrétienne, point sur lequel je reviendrai.
    Aujourd’hui, près d’un demi-siècle après la parution de l’Encyclique, de nouvelles connaissances conduisent à reconnaître dans la théorie de l’évolution plus qu’une hypothèse. Il est en effet remarquable que cette théorie se soit progressivement imposée à l’esprit des chercheurs, à la suite d’une série de découvertes faites dans diverses disciplines du savoir. La convergence, nullement recherchée ou provoquée, des résultats de travaux menés indépendamment les uns des autres, constitue par elle-même un argument significatif en faveur de cette théorie.
    Quelle est la portée d’une semblable théorie ?
    Aborder cette question, c’est entrer dans le champ de l’épistémologie. Une théorie est une élaboration métascientifique, distincte des résultats de l’observation, mais qui leur est homogène. Grâce à elle, un ensemble de données et de faits indépendants entre eux peuvent être reliés et interprétés dans une explication unitive. La théorie prouve sa validité dans la mesure où elle est susceptible d’être vérifiée ; elle est constamment mesurée à l’étiage des faits ; là où elle cesse de pouvoir rendre compte de ceux-ci, elle manifeste ses limites et son inadaptation. Elle doit alors être repensée.
    En outre, l’élaboration d’une théorie comme celle de l’évolution, tout en obéissant à l’exigence d’homogénéité avec les données de l’observation, emprunte certaines notions à la philosophie de la nature. Et, à vrai dire, plus que de la théorie de l’évolution, il convient de parler des théories de l’évolution. Cette pluralité tient, d’une part, à la diversité des explications qui ont été proposées du mécanisme de l’évolution et, d’autre part, aux diverses philosophies auxquelles on se réfère. Il existe ainsi des lectures matérialistes et réductionnistes, et des lectures spiritualistes. Le jugement ici est de la compétence propre de la philosophie et, au-delà, de la théologie.
    5. Le Magistère de l’Église est directement intéressé par la question de l’évolution, car celle-ci touche la conception de l’homme, dont la Révélation nous apprend qu’il a été créé à l’image et à la ressemblance de Dieu (cf. Gn 1, 28-29). La Constitution conciliaire Gaudium et spes a magnifiquement exposé cette doctrine, qui est un des axes de la pensée chrétienne.
    Elle a rappelé que l’homme est ” la seule créature sur terre que Dieu a voulue pour elle-même “(n. 24).
    En d’autres termes, l’individu humain ne saurait être subordonné comme un pur moyen ou un pur instrument ni à l’espèce ni à la société ; il a valeur pour lui-même. Il est une personne. Par son intelligence et sa volonté, il est capable d’entrer en relation de communion, de solidarité et de don de soi avec son semblable. Saint Thomas observe que la ressemblance de l’homme avec Dieu réside spécialement dans son intelligence spéculative, car sa relation avec l’objet de sa connaissance ressemble à la relation que Dieu entretient avec son œuvre (Somme théologique, I-II, q. 3, a. 5, ad 1m).
    Mais, plus encore, l’homme est appelé à entrer dans une relation de connaissance et d’amour avec Dieu lui-même, relation qui trouvera son plein épanouissement au-delà du temps, dans l’éternité.
    Dans le mystère du Christ ressuscité, nous sont révélées toute la profondeur et toute la grandeur de cette vocation (cf. Gaudium et spes, 22). C’est en vertu de son âme spirituelle que la personne tout entière jusque dans son corps possède une telle dignité. Pie XII avait souligné ce point essentiel : si le corps humain tient son origine de la matière vivante qui lui préexiste, l’âme spirituelle est immédiatement créée par Dieu (” Animas enim a Deo immediate creari catholica fides nos retinere jubet “)(Enc. Humani generis, AAS 42 [ 1950], p. 575).
