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France : Politique en France / Valeurs chrétiennes : Famille

Christophe Castaner veut détruire la famille

Christophe Castaner veut détruire la famille

De Jean-Pierre Maugendre sur Renaissance catholique :

Christophe Castaner, nouveau ministre de l’Intérieur, n’ pas la réputation d’être une vive intelligence conceptuelle. Ainsi lors de la démission du général Pierre de Villiers en juillet 2017 il avait traité l’ancien Chef d’État-Major des Armées de poète revendicatif. Il vient de récidiver, dans un autre registre, en déclarant le 14 septembre dernier : L’outil privilégié pour corriger les inégalités de naissance (est) l’impôt sur les successions. Cette affirmation mérite d’être analysée.

Impôt et bien commun

La déclaration de Christophe Castaner possède d’abord l’intérêt de formuler une définition nouvelle de l’impôt. Le Nouveau Larousse Illustré, dans une version bien ancienne certes, propose comme définition de l’impôt : somme d’argent que l’État oblige les particuliers à payer et destinée, en principe, à subvenir aux dépenses des services publics. Que ce en principe est savoureux ! Dans le cas qui nous intéresse le but de l’impôt sur les successions n’est plus de contribuer à financer les services publics dont la formulation est en elle-même explicite de leur finalité, du moins en principe là encore, mais de réduire les inégalités de naissance. Il y là, clairement, un détournement d’objectif en fonction de présupposés idéologiques largement contestables. En effet l’égalité est devenue un leitmotiv lancinant d’autant plus affirmé qu’il est moins appliqué. Ainsi qui osera affirmer que la carrière de Martine Aubry, la pétulante et joviale, maire de Lille ne doit rien au fait que son père, Jacques Delors, était président de la Commission Européenne ? Quant à ses études au lycée, catholique et huppé, Notre-Dame des oiseaux c’est autre chose que le lycée professionnel Nelson Mandela en Zone d’Éducation Prioritaire ! Au bal des hypocrites les socialistes mènent la danse.

Le taux de l’impôt sur les successions en France est le plus élevé d’Europe (jusqu’à 45%) avec le montant d’abattement le plus faible (100 000 €). Il est une atteinte violente au droit de propriété et l’incarnation législative du refus de la transmission qui est une des caractéristiques majeures de la société française post moderne. Les Français sont, à ce jour, doublement déshérités. D’une part au sens immatériel dans lequel l’observait François-Xavier Bellamy dans son ouvragé éponyme, d’autre part au sens très matériel de ne pouvoir transmettre à leurs enfants, leurs héritiers, le fruit de leur vie de labeur et de sacrifice. Ce volontarisme s’avère à la fois injuste et inefficace. Injuste car il est conforme à la justice, qui est de rendre à chacun ce qui lui est dû, de pouvoir faire bénéficier ses enfants du capital intellectuel, culturel, religieux, artistique mais aussi financier et patrimonial accumulé tout au long d’une vie. Inefficace car une des conséquences majeures de cette impossibilité de transmettre est l’auto limitation dans leurs initiatives d’un certain nombre de créateurs de richesses qui s’exilent à l’étranger, en particulier aux USA et en Suisse, afin d’échapper à une fiscalité patrimoniale et successorale confiscatoire. Ce n’est pas Charles Aznavour ou Johnny Hallyday qui me démentiront.

Les inégalités c’est la vie

Corriger les inégalités de naissance semble ainsi être un objectif politique majeur de ce gouvernement. Or il s’agit là, à la fois, d’une utopie dangereuse et d’une imposture mortifère, toutes deux grosses de dérives totalitaires. Rappelons, en outre, que dans le sermon sur la montagne le Christ nous enseigne : « Heureux ceux qui sont persécutés pour la justice car le royaume des cieux est à eux » (Mat V, 10). Pour la justice, pas pour l’égalité !