    En conséquence, les théories de l’évolution qui, en fonction des philosophies qui les inspirent, considèrent l’esprit comme émergeant des forces de la matière vivante ou comme un simple épiphénomène de cette matière, sont incompatibles avec la vérité de l’homme. Elles sont d’ailleurs incapables de fonder la dignité de la personne.
    6. Avec l’homme, nous nous trouvons donc devant une différence d’ordre ontologique, devant un saut ontologique, pourrait-on dire. Mais poser une telle discontinuité ontologique, n’est-ce pas aller à l’encontre de cette continuité physique qui semble être comme le fil conducteur des recherches sur l’évolution, et cela dès le plan de la physique et de la chimie ?
    La considération de la méthode utilisée dans les divers ordres du savoir permet de mettre en accord deux points de vue qui sembleraient inconciliables. Les sciences de l’observation décrivent et mesurent avec toujours plus de précisions les multiples manifestations de la vie et les inscrivent sur la ligne du temps.
    Le moment du passage au spirituel n’est pas objet d’une observation de ce type, qui peut néanmoins déceler, au niveau expérimental, une série de signes très précieux de la spécificité de l’être humain.
    Mais l’expérience du savoir métaphysique, de la conscience de soi et de sa réflexivité, celle de la conscience morale, celle de la liberté, ou encore l’expérience esthétique et religieuse, sont du ressort de l’analyse et de la réflexion philosophiques, alors que la théologie en dégage le sens ultime selon les desseins du Créateur.
    7. En terminant, je voudrais évoquer une vérité évangélique susceptible d’apporter une lumière supérieure à l’horizon de vos recherches sur les origines et le déploiement de la matière vivante.
    La Bible, en effet, est porteuse d’un extraordinaire message de vie. Elle nous donne sur la vie, en tant qu’elle caractérise les formes les plus hautes de l’existence, une vision de sagesse.
    Cette vision m’a guidé dans l’Encyclique que j’ai consacrée au respect de la vie humaine et que j’ai intitulée précisément Evangelium vitae. Il est significatif que, dans l’Évangile de saint Jean, la vie désigne la lumière divine que le Christ nous communique. Nous sommes appelés à entrer dans la vie éternelle, c’est-à-dire dans l’éternité de la béatitude divine.
    Pour nous mettre en garde contre les tentations majeures qui nous guettent, notre Seigneur cite la grande parole du Deutéronome : ” Ce n’est pas de pain seul que vivra l’homme, mais de toute parole qui sort de la bouche de Dieu ” (8, 3 ; cf. Mt 4, 4).
    Bien plus, la vie est un des plus beaux titres que la Bible ait reconnu à Dieu. Il est le Dieu vivant.
    De grand cœur, j’invoque sur vous tous et sur tous ceux qui vous sont proches, l’abondance des Bénédictions divines.
    Du Vatican, le 22 octobre 1996
    JEAN-PAUL II

  10. A MC.van Oosterwyck-Gastuche
    Contrairement à ce que vous avancez, le Vatican n’a jamais soutenu que l’homme descendrait du singe. Je ne vois pas d’où vous tenez cela.

  11. Je vois que le débat vole très haut ici. Lancez-le sur n’importe quel forum très sérieux de journaux très sérieux, ça volerait vite au ras des pâquerettes.
    Cette question amène à la signification profonde de la science est de ce qu’est une théorie scientifique. Ce qui fait qu’une théorie est scientifique est qu’elle est réfutable, c’est-à-dire qu’il est toujours possible de mener une expérience qui est susceptible de démentir la théorie. Lorsque cette expérience est menée avec succès, la théorie s’effondre et on passe à une autre. Mais tant que les expériences ne rentrent pas en contradiction avec la théorie, on conserve cette théorie dans le champ scientifique. Cela signifie donc que toute théorie scientifique doit être considérée comme une hypothèse; toute personne qui prend une théorie scientifique (évolution ou autre) comme une “vérité prouvée par la science” est un très mauvais scientifique.
    Pour approfondir le sujet :
    http://fr.wikipedia.org/wiki/R%C3%A9futabilit%C3%A9
    http://fr.wikipedia.org/wiki/Karl_Popper
    La tentation est grande, également, pour un pseudo-scientifique, de considérer que plus il fait des observations ne contredisant pas une théorie scientifique, plus cette théorie est vraie, pour devenir in fine une Vérité scientifique. Encore une grosse erreur de logique, puisque ce pseudo-scientifique tombe lamentablement dans le piège de l’induction. Voir :
    http://fr.wikipedia.org/wiki/Induction_%28logique%29
    Tombent par exemple dans le piège de l’induction ceux qui vous disent que les miracles ne sont “scientifiquement pas possible”.
    Ainsi, si on vous dit “l’Immaculée conception, c’est scientifiquement impossible”, répondez lui que :
    1. Il souhaite visiblement parler de la virginité de Marie (un peu de culture, ça fait pas de mal)
    2. On ne peut pas, sous prétexte qu’on a vu des milliards d’enfants être conçus d’une certaine manière, en conclure qu’il en fut de même pour le Christ. Imaginez que vous soyez devant une tonne de grains de blé dans lequel on a glissé un grain d’avoine. Tous les pseudos-scientifiques qui passeront par là et observeront le tas vous certifiera que c’est un tas uniquement composé de blé, et ils auront tort !
    Dernière petite pierre au débat : Noël, dans un post précédent, explique qu’expliquer l’évolution de tout le vivant à partir de la Bible est fondamentaliste. Le mot étant aujourd’hui largement galvaudé, il vaut mieux utiliser une notion plus précise qui est celle de fidéisme, dénoncé d’ailleurs par l’Eglise au XIXe siècle. Une petite citation pour finir :
    “On rencontre aussi des dangers de repliement sur le fidéisme, qui ne reconnaît pas l’importance de la connaissance rationnelle et du discours philosophique pour l’intelligence de la foi, plus encore pour la possibilité même de croire en Dieu. Une expression aujourd’hui répandue de cette tendance fidéiste est le biblicisme, qui tend à faire de la lecture de l’Ecriture Sainte ou de son exégèse l’unique point de référence véridique” – Jean-Paul II, Fides et Ratio.

  12. L’homme ne descend pas du singe. Ceux qui disent cela sont des idiots 🙂
    L’homme et le singe ont un ancetre commun, et les destins de l’homme et du chimpanzé auraient divergés il y a 8MA (4 selon les biochimistes, et on a retrouvé des fossiles humanoïde remontant à environ 5 ou 6MA). Les chimpanzés ont continués à évoluer pendant ces millions d’années, et ne sont pas donc pas nos ancetres.
    Dire que l’homme descend du singe a autant de sens que de dire que l’homme descend de l’espadon, de la perruche ou du ver de terre. Le chimpanzé est notre plus proche cousin selon l’évolution (pour être précis, il appartient au groupe monophylétique (càd descendant d’un même ancetre) contenant l’homme et uniquement le chimpanzé en especes actuelles)).

  13. @Noel
    En lisant votre premier post j’ai pensé avec amusement que sans le dire vous aviez dû vraisemblablement lire le dossier paru sur la question dans l’Homme Nouveau, mais d’une lecture un peu rapide : la citation que vous faites du cardinal Ratzinger y est pour illustrer la non scientificité du passage de la micro à la macroévolution. Vous auriez pu aussi remarquer l’encart précisant qu’il ne faut pas faire dire aux textes d’église plus ou moins qu’ils ne disent comme vous le faites en citant le texte connu de Jean Paul II d’octobre 1996, lequel texte est, comme l’a déclaré dans le NewYork Times, le cardinal Schonborn, une sorte d’hapax mineur. A toutes fins utiles, le voici :
    “Certains critiques ont mis en avant que l’article de juillet du cardinal Schönborn n’avait pas reçu, face aux réactions suscitées, de communiqué approbatif du Vatican, ce qui serait évidemment un comble pour ce Cardinal très « Romain » . Le cardinal a répondu qu’il avait parlé du besoin d’une position ecclésiale plus claire sur ‘l’évolution’ au cardinal Ratzinger 2 ou 3 semaines avant l’élection pontificale et que le futur pape l’avait encouragé à le faire,1 ce qui n’a rien d’étonnant quand on a lu les écrits du cardinal Ratzinger, dont il est d’ailleurs un ami intime.