Peut-être monsieur Castaner a-t-il en mémoire la réflexion amère de Figaro, alors dans l’attente anxieuse du comte Almaviva : Qu’avez-vous fait pour tant de biens ? Vous vous êtes donné la peine de naître, et rien de plus : du reste, homme assez ordinaire … (Le mariage de Figaro, Beaumarchais, 1782). La Révolution puis le code civil napoléonien firent de l’égalité patrimoniale des successions une loi d’airain. Le résultat ne se fit pas attendre. La France qui était en 1789 la Chine de l’Europe perdit très rapidement son rang de première puissance démographique du continent. De 1750 à 1945 sa population crût de 24 à 40 millions d’habitants pendant que celle de l’Italie passait de 14 à 45 millions, celle de l’Allemagne de 20 à 68 millions, celle du Royaume-Uni de 8 à 49 millions, etc. L’obligation légale du partage équitable du bien entre tous les enfants a considérablement diminué le taux de fécondité d’une population majoritairement rurale, peu soucieuse de voir ses terres dispersées. Il a ainsi été observé, en particulier par Frédéric Leplay, qu’au XIXe siècle le taux de fécondité des villes était supérieur à celui des campagnes et que les taux de natalité étaient plus élevés chez les ouvriers agricoles que chez les propriétaires terriens. CQFD.

Il se trouve que les inégalités de naissance sont intrinsèquement liées à la nature même des familles. Au-delà des inégalités matérielles que fustige Christophe Castaner, il existe également, et peut-être même surtout, des inégalités bien réelles quoique immatérielles. La nature des conversations et des préoccupations familiales prédispose plus ou moins à la qualité des études et à la prise de responsabilités. C’est un fait ! Qui fut longtemps compensé par une école qui ne craignait pas de se dire élitiste permettant à des enfants brillants (Georges Pompidou, Albert Camus, Marcel Pagnol, etc.) de sortir du lot et de surmonter le handicap de leurs origines modestes. Aujourd’hui de plus en plus d’élèves de l’École Normale Supérieure ont leurs deux parents enseignants. Est-ce un progrès ? Si le mal à combattre ce sont les inégalités de naissance il n’y a qu’une solution, radicale certes mais la seule efficace : retirer les enfants le plus tôt possible à l’influence inégalitariste de leurs familles disparates. L’instruction obligatoire ramenée par Emmanuel Macron de six ans à trois ans à la rentrée 2019 procède de cet état d’esprit. Tous les systèmes totalitaires à un instant ou à un autre ont succombé à cette tentation : retirer l’enfant le plus tôt possible à ses parents afin de le rendre conforme aux idées dominantes du moment. Il y eut les komsomols, les balillas, les Hitlerjugend. Place à l’Éducation nationale française. Quant aux tirades sur l’école républicaine et l’égalité des chances les Tartuffes qui nous gouvernent ont depuis longtemps fait le choix de l’école privée, alsacienne ou autre, à l’instar de Marlène Schiapa aujourd’hui, de Jean-Pierre Chevènement hier.

Conclusion

Peu à peu s’incarnent chaque jour plus profondément dans les lois les principes qui font de la société politique non plus un ensemble de familles unies par la poursuite collective d’un bien commun partagé mais la simple juxtaposition d’individus, prétendument égaux, nés enfants trouvés et morts célibataires selon la forte expression d’Ernest Renan, animés par la seule recherche de la satisfaction immédiate de leurs envies, de leurs désirs, voire de leurs phantasmes. Cette utopie porte en elle-même des germes de mort aussi sûrement que la nuée annonce l’orage. L’implosion démographique de nos sociétés submergées par des civilisations dans lesquelles l’individu, voire la personne, n’est que la partie, parfois bien négligeable, d’une communauté structurée et structurante devrait nous inciter à remettre en cause quelques unes des vaches sacrées à l’origine de notre décadence. Ce n’est pas, malheureusement, le chemin que semble nous indiquer notre classe politique.