    Les mêmes critiques, mués en défenseurs de Jean Paul II pour l’occasion, ont alors été scandalisés qu’il ait qualifié d’« écrit vague et secondaire » une lettre papale de 1996 qui jugeait la théorie de l’évolution « plus qu’une simple hypothèse », feignant de croire que chaque parole sortant des lèvres papales a la meme valeur dogmatique en soi. En fait l’auteur de cette lettre (car la prudence s’impose en la matière dans la deuxième partie du pontificat de Jean Paul II) ne définissait nulle part « l’évolution » ni le sens à donner à « hyptohèse », ce qui restreint singulièrement la portée intentionnelle du texte, comme l’a remarqué le C. Schönborn, alors qu’en 1985, Jean Paul II avait dans une audience générale, rappelé expressément le caractère complexe et finalisé de tout être vivant, excluant donc l’idée d’une progression hasardeuse des créatures. On saisit ici sur le vif l’erreur entretenue par les ennemis de l’Eglise, pour mieux la discréditer, qui consiste tantôt à forcer un seul texte, tantôt à mettre sur le même plan toutes les déclarations faites par exemple par le pape. Le piège serait une ‘réaction systématique’ oublieuse des distinctions nécessaires et des règles classiques de l’interprétation des textes ecclésiastiques (comme le rappelait le 6 mars 1964 le cardinal Felici à propos du Concile dont il était secrétaire) : le sens catholique du Pape est aussi loin de la défiance libertaire que de la papolâtrie réactive puisqu’il ressort d’une foi sacrée et raisonnée envers le Successeur de Pierre voulu par Dieu.

  14. A Heli trottincas,
    Je n’ai pas lu ce dossier de l’homme nouveau dont vous parlez. Il se fait que, comme beaucoup, cette question, je dis bien “question”, de l’évolution m’intéresse. Et j’ai encore la faiblesse de croire qu’on peut discuter de ce sujet complexe sans prêter à ses interlocuteurs des intentions qu’ils n’ont pas.
    Je trouve l’ensemble du texte du Cardinal Ratzinger remarquable et j’ai cité sa référence précise pour ceux qui désireraient aller plus loin. J’ai choisi cet extrait précisément parce qu’il met en doute la scientificité du passage de la micro à la macro-évolution. Vous avez d’ailleurs repris ce passage dans votre premier post. Je ne vois donc pas ce qui vous pose problème. Il me semble d’ailleurs avoir, à d’autres endroits de mes messages, rappelé le caractère relatif et limité des théories de l’évolution.
    Quant aux textes de Jean-Paul II, je l’ai cité intégralement, sans chercher à lui faire dire plus qu’il ne dit. Il ne m’appartient pas, à moi, petit laïc, de l’interpréter ou de définir qu’elle est son rôle dans le Magistère ordinaire de l’Eglise. Ce rôle revient précisément au Magistère actuel de l’Eglise.
    Je ne sais si vous me comptez parmi ces “ennemis” de l’Eglise que vous signalez dans votre post (cela me chagrinerait beaucoup), mais sachez que ma position par rapport au Magistère du Saint Père et de l’Eglise catholique est précisément celle de Lumen Gentium, ch. 25 (Concile vatican II).
    Enfin, si mes messages vous amusent, vous avez bien raison, je ne mérite pas plus.
    Cordialement

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