Le Salon Beige est visité chaque jour par plusieurs dizaines de milliers personnes qui veulent participer au combat contre la culture de mort et pour la dignité de l’homme.

Je ne souhaite pas que le Salon Beige devienne une galerie commerciale avec des publicités voyantes, mais au contraire qu’il reste un outil de combat culturel.

Le Salon Beige est un lieu où chacun trouve les informations et les argumentaires dont il a besoin pour sa réflexion personnelle. C’est un lieu gratuit et une bibliothèque de référence vivante.

Si chaque personne lisant ce message donnait, notre levée de fonds serait achevée en une heure.

Aujourd’hui, je vous remercie de faire un don de 5€, 20€, 50€ ou de tout autre montant à votre portée, afin que le Salon Beige puisse poursuivre son combat.

Merci,

On ne lâche rien, jamais !

Guillaume de Thieulloy
Directeur du Salon Beige

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5 commentaires

  1. La grande inégalité dans ce pays, c’est la classe des hyper riches à qui l’Etat fait régulièrement des cadeaux fiscaux (Sarkozy Hollande Macron), dont notamment la non taxation des oeuvres d’art (merci à l’ex 1er ministre, Laurent Fabius, lui même fis d’Antiquaire…) puisque les hyper riches sont nomades, ils investissent dans des objets petits et facilement transportables d’un continent à l’autre : diamants, tableaux, bijoux etc.
    Contrairement aux biens immobiliers (nombreux en France et soumis à d’importants droits de succession) que la classe moyenne acquiert laborieusement.

  2. Je pense qu’il faut lire à propos des populations de propriétaires ruraux: “…très soucieuse” au lieu de “peu soucieuse”.

  3. Qui nous débarrassera de ce boulet ? Vu que dans notre “démocratie” parlementaire il a toutes ses chances d’être élu ou casé quelque part, où il pourra encore et toujours nuire à la France…

    C’est triste à dire, mais je crois de plus en plus que le seul moyen de nettoyer les écuries d’Augias et la caste des intouchables politiques et leurs petits copains merdiatiques, il faudra un régime autoritaire ou bien carrément une dictature à la Franco…

    Avec tous les risques et inconvénients de ce genre de système !

    • Non, il n’y aura que des avantages ; il est plus que temps de scier les branches pourries et d’éliminer les traîtres, qui sont en fait très peu nombreux. A l’inverse, pour l’oligarchie, faire taire et éliminer 80% d’une population en colère sera particulièrement compliqué…

  4. Pour une fois (car LUI, ne m’a pas encore gazé), je vais venir, un peu, au secours de Mr Castaner, car je me souviens des propos, il y a plus de 50 ans, de mon ancien patron (JPP, un agro, et une tête) lors d’une réforme fiscale.
    Il disait : “Il va falloir que le Gouvernement choisisse, pour une fois sa politique. Ou il veut aider au dynamisme des entreprises, et il allège l’impôt sur le revenu. La contrepartie c’est qu’il faudra récupérer ce cadeau plus tard, lors des successions, au profit de gens qui n’auront pas contribué à la richesse créée pour le pays, et là certains, oublieux, crieront au vol !”
    C’est toujours d’actualité, même si les entreprises privées, à taille humaine, ont fortement diminué dans le pays, et si, maintenant, les “égalitaristes tous crins” tiennent la corde.
    Alors parlons d’égalité pour les enfants de familles nombreuses. Mr Hollande (honte à lui) a réduit les allocations pour familles plus aisées, alors qu’en 1946 (comme les privilèges de la CGT, toujours en place), on avait estimé que c’était pour que les enfants de ces familles nombreuses ne soient pas pénalisés vis à vis des familles de leur milieu, qui avaient conspué la Vie.
    Si on évoque, encore, la sacro-sainte l’égalité, il faut que chaque enfant d’une famille nombreuse, bénéficie, à la succession, du même abattement que l’enfant unique, ce qui est loin d’être le cas.

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